Créées au début des années 2000 dans le sillage de l’engagement intellectuel collectif autour de Pierre Bourdieu et du mouvement coopératif, les Éditions du Croquant ont poursuivi depuis lors leur aventure à l’interface des sciences sociales les plus exigeantes et du mouvement social et citoyen.
Durant ces dix dernières années, nous avons consolidé notre engagement dans les luttes sociales et politiques tout en renforçant notre assise dans le champ académique. De nouvelles revues, collections et réseaux ont pu y naître et se développer dans une période de transformations importantes de l’activité éditoriale, en France et au-delà : concentration du monde de l’édition, inégalités devant l’accès aux librairies et aux plates-formes, montée du numérique, enjeux de la science ouverte, etc.
Face à la montée des périls incarnée par l’émergence d’une extrême-droite éditoriale puissante, en France autour de Vincent Bolloré, face au désengagement de l’État néolibéral de toute politique publique ambitieuse en matière d’accès au savoir et au débat public éclairé, les petits éditeurs indépendants sont un atout particulièrement crucial et, en même temps, fragile. Les Éditions du Croquant, avec beaucoup d’autres, entendent participer à la résistance collective face au pire, qui n’est pas inévitable.
Nos nouveautés
Depuis les années 2000, la Russie de Poutine constitue un assemblage à première vue improbable entre des politiques néolibérales qu’on aurait pu penser sans morale, et une politique néo-conservatrice, promouvant des « valeurs traditionnelles » en matière de genre et de sexualité. Pour que le pays reste une « grande puissance », chacun son rôle : les hommes doivent (se tenir prêts à) combattre, les femmes doivent enfanter. Quelles réalités sociologiques se cachent derrière ces politiques aux conséquences tragiques, mais à l’efficacité très inégale ? L’autrice a mené une longue enquête de terrain (mobilisant des entretiens, des statistiques et des archives), qui nous plonge au cœur de la société russe et de ses contradictions, sans l’exotiser. Le néolibéralisme dé-démocratisant et néo-conservateur de l’ère Poutine, qui renforce ou fabrique à la fois de l’individualisation et du familialisme, fait en réalité écho aux politiques des Trump, Bolsonaro, Meloni, , et Orban du monde entier.
Cet ouvrage interroge les limites de la liberté de la recherche. Il est une contribution essentielle aux débats sur ce qu’est ou devrait être la politique scientifique en référence aux besoins fondamentaux de la santé. Son titre annonce clairement le but poursuivi par l’auteur : non pas une défense inconditionnelle de la science, mais un retour critique approfondi sur des situations vécues de l’intérieur de l’institution scientifique, qui questionnent l’évolution de l’organisation du travail de recherche et ce que devient la liberté de la recherche, inscrite dans le statut des chercheurs. Ce livre nous incite, toutes et tous, qui que nous soyons, à ne pas laisser la science entre les mains des seuls scientifiques et sponsors à but lucratif de la recherche scientifique en France.
Quand s'emparent des thématiques du salaire à vie des personnes désignées comme des assistés par les compères Attal-Bardella-Retailleau du funeste« arc républicain» qui nous prépare au fascisme, ça donne La chronique du salaire à vie.
Pourquoi? Parce qu'il s'agit de personnes qui veulent être fières de leur travail, et non pas fières de gagner leur vie par leur travail. Quand le travail est un gagne-pain, on fait ce qu'on est obligé de faire, pas ce que l'on est fier de faire.
Pour être fier de son travail, il faut en être le décideur. Et donc l'inscrire au maximum en-dehors du carcan de l'emploi ou du rapport commercial avec un client dont on est prestataire. Car, que l'on dépende comme « employé» d'un « employeur» ou, comme travailleur « indépendant», d'un (très bien nommé)« donneur d'ordre», on n'est pas maître de son travail, le travail est aliéné.
Se multiplient aujourd'hui les dissident.es du travail aliéné, devant sa folie. Folie écologique, cela va sans dire tant c'est devenu évident. Mais aussi folie guerrière et raciste. Nombre de travaux aliénés participent à des activités meurtrières, par la guerre ou l'instrumentation inhumaine de personnes du Sud.
L’insertion fragile de la Jordanie dans les chaînes de valeur mondiales du textile-habillement résulte d’un agencement géopolitique et économique mis en place à la fin des années 1990. Les zones industrielles qualifiées (QIZ), dans le sillage du traité de paix israélo-jordanien et des accords de libre-échange avec les États-Unis, ont façonné la Jordanie comme plateforme d’assemblage périphérique dépendante de capitaux étrangers, d’intrants importés et d’une main-d’œuvre principalement asiatique. La crise du blocus de la mer Rouge (2023-2024) révèle la vulnérabilité structurelle de ce mode d’intégration : tensions entre promesses de connectivité globale ; matérialité des infrastructures logistiques ; expériences du travail. Ce livre propose une lecture critique de la mondialisation, attentive à ses asymétries, ses régimes d’exception et ses points de rupture, depuis les infrastructures portuaires et logistiques jusqu’aux espaces du travail et aux dortoirs des travailleuses migrantes.
Cet ouvrage démonte l’un des grands mythes du journalisme contemporain : celui de la neutralité, de l’objectivité journalistique. Dans une société traversée par des rapports de classe, l’objectivité revendiquée par les grands médias n’est pas un simple idéal professionnel, elle fonctionne comme une idéologie active. En naturalisant le capitalisme et en disqualifiant les projets de rupture, les journalistes qui se prétendent « sans parti » constituent de fait un « extrême centre médiatique ». Sous des airs de modération, celui-ci impose l’ordre existant comme seul horizon possible et prépare, ce faisant, le terrain à l’extrême droite qu’il prétend pourtant combattre. À rebours d’un journalisme faussement neutre, cet essai plaide pour un journalisme critique, rigoureux sur les faits et assumant clairement son camp.
La guerre est morte, non comme réalité empirique, mais comme forme politique capable de produire de la sécurité. Les conflits contemporains en manifestent l’épuisement : incapacité à atteindre des objectifs durables, extension des violences aux populations civiles, fragmentation durable des sociétés, reproduction des menaces dans des cycles de guerres sans fin.
Cet ouvrage propose d’en tirer les conséquences théoriques et stratégiques. En mobilisant une analyse critique des transformations de la conflictualité – vulnérabilités systémiques, déséquilibres informationnels, hybridation des menaces – il met en évidence l’inadéquation croissante de l’outil militaire. La guerre apparaît dès lors comme une réponse archaïque à des formes de violence qu’elle ne peut ni contenir ni résoudre.
À partir d’expériences historiques et contemporaines de résistance civile, ce livre esquisse les principes d’un paradigme alternatif : une sécurité fondée sur les stratégies non-violentes et la puissance des sociétés. Un essai incisif et rigoureux pour penser l’après-guerre, au sens fort.
Le monde de la culture est inquiet, et pas seulement en France. À juste titre : désintérêt des politiques, baisse des crédits, perte d’influence. L’idée même du service public de la culture semble oubliée, tandis que la fameuse exception culturelle semble un souvenir enfoui dans un passé lointain. Pourtant, le public est toujours là, avide de spectacles qui le rapprochent des artistes parce qu’ils expriment ses interrogations, ses angoisses, sa joie de vivre et ses rires, la création témoigne de la vitalité de ces acteurs de la scène culturelle. Le malaise est là, dans ce monde chamboulé par la technologie autant que par les bouleversements politiques, comment la culture peut-elle témoigner de la société ? Question toujours centrale, à l’heure de la montée des totalitarismes, de la remise en cause de la démocratie, des crises de toutes sortes qui assaillent notre monde.
Culture, alerte rouge ! Oui, parlons-en.
Les grandes écoles d’ingénieurs françaises font, depuis les années 1980, l’objet de critiques. On annonce la fin d’un modèle en déclin, condamné à disparaître ou à s’adapter aux exigences de la « compétition internationale ». La privatisation des entreprises publiques et le redéploiement de leurs activités à l’échelle mondiale appelleraient la formation de « managers » d’un type nouveau, adaptés aux exigences d’un capitalisme néolibéral en plein essor. Loin de se réduire à la seule circulation des élèves d’un pays à l’autre, l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs engage ainsi une profonde redéfinition du rapport des classes dirigeantes françaises à l’État-nation et à l’univers de l’entreprise.
Ce livre s’appuie sur des entretiens et des observations ethnographiques sur cinq écoles : trois parisiennes (Polytechnique, Centrale Paris et Télécom Paris-Tech) et deux en province (l’ENSTA-Bretagne et Agro Sup Dijon). Il s’adresse aux chercheurs et aux étudiants en sciences sociales s’intéressant à la sociologie des élites et des inégalités sociales. Il vise également un public plus large qui s’interroge sur les grandes écoles et leur avenir.
Depuis les années 1980, un capitalisme financier favorable aux détenteurs d’épargne, investisseurs et spéculateurs a connu un essor inédit dans les pays occidentaux. Comment ces marchés financiers, régulés au début du XXème siècle, ont-ils de nouveau été libéralisés ? Comment l’expansion de la bourse s’est-elle opérée concrètement ? Cet ouvrage est consacré aux racines de ces transformations dans la France des années 1980. Il étudie les réformes monétaires et financières menées le gouvernement socialiste de Laurent Fabius et le ministre de l’économie Pierre Bérégovoy entre 1984 et 1986. Fondé sur de nombreuses sources et archives d’administration, il éclaire cette période historique à l’aune des outils et concepts de la sociologie économique. Il montre le rôle des dirigeants politiques et hauts fonctionnaires dans cette nouvelle orientation de l’action publique, qui a ouvert la voie à la financiarisation de l’économie française et à sa normalisation dans le cadre de la mondialisation n
En 2015, la revue Savoir/Agir publiait un dossier consacré à « l’urgence écologique ». Dix ans plus tard, l’urgence s’est accélérée. Le présent dossier propose de saisir les façons dont l’écologie est (mal)menée par une catégorie sociale singulière d’acteurs et actrices : les élites.
Des pratiques de direction d’entreprise aux styles de vie, les élites sont tantôt louées, tantôt dénoncées pour leur rôle dans les problématiques écologiques. Les différentes contributions offrent, à partir de terrains bien différents, un panorama contemporain de différentes élites « contre » l’écologie, le terme « contre » étant ici entendu dans une double dimension : celle d’une proximité (faisant de l’écologie vertu, voire opportunité) et celle d’un contournement de la question écologique, voire d’une opposition à celle-ci (considérant l’écologie comme une contrainte).
Nos livres numériques
Depuis les années 2000, la Russie de Poutine constitue un assemblage à première vue improbable entre des politiques néolibérales qu’on aurait pu penser sans morale, et une politique néo-conservatrice, promouvant des « valeurs traditionnelles » en matière de genre et de sexualité. Pour que le pays reste une « grande puissance », chacun son rôle : les hommes doivent (se tenir prêts à) combattre, les femmes doivent enfanter. Quelles réalités sociologiques se cachent derrière ces politiques aux conséquences tragiques, mais à l’efficacité très inégale ? L’autrice a mené une longue enquête de terrain (mobilisant des entretiens, des statistiques et des archives), qui nous plonge au cœur de la société russe et de ses contradictions, sans l’exotiser. Le néolibéralisme dé-démocratisant et néo-conservateur de l’ère Poutine, qui renforce ou fabrique à la fois de l’individualisation et du familialisme, fait en réalité écho aux politiques des Trump, Bolsonaro, Meloni, , et Orban du monde entier.
Mona Claro est sociologue, spécialisée en études de genre, et enseigne à l’Université de Liège (Belgique). Elle mène des recherches sur la Russie depuis sa thèse de doctorat, réalisée entre Paris (Ecole et des Hautes Etudes en Sciences Sociales / Institut national d’études démographiques) et Moscou (Centre d’études franco-russe, CNRS).
Cet ouvrage interroge les limites de la liberté de la recherche. Il est une contribution essentielle aux débats sur ce qu’est ou devrait être la politique scientifique en référence aux besoins fondamentaux de la santé. Son titre annonce clairement le but poursuivi par l’auteur : non pas une défense inconditionnelle de la science, mais un retour critique approfondi sur des situations vécues de l’intérieur de l’institution scientifique, qui questionnent l’évolution de l’organisation du travail de recherche et ce que devient la liberté de la recherche, inscrite dans le statut des chercheurs. Ce livre nous incite, toutes et tous, qui que nous soyons, à ne pas laisser la science entre les mains des seuls scientifiques et sponsors à but lucratif de la recherche scientifique en France.
Jean Kister a été ingénieur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), dont les recherches portaient sur l’étude des fonctions de l’hémoglobine. Il a été également Secrétaire Général Adjoint du Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS-CGT) de 1999 jusqu’en 2021. Il a été élu au Conseil d’Administration de l’Inserm.
Quand s'emparent des thématiques du salaire à vie des personnes désignées comme des assistés par les compères Attal-Bardella-Retailleau du funeste« arc républicain» qui nous prépare au fascisme, ça donne La chronique du salaire à vie.
Pourquoi? Parce qu'il s'agit de personnes qui veulent être fières de leur travail, et non pas fières de gagner leur vie par leur travail. Quand le travail est un gagne-pain, on fait ce qu'on est obligé de faire, pas ce que l'on est fier de faire.
Pour être fier de son travail, il faut en être le décideur. Et donc l'inscrire au maximum en-dehors du carcan de l'emploi ou du rapport commercial avec un client dont on est prestataire. Car, que l'on dépende comme « employé» d'un « employeur» ou, comme travailleur « indépendant», d'un (très bien nommé)« donneur d'ordre», on n'est pas maître de son travail, le travail est aliéné.
Se multiplient aujourd'hui les dissident.es du travail aliéné, devant sa folie. Folie écologique, cela va sans dire tant c'est devenu évident. Mais aussi folie guerrière et raciste. Nombre de travaux aliénés participent à des activités meurtrières, par la guerre ou l'instrumentation inhumaine de personnes du Sud.
Présentation des Souffleureuses : Nous sommes un collectif (nouvellement nommé« Les Soufleureuses »), qui s'est constitué voilà 4 ans et qui s'est lancé dans la réalisation d'une bande dessinée pour présenter le modèle de société possible et désirable qu'est le salaire à vie.
Nous pensons en effet qu'une bd est un support qui a toutes les chances de s'adresser au plus grand nombre.
L'ouvrage a été encadré par l'association Réseau Salariat (association dont les auteur·es sont pour la plupart membres et qui défend le salaire à vie) et par Bernard Friot.
La bd n'est pas le fruit d'un individu mais le résultat d'un travail collectif de 6 personnes : Fred, Ao, Simon, Erwan, Cyrille et Xhee.
Xhee est le dessinateur du groupe.
L’insertion fragile de la Jordanie dans les chaînes de valeur mondiales du textile-habillement résulte d’un agencement géopolitique et économique mis en place à la fin des années 1990. Les zones industrielles qualifiées (QIZ), dans le sillage du traité de paix israélo-jordanien et des accords de libre-échange avec les États-Unis, ont façonné la Jordanie comme plateforme d’assemblage périphérique dépendante de capitaux étrangers, d’intrants importés et d’une main-d’œuvre principalement asiatique. La crise du blocus de la mer Rouge (2023-2024) révèle la vulnérabilité structurelle de ce mode d’intégration : tensions entre promesses de connectivité globale ; matérialité des infrastructures logistiques ; expériences du travail. Ce livre propose une lecture critique de la mondialisation, attentive à ses asymétries, ses régimes d’exception et ses points de rupture, depuis les infrastructures portuaires et logistiques jusqu’aux espaces du travail et aux dortoirs des travailleuses migrantes.
Katharina Grüeneisl
Géographe et ethnographe, ses recherches explorent les transformations du travail, les économies urbaines et les chaînes de valeur mondialisées du textile-habillement, notamment en Jordanie et en Tunisie.
Taher Labadi
Économiste politique, il étudie l’économie comme lieu de domination, de dépossession et de résistance en Palestine et au Proche-Orient. Ses travaux récents portent sur les mondes agricoles, le travail, les zones économiques spéciales et les formes de gouvernement des économies sous contrainte.
Mélanie Forné
Archéologue de formation, reconvertie dans l’illustration et le web. Elle accompagne les chercheurs pour transmettre leurs messages par l’image et la création graphique, imprimée comme numérique.
Les grandes écoles d’ingénieurs françaises font, depuis les années 1980, l’objet de critiques. On annonce la fin d’un modèle en déclin, condamné à disparaître ou à s’adapter aux exigences de la « compétition internationale ». La privatisation des entreprises publiques et le redéploiement de leurs activités à l’échelle mondiale appelleraient la formation de « managers » d’un type nouveau, adaptés aux exigences d’un capitalisme néolibéral en plein essor. Loin de se réduire à la seule circulation des élèves d’un pays à l’autre, l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs engage ainsi une profonde redéfinition du rapport des classes dirigeantes françaises à l’État-nation et à l’univers de l’entreprise.
Ce livre s’appuie sur des entretiens et des observations ethnographiques sur cinq écoles : trois parisiennes (Polytechnique, Centrale Paris et Télécom Paris-Tech) et deux en province (l’ENSTA-Bretagne et Agro Sup Dijon). Il s’adresse aux chercheurs et aux étudiants en sciences sociales s’intéressant à la sociologie des élites et des inégalités sociales. Il vise également un public plus large qui s’interroge sur les grandes écoles et leur avenir.
Adrien Delespierre est sociologue à l’université de Tours et membre du laboratoire CITERES.
Cet ouvrage démonte l’un des grands mythes du journalisme contemporain : celui de la neutralité, de l’objectivité journalistique. Dans une société traversée par des rapports de classe, l’objectivité revendiquée par les grands médias n’est pas un simple idéal professionnel, elle fonctionne comme une idéologie active. En naturalisant le capitalisme et en disqualifiant les projets de rupture, les journalistes qui se prétendent « sans parti » constituent de fait un « extrême centre médiatique ». Sous des airs de modération, celui-ci impose l’ordre existant comme seul horizon possible et prépare, ce faisant, le terrain à l’extrême droite qu’il prétend pourtant combattre. À rebours d’un journalisme faussement neutre, cet essai plaide pour un journalisme critique, rigoureux sur les faits et assumant clairement son camp.
Pierre Cazemajor est journaliste. Il est titulaire d’un master d’histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un master de journalisme de l’IJBA.
La guerre est morte, non comme réalité empirique, mais comme forme politique capable de produire de la sécurité. Les conflits contemporains en manifestent l’épuisement : incapacité à atteindre des objectifs durables, extension des violences aux populations civiles, fragmentation durable des sociétés, reproduction des menaces dans des cycles de guerres sans fin.
Cet ouvrage propose d’en tirer les conséquences théoriques et stratégiques. En mobilisant une analyse critique des transformations de la conflictualité – vulnérabilités systémiques, déséquilibres informationnels, hybridation des menaces – il met en évidence l’inadéquation croissante de l’outil militaire. La guerre apparaît dès lors comme une réponse archaïque à des formes de violence qu’elle ne peut ni contenir ni résoudre.
À partir d’expériences historiques et contemporaines de résistance civile, ce livre esquisse les principes d’un paradigme alternatif : une sécurité fondée sur les stratégies non-violentes et la puissance des sociétés. Un essai incisif et rigoureux pour penser l’après-guerre, au sens fort.
Alain Refalo est rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes et militant-chercheur au Centre de ressources sur la non-violence. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la non-violence. Il alimente régulièrement le Blog Chemins de non-violence (https://alainrefalo.blog).
Le monde de la culture est inquiet, et pas seulement en France. À juste titre : désintérêt des politiques, baisse des crédits, perte d’influence. L’idée même du service public de la culture semble oubliée, tandis que la fameuse exception culturelle semble un souvenir enfoui dans un passé lointain. Pourtant, le public est toujours là, avide de spectacles qui le rapprochent des artistes parce qu’ils expriment ses interrogations, ses angoisses, sa joie de vivre et ses rires, la création témoigne de la vitalité de ces acteurs de la scène culturelle. Le malaise est là, dans ce monde chamboulé par la technologie autant que par les bouleversements politiques, comment la culture peut-elle témoigner de la société ? Question toujours centrale, à l’heure de la montée des totalitarismes, de la remise en cause de la démocratie, des crises de toutes sortes qui assaillent notre monde.
Culture, alerte rouge ! Oui, parlons-en.
Après avoir été conseiller pour la culture et la communication du Premier Ministre Pierre Mauroy, Jérôme Clément a été nommé, directeur généeal du CNC. Chargé de la création d’ARTE, il en a été président jusqu’en 2011. Enseignant à Paris I, à l’ENA et à Sciences Po, il a écrit de nombreux articles à caractère économique et culturel et des ouvrages chez Grasset, le Seuil, Stock, L’Archipel et Gallimard. Il a produit des émissions sur France Culture et des films et documentaires pour le cinéma ou la télévision. Il préside actuellement le domaine de Chaumont-sur-Loire, le festival de cinéma Premiers plans à Angers et la fondation La Ruche-Seydoux.
Au cœur de ses divers engagements et activités, un fil conducteur : son combat pour la place de la culture dans la société
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Le Festival Raisons d'Agir fête ses...
sept. 10, 2026 Posted by LouisWeberLa 20e édition du festival se tiendra du 21 au 28 mars 2026 à Poitiers. La thématique : " Médias dominants, médias résistants". Quelles...
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sept. 10, 2026 Posted by LouisWeberRencontre prévue le jeudi 12 février 19h-21h, à la librairie Utopia (1 rue Frédéric Sauton, 75005 Paris). En compagnie de Camille...
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sept. 10, 2026 Posted by LouisWeberLa nuit s'endort sur la Palestine oubliée, Françoise Spiess. Peintures, collages et poèmes
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L’extrême droite nourrit une obsession souvent méconnue pour la question scolaire. C’est là, selon Éric Zemmour, que « la bataille culturelle et politique se joue avant tout ».
Retour à l’ordre, roman national, élitisme, haine de l’égalité, rééducation de la jeunesse, mise au pas des personnels... Au fil des polémiques sur le « grand endoctrinement » et des campagnes de délation des enseignant·es « déviant·es », la droite de la droite impose sa rhétorique et déroule son programme pour l’école : Autorité, Inégalité, Identité.
En remontant le fil de l’histoire, en allant voir du côté de l’étranger (Brésil, États-Unis, Hongrie, Turquie) ou en étudiant les villes laboratoires de l’extrême droite française, se lisent les dynamiques et les enjeux de cette contre-révolution scolaire conservatrice qui accompagne et inspire également l’agenda éducatif d’un néolibéralisme de plus en plus autoritaire.
Au-delà de la simple posture dénonciatrice, l’ambition de cet ouvrage est de doter d’outils historiques, pédagogiques et politiques celles et ceux qui n’entendent pas abandonner la critique du système éducatif aux seuls discours réactionnaires, ni surtout laisser l’extrême droite faire école.
L’extrême droite nourrit une obsession souvent méconnue pour la question scolaire. C’est là, selon Éric Zemmour, que « la bataille culturelle et politique se joue avant tout ».
Retour à l’ordre, roman national, élitisme, haine de l’égalité, rééducation de la jeunesse, mise au pas des personnels... Au fil des polémiques sur le « grand endoctrinement » et des campagnes de délation des enseignant·es
« déviant·es », la droite de la droite impose sa rhétorique et déroule son programme pour l’école : Autorité, Inégalité, Identité.
En remontant le fil de l’histoire, en allant voir du côté de l’étranger (Brésil, États-Unis, Hongrie, Turquie) ou en étudiant les villes laboratoires de l’extrême droite française, se lisent les dynamiques et les enjeux de cette contre-révolution scolaire conservatrice qui accompagne et inspire également l’agenda éducatif d’un néolibéralisme de plus en plus autoritaire.
Au-delà de la simple posture dénonciatrice, l’ambition de cet ouvrage est de doter d’outils historiques, pédagogiques et politiques celles et ceux qui n’entendent pas abandonner la critique du système éducatif aux seuls discours réactionnaires, ni surtout laisser l’extrême droite faire école.
L’Université et la recherche sont depuis vingt ans un laboratoire privilégié de la transformation managériale des services publics. De la recherche en mode projet aux transferts de technologie, de Parcoursup aux frais d’inscription différenciés et du « management agile » au classement de Shanghai, le monde de la science a connu une transformation radicale, vers toujours plus de bureaucratie, d’autoritarisme, de court-termisme et de conflits d’intérêts. Cette évolution des institutions censées élaborer un discours de vérité va de pair avec le déploiement d’un jargon managérial fait de « coopétition », de « groupes de travail », de « confiance aux acteurs », d’« expertise » et d’« indicateurs ». Ce discours nourrit la critique mais ouvre aussi la voie à l’utopie d’une nouvelle parole universitaire, sous le signe de l’exigence et de la liberté.
RogueESR est un collectif créé en 2017 pour promouvoir une université et une recherche libres, exigeantes et placées au service de l’intérêt général et de l’émancipation.
A l'honneur sur France culture le jeudi 27 janvier 2022. Ici
Table des matières
Acteur(s) 13
Agile 16
Apprenante 21
Attractivité 25
Autonomie 30
Autorité 33
Bureaucratie 35
Campus 38
Choc de simplification 38
Clientélisme 42
Collectif 44
Collégialité 45
* Compagnonnage (Noûs) 45
Compétence(s) 51
ComUé : 51
Communication 52
Concertation 53
Conduite du changement 55
Confiance 56
Conflit d’intérêt 59
Connaissance 62
Consensus 62
Continuité 65
Coopétition 66
Co-production 68
CPU 68
CURIF 68
Démocratie 69
DGS (Directeur-trice général-e des services) 70
Doyen 70
Échauffourées (euphémisme) 70
Économie de la connaissance 70
Effet levier 71
Émérite 73
Environnement 73
Eux 76
Évaluation (de l’enseignement et de la recherche) 80
Évaluation (des étudiants) 82
Excellence 84
Experts, expertise 85
Fabrique du consentement 87
GVT 89
Grand 93
Groupe de travail 95
Gouvernance 95
Hybride 97
Indicateurs 101
Innovation 103
Investissement (Investissements d’Avenir) 104
Liberté(s) académique(s) 105
Mérite 107
Mode dégradé 109
New Public Management 111
Numérique 111
Numéro vert 111
Nous 112
*Œdipe (NOÛS) 114
Orientation et Réussite des Étudiants (ORE) 119
Parcoursup 121
Pédagogie 123
Personnels (les) 124
Performance 125
Politique de site 128
Portefeuille de compétences 128
PPP 129
Précarité, précarisation 130
PRES 134
Présence, présentiel 135
Président d’université 137
Prime 138
Projet 139
Proust (Marcel) 141
PUPH 141
Ranking 142
Rebranding 143
Responsabilité 146
Shanghaï 149
SHS 149
SNRI 151
Théorie du capital humain 152
Théorie du fil du rasoir 155
*Toilettes (NOUS) 155
Transferts de technologie 161
*Tronçonneuse à 2 temps (NOÛS) 161
Université de proximité 175
Université de recherche 176
* Utopie (NOUS) 179
Valorisation 184
Vrai, vérité, théorème vériste 185
Zones à régime restrictif (ZRR) 188
Zoom 190
L’Université et la recherche sont depuis vingt ans un laboratoire privilégié de la transformation managériale des services publics. De la recherche en mode projet aux transferts de technologie, de Parcoursup aux frais d’inscription différenciés et du « management agile » au classement de Shanghai, le monde de la science a connu une transformation radicale, vers toujours plus de bureaucratie, d’autoritarisme, de court-termisme et de conflits d’intérêts. Cette évolution des institutions censées élaborer un discours de vérité va de pair avec le déploiement d’un jargon managérial fait de « coopétition », de « groupes de travail », de « confiance aux acteurs », d’« expertise » et d’« indicateurs ». Ce discours nourrit la critique mais ouvre aussi la voie à l’utopie d’une nouvelle parole universitaire, sous le signe de l’exigence et de la liberté.
RogueESR est un collectif créé en 2017 pour promouvoir une université et une recherche libres, exigeantes et placées au service de l’intérêt général et de l’émancipation. Il regroupe des scientifiques de disciplines et de statut différents et a été rédigé par une équipe de volontaires constituée par un appel à la communauté académique.
Affaiblis par les politiques libérales, les services publics ne sont pas sans défauts ; mais ils réduisent les inégalités et renforcent le potentiel productif. Pourquoi alors vouloir les restreindre voire les supprimer, alors que leur amélioration figure parmi les premières préoccupations des citoyens ? Pour interdire le vrai débat !
Les libéraux tendent un piège et affirment que « si vous voulez payer moins d’impôts, il faut nous dire quels services publics supprimer ».
Ce livre a pour but de démonter ce piège et d’illustrer qu’il est possible de développer des services publics de qualité.
Leur promotion est nécessaire pour faire face à la hausse des inégalités, au réchauffement climatique et pour engager un nouveau mode de développement qui respecte l’environnement et les êtres humains.
Les nouvelles technologies facilitent la tâche, à condition de changer notre conception de l’activité économique et de la libérer de la contrainte du taux de profit et de l’asservissement à l’univers de la marchandisation.
De par leur caractère non marchand, les services publics ont toute leur place dans cette construction. C’est pourquoi les développer est un combat d’avant-garde.
Nasser Mansouri Guilani est docteur en économie et membre honoraire du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il a dirigé le secteur économique de la CGT et enseigné à l’université de Paris-Est-Marne-La-Vallée. Il a été membre du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), du Conseil national de l’industrie (CNI) et du Conseil scientifique de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES)
Une rencension dans L'Humanité-Dimanche des 23-27 avril 2020
Cette première livraison donne le ton. Elle est composée d’analyses originales basées sur des enquêtes et des réflexions amples, d’essais critiques sur la philosophie d’Alain Badiou, de rééditions de textes classiques, d’un entretien avec l’historien Roger Chartier sur les transformations contemporaines du livre et de l’écrit et, enfin, d’une série de notes critiques d’ouvrages récents. Ces contributions sont documentées, critiques, engageantes et, pour certaines, clivantes. Chacune à sa manière, elles partagent une même ambition, qui est de faire bouger les lignes et les fronts de recherche, d’instiller le doute contre toutes les formes de dogmatisme et d’ouvrir des brèches, pas seulement dans les limites aujourd’hui rognées des mondes universitaires et de la recherche.
Avec des contributions de Boris Attencourt, Anouk Barberousse, Vincent-Arnaud Chappe, Roger Chartier, Baptiste Coulmont, Renaud Debailly, Christopher Donohue, Pascal Engel, Jean Frances, Yann Giraud, Nathalie Heinich, Philippe Huneman, Marc Joly, Jérôme Lamy, Stéphane Le Lay, Mathieu Quet, Claude Rosental, Arnaud Saint-Martin, Pierre Schapira.
L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ?
Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété des formes d’expression contemporaines du mépris de classe, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.
Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.
Table des matières
Introduction, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet........................... 5
De la cumulativité des sciences sociales......................................................... 7
Une catégorie heuristique......................................................................... 11
Exercer, ressentir et faire face au mépris de classe.............................. 14
Partie 1. Sociologiser une catégorie morale
Chapitre 1. Le mépris de classe : pratiques et représentations, Claude Grignon 21
Mépris de classe et hiérarchie sociale........................................................... 21
Le mépris dans les relations............................................................................. 27
Le mépris dans les représentations............................................................... 32
Chapitre 2. « Mépris et dignité : un couple infernal ». Entretien avec Gérard Noiriel, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet 37
Partie 2. Des représentations en actes
Chapitre 3. Le mépris de classe dans le monde du travail. Retour du refoulé ou impossible dissimulation, Nicolas Spire 55
Une brutalité superflue ?.................................................................................. 60
Modes d’expression du mépris de classe dans le monde du travail....... 67
Des hauts fonctionnaires parisiens......................................................... 68
Un contresens opportun........................................................................... 69
Violence des interactions et connivence de classe............................. 70
Pourquoi ce mépris ? ........................................................................................ 71
Le mépris, entre erreur et fantasme : un fruit de l’imagination ?..... 72
Le mépris de classe comme affection du corps.................................... 76
Le mépris de classe, réaction à un risque de diminution de la puissance d’ agir 78
Conclusion 79
Chapitre 4. Racialisation des rapports sociaux et mépris de classe, Pierre-Emmanuel Sorignet 81
Mise en concurrence et conflits entre ouvrières. Les « anciennes » contre les « jeunes » ? 86
Les Jeunes au travail................................................................................... 89
Racialisation du conflit et mépris de classe................................................. 93
La dévaluation de la figure ouvrière....................................................... 93
L’insulte raciste............................................................................................ 98
La racialisation des rapports sociaux par la direction..................... 100
Un mépris de classe qui s’ignore.................................................................. 102
Chapitre 5. Le « problème des Blacks ». Sur le « racisme » dans le football professionnel, Frédéric Rasera 105
Les « Blacks » : une catégorie indigène ...................................................... 108
La défense d’un ethos professionnel .......................................................... 114
Trouver un joueur pour « encadrer les Blacks »....................................... 120
Conclusion 125
Chapitre 6. Le candidat ouvrier, les journalistes et les savants. Sur le « racisme de classe », Éric Darras 127
Habilitations et auto-habilitation d’une candidature ouvrière............ 130
Trois degrés de stigmatisation ..................................................................... 136
L’expression minuscule mais décisive d’une solidarité de classe.. 140
Face à l’ouvriérisme et à l’ironie............................................................ 142
Le retournement du stigmate....................................................................... 144
Conclusion 147
Partie 3. Interactions et rapports de force
Chapitre 7. Un ouvrier qui s’expose, Nicolas Renahy..................................... 153
Une angoisse originelle.................................................................................. 155
Un charisme populaire................................................................................... 161
« Se libérer », s’exposer................................................................................... 163
Se préserver....................................................................................................... 169
Tarir une « soif du travail »..................................................................... 169
« Descendre de l’échelle » et « voyager gratos »................................. 171
Un quant-à-soi désarmé face au mépris de classe................................... 175
Conclusion 178
Tableau : Résumé de la trajectoire de Sébastien et séquences de notre relation 180
Chapitre 8. Résister au mépris de classe. Protections collectives et contestations discrètes des employés du luxe, Amélie Beaumont 183
Les expressions du mépris comme conséquence de l’organisation de l’hôtel 185
Les rapports sociaux de service dans l’hôtellerie de luxe................ 186
Signifier quotidiennement la hiérarchie ou les formes routinisées du mépris de classe 188
Au-delà du mépris routinisé : quand la prestation ne correspond pas aux attentes des clients 192
Les résistances discrètes des employés...................................................... 196
Rationaliser et minimiser les atteintes à sa dignité.......................... 197
Externaliser son mécontentement aux collègues et revaloriser son rôle 200
Dénier aux clients un service illimité................................................... 203
Surjouer le service pour former les clients à la politesse et prévenir le mépris de classe 205
Conclusion........................................................................................................ 207
Chapitre 9. Expressions du mépris de classe. Les infirmières scolaires et leurs publics, Philippe Longchamp 211
Une position spécifique au sein de la profession infirmière.................. 213
Le rapport à la santé des infirmières scolaires.......................................... 215
Face aux classes populaires........................................................................... 218
Face aux fractions économiques des classes supérieures...................... 225
Conclusion 230
Chapitre 10. Produire et éprouver le mépris de classe. Les ouvriers de la propreté urbaine, Hugo Bret 233
Travailler dans les quartiers populaires : se proteger du « haut », se démarquer du « bas » 237
L’effet protecteur de l’entre-soi............................................................. 237
« Ici, c’est des sauvages ! » : la stigmatisation ordinaire des habitants des « cités » 240
Travailler dans les quartiers bourgeois : s’y faire une place et s’y plaire, malgré tout 245
Se faire une place dans les beaux quartiers........................................ 245
« Le monsieur balaye parce qu’il n’est pas directeur comme papa » : l’épreuve de la distance sociale 249
Maintenir les distances........................................................................... 252
Conclusion 256
Chapitre 11. Le mépris de classe dans la vie quotidienne des pompiers, Romain Pudal 261
Le mépris de classe en contexte professionnel......................................... 265
Un uniforme qui uniformise.................................................................. 265
Le monde des « code-barres »............................................................... 267
Un entre-soi de dominés......................................................................... 269
Les « Cassoc’ », figure repoussoir.......................................................... 274
Lutte des classes, lutte de valeurs ................................................................ 276
Un ordre genré.......................................................................................... 277
Le racisme ordinaire et ses interprétations........................................ 280
Être « l’intello de service »....................................................................... 283
Conclusion 285
Postface. Sociogenèse, modalités et effets du « mépris de classe », Gérard Mauger 289
Le champ lexical du mépris de classe......................................................... 290
Mépris de classe et domination............................................................ 290
Mépris de classe et « violence symbolique »....................................... 291
Mépris de classe, racisme de classe et racisme.................................. 292
Sociogenèse du mépris de classe................................................................. 293
Hiérarchies, distance sociale et mépris de classe.............................. 293
Un mépris de classe « de bas en haut » ?............................................. 295
Modalités du mépris de classe...................................................................... 296
Effets du mépris de classe.............................................................................. 298
Conclusion 300
L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.
Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.
Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.
Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.
Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne).
« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, les auteurs de ce livre ont voulu qu’une autre cantine est possible.Cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue. Ce petit livre montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas.
Voir un article des auteurs dans Le Monde diplomatique, mai 2021
Une recension dans Reporterre
Sommaire
Prologue - Des cuisiniers nostalgiques ?
Idée reçue n° 1 : « La cantine, c’est jamais bon ! »
Idée reçue n° 2 : « Être client d’un restaurant,
c’est forcément mieux »
Idée reçue n° 3 : « À la cantine il n’y a pas de vrais cuisiniers »
Idée reçue n° 4 : « Les contraintes sont trop
importantes pour cuisiner »
Idée reçue n° 5 : « Les enfants, n’aiment que
ce qu’ils connaissent »
Idée reçue n° 6 : « Les enfants ont besoin de manger de la viande tous les jours »
Idée reçue n° 7 : « Un peu de bio au menu, c’est déjà bien ! »
Idée reçue n° 8 : « La qualité et le bio local à la cantine,
c’est trop cher »
Idée reçue n° 9 : « En collectivité le gaspillage est inévitable »
Idée reçue n° 10 : « Les grandes cuisines centrales
sont indispensables »
Épilogue - La cuisine de collectivité est une cuisine sociale
« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale et constituer une fatalité. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, des années à réfléchir et échanger avec d’autres chefs de cantine sur les pratiques professionnelles dans la restauration collective, les auteurs de ce livre ont voulu montrer qu’il peut en être autrement : une autre cantine est possible.
Appuyé sur les témoignages d’une dizaine de cuisinier·e·s de collectivité, cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires ou de la prestation de service aux collectivités, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales à 50 000 « repas » par jour n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue.
Ce petit livre, clair et percutant, montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas. Il permet en outre de comprendre à quel point la cuisine de collectivité constitue un « fait social total », un enjeu majeur à la fois environnemental, sanitaire, économique et culturel.
Marc Perrenoud est sociologue et anthropologue à l’Université de Lausanne. Depuis vingt ans il étudie le travail et la culture dans les sociétés contemporaines. Il a publié de nombreux ouvrages et articles scientifiques sur le travail artistique, le métier de musicien, mais aussi l’artisanat ou encore la mise en spectacle du travail par la télé-réalité.
Pierre-Yves Rommelaere est cuisinier au collège de Lézignan-Corbières. Il a commencé à travailler à 16 ans dans la restauration commerciale et a été chef pendant des années dans différents établissements du Sud de la France. Il a opté pour la restauration collective en 2007 et depuis, il fait partie des cuisiniers militants qui tentent de faire bouger les lignes en France.
Le travail change. C’est ce que nous répètent réformateurs, modernisateurs et libéraux de tous poils, trop heureux de ce « changement ». Le travail change, c’est vrai : il n’est plus aujourd’hui ce qu’il était il y a trente ans. Mais il ne change pas tout seul, par l’effet de quelque magie sociale, ou d’une révolution technologique anonyme.
S’il change, c’est qu’on le change. Depuis des années, le salariat est attaqué, précarisé, ubérisé. Les travailleurs sont dépossédés et soumis à de nouvelles disciplines, plus insidieuses, mais pas moins violentes. Le Code du travail est démantelé, les syndicats affaiblis, le patronat conforté. Radiée des mémoires, méprisée par les médias, ignorée par les artistes, reléguée aux confins du monde, la figure même du travailleur tend à s’effacer.
Alors que le nouveau président promet, pour cet été, une nouvelle loi Travail, plus brutale encore que la précédente, L’Intérêt général a voulu faire le point. Avec l’aide de chercheurs et de militants, ce numéro tente d’éclairer les réalités du travail aujourd’hui. Pour faire pièce à la propagande que les prochains mois nous réservent. Mais aussi pour aider à concevoir l’alternative. Car résister aux attaques des néolibéraux ne suffit pas : le travail a besoin de nouvelles conquêtes sociales.

