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Les années 1860 marquent une rupture avec l’approche fataliste de la mort des enfants en bas âge qui prévalait dans la société jusque-là. La création d’une Société Protectrice de l’Enfance, la parution d’écrits médicaux et l’engagement d’un débat à l’Académie de médecine sont les trois événements à partir desquels va se construire une représentation faisant de la mortalité infantile un problème majeur menaçant une France sur la voie de la dépopulation, minée par la crise des valeurs familiales et les velléités d’émancipation de certaines femmes.

Au centre de cette représentation, les dysfonctionnements d’une « industrie des nourrices », dont les activités pourtant ne cessent de croître, parce qu’elle tire profit de l’irresponsabilité des nombreuses mères refusant l’allaiter leur enfant. Parisienne au départ, la cause des nourrissons gagne rapidement les Bonnes Sociétés provinciales. Le mouvement philanthropique invente un dispositif de contrôle des nourrices à domicile, intrusif, combinant surveillance médicale des nourrices et patronage des enfants placés. Un dispositif que la loi Roussel reprendra à son compte. Ainsi naît le prototype de ce que seront, en France, les politiques menées dans le secteur social, avec un État qui fixe le cadre légal, qui définit les orientations et dont l’administration supervise et contrôle (du moins en théorie) des interventions de terrain réalisées par des agents du secteur privé, payés ou bénévoles.
Pour rendre compte de cette histoire, l’analyse proposée dans ce livre s’intéresse aux rapports que la naissance de la protection de l’enfance entretient avec des questions sociales majeures qui traversent tout le dix-neuvième siècle. Car ce qui est en jeu dans les débats qui ont cours dans le champ du pouvoir autour du sort des nourrissons, ce sont les modalités d’exercice (souhaitables) de la domination masculine dans une société de démocratie patriarcale, l’expression (acceptable) que peuvent prendre les rapports de domination de classe, la légitimité de l’État à intervenir dans la sphère privée, que ce soit au niveau de la famille ou d’un marché économique, et cela au nom de la protection de la santé physique et morale de l’enfant. Toutes questions qui, même si les termes où elles se posent ont changé, gardent, aujourd’hui encore, leur pleine actualité.

18,96 €
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Le Portugal a des liens importants et anciens avec la France, mais il y demeure très mal connu, en dépit de l’histoire migratoire qui a conduit des centaines de milliers de Portugais en France depuis les années 1960 et du récent engouement touristique qui entraîne les Français en sens inverse.

Cet ouvrage présente pour la première fois au lectorat francophone les résultats d’un vaste ensemble de recherches sociologiques réalisées depuis les années 1970. Ces travaux, d’une grande originalité et d’une forte cohérence, offrent un regard riche et précis sur les transformations du pays depuis plus de 40 ans, tant à l’échelle nationale que régionale. Ils reposent sur plusieurs enquêtes de terrain approfondies et de longue durée réalisées dans des contextes très variés du Nord du pays : une zone rurale devenue périurbaine, une région industrielle connaissant des évolutions contrastées (entre modernisation et profonde crise) et enfin plusieurs quartiers de la ville de Porto.
Croisant socio-histoire, enquêtes statistiques et ethnographie, ce livre donne à voir les transformations majeures de la société et des classes sociales au Portugal, en lien avec les transformations de l’État et des structures économiques, depuis la fin de la dictature jusqu’à la crise récente.
Virgílio Borges Pereira est professeur de sociologie à l’Université de Porto (Faculté des Lettres et Faculté d’Architecture) et membre de l’Institut de sociologie de l’Université de Porto.
Yasmine Siblot est professeure au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Paris 8 et membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et sociétés urbaines.

Table des matières

Introduction générale, Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot

Première partie : Faire la sociologie de transformations sociales accélérées

Chapitre 1 : Une sociologie de terrain théoriquement engagée, José Madureira Pinto
Chapitre 2 : Étudier la « formation sociale portugaise » : éléments de cadrage et de comparaison, Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot

Deuxième partie : Saisir des rapports de classe localisés

Présentation, Nicolas Renahy
Chapitre 3 : Institutions, dispositions et pratiques : le cas de la production du logement, José Madureira Pinto
Chapitre 4 : Classes sociales et divisions symboliques dans la ville de Porto, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 5 : Chômage et rapports sociaux dans un espace en voie de désindustrialisation, Ester Gomes da Silva, Maria Inês Coelho, Sandra Leitão
Chapitre 6 : Entre ici et là-bas. Notes de recherche sur l’émigration en Espagne d’ouvriers portugais du bâtiment, João Queirós, Bruno Monteiro

Troisième partie : Classes populaires et rapport aux institutions en pratiques

Présentation, Vincent Dubois
Chapitre 7 : Les contradictions du processus éducatif, José Madureira Pinto
Chapitre 8 : L’expérience réitérée de la relégation urbaine : une enquête sociologique dans un « quartier social » menacé de démolition, João Queirós
Chapitre 9 : L’évolution des politiques sociales et répressives dans un contexte de libéralisation, Rui Pedro Pinto

Quatrième partie : Classes sociales et politique

Présentation, Yasmine Siblot
Chapitre 10 : Les intellectuels, le pouvoir et la ville. L’espace social des intellectuels à Porto pendant l’Estado Novo (1958-1965), Bruno Monteiro, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 11 : Sur l’importance de s’appeler Ernesto, Avelino ou Amadeu. Notes sur la mémoire du Porto (post) révolutionnaire, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 12 : Faire l’économie du corps. Politiques managériales et stratégies ouvrières de résistance dans une usine portugaise, Bruno Monteiro

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Le rap – en particulier le rap indépendant – est généralement perçu et se présente volontiers lui-même comme la chronique musicale de la vie des « jeunes de cité », dénonçant le racisme et les injustices sociales qu’ils subissent tout en exprimant leur désir de reconnaissance et d’ascension sociale.

Basée sur une enquête de terrain réalisée à la fin des années 2000 auprès de rappeurs indépendants dans la région parisienne et lyonnaise, centrée sur l’étude des trajectoires sociales et du travail artistique, cette recherche présente les rappeurs sous les traits d’auto- ou de petits entrepreneurs, évoluant en marge des industries culturelles. Ce genre de carrière peut se comprendre comme une stratégie d’ascension culturelle, voire économique, le plus souvent vouée à l’échec, mais offrant des compensations symboliques à travers l’accès à la vie et à l’identité d’artiste, à des jeunes des classes populaires ou moyennes confrontés à leur déclassement. Plus diversifié socialement qu’on ne le croit généralement, le monde du rap indépendant est aussi divisé entre des pôles économique, professionnel et d’engagement, en fonction de la plus ou  moins grande distance des artistes par rapport aux industries culturelles. Ce genre musical se présente ainsi comme un univers révélateur des phénomènes de mobilité et de reproduction sociales. Il permet ainsi de mettre en évidence l’articulation des dimensions économiques et culturelles dans la production musicale.

Fabien Brugière, ancien élève de l’École normale supérieure de Paris, est maître de conférence à l’université de Strasbourg (SAGE) et chercheur associé au laboratoire CRESPPA-GTM.

17,06 €
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Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent.

On oublie toutefois que ces fermetures sont l'aboutissement d'un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d’incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d’usines métallurgiques d’une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l’évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie.

Cédric Lomba est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris. Ses travaux portent sur les mondes ouvriers de l’industrie, sur les rapports entre classes sociales et sur le militantisme au travail.

18,96 €
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Comment se débrouiller, enfant, ado, adulte de tout âge, et toujours « pas fini », avec la course de haies qu’aura été ce demi-siècle, à commencer par Mai 68 ?

« Fils d’Humanité » renvoie à une métaphore du poète André Benedetto : « de l’obstacle faire le passage ». Pour l’auteur, les obstacles rencontrés auront été autant de franchissements de l’inconnu : une grande grève ouvrière dans un monde qui lui est étranger, l’éclat déboussolant d’une folle jeunesse, la chute d’un système enkysté à l’Est.

Pour ce journaliste atypique, l’Humanité a encore des lacunes, mais elle a cette qualité rare de ne pas se rendre.  Cette estime ne souffre pas l’inconditionnalité. La part critique que s’accorde celui qui y a tenu la plume est une marque de respect pour son histoire et son avenir.
Son récit est une invite à un journalisme d’exactitude et de progrès humain comme le souhaitait le Conseil national de la Résistance. L’Humanité est une embarcation où des rameurs résistent au naufrage programmé de la presse d’idées. Ses difficultés ne sont des bonnes nouvelles pour personne. Raison de plus pour dire ce que l’on a, chacun, sur le cœur.

11,37 €
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Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960.

Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. Les collaborations entre agents des champs politique, bureaucratique et culturel pour la promotion de l’intervention culturelle publique ont doté cette politique de structures et de logiques spécifiques qui l’ont progressivement rendue autonome par rapport aux investissements politiques qui en étaient à l’origine. Au fur et à mesure de cette institutionnalisation, un partage des rôles s’est tant bien que mal instauré, confiant la définition des grandes orientations aux élus et réservant celle des programmes aux acteurs culturels. Dans le même mouvement, la mise en avant de finalités proprement culturelles (et notamment la sempiternelle « démocratisation de la culture ») a permis de formuler sinon des objectifs clairs, au moins des compromis relativement stables. Ce double modus vivendi a été remis en cause depuis le milieu des années 1990. Les contraintes budgétaires ont notamment réduit l’initiative des acteurs culturels et, parfois, déplacé le centre de gravité des arbitrages culturels du côté des élus. Il est peu à peu devenu pensable que les politiques de la culture poursuivent d’autres fins que principalement culturelles, et soient mises au service du développement économique. L’histoire retracée dans cet ouvrage à l’échelon local révèle ainsi une évolution beaucoup plus générale : la remise en cause concomitante des spécificités des politiques culturelles et de l’autonomie du champ culturel.

18,96 €
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L’éducation populaire a pour ambition de former des jeunes et des citoyens éclairés, capables de faire vivre la démocratie et de transformer le monde. De nombreuses associations s’y sont consacrées depuis près de deux siècles.

Leur reconnaissance par l’État est apparue comme un progrès. Mais n’est-ce pas au détriment des vertus émancipatrices de l’éducation populaire ? Les associations n’ont-elles pas été « instrumentalisées » dans ce processus, au point que leur projet originel et global aurait « disparu » au profit d’actions segmentées et professionnalisées ?

Qu’en est-il aujourd’hui, dans un contexte de désengagement de l’État ? À partir de travaux récents de recherche en sciences sociales et de comptes rendus de pratiques militantes, les 17 chapitres de cet ouvrage invitent à approfondir l’examen et à mieux comprendre le renouveau de l’éducation populaire depuis les années 2000. Loin d’être devenue une ingénierie sociale dépolitisée, elle reste marquée par une tension constante entre engagement et professionnalisation, instrumentalisation et autonomie. Certes, tous ses projets ne sont pas politisés et contestataires, ils visent néanmoins une libération culturelle, politique ou sociale. De plus, les bénévoles, les volontaires et les salariés qui les mettent en œuvre considèrent que leur travail, sous-tendu par des valeurs, est davantage qu’un emploi ordinaire.
En examinant les rapports entre savoir, pouvoir et émancipation, cet ouvrage invite à penser autrement le peuple, les classes populaires et la politique, à travers une action éducative qui repose sur la culture et les loisirs.

Francis Lebon est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris Est Créteil et membre du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques Educatives et des pratiques Sociales (LIRTES).
Emmanuel de Lescure est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, et membre du Centre de Recherche sur les Liens Sociaux (CERLIS-UMR 8070).

18,96 €
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Louis Marie Bosredon ? Un caricaturiste, un graveur, un ouvrier, un catholique, un marchand de tableaux, un photographe... Engagé dans le Paris de 1848, ce touche-à-tout a oeuvré pour une autre représentation graphique et politique. Par des lithographies, des calotypes, des décors imprimés, bref par des images mécanisées, lancées toutes à l'assaut de la hiérarchie des arts.

Soulever la pierre qui condamnait l'accès à cette vie, c'est sans doute commettre l'irréparable. Car Bosredon cherchait délibérément à rester inconnu. L’obscurité qui s’attache à ses oeuvres, il l’a recherchée. Et pour une raison simple. Il fut aussi un faussaire. Avec
pour exploit d’avoir exposé, sous un nom d’emprunt, un portrait de Napoléon Ier, âgé de 16 ans. C’était au musée du Louvre. Oui mais voilà. À l'heure où le concept de gouvernement représentatif semble s'épuiser, comment continuer à taire l'intérêt qu'offrent ses dessins et ses convictions ?
D'où ce livre qui invite, au terme d'une incroyable enquête, à interroger les fondements mêmes d'une forme de démocratie qui est aussi le creuset d'une culture visuelle. La trajectoire de ce quarantehuitard ? Elle n’est donc pas une biographie au sens classique du terme mais une véritable histoire sociale et politique. Celle d'un individu collectif qui fait découvrir les rêves ensevelis d'une République démocratique et sociale.

18,96 €

Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960. Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. 

Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960. Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. Les collaborations entre agents des champs politique, bureaucra-tique et culturel pour la promotion de l’intervention culturelle publique ont doté cette politique de structures et de logiques spécifiques qui l’ont progressivement rendue autonome par rapport aux investissements politiques qui en étaient à l’origine. Au fur et à mesure de cette institutionnalisation, un partage des rôles s’est tant bien que mal instauré, confiant la définition des grandes orientations aux élus et réservant celle des programmes aux acteurs culturels. Dans le même mouve-ment, la mise en avant de finalités proprement culturelles (et notamment la sempiternelle « démocratisation de la culture ») a permis de formuler sinon des objectifs clairs, au moins des compromis relativement stables. Ce double modus vivendi a été remis en cause depuis le milieu des années 1990. Les contraintes budgétaires ont notamment réduit l’initiative des acteurs culturels et, parfois, déplacé le centre de gravité des arbitrages culturels du côté des élus. Il est peu à peu devenu pensable que les politiques de la culture poursuivent d’autres fins que principalement culturelles, et soient mises au service du développement économique. L’histoire retracée dans cet ouvrage à l’échelon local révèle ainsi une évolution beaucoup plus générale : la remise en cause concomitante des spécificités des politiques culturelles et de l’autonomie du champ culturel.

 

Vincent Dubois est professeur à l’université de Strasbourg et membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié La politique culturelle (Belin, 1999) et Les mondes de l’harmonie (La Dispute, 2009, avec J.-M. Méon et E. Pierru). Clément Bastien est doctorant, et travaille sur le mécénat d’entre prise. Audrey Freyermuth est docteure en science politique, elle étudie le traitement politique des questions de sécurité et l’inter communalité culturelle. Kévin Matz, doctorant, analyse l’essor du développement économique comme credo des politiques de la culture. Tous sont chercheurs au GSPE-PRISME (UMR CNRS 7012) de l’université de Strasbourg.

20,85 €

Paris, juin 1848. La révolution gronde dans les rues de la capitale. Partout, des barricades sont dressées. L’une d’elle, rue du Faubourg-du-Temple, va accompagner l’avènement du photo-journalisme. Dans l’éveil d’un petit matin parisien, trois forteresses obstruent une rue presque déserte. Une image aussi célèbre que méconnue. Due à un certain Thibault, elle montre une insurrection en acte. Qui en est l’auteur ? Et d’où vient ce mystérieux daguerréotype ?

Paris, juin 1848. La révolution gronde dans les rues de la capitale. Partout, des barricades sont dressées. L’une d’elle, rue du Faubourg-du-Temple, va accompagner l’avènement du photo-journalisme. Dans l’éveil d’un petit matin parisien, trois forteresses obstruent une rue presque déserte. Une image aussi célèbre que méconnue. Due à un certain Thibault, elle montre une insurrection en acte. Qui en est l’auteur ? Et d’où vient ce mystérieux daguerréotype ?

Cette enquête inédite nous plonge en fait dans la petite histoire d’un homme, là, dans la grande histoire de la République. Suffrage universel, soulèvements populaires, industrialisation de la presse et de l’art : en revenant sur les pas de cet étrange reportage, ce livre nous fait découvrir la naissance d’une culture visuelle. Celle dont dépend notre conception même de la représentation politique.

14,22 €

Depuis le début des années 1980, les démocraties et les organisations internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées, revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en œuvre des idées progressistes de promotion sociale et d’accès à la citoyenneté. La notion de vulnérabilité est la pierre angulaire de ce changement. Désormais la guerre est déclarée non plus à la pauvreté mais aux pauvres, enrôlés dans ce combat contre eux-mêmes. Ils font l’objet de la vigilance des savants, de la sollicitude des experts et d’une surveillance continue des acteurs publics et ne sont plus traités comme des citoyens malheureux ou mal intégrés mais comme des incapables.

Depuis le début des années 1980, les démocraties et les organisations internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées, revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en œuvre des idées progressistes de promotion sociale et d’accès à la citoyenneté. La notion de vulnérabilité est la pierre angulaire de ce changement. Désormais la guerre est déclarée non plus à la pauvreté mais aux pauvres, enrôlés dans ce combat contre eux-mêmes. Ils font l’objet de la vigilance des savants, de la sollicitude des experts et d’une surveillance continue des acteurs publics et ne sont plus traités comme des citoyens malheureux ou mal intégrés mais comme des incapables.
Cet ouvrage revient d’abord sur les fondements de cette révolution conceptuelle. Une archéologie des termes permet de comprendre comment ils se sont généralisés dans les discours publics depuis la fin du dernier millénaire. Puis il étudie les instruments de ce nouveau gouvernement des pauvres qui les coupe de l’exercice de leurs droits humains et de leurs libertés fondamentales. Comment ce remplacement de l’_égalité_ par l’_équité_, de la liberté par la dignité, de la fraternité par la responsabilité s’est-il opéré ? Sur quels principes juridiques fondamentaux et politiques contradictoires, néanmoins conciliés dans une nouvelle théorie sociale, s’appuie-t-il ? Enfin le livre met en lumière les effets de ces dispositifs d’urgence permanente sur l’existence des vulnérables assignés au rôle de victimes. Leur traitement qui combine protection rapprochée et contrôle à distance repose sur l’individualisation et la psychologisation de leur condition et en fait tantôt des martyrs médiatisés tantôt des cibles discrètes d’interventions bienfaisantes condamnées à la désubjectivation et au silence.

Hélène Thomas est professeur de science politique à Sciences Po Aix. Sociologue et psychanalyste, elle a déjà publié deux ouvrages de référence sur ce sujet : La production des exclus, Paris, PUF, 1997 (primé par l’Académie des sciences morales et politiques) et Vieillesse dépendante et désinsertion politique, Paris, L’Harmattan, 1996.
18,96 €
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Cette enquête, menée pendant les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens volontairement contrastés (le xvie bourgeois et le xe bobo), propose une sociologie politique et une ethnographie d’une campagne examinée au concret, à travers de multiples lieux d’observation : meetings, tractages, réunions d’appartement, etc. 

Cette enquête, menée pendant les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens volontairement contrastés (le xvie bourgeois et le xe bobo), propose une sociologie politique et une ethnographie d’une campagne examinée au concret, à travers de multiples lieux d’observation : meetings, tractages, réunions d’appartement, etc.
En s’intéressant d’abord aux électeurs, ce livre propose de renouveler le regard porté sur les mutations sociales qui ont affecté la capitale, et leurs effets politiques. Il permet notamment de revisiter la question de l’abstentionnisme et de l’indifférence à la politique.
L’observation des partis dans la compétition électorale montre ensuite comment les partis politiques font campagne, mais aussi comment celle-ci les façonne, et parfois les défait.
L’attention portée aux femmes en campagne permet enfin de dresser un bilan de la parité au local et de saisir à la fois la « routinisation » de la contrainte paritaire et son déplacement (avec notamment l’invention d’une nouvelle exigence de représentation de la diversité) ; elle souligne aussi la persistance des inégalités politiques entre les sexes.
La campagne électorale, moment d’effervescence à la fois ordinaire et extraordinaire, est saisie comme un « fait politique total », c’est-à-dire un puissant révélateur des multiples dimensions de la pratique politique contemporaine et de ses transformations.

Les auteurs : Catherine Achin, Thierry Barboni, Vanessa Codaccioni, Sylvain Crépon, Sandrine Lévêque, Sébastien Mosbah-Natanson, Nolwenn Neveu, Aude Soubiron
Éric Agrikoliansky est maître de conférences à l’université Paris Dauphine. Ses recherches portent sur les mouvements sociaux, l’action collective et le militantisme. Il a notamment publié : (avec N. Mayer et O. Fillieule), L’altermondialisme. La longue histoire d’une nouvelle cause, Paris, Flammarion, 2005 et (avec O. Fillieule et I. Sommier), Penser les mouvements sociaux, Paris, La Découverte, 2010.

Jérôme Heurtaux est maître de conférences à l’université Paris Dauphine. Ses recherches portent sur la sociologie des partis politiques et des changements de régime en Europe postcommuniste. Il a notamment publié : (avec C. Pellen), 1989 À l’Est de l’Europe. Une mémoire controversée, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, 2009.

Brigitte Le Grignou est professeur de science politique à l’université Paris Dauphine. Ses recherches portent sur la communication politique, la culture politique « ordinaire » et la politisation. Elle a notamment
publié : Du côté du public. Usages et réceptions de la télévision, Paris, Economica, 2003.

Tous trois sont membres de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO-CNRS, UMR7170).
24,64 €
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Les années 1860 marquent une rupture avec l’approche fataliste de la mort des enfants en bas âge qui prévalait dans la société jusque-là. La création d’une Société Protectrice de l’Enfance, la parution d’écrits médicaux et l’engagement d’un débat à l’Académie de médecine sont les trois événements à partir desquels va se construire une représentation faisant de la mortalité infantile un problème majeur menaçant une France sur la voie de la dépopulation, minée par la crise des valeurs familiales et les velléités d’émancipation de certaines femmes.

Le Portugal a des liens importants et anciens avec la France, mais il y demeure très mal connu, en dépit de l’histoire migratoire qui a conduit des centaines de milliers de Portugais en France depuis les années 1960 et du récent engouement touristique qui entraîne les Français en sens inverse.

Rupture de stock

Le rap – en particulier le rap indépendant – est généralement perçu et se présente volontiers lui-même comme la chronique musicale de la vie des « jeunes de cité », dénonçant le racisme et les injustices sociales qu’ils subissent tout en exprimant leur désir de reconnaissance et d’ascension sociale.

Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent.

11,37 €

Comment se débrouiller, enfant, ado, adulte de tout âge, et toujours « pas fini », avec la course de haies qu’aura été ce demi-siècle, à commencer par Mai 68 ?

Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960.

L’éducation populaire a pour ambition de former des jeunes et des citoyens éclairés, capables de faire vivre la démocratie et de transformer le monde. De nombreuses associations s’y sont consacrées depuis près de deux siècles.

Louis Marie Bosredon ? Un caricaturiste, un graveur, un ouvrier, un catholique, un marchand de tableaux, un photographe... Engagé dans le Paris de 1848, ce touche-à-tout a oeuvré pour une autre représentation graphique et politique. Par des lithographies, des calotypes, des décors imprimés, bref par des images mécanisées, lancées toutes à l'assaut de la hiérarchie des arts.

Rupture de stock

Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960. Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. 

Rupture de stock

Paris, juin 1848. La révolution gronde dans les rues de la capitale. Partout, des barricades sont dressées. L’une d’elle, rue du Faubourg-du-Temple, va accompagner l’avènement du photo-journalisme. Dans l’éveil d’un petit matin parisien, trois forteresses obstruent une rue presque déserte. Une image aussi célèbre que méconnue. Due à un certain Thibault, elle montre une insurrection en acte. Qui en est l’auteur ? Et d’où vient ce mystérieux daguerréotype ?

Rupture de stock

Depuis le début des années 1980, les démocraties et les organisations internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées, revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en œuvre des idées progressistes de promotion sociale et d’accès à la citoyenneté. La notion de vulnérabilité est la pierre angulaire de ce changement. Désormais la guerre est déclarée non plus à la pauvreté mais aux pauvres, enrôlés dans ce combat contre eux-mêmes. Ils font l’objet de la vigilance des savants, de la sollicitude des experts et d’une surveillance continue des acteurs publics et ne sont plus traités comme des citoyens malheureux ou mal intégrés mais comme des incapables.

Cette enquête, menée pendant les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens volontairement contrastés (le xvie bourgeois et le xe bobo), propose une sociologie politique et une ethnographie d’une campagne examinée au concret, à travers de multiples lieux d’observation : meetings, tractages, réunions d’appartement, etc.