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Entreprise emblématique depuis 1777, l’empire Japy s’éteint progressivement après 1955. Imprégné de récits familiaux sur le travail dans ces usines, l’auteur interroge en sociologue cette mémoire ouvrière. Outre les archives du musée Japy, une cinquantaine de témoignages d’anciens salariés éclairent le rapport au travail, les parcours, les liens entre conditions de travail et perceptions de l’activité. L’ouvrage compare, grâce à des témoignages de première main, ces usines avec des entreprises de la région (Peugeot, Alsthom, Lip, etc.), afin de souligner ce qui est spécifique à Beaucourt et ce qui peut être généralisé à d’autres expériences ouvrières. Il ne s’agit donc pas seulement de l’étude d’une entreprise qui a su se spécialiser tout au long de son histoire sur des technologies et des productions de pointe. Mais aussi d’une analyse, menée du point de vue des ouvriers, techniciens et ingénieurs, de l’innovation, des savoir-faire et du gâchis de la désindustrialisation.

Table des matières

D’une histoire familiale à une recherche socio-historique

Introduction générale

Chapitre 1 : Une brève histoire des usines Japy à Beaucourt

1. De Frédéric Japy à Japy Frères (1777-1928)

2. Déclin et fin de Japy Frères (1928-1955)

2.1 Le traumatisme de l’occupation

2.2 L’immédiat après-guerre

2.3 Les usines Japy à Beaucourt en 1955

3. Le destin hétérogène des usines après la fin de Japy Frères (1955-2020)

3.1 La Société Belfortaine de mécanographie (SBM)

3.2 Les moteurs électriques (Sobemo, Unelec et CEB)

3.2.1 Beaucourt, centre d’innovation

3.2.2 La gestion contre l’innovation ?

Conclusion 

Chapitre 2 : Trajectoires et parcours ouvriers

1. Les carrières d’ouvriers professionnels et de cadres 892. Le parcours des ouvriers professionnels devenus techniciens ou agents de maitrise

3. Des parcours avec une reconnaissance professionnelle plus difficile

4. Deux parcours d’ouvriers syndicalistes, contrariés mais épanouissants

5. Les grands facteurs structurants des trajectoires professionnelles

5.1 Travail de femmes, travail d’hommes ?

5.2 Vivre et travailler à Beaucourt, un cocon protecteur ou un piège ?

Conclusion du chapitre

Chapitre 3 : Le travail et son ­organisation

1. Une rapide description du travail

1.1 La pendulerie

1.2 Les machines à écrire

1.3 Les moteurs électriques

2. Le travail au rendement

3. La fierté du beau travail

4. La distinction OS – ouvrier professionnel, une construction sociale ?

4.1 Ce que professionnel et OS signifient

4.2 Les bobineuses ne se laissent plus embobiner

5. Les conditions de travail et les risques pour la santé

5.1 La charge physique de travail

5.2 Exposition à des produits chimiques, des poussières

5.3 Les accidents du travail

5.4 Usure, fatigue et stress

Conclusion du chapitre

Chapitre 4 : Les relations humaines et sociales

1. Les relations avec les patrons et les réminiscences du paternalisme

1.1 La place des Japy dans les mémoires ouvrières

1.2 La continuation des institutions paternalistes après 1945

1.3 Un maternalisme médical ?

1.4 Bons chefs et dirigeants appréciés, prolongements du paternalisme ?

2. Les relations avec les chefs et l’encadrement

2.1 Les chefs, c’étaient plus des copains, les meilleurs professionnels

2.2 De la difficulté d’être chef

2.3 Les « petits chefs », des mauvais chefs ?

2.4 Des techniciens et ingénieurs moins proches des ateliers ?

3. À la recherche de la bonne ambiance perdue

3.1 Le temps des copains : souvenirs, souvenirs…

3.2 Une individualisation des expériences ouvrières ?

3.3 Les anciens et les jeunes

4. Relations professionnelles, actions syndicales et conflits sociaux

4.1 À propos de quelques grèves à Beaucourt : les conflictuelles années 1950, mai 68 et la défense de l’emploi en 1978-81

4.1.1 La conflictualité des années 1950 

4.1.2 Un mai 68 timide et festif à Beaucourt  

4.1.3 Le temps des grèves défensives pour l’emploi

4.2 L’exemple du combat pour la santé au travail

4.3 Le harcèlement antisyndical

Conclusion du chapitre

Conclusion générale

Remerciements

Liste des sigles 

Marc Loriol, directeur de recherche au CNRS (Université ­Paris 1), a étudié le rapport au travail, les relations humaines, la fatigue, le stress dans différents milieux professionnels (usine, police, hôpital, transports publics, salles de spectacle, ambassades, marine marchande, etc.). Petit-fils et neveu d’anciens ouvriers des usines Japy de Beaucourt, il a voulu mettre son expérience de sociologue à l’épreuve de l’histoire sociale du travail ouvrier tel que sa famille l’a connu.

Entreprise emblématique depuis 1777, l’empire Japy s’éteint progressivement après 1955. Si la production de machines à écrire s’achève en 1971, des moteurs électriques très spécialisés sont toujours produits à Beaucourt. Imprégné de récits familiaux sur le travail dans ces usines, l’auteur interroge en sociologue cette mémoire ouvrière. Outre les archives du musée Japy, une cinquantaine de témoignages d’anciens salariés éclairent le rapport au travail, les parcours, les liens entre conditions de travail et perceptions de l’activité. Cette histoire à hauteur d’hommes et de femmes est sensible aux inégalités qui traversent le groupe ouvrier. Ouvriers spécialisés, ouvriers professionnels, techniciens, ne subissent pas les mêmes contraintes, n’ont pas les mêmes opportunités ni les mêmes relations avec les collègues ou la maîtrise. Changer de catégorie, notamment pour les femmes OS, est un combat à la fois individuel et collectif. L’ouvrage compare, grâce à des témoignages de première main, ces usines avec des entreprises de la région (Peugeot, Alsthom, Lip, etc.) ou ayant des activités ou des conditions de travail similaires, afin de souligner ce qui est spécifique à Beaucourt et ce qui peut être généralisé à d’autres expériences ouvrières. Il ne s’agit donc pas seulement de l’étude d’une entreprise qui a su se spécialiser tout au long de son histoire sur des technologies et des productions de pointe. Mais aussi d’une analyse, menée du point de vue des ouvriers, techniciens et ingénieurs, de l’innovation, des savoir-faire et du gâchis de la désindustrialisation.

18,96 €
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La nature de l’islam, la place des musulmans, deux thèmes qui taraudent – et souvent enflamment – les débats de la société française depuis plusieurs décennies. L’ambition de cet essai est de tenter de mettre en lumière l’ancienneté des regards français – car c’est évidemment au pluriel qu’il faut s’exprimer – sur cette religion et sur cette communauté. Quatorze auteur-e-s, spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes, ont cherché à historiciser cette question. Et l’on découvrira, ou l’on aura confirmation, dans ces pages, que bien des jugements et attitudes d’aujourd’hui ont des racines multiséculaires, parfois venues du grand choc que furent les Croisades. Au fil des siècles, intérêt, adhésion et hostilité se croiseront. L’étude couvre la totalité de la période coloniale et s’achève donc à la guerre d’Algérie. Au lecteur du début du XXIE siècle de tirer des enseignements sur l’état actuel du débat sur ces questions. 

Sommaire

Comment les nommer ? Les hésitations du vocabulaire français face à l’I/islam et aux Musulmans

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Images de Mohammed /Mahomet au fil des siècles

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Mise au point historico-sémantique : le mot et les maux de l’islamophobie 

Roland Laffitte & Alain Ruscio

L’hostilité à l’I/islam et aux musulmans, phénomène multiséculaire

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Intérêt paradoxal pour l’I/islam, l’autre tradition française 

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Poitiers 732, Roncevaux 778 : vraies batailles, fausses histoires

Alain Ruscio

Les sciences arabo-islamiques vues de France (XIXe-XXe siècles)

Simone Mazauric

L’Islam en France sous l’Ancien Régime et la Révolution :  attraction et répulsion

Faruk Bilici

Le prophète de l’Islam au prisme de la raison « calme et réfléchie » : la vie de Mahomet par Henri-François Turpin (1773-1779)

Sébastien Jahan

Le sort des mosquées en Algérie française, de la conquête au début du XXe siècle

Alain Ruscio

État et islam dans l’Algérie coloniale. Séparation contrariée, laïcité empêchée.

Hocine Zeghbib

Regards français sur le hajj, de l’expédition d’Égypte à la Grande Guerre

Luc Chantre

Les autorités coloniales, les écoles coraniques et la langue arabe en Algérie

Aïssa Kadri

Les conversions d’Européens à l’islam durant la période coloniale

Roland Laffitte, Naïma Iffkir-Laffitte, Ophélie Léonard, Laurence Montel, Jacques Poirier & Alain Ruscio

Les «Reniés» du Protectorat français au Maroc

Gérard Chalaye

Regards français sur le voile islamique, XIXe -XXe siècles

Alain Ruscio

Comment l’incompréhension coloniale facilita l’expansion de l’islam en Afrique de l’ouest francophone

Catherine Coquery-Vidrovitch

Les auteurs

La nature de l’islam, la place des musulmans, deux thèmes qui taraudent – et souvent enflamment – les débats de la société française depuis plusieurs décennies. L’ambition de cet essai est de tenter de mettre en lumière l’ancienneté des regards français – car c’est évidemment au pluriel qu’il faut s’exprimer – sur cette religion et sur cette communauté. Quatorze auteur-e-s, spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes, ont cherché à historiciser cette question. Et l’on découvrira, ou l’on aura confirmation, dans ces pages, que bien des jugements et attitudes d’aujourd’hui ont des racines multiséculaires, parfois venues du grand choc que furent les Croisades. Au fil des siècles, intérêt, adhésion et hostilité se croiseront. L’étude couvre la totalité de la période coloniale et s’achève donc à la guerre d’Algérie. Au lecteur du début du XXIE siècle de tirer des enseignements sur l’état actuel du débat sur ces questions. 

18,96 €
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Il y a plus de cinquante ans, au lendemain de la guerre d’Algérie, de jeunes Algériens se sont engagés, enthousiastes mais sans beaucoup d’expérience, dans le développement de leur pays. Ils avaient effectué des études supérieures dans les conditions difficiles de la guerre d’Indépendance, et souvent milité pour la libération de leur peuple.

Des Français de leur âge fraîchement diplômés de l’enseignement supérieur, et quelques autres, plus expérimentés, se sont joints à eux. Ils avaient des sentiments tiers-mondistes affirmés, ou avaient milité contre le colonialisme et pour la paix en Algérie.

La Société nationale de sidérurgie (SNS), où ces hommes se sont retrouvés, a été le lieu d’une aventure technique et humaine remarquable : l’édification en moins de vingt ans (de 1964 ‡ 1982), d’un secteur sidérurgique qui devait assurer le développement d’un pays déstructuré, affaibli par la guerre, et sans passé industriel : on y coulait de l’acier, fabriquait des tubes, étamait des tôles fines, couvrait le marché intérieur de produits sidérurgiques, et… formait des dizaines de milliers de cadres et de travailleurs qualifiés.

Table des matières

Préface : une aventure politique, économique et humaine

Avant propos

Chapitre 1 : une mise en perspective historique de la sidérurgie en Algérie

De la période coloniale à l’Indépendance

La politique industrielle de l’Algérie indépendante

Le développement de la sidérurgie et de la métallurgie par la SNS (1964 à 1982)

Chapitre 2 : l'aventure humaine de la SNS racontée par ceux qui y ont participé

Un collectif jeune et ouvert pour encadrer la SNS

Des équipes soudées par la passion du travail à réaliser

Une politique de formation ambitieuse

L’évolution des rapports avec le syndicat et du statut des personnels

Chapitre 3 : l'aventure industrielle de la SNS vue par des acteurs de l'entreprise

Le choix volontariste de l’industrie sidérurgique

Des solutions pour faire face aux défis technologiques et acquérir du savoir-faire

Une exploitation répondant à un rythme d’investissements élevé

L’extension du champ d’activité et la mise à niveau de l’organisation interne

Les contraintes d’un environnement difficile

Chapitre 4 : une aventure industrielle et humaine qui valait la peine d'être vécue

Les conditions de l’aventure

Le bilan de l’aventure

Des paroles d’acteurs

Épilogue : l'évolution de la sidérurgie en Algérie de 1983 à aujourd'hui (2020) 269

Les parcours des acteurs

L’environnement politique et économique

Les évolutions et héritages de la SNS

Les évolutions récentes : de nouveaux investisseurs privés étrangers

Annexes    

Annexe 1 : Sigles et acronymes   

Annexe 2 : Termes techniques relatifs aux procédés et productions de la sidérurgie

Annexe 3 : Chronologie résumée du développement d’El Hadjar

Annexe 4 : Implantations des unités GSE de la SNS et de dépôts commerciaux

Annexe 5 : Parcours à la SNS des cadres interviewés 

Annexe 6 : Ouvrages et documents consultés 310

Il y a plus de cinquante ans, au lendemain de la guerre d’Algérie, de jeunes Algériens se sont engagés, enthousiastes mais sans beaucoup d’expérience, dans le développement de leur pays. Ils avaient effectué des études supérieures dans les conditions difficiles de la guerre d’Indépendance, et souvent milité pour la libération de leur peuple.

Des Français de leur âge fraîchement diplômés de l’enseignement supérieur, et quelques autres, plus expérimentés, se sont joints à eux. Ils avaient des sentiments tiers-mondistes affirmés, ou avaient milité contre le colonialisme et pour la paix en Algérie.

La Société nationale de sidérurgie (SNS), où ces hommes se sont retrouvés, a été le lieu d’une aventure technique et humaine remarquable : l’édification en moins de vingt ans (de 1964 ‡ 1982), d’un secteur sidérurgique qui devait assurer le développement d’un pays déstructuré, affaibli par la guerre, et sans passé industriel : on y coulait de l’acier, fabriquait des tubes, étamait des tôles fines, couvrait le marché intérieur de produits sidérurgiques, et… formait des dizaines de milliers de cadres et de travailleurs qualifiés.

L’association « Mémoires SNS », qui signe cet ouvrage, a été constituée par quelques anciens cadres de la SNS qui ont ressenti l’envie de raviver cette expérience en réunissant et mettant en forme leurs témoignages et ceux d’une quarantaine de leurs anciens collègues. 

 

18,96 €
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Disponible vers le 20 novembre. Peut être commandé dès maintenant

Enquêter

La représentation du monde social et/ou de tel ou tel « problème social » est un enjeu de luttes perpétuelles entre politiques, journalistes et chercheurs en sciences sociales.

De ce fait, l’enquête sous toutes ses formes - argument central d’allure plus ou moins scientifique en faveur de telle ou telle représentation mise en avant - est elle-même un enjeu permanent de luttes symboliques. 

Ce dossier aborde différentes modalités de la pratique de l’enquête et des problèmes qu’elle soulève : l’enjeu crucial de « la construction d’objet » (Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly), les usages de la statistique dans la pratique de l’enquête (Frédéric Lebaron), les usages des sondages (Gérard Mauger à propos de Daniel Gaxie), la portée et les limites des « études de cas » (Stéphane Beaud), l’enquête sur soi-même (Gérard Mauger à propos de Rose-Marie Lagrave), l’enquête au passé (Christian Topalov), une enquête inédite en français de Norbert Elias (traduction de l’allemand par Antony Burlaud).

Table des matières

       Dossier

Enquêter

Gérard Mauger

La construction d’objet dans le travail d’enquête

Louis Pinto

Enseigner la pratique de l’enquête sociologique et la construction théorique des objets de recherche 

Marie-Pierre Pouly

Enquêter sur le passé

Christian Topalov

Attention sondages !

Gérard Mauger

L’analyse des données et ses usages en sciences sociales

Frédéric Lebaron

Retour sur une enquête de terrain 

Le cas de la famille Belhoumi, immigrée en France depuis 1977

Stéphane Beaud

Enquêter sur soi-même

Gérard Mauger

L’histoire des lacets. Un sociologue en voyage

Norbert Elias

Neutralité axiologique et engagement sociologique

Gérard Mauger

        Paroles

Nous on crève de faim pendant ce temps-là ». La persistance du « déjà, nous » chez des Gilets jaunes ruraux

Samuel Legris

Actualité

Des Communards aux Gilets jaunes.Deux révoltes populaires

Brice Le Gall

Le dispositif de financement des Initiatives d’Excellence : instrument de transformation de l’ESR en France

Coline Soler 

Chronique internationale

Après l’échec néolibéral, une nouvelle opportunité pour l’État social en Argentine ?

Damián Pierbattisti

La représentation du monde social et/ou de tel ou tel « problème social » est un enjeu de luttes perpétuelles entre politiques, journalistes et chercheurs en sciences sociales.

De ce fait, l’enquête sous toutes ses formes - argument central d’allure plus ou moins scientifique en faveur de telle ou telle représentation mise en avant - est elle-même un enjeu permanent de luttes symboliques. 

Ce dossier aborde différentes modalités de la pratique de l’enquête et des problèmes qu’elle soulève : l’enjeu crucial de « la construction d’objet » (Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly), les usages de la statistique dans la pratique de l’enquête (Frédéric Lebaron), les usages des sondages (Gérard Mauger à propos de Daniel Gaxie), la portée et les limites des « études de cas » (Stéphane Beaud), l’enquête sur soi-même (Gérard Mauger à propos de Rose-Marie Lagrave), l’enquête au passé (Christian Topalov), une enquête inédite en français de Norbert Elias (traduction de l’allemand par Antony Burlaud).

9,48 €
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Ce numéro propose une variété de recherches portant  sur les sciences et les techniques du point de vue  des sciences humaines et sociales. 

Elle comprend un dossier sur les « savoirs pratiques »,  non directement classées dans la rubrique de la science  la plus « pure », mais pas moins intéressants  en ce qu’ils construisent et équipent des façons de s’arrimer au monde (gantiers-parfumeurs, pédagogie antiautoritaire, pratique abortive militante, boxe thaï). 

Le sommaire compte également  une correspondance inédite entre Norbert Elias 

et Pierre Bourdieu, qui permettra de découvrir les coulisses d’une relation scientifique et amicale entre deux géants  des sciences humaines et sociales. 

Un entretien avec le mathématicien et économiste  E. Roy Weintraub permet d’aborder l’histoire de la pensée économique et ses rapports avec les études sociales des sciences et techniques. 

Une série d’études critiques clôt ce numéro 9, alternant entre l’exercice de la restitution et la disputatio.

 

18,01 €
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À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ?  l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.

Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse et les « ficelles du métier » de la communication. Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?

Illustrations de Rose Frances www.instagram.com/rose__fr/

Recensions

Le Monde, 7 novembre 

Sommaire

Introduction.....................................................................................................................7

Chapitre 1 : Sociohistoire d’une double traduction institutionnelle. Du 3MT® au MT180®................................................................................................................41

1. L’importation d’un dispositif spectaculaire anglo-saxon dans le champ académique francophone.............................................................................................43

2. La diffusion académique et médiatique rapide d’un dispositif spectaculaire « fun et sexy »...........................................................................................................76

Chapitre 2 : Le travail de construction d’une « excellence » doctorale d’un genre nouveau.................................................................................................................109

1. Les services Communication à l’avant-garde du MT180®............................110

2. Du recrutement en régime de rareté : le travail de sélection des candidats au MT180®........................................................................................................................132

Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une cohorte « excellente » ? Sociologie des profils candidats au MT180®....................................................................................................159

1. Qui sont les participants au MT180® ?................................................................160

2. Participer au MT180® : un attrait pour la visibilité ?.......................................174

3. Tirer profit du MT180® pour son cursus.............................................................193

Chapitre 4 : Apprendre à faire rêver........................................................................219

1. Consolider son savoir-vendre académique : des formations pour
apprendre à faire rêver les spectateurs..................................................................220

2. S’entraîner sans relâche en vue du show compétitif : comment l’(auto)évaluation permet d’ajuster son topo à un auditoire varié..............................242

Chapitre 5 : Rendre sa performance mémorable : la place de la promesse dans le MT180®...............................................................................................................277

1. Anticipation et promesse scientifiques : quelques précisions
théoriques........................................................................................................................279

2. Emprunter la voie de la promesse pour divertir et impressionner l’auditoire
................................................................................................................................................286

3. La validation de la promesse et l’élection du promettant...........................308

Conclusion : De l’« excellence » scientifique à la question de la souffrance éthique des doctorants................................................................................................339

Postface : Défection et prise de parole : quand le chercheur quitte le terrain
.............................................................................................................................................359 

Annexes............................................................................................................................363

À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ?  l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.

Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse (plutôt qu’à la rigueur) et les « ficelles du métier » de la communication (plutôt que celle de la vulgarisation scientifique). Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?

Jean-Marc Corsi est maître de conférences en biologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Jean Frances est maître de conférences en sociologie à l’ENSTA-Bretagne (Brest)
Stéphane Le Lay est sociologue du travail, chercheur à l’institut de psychodynamique du travail (Paris.

18,96 €
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Ce livre a d'abord été édité en 2010.

Le destin des femmes afghanes est au centre d’un certain discours politique depuis la destruction des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001 et l’invasion américaine de l’Afghanistan qui a suivi. Ultra-médiatisé, le sujet a cependant été très peu recherché par les sciences sociales. Cette étude critique, la première dans son genre, replace la vie des femmes afghanes dans leur contexte historique, social et ethnographique tout en tenant compte des changements tentés par divers gouvernements du début du xxe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Les femmes subissent surtout la double influence de l’islam politique et de la tradition reconfigurée, ignorée tant par les chercheurs que les agences humanitaires. À elles de négocier une place au sein de ces multiples étaux, parfois au prix de leur propre existence. Ce livre résulte d’une longue étude de terrain (de 2001 à 2009) et d’un travail humanitaire avec des associations de femmes

Introduction : du questionnement à l’ingérence

L’observatrice observée : quelques réflexions réflexives

L’après-terrain

Remettre les femmes au centre du récit des guerres

Chapitre I : Un regard ethnographique sur l’Afghanistan rural

Droit coutumier et maintien identitaire

Droit coutumier dans le contexte de guerre contre l’URSS et les États-Unis

Alliances matrimoniales dans le monde afghan

Le statut de l’enfance en Afghanistan

La cité, la tribu et la question des origines.

L’invention d’une tradition

L’élite à Kaboul aujourd’hui

Chapitre II: Une modernité paradoxale : le statut de la femme dans la réalité afghane.

Les droits des femmes en Afghanistan

Le «féminisme colonial» comme prototype de progrès.

Réformes royales.

La république d’Afghanistan (1973-1978)

Le PDPA et la mise en place d’un gouvernement communiste en Afghanistan

La montée du fondamentalisme afghan face à l’influence de l’Occident

Le développement de l’Islam politique dans les camps de réfugiés

La guerre civile et les conséquences pour les femmes.

Les Talibans et l'Émirat islamique d'Afghanistan. (1997-2001)

Mode, costume et politique.

Résister

Le cas unique de RAWA

Un criminel aveuglement occidental

Le statut des femmes depuis la chute des Talibans



Chapitre III : Une anthropologie de la souffrance féminine en guerre

L’expression de l’émotion des femmes dans la culture des femmes afghanes

Culture populaire et l’expression de l’émotion

Stéréotypes et fantasmes

Le monde fantasmatique masculin : le cinéma pathane

Troisième, quatrième sexe

Culture populaire par temps de guerre et d’exil

Depuis la chute des Talibans

Disruptions sociales en temps de guerre

Du malheur à la catastrophe, une étude de cas

Ruptures de guerre

La douleur de l’exil au camp de réfugiés et la compensation du Watan imaginé

Aux frontières de l’inacceptable



SOUFFRANCE DU CORPS, SOUFFRANCES DE L’AME

Souffrances du corps

Le mollah-guérisseur et le médecin

Perceptions de la grossesse et de l’accouchement

Une mortalité maternelle catastrophique

Réticences devant un accouchement hospitalier

ANNEXE

Enquête sur la mortalité maternelle réalisée en avril 2005 au camp de Khewa

Souffrances de l’âme

Une conséquence : la toxicomanie féminine

Mères et enfants devant des problèmes psychiques

Chapitre IV : Une étude cas : Un espace féminin dans les camps de réfugiés

Une urbanisation du précaire

Brève histoire de deux camps de réfugiés voisins.

Topographie des camps

Circulation des hommes et des femmes à Khewa

Naviguer dans l’espace public d’un camp de réfugiés

La création d’un habitus féminin

Un espace sexué

Un espace masculin

Un habitus de guerre : créer un intérieur dans des conditions extrêmes

Décors, couleurs et costume

Costume, coutume

La gestion du quotidien

L’art du ménage comme forme de servitude ou de résistance

Chapitre V: L’Afghanistan après les Talibans

Comprendre l’intervention américaine

Une périphérie en Asie Centrale ?

Les PRT et les problèmes de reconstruction vus à partir de la province

La vie reprend

Construction d’écoles et illetrisme

Avoir vingt ans à Kaboul aujourd’hui

Au bout de huit ans, quel progrès ?

À qui la faute ?

Chapitre VI: Conclusion: Quel avenir pour les femmes d’Afghanistan

Comment penser la notion de progrès dans le contexte afghan actuel

Une existence sans droits

Une violence illimitée contre les femmes.

Le suicide des jeunes filles afghanes

La prise de conscience des femmes pendant l’exil

Une impossible modernité : le modèle islamiste

Les shahidé du monde traditionnel

Quel avenir pour les femmes afghanes?

Le destin des femmes afghanes est au centre d’un certain discours politique depuis la destruction des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001 et l’invasion américaine de l’Afghanistan qui a suivi. Ultra-médiatisé, le sujet a cependant été très peu recherché par les sciences sociales. Cette étude critique, la première dans son genre, replace la vie des femmes afghanes dans leur contexte historique, social et ethnographique tout en tenant compte des changements tentés par divers gouvernements du début du xxème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ce travail prend en compte les éléments de continuité et de transformations des femmes, surtout rurales, des camps de réfugiés jusque dans la province afghane aujourd’hui et permet d’évaluer l’influence véritable des multiples agents sur place : état de guerre chronique, programmes d’aide, stéréotypes démocratiques importés de l’Occident, l’Iran, brutales exigences de l’économie mondialisée. Et pourtant, les femmes subissent surtout la double influence de l’islam politique et de la tradition reconfigurée, ignorée tant par les chercheurs que les agences humanitaires. ¿ elles de négocier une place au sein de ces multiples étaux, parfois au prix de leur propre existence. Ce livre résulte d’une longue étude de terrain (de 2001 à 2009) et d’un travail humanitaire avec des associations de femmes

20,85 €
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Le désir de témoigner de mes années militantes à Saint-Étienne à l’Unef et au PSU entre l’automne 1968 et l’été 1971 est né en. J’ai cependant étendu mes investigations à la période de Mai 68 elle-même, dont je n’avais pas connaissance directe, n’étant pas sur place à l’époque. 

Ce propos vise plusieurs objectifs. Évoquer les personnes que j’ai rencontrées, reconstituer les faits auxquels j’ai participé, ainsi que l’histoire de mes pensées politiques et de mon itinéraire idéologique…Voilà pour la dimension personnelle, où j’ai tenté de me faire l’historien de moi-même en quelque sorte. Mais j’ai aussi essayé d’objectiver une expérience collective avec la volonté d’en transmettre la mémoire. Longtemps pareil exercice m’aurait paru vain, sinon ridicule. À quoi bon jouer aux anciens combattants d’une révolution qui n’a pas eu lieu ? Et quel besoin d’évoquer un univers de pensée dont les questionnements ne sont plus les nôtres ? Ce déni a été largement partagé par la génération de 68.

Table des matières

Introduction 7

Première partie  11

Mon parcours politique et idéologique personnel 11

Au PSU dans la Loire (1966-1967) 13

1967-68, l’année parisienne 15

Mai 68 et ses suites ; le retour à Saint-Étienne 18

À l’Unef et au PSU à Saint-Étienne (fin 68-1971) 21

Deuxième partie  31

Quelques particularités du mouvement étudiant stéphanois et de la situation des ESU 31

Une petite université et un nombre modeste d’adhérents à l’Unef, avant comme après 68 31

Le Mai 68 étudiant 35

Un conflit de légitimité récurrent avec les étudiants communistes au sujet du contrôle de l’AGESE  43

Une composante libertaire de contestation culturelle en Lettres 46

Les autres groupes gauchistes : maoïstes et trotskystes 49

L’hégémonie des ESU et l’importance de la filière catho 52

Le rôle d’Alain Rist et l’organisation locale des ESU 54

Orléans, un congrès délétère 56

Les hésitations post-Orléans et le départ de l’Unef 59

L’impasse du mouvement politique de masse 61

Troisième partie  65

Une fédération PSU enracinée localement
et vigilante face au gauchisme
65

Une fédération importante avant 1968 65

Les mutations de l’après-68 68

La volonté de peser sur l’orientation nationale : une constante 70

Mai 68 73

Après 68 : la rectification du gauchisme 76

La Loire et le congrès de Lille 80

Annexes 87

Repères chronologiques stéphanois 1968/1971 87

Liste des sigles 93

Pour aller plus loin…. 96

Le désir de témoigner de mes années militantes à Saint-Étienne à l’Unef et au PSU entre l’automne 1968 et l’été 1971 est né en. J’ai cependant étendu mes investigations à la période de Mai 68 elle-même, dont je n’avais pas connaissance directe, n’étant pas sur place à l’époque. 

Ce propos vise plusieurs objectifs. Évoquer les personnes que j’ai rencontrées, reconstituer les faits auxquels j’ai participé, ainsi que l’histoire de mes pensées politiques et de mon itinéraire idéologique…Voilà pour la dimension personnelle, où j’ai tenté de me faire l’historien de moi-même en quelque sorte. Mais j’ai aussi essayé d’objectiver une expérience collective avec la volonté d’en transmettre la mémoire. Longtemps pareil exercice m’aurait paru vain, sinon ridicule. À quoi bon jouer aux anciens combattants d’une révolution qui n’a pas eu lieu ? Et quel besoin d’évoquer un univers de pensée dont les questionnements ne sont plus les nôtres ? Ce déni a été largement partagé par la génération de 68.

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Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua… La liste s’allonge des pays connaissant un tournant autoritaire. Accroissement de la répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d’un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd’hui affecter y compris les démocraties les plus anciennes et les plus solides. 

L’ambition de cet ouvrage est de renouveler la question classique de l’autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer – parfois louvoyer – certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfiguration : les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d’une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d’abuser du pouvoir. 

Table des matières

Introduction, 

par Maya Collombon & Lilian Mathieu 7

Les tournants autoritaires, du basculement à la reconfiguration, 

par Maya Collombon & Lilian Mathieu 11

Le consentement législatif en régime autoritaire. Domination politique et recomposition parlementaire sous le Second Empire, 

par Nicolas Tardits 37

Déconstruire le corps enseignant pour réformer l’éducation. La tentative avortée du régime de Vichy, 

par Juliette Fontaine 63

Les complexités de la « verticale du pouvoir » en Russie. L’art de la domestication et de ses contournements, 

par Carole Sigman 87

Politique historique et tournant autoritaire en Pologne, 

par Valentin Behr 117

Règlement du passé violent et transformation de la coalition gouvernante au Maroc (1999-2016), 

par Frédéric Vairel 141

Militaires, juges et politiques de « l’anti-corruption » au Brésil. Configurations d’une dynamique autoritaire, 

par Camille Goirand 169

La réfraction politique du champ judiciaire turc, 

par Sümbül Kaya 195

Gouverner à distance en Turquie. Modalités de récupération  d’une ville d’opposition par l’AKP, 

par Cléa Pineau 223

Vivre, contrôler, discipliner le quartier. Les Comités de pouvoir citoyen au cœur de l’autoritarisme sandiniste, 

par Maya Collombon 247

Effectuer un tournant autoritaire en domestiquant le mouvement syndical. Le cas du Venezuela chaviste, 

par Thomas Posado 275

Les auteur·es 29

Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua… La liste s’allonge des pays connaissant un tournant autoritaire. Accroissement de la répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d’un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd’hui affecter y compris les démocraties les plus anciennes et les plus solides. 

L’ambition de cet ouvrage est de renouveler la question classique de l’autoritarisme, sans en proposer une énième définition mais en repérant plutôt les processus qui font évoluer – parfois louvoyer – certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfiguration : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d’État), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d’une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d’abuser du pouvoir. 

Maya Collombon est maîtresse de conférence à Sciences po Lyon, rattachée au laboratoire Triangle (UMR 5206). Ses recherches portent sur la politisation indigène en milieu rural au Mexique et en Amérique centrale et sur la violence politique en régime autoritaire.

Lilian Mathieu est directeur de recherche au CNRS (Centre Max Weber, ENS de Lyon). Longtemps consacrées aux mouvements sociaux, ses recherches actuelles portent sur les tournants autoritaires et spécialement sur leurs conséquences sur les conduites et perceptions des populations qui les subissent.

18,96 €
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Le rôle méconnu du PSU dans la mobilisation 

contre la répression de la manifestation 

du 17 octobre 1961 à Paris

Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d’Évian étaient engagés entre la France et le FLN algérien, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l’étau du « couvre-feu ethnique » qui était imposé aux « Français musulmans algériens », est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. 

Plusieurs centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, « la répression la plus meurtrière d’une foule désarmée dans toute l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale ». 

Pourtant, une chape de mensonges et de silence se répand très vite sur ce qui apparaîtra par la suite comme un crime d’État, inspiré par ceux qui entendaient entraver les négociations voulues par le général de Gaulle.

Table des matières

Avant-propos 7

Introduction. Pourquoi le 17 octobre 1961 ?

Première partie : Du mensonge colonial à l’insurrection algérienne, par Jean-François Merle 11

Deuxième partie : Contre la gangrène, la riposte initiée par le PSU, par Bernard Ravenel 29

Intervention de Claude Bourdet 45

Troisième partie : La lente émergence de la mémoire, par Gilles Manceron 68


Témoignages

Édouard DEPREUX 87

Marc HEURGON 92

Michel ROCARD 110

Jean-Louis ANDREANI 113

Bernard RAVENEL 116

Guy PHILIPPON 122

Noëlline CASTAGNEZ 125

Georges GONTCHAROFF 129

Françoise BRUNSTEIN-FRAGER 131

Dominique FRAGER 133

À travers la presse 135

« Pourquoi ils manifestent » 135

Trente mille musulmans ont manifesté
contre le couvre-feu onze mille cinq cents arrestations
- trois morts – plus de soixante blessé 141

Contre les dernières mesures policières du gouvernement : 25.000 algériens manifestent à paris 146

Une liste impressionnante 151

Le préfet de police a moins parlé des sévices que des conditions du maintien de l’ordre 153

Une manifestation P.S.U. place Clichy
et boulevard Poissonnière 161

Halte au fascisme et a la guerre 164

Communiqué du P.S.U. 167

Un document C. F. T. C. : « face au racisme » 168

Déclaration de l’union générale des étudiants musulmans algériens et des étudiants du parti socialiste unifié 171

Après les « ratonnades » parisiennes
dossier honteux, piètre ministre 174

Le pire : la prolongation de la guerre 177

Le billet de Jean Binot. Le poison 180

Chaque jour, de nouveaux témoignages 181

Postface 183

1er Novembre 1961 : « le PSU fait donner la rue » 183

Bibliographie/Filmographie/Photographies/Remerciements 189

Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d’Évian étaient engagés entre la France et le FLN algérien, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l’étau du « couvre-feu ethnique » qui était imposé aux « Français musulmans algériens », est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. 

Plusieurs centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, « la répression la plus meurtrière d’une foule désarmée dans toute l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale ». 

Pourtant, une chape de mensonges et de silence se répand très vite sur ce qui apparaîtra par la suite comme un crime d’État, inspiré par ceux qui entendaient entraver les négociations voulues par le général de Gaulle.

Après quelques manifestations de protestation organisées à l’université, le PSU, faute d’avoir pu rassembler la gauche politique et syndicale, organise seul, le 1er novembre, date anniversaire de l’insurrection algérienne, une manifestation place Clichy pour dénoncer la répression sanglante contre une manifestation pacifique et pour exiger la paix en Algérie. 

Il faudra de longues semaines pour que, le 18 novembre puis le 12 décembre, la gauche se rassemble enfin dans la rue derrière les mêmes mots d’ordre.

Après l’indépendance algérienne, un très long travail de mémoire se fera progressivement jour pour briser l’omerta et établir la vérité sur la répression du 17 octobre 1961. Mais paradoxalement, l’historiographie contemporaine passera sous silence le rôle singulier du PSU pour riposter à ce crime d’État et le dénoncer. 

C’est à réparer cet oubli que ce cahier, co-édité par l’Institut Tribune socialiste et l’Institut Édouard-Depreux, entend s’employer. 

Présentation de Gilles Manceron, Jean-François Merle, Bernard Ravenel

Témoignages d’Édouard Depreux, Marc Heurgon, Michel Rocard, Bernard Ravenel, Guy Philippon, Noëlline Castagnez, Georges Gontcharoff, Françoise Brunstein-Frager et Dominique Frager.

Photographies d’Elie Kagan.

9,48 €
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Michel MOUSEL (1940/2020) a été adhérent du Parti socialiste unifié (PSU) durant un quart de siècle et il en a été secrétaire national de 1974 à 1979 : c’est dire s’il a marqué cette organisation et si elle l’a profondément marqué en retour, au point de l’avoir conduit, après la commémoration du cinquantenaire de la création du PSU en 2010, à consacrer ses efforts à la naissance et au développement de l’ITS (Institut Tribune Socialiste – Histoire et actualité des idées du PSU) dont il fut le premier président de 2013 à 2017. 

C’est donc en hommage à la longue relation entre le PSU et Michel Mousel que s’attache ce volume des Cahiers de l’ITS, qui rassemble quelques textes significatifs de sa place et de son rôle dans l’histoire du PSU et de ses thèmes ; s’y ajoutent des témoignages de militants qui l’ont connu, ainsi que des documents permettant de jalonner son parcours militant.

Table des matières

Introduction

Michel Mousel, le PSU au cœur   5

L’ITS en deuil 

Michel Mousel, n’est plus ! 7

Repères chronologiques 9

Textes de Michel Mousel

Révolution, autogestion : ni vieilles lunes, ni lointains soleils 13

Le quadruple virage du dernier quart du siècle 21

C’est quand, l’heure, pour le pouvoir aux travailleurs ? 93

Le PSU dans la lutte contre le programme électronucléaire et pour une politique énergétique alternative 107

À propos de l’énigme Rocard 121

Témoignages

Jean-Claude Gillet, Souvenir d’espérances partagées 131

Pascal Dorival 139

Patrick Viveret, Les deux Michel  143

Postface 

Bernard Ravenel, président de l’ITS,lors de l’adieu à Michel Mousel


M
ichel MOUSEL (1940/2020) a été adhérent du Parti socialiste unifié (PSU) durant un quart de siècle et il en a été secrétaire national de 1974 à 1979 : c’est dire s’il a marqué cette organisation et si elle l’a profondément marqué en retour, au point de l’avoir conduit, après la commémoration du cinquantenaire de la création du PSU en 2010, à consacrer ses efforts à la naissance et au développement de l’ITS (Institut Tribune Socialiste – Histoire et actualité des idées du PSU) dont il fut le premier président de 2013 à 2017. 

C’est donc en hommage à la longue relation entre le PSU et Michel Mousel que s’attache ce volume des Cahiers de l’ITS, qui rassemble quelques textes significatifs de sa place et de son rôle dans l’histoire du PSU et de ses thèmes ; s’y ajoutent des témoignages de militants qui l’ont connu, ainsi que des documents permettant de jalonner son parcours militant.

6,64 €
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Michel MOUSEL (1940/2020) a été adhérent du Parti socialiste unifié (PSU) durant un quart de siècle et il en a été secrétaire national de 1974 à 1979 : c’est dire s’il a marqué cette organisation et si elle l’a profondément marqué en retour, au point de l’avoir conduit, après la commémoration du cinquantenaire de la création du PSU en 2010, à consacrer ses efforts à la naissance et au développement de l’ITS (Institut Tribune Socialiste – Histoire et actualité des idées du PSU) dont il fut le premier président de 2013 à 2017. 

C’est donc en hommage à la longue relation entre le PSU et Michel Mousel que s’attache ce volume des Cahiers de l’ITS, qui rassemble quelques textes significatifs de sa place et de son rôle dans l’histoire du PSU et de ses thèmes ; s’y ajoutent des témoignages de militants qui l’ont connu, ainsi que des documents permettant de jalonner son parcours militant.

Table des matières

Introduction

Michel Mousel, le PSU au cœur   5

L’ITS en deuil 

Michel Mousel, n’est plus ! 7

Repères chronologiques 9

Textes de Michel Mousel

Révolution, autogestion : ni vieilles lunes, ni lointains soleils 13

Le quadruple virage du dernier quart du siècle 21

C’est quand, l’heure, pour le pouvoir aux travailleurs ? 93

Le PSU dans la lutte contre le programme électronucléaire et pour une politique énergétique alternative 107

À propos de l’énigme Rocard 121

Témoignages

Jean-Claude Gillet, Souvenir d’espérances partagées 131

Pascal Dorival 139

Patrick Viveret, Les deux Michel  143

Postface 

Bernard Ravenel, président de l’ITS,lors de l’adieu à Michel Mousel


M
ichel MOUSEL (1940/2020) a été adhérent du Parti socialiste unifié (PSU) durant un quart de siècle et il en a été secrétaire national de 1974 à 1979 : c’est dire s’il a marqué cette organisation et si elle l’a profondément marqué en retour, au point de l’avoir conduit, après la commémoration du cinquantenaire de la création du PSU en 2010, à consacrer ses efforts à la naissance et au développement de l’ITS (Institut Tribune Socialiste – Histoire et actualité des idées du PSU) dont il fut le premier président de 2013 à 2017. 

C’est donc en hommage à la longue relation entre le PSU et Michel Mousel que s’attache ce volume des Cahiers de l’ITS, qui rassemble quelques textes significatifs de sa place et de son rôle dans l’histoire du PSU et de ses thèmes ; s’y ajoutent des témoignages de militants qui l’ont connu, ainsi que des documents permettant de jalonner son parcours militant.

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