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Le nous populaire a longtemps été confondu avec « la classe ouvrière ». Or, depuis la deuxième moitié des années 1970, de multiples mécanismes ont contribué à le dé-faire objectivement et subjectivement. Ce délitement est renforcé par de nouvelles incitations à être soi. Comment cerner les effets de ces processus sur les je dans les classes populaires d’aujourd’hui ? Quelle place ces ego accordent-ils à l’entre-soi familial ? Comment peuvent-ils se préserver au travail et en dehors du travail ? Alors que ces questions convoquent souvent des réponses abstraites en termes d’individualisation ou encore de subjectivation, les contributions réunies dans cet ouvrage livrent des analyses empiriquement étayées sur les rapports du je, de l’entre-soi et du nous dans les classes populaires au sein de la société française contemporaine, mais aussi dans des configurations antérieures aux années 1970. Ces analyses montrent que si le délitement du nous populaire favorise le repli sur la sphère privée et une plus forte exposition aux normes individualistes, les je populaires qui s’affirment aujourd’hui témoignent d’une revendication de reconnaissance indissociablement collective et personnelle.

Sommaire

Introduction

Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger

Des « individus » dans l’ancienne culture ouvrière ?

Olivier Schwartz

Retour critique sur l’« attention oblique ». Une contribution à l’étude des individualités populaires

Olivier Masclet

Actualité du familialisme populaire. « Bien élever ses
enfants »

Gérard Mauger

Surveiller et servir. Rester soi-même dans une position
professionnelle subalterne

Séverine Misset

Moi, nous et les autres. Sur quelques enjeux de lutte dans
le monde des « hommes du fer »

Gérard Noiriel

Un nous contrarié ?

Henri Eckert

Travailler sur soi pour mieux vendre

Marie-Pierre Pouly

« Avoir le courage de faire des choses ». Usages du « psy » par des ménages de classes populaires stables

Anne-Marie Arborio & Marie-Hélène Lechien

Les interventions institutionnelles auprès des jeunes de milieu populaire : entre « travail de soi » et « travail des relations familiales »

Isabelle Coutant

Un « individu » à l’usage des sociologues

Gérard Mauger

Présentation des auteurs et autricesLe nous populaire a longtemps été confondu avec « la classe ouvrière ». Or, depuis la deuxième moitié des années 1970, de multiples mécanismes ont contribué à le dé-faire objectivement et subjectivement. Ce délitement est renforcé par de nouvelles incitations à être soi. Comment cerner les effets de ces processus sur les je dans les classes populaires d’aujourd’hui ? Quelle place ces ego accordent-ils à l’entre-soi familial ? Comment peuvent-ils se préserver au travail et en dehors du travail ? Alors que ces questions convoquent souvent des réponses abstraites en termes d’individualisation ou encore de subjectivation, les contributions réunies dans cet ouvrage livrent des analyses empiriquement étayées sur les rapports du je, de l’entre-soi et du nous dans les classes populaires au sein de la société française contemporaine, mais aussi dans des configurations antérieures aux années 1970. Ces analyses montrent que si le délitement du nous populaire favorise le repli sur la sphère privée et une plus forte exposition aux normes individualistes, les je populaires qui s’affirment aujourd’hui témoignent d’une revendication de reconnaissance indissociablement collective et personnelle.

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Que signifie être serveuse de café dans un quartier populaire à Casablanca ? Au Maroc, la clientèle des cafés situés dans les quartiers populaires est quasi exclusivement masculine et le service à table est réservé aux hommes. L'apparition des femmes serveuses perturbe les normes longtemps admises et respectées tout à la fois au café et dans le quartier dans lequel il se trouve, ce qui impose des négociations au quotidien afin que cette présence soit acceptée.

Au-delà des vulnérabilités derrière la décision des serveuses de s'engager dans un espace d'hommes et dans une activité subalterne, informelle et sous-rémunérée, il existe des logiques, des récits et des vécus que l'autrice a recueillis par le biais d'une ethnographie longitudinale, d'une ethnographie des liens secondaires dans les cafés des quartiers populaires de Casablanca. En adoptant le point de vue des serveuses, elle décrit leurs expériences quotidiennes et ce que signifie pour elles le fait de réaliser un travail d'hommes, dans un univers d'hommes.

Cet ouvrage sera disponible à la mi-février 2023. Il peut être commandé dès maintenant

Table des matières

Préfaces

Introduction

Autour du café et des Cafés

La grande histoire du café

La fonction sociale du café 

Les Cafés dans la ville de Casablanca

Femmes, espace public et métier de service

Le métier de serveur/ serveuse de table

À la découverte des Cafés des quartiers populaires 

Trois Cafés

Frontières sociales et frontières symboliques

Proximité, réciprocité, coopération, défi et concurrence 

La temporalité du Café 

« Que fait cette femme dans le Café ? », question de genre 

Les serveuses : des mobilités sociales multiples

Le changement social : de la redéfinition des liens sociaux à la création de nouvelles formes de sociabilité

La serveuse du Café : qui demande et qui s’oppose ?

De la fille qui « traîne » à la serveuse qui travaille

Les serveuses et le nouveau rapport à l’argent

Les serveuses : une catégorie sociale émergente

L’Être et le paraître des serveuses

Les serveuses : des profils, des quotidiens et des aspirations

Conclusion

Glossaire

Que signifie être serveuse de café dans un quartier populaire à Casablanca ? Au Maroc, la clientèle des cafés situés dans les quartiers populaires est quasi exclusivement masculine et le service à table est réservé aux hommes. L'apparition des femmes serveuses perturbe les normes longtemps admises et respectées tout à la fois au café et dans le quartier dans lequel il se trouve, ce qui impose des négociations au quotidien afin que cette présence soit acceptée.

Loin de consister en une description du travail des serveuses au moment de sa réalisation, cet ouvrage propose une immersion dans l'univers du café populaire pour appréhender les interactions entre les gens et entre les genres. Il vise à saisir les frontières à partir desquelles les interactions deviennent parfois évitement et la limite où « faire le service » devient le « bien faire », clé d'une relation personnalisée.

Au-delà des différentes vulnérabilités derrière la décision des serveuses de s'engager dans un espace d'hommes et dans une activité subalterne, informelle et sous-rémunérée, il existe des logiques, des récits et des vécus que l'autrice a recueillis par le biais d'une ethnographie longitudinale, d'une ethnographie des liens secondaires dans les cafés des quartiers populaires de Casablanca. En adoptant le point de vue des serveuses, elle décrit leurs expériences quotidiennes et ce que signifie pour elles le fait de réaliser un travail d'hommes, dans un univers d'hommes.

Sana Benbelli est socio-anthropologue spécialisée dans les études de genre ainsi que les études des marges et des marginalités urbaines. Elle est professeure de sociologie au département de sociologie de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn-Chock, Université Hassan II de Casablanca et attachée au Laboratoire de différenciation socio-anthropologiques et des identités sociales (LADSIS)

14,22 €
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L’Ouest étasunien vit une sécheresse sans précédent. Si la pénurie d’eau ne deviendra irrémédiable, selon les hydrologues, que vers 2050, il n’en reste pas moins que les principaux facteurs de vulnérabilité sont déjà présents : une croissance économique basée sur un secteur agro-industriel qui consomme de grandes quantités d’eau, un développement urbain avec des besoins énergétiques croissants et des effets déjà perceptibles du changement climatique. Face à cette situation, les autorités compétentes tâchent de promouvoir la mise en place d’une gestion plus « durable » de la ressource hydrique. Il n’est pas tant question de revoir le modèle économique et urbain à la source d’une consommation excédant les ressources que de trouver des arrangements permettant de poursuivre l’expansion économique et urbaine. L’enquête présentée dans ce livre décrypte, en s’appuyant sur la théorie des champs de Pierre Bourdieu, les ressorts sociologiques de la mise en œuvre de cette non-solution à la crise hydrique associant autorités publiques, opérateurs d’eau et ONG.

Cet ouvrage sera disponible à la mi-février 2023. Il peut être commandé dès maintenant. Le PDF est disponible dès maintenant

remerciements

préface : Les ruses de la raison écologique

introduction : une sociologie des politiques hydriques 

Le modèle exploratoire du champ

Les protagonistes de l’eau du bassin du Colorado : une perspective relationnelle

L’intégration des enquêtes dans l’analyse du champ

chapitre 1 : de l’eau pour une nouvelle Amérique : splendeur et déclin des ingénieurs (1870-1960)

Ingénieurs fédéraux et réformateurs locaux

L’échec de l’Amérique des petits propriétaires

Face à la Grande Dépression, les mégaprojets hydriques de l’État fédéral

Le partage du Colorado : luttes et compromis entre États

Environnementalistes et fonctionnaires du budget face aux mégaprojets hydriques 

chapitre 2 : une impossible gestion de l’environnement : l’emprise des promoteurs immobiliers (1960-2010) 

L’enjeu de l’eau à Tucson, Arizona

L’eau et le business des terres agricoles : l’essor des petites municipalités périphériques

Promoteurs immobiliers, consultants et lobbyistes en faveur du périurbain

Attractivité urbaine et politiques de conservation

chapitre 3 : un consensus paradoxal en Arizona 

La spécificité du Pima County et la diffusion des politiques de water conservation en Arizona

Architecture institutionnelle et production du consensus

Un réseau polycentré en contact permanent 

Des orientations différentes

Un conservationnisme local, participatif et compatible avec la croissance économique

Savoirs et trajectoires professionnelles dans la coalition
programmatique instrumentale

chapitre 4 : un conservationnisme sous contraintes en Californie

Les protagonistes de l’eau en Californie 

Une architecture institutionnelle freinant la régulation

Nouvelles et vieilles méthodes au service des opérateurs

Une mobilisation des savoirs et des populations  

chapitre 5 : les instruments d’action publique comme effets de champ

Les limites du champ : des institutions aux instruments
d’action

Les prises de position sur la gestion de la sécheresse 

La polarisation du champ des politiques hydriques

Des positions aux prises de position : le choix des instruments comme effet de champ

conclusion : l’écologisation paradoxale des politiques de l’eau

annexes

Liste des documents et illustrations

Liste des sigles

Index des noms

Index des notions 

Présentation des auteurs 

L’Ouest étasunien vit une sécheresse sans précédent. Si la pénurie d’eau ne deviendra peut-être irrémédiable, selon les prévisions des hydrologues, que vers 2050, il n’en reste pas moins que les principaux facteurs de vulnérabilité sont déjà présents : une croissance économique basée sur un secteur agro-industriel qui consomme de grandes quantités d’eau, un développement urbain avec des besoins énergétiques croissants et des effets déjà perceptibles du changement climatique. Face à cette situation, les autorités compétentes tâchent de promouvoir la mise en place d’une gestion plus « durable » de la ressource hydrique. Il n’est pas tant question de revoir le modèle économique et urbain à la source d’une consommation excédant les ressources disponibles que de trouver des arrangements contractuels et techniques permettant de poursuivre l’expansion économique et urbaine. L’enquête présentée dans ce livre décrypte, en s’appuyant sur la théorie des champs de Pierre Bourdieu, les ressorts sociologiques de la mise en œuvre de cette non-solution à la crise hydrique associant autorités publiques, opérateurs d’eau et ONG.

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Comprendre une politique publique, son orientation, son style, ses instruments, implique de reconstituer la structure des relations sociales qui la fondent. Parmi les différents outils permettant de réaliser un tel pro- gramme, la sociologie des champs de Pierre Bourdieu apparaît particulièrement féconde. Ce livre illustre la portée d’une telle analyse, rarement mobilisée en matière d’action publique, en la mettant en œuvre sur des objets très différents (politiques économiques, usages politiques de l’histoire, salubrité alimentaire, gestion de l’eau, politiques de l’Union européenne, etc.). Il rassemble des contributions de chercheurs du monde entier (Argentine, Brésil, Canada, États-Unis, France, Suisse) travaillant sur ces pays et d’autres encore (Chili, Pérou, Pologne, Roumanie). Cette recherche collective renouvelle ce faisant l’analyse des politiques qui affectent la vie des populations et régulent les sociétés contemporaines.

Table des matières

Introduction
Vincent Dubois

A. les politiques sectorielles comme champs

1. Construire le champ du pouvoir scolaire :
socio-histoire et analyse structurale de deux moments critiques
Pierre Clément

2. L’espace de la politique économique au Brésil :
analyse des correspondances multiples et analyse de réseaux
Elisa Klüger

3. Le champ des politiques hydriques dans l’Ouest étasunien :
éléments d’interprétation des instruments d’ action
Joan Cortinas, Brian O’Neill & Franck Poupeau

4. La politique de sécurité comme produit du rapport de forces au sein du champ. Le cas de la Suisse au milieu des années 2010
Stephan Davidshofer, Amal Tawfik, Jonas Hagmann

5. De la théorie de l’État à la sociologie des champs de l’ action
publique en Amérique latine : la production des politiques
économiques au Pérou
Arthur Morenas

B. le champ bureaucratique et la production de l’ action
publique

6. Champ bureaucratique et sociologie de l’ action publique. De la structure de l’ administration à la production de l’ action publique
Victor Demenge et Melaine Robert

7. Le rôle de l’ autonomisation du champ bureaucratique dans le développement de l’ action publique : le cas de la politique canadienne de salubrité alimentaire entre 1874 et 1969
Caroline Dufour

8. L’ action publique comme produit de la structure professionnelle du champ bureaucratique
Victor Demenge

C. expertise et think tanks : des champs interstitiels

9. Des savoirs à la croisée des champs. Réflexions à partir du cas de l’expertise sur la radicalisation en France
Lili Soussoko

10. Sur la force des champs faibles : réflexion sur les think tanks et les champs interstitiels de l’ action publique
Thomas Medvetz

D. l’ action publique et les relations entre champs

11. L’emprise du champ journalistique sur l’ action publique nationale. Ou comment expliquer sociologiquement une décision gouvernementale « médiatique »
Jérémie Nollet

12. Les relations entre champ scientifique et champ bureaucratique en contextes « autoritaires » et « démocratiques » : la politique de l’histoire en Pologne

Valentin Behr

13. Les relations entre champs bureaucratique et entrepreneurial. Éclairages sur la contribution de l’ action publique à la délimitation des activités économiques légitimes

Antoine Roger

E. décision, mise en œuvre, circulation internationale : des processus revisités à la lumière de la sociologie des champs

14. La décision saisie par la sociologie des champs. L’exemple des grands travaux culturels présidentiels
Thomas Hélie

15. Analyser la mise en œuvre de l’ action publique européenne avec la sociologie des champs. Quelques remarques sur la politique de cohésion de l’Union Européenne
Vincent Lebrou

16. La circulation internationale et les champs de l’ action publique dans les pays périphériques : le cas latino-américain
Paul Hathazy

vi. les configurations internationales et leurs effets sur l’ action publique

17. Ce que le champ de l’Eurocratie nous dit des politiques européennes
Didier Georgakakis

18. Ce que le champ international fait aux politiques étrangères
Florent Pouponneau

conclusion
Vincent Dubois

index

auteurs

Comprendre une politique publique, son orientation, son style, ses instruments, implique de reconstituer la structure des relations sociales qui sont à son principe. Parmi les différents outils mobilisables pour réaliser un tel programme, la sociologie des champs de Pierre Bourdieu apparaît particulièrement féconde. Ce livre illustre la portée d’une telle analyse, rarement mobilisée en matière d’action publique, en la mettant en œuvre sur des objets très différents (politiques économiques, usages politiques de l’histoire, salubrité alimentaire, gestion de l’eau, politiques de l’Union européenne, etc.). Il rassemble des contributions de chercheurs du monde entier (Australie, Brésil, Canada, États-Unis, France, Suisse) travaillant sur ces pays et d’autres encore (Argentine, Pérou, Pologne). Sur cette base, cette réflexion collective propose une autre manière de voir et d’analyser les politiques qui affectent la vie des populations et régulent les sociétés contemporaines.

22,75 €
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Avec le développement de l’internet, l’­action de l’État est prise dans une toile d’échanges numériques toujours plus dense. Cette toile apparaît comme un monde libertaire, décentré, changeant et sans frontière, en contradiction par conséquent avec les logiques même de l’action publique, dont l’objectif est de disposer d'outils de contrôle, d’organisation et de coercition. L’État peut-il rendre ­gouvernable cet univers ? Comment a-t-il pris pied dans la toile ? Et quelles caractéristiques communes rassemblent cet ensemble disparate d’interventions liées au numérique ?

L’ouvrage propose ainsi de démêler les liens entre l’État et la toile. Le récit qui en découle constitue la première histoire du traitement public de l’internet en France. Original par son ancrage national et son ampleur historique, il adopte un point de vue inédit non pas sur l’État mais depuis l’État. Il dévoile ainsi les rouages d’une révolution numérique dans l’État, conçue comme l’importation des logiques du monde de l’internet dans le secteur public, ainsi que leur traduction constante, voire leur subversion, dans les administrations.

Table des matières

Préface

Introduction

Entre révolution numérique et contre-révolution étatique

L’ action publique au défi du numérique

Enquête en terrain clivé

Chapitre 1.  Aux origines du réseau. De la politique scientifique à l’internet politique

L’invention de l’internet, entre science, économie et politique

L’âge d’or d’une « République d’informaticiens »

Du réseau de recherche au « cyberespace » : une utopie à défendre

Chapitre 2. L’État contre internet. Résistances bureaucratiques au nouveau réseau dans la France des années 1990

Prophétiser en contexte incertain 

Luttes technologiques au cœur de l’État

Réformer la conduite de l’innovation

Chapitre 3. Geeks, net-enthousiastes et technologues d’État. Le réseau des « évangélisateurs » de l’internet à la fin des années 1990 L’internet comme vocation. Intérêt et intéressement pour le nouveau réseau

Des lieux et des liens. La structuration d’un espace d’engagement pour l’internet

Chapitre 4. La naissance de l’État internaute. Un moment révolutionnaire ?

Alternance politique et impératif modernisateur : les conditions du renouveau

De l’ administration électronique à la corégulation, l’internet comme support d’innovation dans l’ action publique

Du parangon de la modernité au « ministère des mauvaises nouvelles ». La fin d’une parenthèse

Chapitre 5. Les années pirates. Les politiques du droit d’ auteur face à l’internet dans la décennie 2000-2010

De Dadvsi à Hadopi : retour sur une « énigme » parlementaire

Militants numériques et politique contestataire

La bureaucratisation des politiques du droit d’ auteur

Chapitre 6. Vers un digital mainstreaming. Le devenir des causes de l’internet dans l’État

Une politique définie par ses manques

La recomposition des entreprises numériques : répétition ou réinvention ?

Conclusion. Une « révolution numérique » aux multiples visages

Des pionniers aux plateformes

Annexes

Liste des entretiens (par ordre chronologique)

Liste des encadrés

Crédits images

Depuis le développement public de l’internet jusqu’à l’emprise croissante des données, l’­action de l’État est prise dans une toile d’échanges numériques toujours plus dense. Pour les institutions publiques, cette toile apparaît comme un espace de possibles à conquérir, un territoire « à civiliser », un monde présenté comme un opposé : libertaire, décentré, changeant et sans frontière, les caractéristiques de l’internet paraissent en contradiction avec les logiques même de l’action publique, dont l’objectif est de définir de manière durable et centralisée des outils de contrôle, d’organisation et de coercition. L’État peut-il rendre ­gouvernable cet univers complexe et emmêlé ? Comment a-t-il pris pied dans la toile ? Et quelles caractéristiques communes rassemblent cet ensemble disparate d’interventions liées au numérique ?

L’ouvrage propose ainsi de démêler les liens entre l’État et la toile, des liens progressivement tissés, parfois défaits puis consolidés au grès des développement de l’internet et de la numérisation progressive des activités. Le récit qui en découle constitue la première histoire du traitement public de l’internet en France. Original par son ancrage national et son ampleur historique, il adopte un point de vue inédit non pas sur l’État mais depuis l’État, attentif aux rapports de forces qui le traversent et aux propriétés de celles et ceux qui l’incarnent. Il dévoile ainsi les rouages d’une révolution numérique dans l’État, conçue comme l’importation des logiques du monde de l’internet dans le secteur public, ainsi que leur traduction constante, voire leur subversion, dans les administrations.

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Emmanuel Macron affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites. Peu lui importe si la justification qu’il en donne aujourd’hui contredit la précédent. Il voulait alors une réforme (prétendument) au nom de l’équité, avec un régime par points. Il veut aujourd’hui ce qu’il refusait fermement, à savoir une réforme paramétrique : reculer l’âge de départ pour faire des économies.

Dans la première partie de cet ouvrage, on réfute la présentation d’un financement des retraites menacé, en montrant l’injustice et le coût humain d’un recul de l’âge de départ ou d’un allongement de la durée de cotisation. Refuser ce projet ne signifie pas pour autant se satisfaire de la dégradation continue des retraites sous l’effet des réformes passées : décrochage du niveau de vie des retraité·es, inégalités entre catégories sociales, et entre femmes et hommes : c’est l’objet de la deuxième partie. Enfin, la dernière partie aborde les pistes possibles pour améliorer le système, et souligne l’importance de réfléchir sur les retraites en lien avec l’emploi, les conditions de travail et plus globalement le projet de société.

Publié en partenariat avec la fondation Copernic

Sommaire

9 Introduction

11 1. Réfutation du discours du gouvernement

Que dit vraiment le rapport du COR : le système de retraites n’est pas en danger

14 Les caisses de retraites doivent financer les retraites

16 La retraite à 64 ou 65 ans serait une régression pour de nombreuses personnes et une injustice

17 Le recul de l’âge de départ signifie une prolongation de la période de précarité

18 Dégradation de la qualité de vie

19 Inégalités d’espérance de vie et de revenus

19 L’allongement de la durée de cotisation pénalise les carrières courtes

22 Des gains d’espérance de vie revus à la baisse ; une espérance de vie en retraite également en baisse 

23 Travailler plus : focalisation sur l’emploi des séniors

25 Travailler plus : oubli de l’emploi des femmes

28 La comparaison avec les autres pays ne peut pas se faire seulement sur l’âge de départ 

29 Un minimum de pension à 85 % du SMIC ? une promesse ancienne jamais tenue 

31 2. Refuser la « réforme » actuellement prévue ne signifie pas que le système de retraites est aujourd’hui satisfaisant.

Une situation moins mauvaise qu’ailleurs mais très insuffisante

32 La décision politique de plafonner les dépenses de retraite est responsable de cette dégradation

32 Dégradation des taux de remplacement, des pensions et des niveaux de vie

36 Les inégalités entre les femmes et les hommes, importantes, ne se réduisent que trop lentement

40 Des dispositifs de solidarité indispensables, mais qui distribuent beaucoup plus aux plus aisés

43 3. Améliorer le système et garantir l’avenir de retraites suffisantes 

44 Partager plus équitablement la richesse produite

45 Réduire le temps de travail plutôt que l’augmenter

46 Poser la question du sens du travail 

47 Lever les obstacles à l’emploi des femmes

48 Augmenter les salaires et le taux de cotisation, supprimer les allégements de cotisations

49 Revenir à des durées de carrière réalisables et à un calcul satisfaisant de la pension

50 Augmenter le minimum de pension 

50 Supprimer la décote

51 Refonder les majorations pour enfants pour les rendre forfaitaires et unifiées

53 En conclusion, améliorer les ressources du système de retraite, c’est possible

55 Annexe 1. Retraites : répartition et capitalisation

56 Régime par annuités, par points ou en comptes notionnels 

58 La logique de contributivité s’oppose à la logique de solidarité

58 Écarts de pension entre les femmes et les hommes 

59 Comptes notionnels, pure contributivité

61 Annexe 2. Taux plein, décote, âge dit du taux plein

63 Annexe 3. Christiane Marty, « Les femmes, premières pénalisées de la nouvelle réforme des retraites », Travail, Genre et société, n°44, novembre 2020

Emmanuel Macron affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites. Peu lui importe si la justification qu’il en donne aujourd’hui contredit celle de son précédent mandat. Il voulait alors une réforme (prétendument) au nom de l’équité, avec un régime par points. Il veut aujourd’hui ce qu’il refusait fermement, à savoir une réforme paramétrique : reculer l’âge de départ pour faire des économies.

Dans la première partie de cet ouvrage, on réfute la présentation d’un financement des retraites menacé, en montrant l’injustice et le coût humain d’un recul de l’âge de départ ou d’un allongement de la durée de cotisation. Refuser ce projet ne signifie pas pour autant se satisfaire de la dégradation continue des retraites sous l’effet des réformes passées : décrochage du niveau de vie des retraité·es, fortes inégalités entre catégories sociales, et entre femmes et hommes : c’est l’objet de la deuxième partie. Enfin, la dernière partie aborde les pistes possibles pour améliorer le système, et souligne l’importance de réfléchir à la question des retraites en lien avec l’emploi, les conditions de travail et plus globalement le projet de société.

Christiane Marty est ingénieure, membre du Conseil scientifique d’Attac et de la ­Fondation Copernic. Elle a notamment co-écrit

Retraites, l’alternative cachée, Syllepse, 2013.

2,84 €
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Des études du commerce des aviations de chasse, les expéditions d’observation des passages de la planète Vénus au 18e siècle, ou la formation du jeune Bourdieu. Un dossier, coordonné par Jérôme Lamy et Sébastien Plutniak, fait le point sur les relations entre la science et l’anarchie. La rédaction poursuit également son travail d’exploration des archives en dépoussiérant un texte du philosophe belge Léo Apostel, particulièrement dense et publié en 1977. Un autre texte important de Jacques Bouveresse paru en 1985 interroge les fondements de l’intelligence artificielle. Un entretien avec l’historien Christophe Charle, au titre volontiers provocateur (« Les débats épistémologiques en histoire, c’est toujours un peu du théâtre »), met en lumière les séquences et progrès d’une longue et fructueuse carrière. Des notes critiques complètent le sommaire, qu’introduit un éditorial invité d’Arnaud Fossier sur les conditions de production de la vérité en histoire. 

18,01 €
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Depuis le début des années 2000, les flux migratoires qui traversent le Sahara central focalisent l'attention des médias et des pouvoirs publics, tant en Afrique qu'en Europe. En dépit des obstacles qui entravent la circulation dans cette région, reflets des dysfonctionnements de l'État nigérien et du durcissement des politiques migratoires des États maghrébins, des migrants originaires de toute une partie du continent se rendent via le Niger en Afrique du Nord, d'où la plupart reviennent après quelques mois ou quelques années. Ces migrations entre les deux rives du Sahara constituent le principal facteur de dynamisme et de transformation de la région d'Agadez, dans le nord du Niger, et tendent plus largement à redéfinir une nouvelle géographie saharienne en mettant en contact des lieux et des acteurs de façon inédite. En analysant ces mouvements migratoires tant du point de vue de leur organisation propre, des logiques et des structures qui les sous-tendent, que de leurs incidences sur les sociétés et les espaces traversés, le présent ouvrage déconstruit nombre des discours médiatiques et politiques qui entretiennent la peur d'un péril migratoire illusoire

Depuis le début des années 2000, les flux migratoires qui traversent le Sahara central focalisent l'attention des médias et des pouvoirs publics, tant en Afrique qu'en Europe. En dépit des obstacles qui entravent la circulation dans cette région, reflets des dysfonctionnements de l'État nigérien et du durcissement des politiques migratoires des États maghrébins, des migrants originaires de toute une partie du continent se rendent via le Niger en Afrique du Nord, d'où la plupart reviennent après quelques mois ou quelques années. Ces migrations entre les deux rives du Sahara constituent le principal facteur de dynamisme et de transformation de la région d'Agadez, dans le nord du Niger, et tendent plus largement à redéfinir une nouvelle géographie saharienne en mettant en contact des lieux et des acteurs de façon inédite. En analysant ces mouvements migratoires tant du point de vue de leur organisation propre, des logiques et des structures qui les sous-tendent, que de leurs incidences sur les sociétés et les espaces traversés, le présent ouvrage déconstruit nombre des discours médiatiques et politiques qui entretiennent la peur d'un péril migratoire illusoire, en montrant que la grande majorité des migrants qui traversent aujourd'hui le Sahara ne sont pas des individus fuyants des situations de misère extrême ou de conflit, et n'ont pas pour objectif de se rendre en Europe. Dans un contexte global de crispation identitaire et de durcissement des politiques migratoires, l'analyse des effets et des enjeux du contrôle croissant de ces circulations dans les espaces de transit soulève en définitive la question du droit à la mobilité, tant au niveau local qu'à l'échelle internationale.

Julien Brachet est chercheur à l'Institut de recherche pour le développement, membre de l'UMR 201 Développement & Sociétés (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - IRD). Il travaille depuis plusieurs années sur les mouvements migratoires, les trafics marchands et les réseaux de transport au Sahara central. Ses recherches portent actuellement sur les recompositions des espaces sahélo-sahariens et les stratégies d'adaptation des populations à un contexte de durcissement généralisé des politiques de contrÙle et de gestion des circulations internationales.

20,85 €
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Assassiné le 1er décembre 1916 alors qu’une insurrection de grande ampleur avait soulevé la majeure partie des populations du Sahara et du Sahel contre l’occupant français, Charles de Foucauld a inspiré dès avant sa mort les fabricants de littérature hagiographique. Quelques procureurs leur ont fait face, et ni les uns ni les autres ne se sont beaucoup souciés des faits.

Cet homme dont l’œuvre linguistique est utilisée aujourd’hui encore par tous les spécialistes aura été une figure majeure des études berbères.

C’est à cet aspect de la vie de Foucauld que le présent ouvrage s’intéresse. Les auteurs entendent souligner que l’apport scientifique de l’homme n’est en rien caduc, au point qu’on doit déplorer qu’il soit à ce point ignoré, ou minimisé par toutes les biographies qui paraissent encore.

L’étude historique du « cas » Foucauld doit se poursuivre, et le présent ouvrage veut être une contribution à cette tâche. En historiens que nous essayons d’être, notre rôle n’est pas de déboulonner des statues, ni, du reste, d’en édifier. Et l’image parfois floue que nous avons essayé de recomposer n’est ni tout à fait noire, ni tout à fait blanche.

 

 

Table des matières

Contributeurs

Introduction

I. Le voyage au Maroc

Le voyage de Charles de Foucauld au Maroc (1883-1884) : une expérience fondatrice

Foucauld et Mardochée en reconnaissance au Maroc

Le désert vu par Charles de Foucauld Un dessinateur d’une grande finesse

II. Charles de Foucauld dans l'Ahaggar

Foucauld et la société des Touaregs Kel-Ahaggar

L’Assekrem et la station météorologique du Père de Foucauld

Le voyage de Foucauld et Ouksem en France (1913), par Paul Pandolfi

Charles de Foucauld et Paul Embarek, esclave, servant, serviteur  (1902-1916), par Jean-Louis Marçot

Foucauld vu par Meynier (1914), par  Paul Pandolfi

III. L'oeuvre scientifique

Charles de Foucauld linguiste ou le savant malgré lui, par Antoine Chatelard

Sur les Poésies touarègues de Charles de Foucauld, par Dominique Casajus

La présence des travaux de Charles de Foucauld dans la recherche actuelle, par Dominique Casajus

IV. Actualité de Foucauld

Charles de Foucauld (1858-1916) peut-il être un lieu de mémoire de la nation algérienne ?, par Emmanuel Alcaraz

Charles de Foucauld a-t-il été un pionnier du dialogue islamo-chrétien? par Dominique Casajus

Bibliographie 

Assassiné le 1er décembre 1916 alors qu’une insurrection de grande ampleur avait soulevé la majeure partie des populations du Sahara et du Sahel contre l’occupant français, Charles de Foucauld a inspiré dès avant sa mort les fabricants de littérature hagiographique. Quelques procureurs leur ont fait face, et ni les uns ni les autres ne se sont beaucoup souciés des faits.

L’ermite de Tamanrasset avait pourtant suscité quelques authentiques travaux d’historiens, qui depuis deux ou trois décennies ont répandu de lui une image plus humaine que l’icône assez plate accréditée jusque-là par les tâcherons de l’hagiographie, plus complexe que la caricature griffonnée par les procureurs. De portées et d’inspirations très diverses, tous ces travaux s’accordent au moins à reconnaître que, quels que soient par ailleurs ses titres à l’admiration et même à la ferveur, quelles que soient également les réserves qu’il puisse susciter aujourd’hui, cet homme dont l’œuvre linguistique est utilisée aujourd’hui encore par tous les spécialistes aura été une figure majeure des études berbères.

C’est à cet aspect de la vie de Foucauld que le présent ouvrage s’intéresse. les auteurs n’ignorent pas les ambiguïtés du personnage ni son adhésion à des idéaux aujourd’hui caducs. Mais ils entendent souligner que l’apport scientifique de l’homme n’est en rien caduc, au point qu’on doit déplorer qu’il soit à ce point ignoré, ou minimisé par toutes les biographies qui paraissent encore.

L’étude historique du « cas » Foucauld doit se poursuivre, et le présent ouvrage veut être une contribution à cette tâche. En historiens que nous essayons d’être, notre rôle n’est pas de déboulonner des statues, ni, du reste, d’en édifier. Et l’image parfois floue que nous avons essayé de recomposer n’est ni tout à fait noire, ni tout à fait blanche.

 

 

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Les Gilets jaunes ne furent pas ce que la « classe ouvrière » n’a jamais été ailleurs que dans l’imagination des intellectuels. Pourtant, ouvriers et employés représentent encore plus de la moitié de la population active. Mais il est vrai que l’effritement de la condition salariale depuis quarante ans, le chômage de masse, la précarisation et la délinquance endémique qui peut en résulter ont creusé le clivage entre établis et marginaux.

Par ailleurs, après Mai-Juin 1968, l’essor de la petite bourgeoisie nouvelle, la promotion de nouvelles causes dites sociétales accompagnent le déclin de la croyance au messianisme ouvrier qui s’est inversé en un racisme de classe, résumé dans la figure du beauf.

Mobilisés en dehors des organisations syndicales et politiques, semblant de ce fait incontrôlables, les Gilets jaunes ont ressuscité la peur des classes dangereuses dans les beaux quartiers. Le mouvement a été d’emblée réprimé avec une violence physique et symbolique spectaculaire.

Rassemblant des textes dont certains ont été écrits au fil du mouvement, l’auteur en propose une lecture sociologique renouvelée.

Table des matières

Introduction

Prologue. Neutralité axiologique et engagement sociologique

Première partie. Les classes populaires : « établis » et « marginaux »

Introduction. Les classes populaires : « établis » et « marginaux »

Les transformations des classes populaires en France

Les classes populaires ont elles perdu la partie ?

La menace du chômage

« Jeunes de cités ». Délinquance, émeutes et « radicalisation islamiste »

Deuxième partie. « Mépris de classe » et « respectabilité »

Introduction. « Mépris de classe » et « respectabilité »

Sociogenèse et usages de la figure du « beauf »

Domination et résistance

En quête de « respectabilité »

« Foule sentimentale ». Sur l’hommage populaire à Johnny Hallyday

Briser les barreaux de « la cage d’acier »

Troisième partie. Le mouvement des Gilets jaunes

Introduction. Le mouvement des « Gilets jaunes »

Les Gilets Jaunes. Sociogenèse d’une mobilisation

L’État face aux Gilets jaunes. Violence physique et violence symbolique

Des Gilets jaunes aux syndicalistes en grève. La question de la représentation

Gilets jaunes : « horizontalité », « manifs-émeutes » et « insurrection »

Quatrième partie. « Le monde d’après »

Introduction. « Le monde d’après »

L’ordre des « grandeurs »

Sauver « le monde d’avant »

« Les eaux glaciales du calcul égoïste »

Les Gilets jaunes ne furent pas ce que la « classe ouvrière » n’a jamais été ailleurs que dans l’imagination des intellectuels. Pourtant, ouvriers et employés représentent encore plus de la moitié de la population active. Mais il est vrai que l’effritement de la condition salariale depuis quarante ans, le chômage de masse, la précarisation et la délinquance endémique qui peut en résulter ont creusé le clivage entre établis et marginaux.

Par ailleurs, après Mai-Juin 1968, l’essor de la petite bourgeoisie nouvelle, la promotion de nouvelles causes dites sociétales accompagnent le déclin de la croyance au messianisme ouvrier qui s’est inversé en un racisme de classe, résumé dans la figure du beauf.

Mobilisés en dehors des organisations syndicales et politiques, semblant de ce fait incontrôlables, les Gilets jaunes ont ressuscité la peur des classes dangereuses dans les beaux quartiers. Le mouvement a été d’emblée réprimé avec une violence physique et symbolique spectaculaire. L’éventuelle convergence entre Gilets jaunes et mouvement de grève contre la réforme des retraites remettait à l’ordre du jour la question de la représentation des classes populaires. Les black blocs et la mouvance anarchiste l’élargissaient aux thématiques de l’horizontalité, de la violence émeutière et de l’insurrection.

Rassemblant des textes dont certains ont été écrits au fil du mouvement, l’auteur en propose une lecture sociologique renouvelée.

Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS - EHESS - Paris 1). 

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Cet ouvrage est l’aboutissement de longues années de travail par le chercheur Nourredine Abdi.  Après son décès, à l’initiative de son épouse, son texte, écrit à des périodes diverses, a été relu et harmonisé. 

Pour ce livre, on s’est efforcé de servir au mieux le propos, le style et le ton particulier adoptés par l’auteur dans son écriture afin de faire exister cet ouvrage d’une façon qui, on l’espère, lui aurait convenu. 

Ce livre, œuvre posthume par conséquent, tenait particulièrement à cœur à Nourredine Abdi car il traite d’un sujet au centre de sa réflexion et de ses recherches, la Méditerranée occidentale.

Il a été enrichi par un récit autobiographique sur l’engagement politique et syndical de l’auteur.

Au regard de l’actualité concernant l’Algérie et de la complexe relation qui lie ce pays à la France, cet ouvrage offre un éclairage érudit et personnel que le lecteur trouvera grand plaisir à découvrir.

Sommaire

Préface

Introduction

I. L'effet de la longue durée dans le cadre d'une aire régionale

II. Réalité et permanence de la Mediterranée occidentale

III. Cadre social, historique, économique

IV. Le Maghreb en quête de mer

V. Méditerranées plurielles

VI. Le Maghreb en conflit

VII. La nouvelle zone des tempêtes

VIII. Dirigisme politique, nationalisations, nationalisme

IX. Le Maghreb écartelé

X. La voie de l'intégration

XI. En quête d'un Maghreb

XII. Perspectives

XII. Récit autobiographique

Postface

Bibliographie

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Depuis quelques décennies, on n’échappe plus à la litanie des centaines de milliers d’emplois non pourvus, régulièrement serinés dans des journaux, à la télévision, à la radio ou sur des réseaux sociaux. Ce problème prendrait même la forme d’un paradoxe, puisque les difficultés de recrutement atteindraient des sommets… En même temps que le nombre de chômeurs. Ces derniers sont donc mis en cause et accusés de fainéantise, ce qui les conduirait à baisser encore plus le salaire qu’ils espèrent toucher. 

En s’appuyant sur des données chiffrées, cette étude montre comment ce discours éminemment idéologique est mobilisé pour justifier un programme politique libéral. Elle recherche les responsabilités d’une telle situation, au-delà de la culpabilisation des chômeurs, bien commode pour faire oublier les modes de recrutement en vigueur. Elle analyse la manipulation politique du sujet par des élus ou des représentants du patronat, pour obtenir des réformes sans aucun rapport avec la question.

Sommaire

Introduction générale

L’histoire de l’emploi non pourvu : un serpent de mer

Vingt-six siècles de pénuries de main-d’œuvre

L’apparition de « l’emploi non pourvu »

Un bêtisier contemporain

La rareté du non-pourvoi

Les emplois en France… sont pourvus !

Tours de passe-passe

Une pénurie chronique

L’économie politique du bagne

Les chômeurs, tous coupables ?

Oisiveté des chômeurs… ou paresse des commentateurs ?

Trop de candidats !

Des candidats évincés

Les candidats empêchés

Un culturalisme… universel

Des victimes trompées

La dégradation privée du travail

La dé-protection publique du salariat

L’exploitation des groupes vulnérables

Conclusion

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