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1980, en Kabylie, des manifestations étudiantes éclatent et revendiquent la reconnaissance de la culture berbère niée par le régime. Les populations kabyles rejoignent le mouvement.

C’est la naissance du Printemps berbère, fêté le 20 avril et commémoré, depuis, dans toute l’Afrique du Nord. Dix ans plus tard, 1991, des scénarios de films dialogués en kabyle sont enfin autorisés. Les tournages commencent dans l’euphorie et la mobilisation populaires.

Le présent livre raconte la naissance des premiers films kabyles : leurs thèmes, leurs esthétiques, leurs décors, les utopies des réalisateurs et, aussi, la formidable adhésion populaire qui les a accompagnés.

Ces films dévoilent une culture où les rôles des femmes acquièrent des perspectives inédites, la terre et le territoire des compréhensions nouvelles tandis que la langue découvre les dialogues de films. Ils sont un fragment de mémoire, ancrée dans l’histoire telles les racines d’un arbre mythique, qui remonte vers le monde du visible à travers le cinéma.

Latéfa Lafer est maîtresse de conférences en anthropologie à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (Algérie)

Table des matières

Introduction

Chapitre I : Un contexte historique improbable

L’affirmation identitaire dans le cinéma algérien

Chapitre II : Le fait cinématographique

Cinéma amazigh, cinéma algérien : une équation indéterminée

Cinéma amazigh : résistances conceptuelles

Chapitre I : La Colline oubliée

Une société hors-temps entraînée dans la guerre des puissances

Division des espaces et du temps

Chapitre II : La Montagne de Baya

Tragédie de la terre confisquée et résurgence des mythes fondateurs

Représentation mythologique et souffle épique

Résurgence des mythes

Retour au réel historique

Chapitre III : Machaho

L’archaïsme : ogre occulte dans la trame du conte

Machaho, par-delà les lieux et le temps

L’archaïsme campe un personnage occulte

Chapitre I : Du style au discours

Trois démarches distinctes

Chapitre II

De nouvelles articulations dans le cinéma algérien

La langue, la terre et les femmes

Les femmes entre stéréotypes et réalité

Bibliographie

Annexes

1980, en Kabylie, des manifestations étudiantes éclatent et revendiquent la reconnaissance de la culture berbère niée par le régime. Les populations kabyles rejoignent le mouvement.

C’est la naissance du Printemps berbère, fêté le 20 avril et commémoré, depuis, dans toute l’Afrique du Nord. Dix ans plus tard, 1991, des scénarios de films dialogués en kabyle sont enfin autorisés. Les tournages commencent dans l’euphorie et la mobilisation populaires.

Le présent livre raconte la naissance des premiers films kabyles : leurs thèmes, leurs esthétiques, leurs décors, les utopies des réalisateurs et, aussi, la formidable adhésion populaire qui les a accompagnés. Trois fictions : La Colline oubliée, élan militant et représentation sociologique de la Kabylie par Abderrahmane Bouguermouh ; La Montagne de Baya, déploiement des rites cosmogoniques ancestraux par Azzedine Meddour ; Machaho, vision anthropologique de l’archaïsme de la vendetta par Belkacem Hadjadj, émergent tour à tour sur le terrain de l’identité entre 1994 et 1997. Ces films dévoilent une culture où les rôles des femmes acquièrent des perspectives inédites, la terre et le territoire des compréhensions nouvelles tandis que la langue découvre les dialogues de films. Ils sont un fragment de mémoire, ancrée dans l’histoire telles les racines d’un arbre mythique, qui remonte vers le monde du visible à travers le cinéma.

Latéfa Lafer est maîtresse de conférences en anthropologie à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (Algérie). Après des études en géologie marine, elle a travaillé quelques années à la Cinémathèque algérienne et s’est passionnée pour le cinéma. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2015 à l’université Paris 8, porte sur le cinéma algérien et berbère.

15,17 €
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Ce livre, « Un regard sociologique », rassemble des analyses de différentes dimensions de l’oeuvre de Pierre Bourdieu menées par des collaboratrices et des collaborateurs proches du  professeur au Collège de France. Il vise à rendre compte des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles que Pierre Bourdieu a développés. Ce regard souligne l’importance d’une cumulativité critique  qui sous-tend l’ensemble de ses travaux alors que d’autres  présentent  le modèle d’analyse de  l’État que Bourdieu a construit, modèle qui  explique, en partie, les raisons qui ont pu conduire à son engagement politique.

Liste des auteurs : Lucien Braun, Jacques Budin, Patrick Champagne, Gaspard Fontbonne, Rose-Marie Lagrave, Remi Lenoir, Gérard Mauger, Christian de Montlibert, Louis Pinto, Andrea Rapini, Loïc Wacquant. Illustration de Joëlle Labiche et Yves Carreau.

Si la collection « Champ social » des éditions du Croquant réédite le n°47-48 de février -mars 2015 consacré à Pierre Bourdieu de la revue Regards sociologiques, c’est à la fois parce que ce numéro est devenu introuvable, mais surtout parce qu’il rassemble un dossier d’une grande diversité et d’une exceptionnelle densité.

La revue Regards sociologiques avait consacré un numéro à Pierre Bourdieu pour honorer une dette symbolique à un chercheur dans lequel elle se reconnaissait et qui l’avait soutenue dès ses débuts, mais surtout parce qu’elle voyait, comme beaucoup d’autres, dans le travail de Bourdieu une contribution majeure au développement de la sociologie.

Les contributions rassemblées dans cet ouvrage, agrémentées de l’œuvre d’artistes qui se sont intéressés à Bourdieu, multiplient les perspectives sur son œuvre : étude des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles, développement des concepts-clés, construction d’un modèle cohérent de l’État, retour sur tel aspect de la domination masculine, explicitation de ce qu’implique un engagement politique réflexif, restitution de la vivacité de ses cours et de la cérémonie de remise de la médaille d’or du CNRS, exploration des rapports de Bourdieu avec l’œuvre de Mauss, de Wittgenstein et de Marx, etc. 

Un premier ensemble d’articles montre dans quelles conditions Bourdieu réalise ses premiers travaux en Algérie où il est confronté aux effets du colonialisme, du racisme et de la guerre. La contribution d’Andrea Rapini retrace les déplacements de Bourdieu et de Sayad au cours de leur enquête sur Le Déracinement. Elle est complétée par un entretien de Tassadit Yacine avec Jacques Budin (un étudiant enquêteur de l’équipe de Bourdieu et de Sayad). Christian de Montlibert met en évidence un triple combat dans les travaux « algériens » de Bourdieu : contre la méconnaissance des cultures qui coexistent alors en Algérie, contre le mépris raciste et contre des conceptions politiques dont il pensait qu’elles risquaient d’obérer l’avenir. 

Dans le contexte des années 1980, Remi Lenoir s’interroge ensuite sur « le dit et l’écrit » dans l’œuvre de Bourdieu : quel statut accorder aux transcriptions de ses cours et séminaires ? Comment restituer par écrit la vivacité verbale qui caractérisait Bourdieu enseignant ? À propos du discours qu’il prononce à l’occasion de la cérémonie de la remise de la médaille d’or du CNRS, Loïc Wacquant souligne l’accent qu’il met sur les tensions entre science, autorité et pouvoir, la puissance symbolique de l’État et les raisons qui conduisent le sociologue à s’engager dans le débat civique. 

Rémi Lenoir développe les différents niveaux impliqués dans le concept de capital social et montre l’importance qu’a eue pour Bourdieu l’œuvre de Mauss. À propos du concept d’habitus Gaspard Fontbonne met en évidence les effets épistémologiques de la lecture de Wittgenstein. Quant à la domination masculine, Rose-Marie Lagrave éclaire les contradictions, paradoxes et malentendus engendrés par ce livre : il faut tenir compte, selon elle, du contexte scientifique et du rapport de Bourdieu aux recherches féministes. 

Un autre ensemble de travaux présente son modèle d’analyse de l’État et s’interroge sur l’engagement politique de Bourdieu. Patrick Champagne analyse le cheminement de Bourdieu pour penser la construction de l’État au fil d’un double processus de concentration des différentes espèces de capital dans un petit nombre de mains. En grande partie par le système scolaire, l’État unifie, homogénéise, standardise les manières de faire et de penser. À propos d’une intervention de Bourdieu sur la crise de l’État, Rémi Lenoir souligne l’importance qu’il attribuait aux transformations des représentations des agents dominants. Lucien Braun, alors directeur des Presses Universitaires de Strasbourg, questionne Bourdieu sur l’avenir de l’autonomie universitaire dans un contexte où l’édition universitaire est de plus en plus dépendante de groupes financiers.

Cet ouvrage se clôture par des analyses de la dimension critique de la sociologie de Pierre Bourdieu qui n’a pas cessé d’insister sur la nécessité d’une démarche réflexive. Après avoir rappelé les prises de position « messianiques » de Marx sur l’avènement d’une société sans classes, Gérard Mauger souligne l’importance accordée par Bourdieu au « travail de représentation » dans toutes mobilisations collectives, à commencer par celle du « peuple », objet de prédilection pour des intellectuels. Après avoir rappelé les confusions autour de l’appellation « sociologie critique », Louis Pinto montre qu’elle n’est ni un accessoire, ni un abus de pouvoir, mais une sorte de nécessité qui conduit à s’interroger premièrement sur les pouvoirs, les limites et les prétentions de la connaissance, deuxièmement sur les capacités à dire le vrai des connaissances « indigènes » , troisièmement sur les effets de dévoilement de l’ordre social.

Enfin ce livre est ponctué par le travail de deux artistes, Joëlle Labiche et Yves Carreau, qui offrent leurs interprétations des «  regards  » de Pierre Bourdieu  : de ceux de prédécesseurs, de contemporains et de membres de ses équipes de travail.

15,17 €
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Comme le président Macron avait annoncé sa détermination à généraliser les comptes à points, Nicolas Castel et Bernard Friot ont proposé, d’octobre 2018 à juillet 2019 un séminaire complet sur la question organisé par Réseau Salariat à la Bourse du Travail de Paris. Cet ouvrage rend compte de l’ensemble des séances (exposés et échanges) en les actualisant. C’est une contribution à la préparation des futures mobilisations qui, n’en doutons pas, seront nécessaires pour contrer les retraites à points en généralisant la pension comme salaire continué.

Disponible à partir du 09 juin 2022.

Comme le président Macron avait annoncé sa détermination à généraliser les comptes à points, Nicolas Castel et Bernard Friot ont proposé, d’octobre 2018 à juillet 2019 un séminaire complet sur la question organisé par Réseau Salariat à la Bourse du Travail de Paris. Cet ouvrage rend compte de l’ensemble des séances (exposés et échanges) en les actualisant. C’est une contribution à la préparation des futures mobilisations qui, n’en doutons pas, seront nécessaires pour contrer les retraites à points en généralisant la pension comme salaire continué.

L’association d’éducation populaire Réseau Salariat promeut l’extension du salaire à la qualification personnelle.
La pension des fonctionnaires et les retraites du régime général de la Sécurité sociale ou de certains régimes
d’entreprise dits « spéciaux » (EDF, RATP...) sont, en tant que salaire continué, des prémices du salaire attaché à la personne, et non pas au poste de travail. Une telle révolution communiste dans l’institution du travail, la bourgeoisie n’en veut pas et lui oppose depuis 1947 la retraite à points des cadres, étendue à tous les salariés du privé
dans l’Agirc-Arrco. Depuis la fin des années 1980, les réformateurs détricotent le salaire continué assis sur les meilleurs salaires de la carrière pour le transformer en revenu différé, calculé sur la base de points de retraite accumulés sur toute la carrière professionnelle. C’est faute de se battre pour l’extension à tous du meilleur salaire continué dans la pension de retraite que les syndicats
sont battus depuis trente ans.

11,37 €
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La seconde moitié des années 1970 a marqué le retour en force des protestants évangéliques sur le terrain de la politique partisane. Cette forte mobilisation s’est accompagnée de la mise en place par des leaders religieux conservateurs d’un vaste réseau de lobbies politico-religieux, appelé « Droite chrétienne » (Christian Right). Ayant acquis, au fil des décennies, un poids et une influence considérables, la Droite chrétienne s’impose aujourd’hui comme une force électorale incontournable. À ce titre, elle mérite d’être prise au sérieux, tant sur le plan politique que sur le plan intellectuel.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, la Droite chrétienne s’est distinguée par le soutien apporté à Donald Trump, le candidat républicain, de mémoire récente, le moins religieux. 

Pour comprendre la Droite chrétienne dans sa globalité – ses origines historiques, ses fondements théologiques, le profil de ses adeptes, le contenu de son programme, son mode opératoire, la complexité de ses relations avec les présidents qui se sont succédé depuis quarante ans –, une analyse détaillée et objective s’impose. C’est l’objectif de ce livre.

Table des matières

Introduction 7

chapitre 1. Présentation 15

Éléments de définition 15

Vision du monde : un mélange d’exceptionnalisme et de prémillénarisme 23

Rapports complexes avec la modernité 34

chapitre 2. Genèse et développement 43

Des origines historiques lointaines 43

Les années 1970 : un revirement radical 51

Un mouvement en constante mutation 90

chapitre 3. Fondements théologiques 107

L’identité évangélique 108

L’essor de l’évangélisme : forces et limites 116

Les grandes familles évangéliques 121

Le fondamentalisme 121

Le néo-évangélisme 130

Le pentecôtisme et le charismatisme 133

Qui sont les évangéliques nord-américains ? 135

Profil socio-économique 138

Croyances et comportement religieux 142

Comportement politique 144

chapitre 4. Programme et stratégies socio-politiques 147

Un programme ou un ensemble de convictions ? 148

Un registre avant tout religieux 148

Rôle crucial de l’ennemi et fixation sur l’humanisme laïque 151

Les grands axes du programme 157

Défense des valeurs morales et sociales traditionnelles 157

Préservation de la famille traditionnelle 158

Condamnation de l’avortement 167

Combat contre l’homosexualité 173

Affaiblissement de l’État et pari sur l’économie de marché 186

Non au contrôle des armes à feu ! 196

Refus radical du changement climatique 200

Ni nouvel ordre international ni mondialisation 203

Une Amérique forte face à l’« empire du Mal » 211

L’islam, le nouvel ennemi à abattre 214

Un soutien sans faille à Israël 223

Des choix stratégiques très diversifiés 234

Des stratégies classiques éprouvées 235

L’alliance avec les think tanks de droite 238

Courrier personnalisé et campagnes de dénigrement 240

Le Morality Rating Record : un outil efficace 242

Prêches et télé-prédication au service de la politique 242

L’enseignement : un moyen de propagande et de recrutement incontournable 244

Le cyberespace religieux 248

chapitre 5. Les relations entre la droite chrétienne et
l’exécutif : 2001-2021
251

George W. Bush : un allié exceptionnel 251

La religiosité de G. W. Bush 253

L’influence de la foi sur la politique intérieure : le conservatisme compassionnel 262

La politique étrangère : la guerre en Irak 270

George W. Bush et la Droite chrétienne 274

L’alliance de la Droite chrétienne et des néoconservateurs 293

Barack Obama, voilà l’ennemi 302

L’univers idéologique et religieux d’Obama 303

Barack Obama et la Droite chrétienne 309

Donald Trump et la Droite chrétienne : une alliance inhabituelle 317

Soutien inattendu à Donald Trump pourtant aux antipodes de l’idéal évangélique 320

Pourquoi Trump séduit-il les électeurs évangéliques ? 324

Les années Trump : bilan 333

chapitre 6. Quel bilan ? 337

Des réactions passionnées et controversées 337

Un bilan inégal malgré un activisme forcené 350

L’enseignement 351

L’avortement 355

L’homosexualité 358

La politique intérieure 361

Politique étrangère 367

Conclusion 375

Bibliographie 383

La seconde moitié des années 1970 a marqué le retour en force des protestants évangéliques sur le terrain de la politique partisane. Cette forte mobilisation s’est accompagnée de la mise en place par des leaders religieux conservateurs d’un vaste réseau de lobbies politico-religieux, appelé « Droite chrétienne » (Christian Right). Ayant acquis, au fil des décennies, un poids et une influence considérables, la Droite chrétienne s’impose aujourd’hui comme une force électorale incontournable. À ce titre, elle mérite d’être prise au sérieux, tant sur le plan politique que sur le plan intellectuel.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, la Droite chrétienne s’est distinguée par le soutien apporté à Donald Trump, le candidat républicain, de mémoire récente, le moins religieux. 

Pour comprendre la Droite chrétienne dans sa globalité – ses origines historiques, ses fondements théologiques, le profil de ses adeptes, le contenu de son programme, son mode opératoire, la complexité de ses relations avec les présidents qui se sont succédé depuis quarante ans –, une analyse détaillée et objective s’impose. C’est l’objectif de ce livre.

15,17 €
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La « politique des chemins courts ». C’est par ces mots que le Président de l’Association des journalistes parlementaires désigne en 1978 la nature des échanges entre les journalistes et le personnel politique dans la capitale fédérale. Cette métaphore donne sens à la naturalisation de la lente construction institutionnelle reconnue par les différents acteurs de l’espace politique fédéral (journalistes, responsables politiques, porte-parole, hauts-fonctionnaires).

L’institutionnalisation de ce monopole n’est pas la résultante de seuls jeux d’interactions, indépendamment de tout contexte socio-politique, mais bien un effet de la structure du champ de la politique fédérale, de son histoire incorporée et instituée ainsi que de ses évolutions depuis la sortie de la Première Guerre Mondiale. L’enjeu de consolidation du régime (quel qu’il soit, démocratique ou autoritaire) est au cœur de la structuration de cet « espace public », pour le défendre face aux menaces réelles ou fantasmées (mais réelles dans leurs effets sur l’organisation d’une administration du porte-parolat), pour convaincre les citoyens et les journalistes de son bienfondé. 

Table des matières

Introduction

De la particularité allemande en comparaison internationale

Journalistes et politiques : des associés-rivaux

Quelques éléments de définition

Observer la coproduction des biens symboliques à destination des médias

Comprendre en actes la structuration des espaces publics nationaux

L’espace public et sa contention : l’invention de l’Öffentlichkeitsarbeit

La curialisation des agents dans une capitale fédérale

Pour une sociologie historique des relations presse-politique

Sociogénèse et institutionnalisation d’un espace autonome d’interactions

La production des biens symboliques gouvernementaux : un champ interstitiel au sein de l’État fédéral

Construire une enquête de temps long

Retracer une histoire bureaucratique

Histoire croisée d’archives

Une sociologie de la pratique

Chapitre 1. Organiser les échanges par la Öffentlichkeitsarbeit : une longue tradition de contre-feux politiques

Sauver le régime, installer le régime

Soutenir la forme républicaine de l’État par la propagande : Weimar, 1919-1933

Propagande et Öffentlichkeitsarbeit au service d’une « société dirigée » : la RFA depuis 1949

Une histoire administrative du porte-parolat : institutionnaliser et centraliser

Faire tenir une parole malgré les tensions : la République de Weimar

Le ministère de la propagande défié par la polyarchie du régime national-socialiste

La division ministérielle du porte-parolat en RFA après 1949

Chapitre 2. Au service de la démocratie ? 125

L’espace public incarné des Pressekonferenz 125

L’imbrication des lieux de la publicité : les conférences de presse sous Weimar 127

Définir les règles du jeu : le rôle des conférences de presse 127

L’affirmation des associations professionnelles 133

La Bundespressekonferenz e.V : la construction d’une institution de journalistes 137

Construire un collectif et légitimer la centralité politique de l’institution 138

Préserver l’entre-soi face à la monstration télévisuelle 149

Codifier l’entre-soi et disciplinariser les porte-parole 150

La liberté de la presse s’arrête-t-elle aux relations interallemandes ? 159

Le mur de Berlin : la fenêtre (sale) d’opportunité pour trancher le cas des journalistes de l’Est 159

La Ostpolitik des journalistes 164

Chapitre 3. Sociabilités et pacification des échanges dans l’espace parlementaire 171

Serre, île, bateau ou vaisseau spatial ? Le monde à part de la politique fédérale 173

Berlin, la Medienstadt 174

Une capitale fédérale engoncée : Bonn 177

Le retour de la Medienstadt ? Berlin après 1999 182

La configuration (restreinte) des échanges et sa modalisation 184

Berlin (1918-1933) : Construire un univers d’interdépendances pour mieux apprivoiser la conflictualité 185

Bonn : le charme apaisé d’une ville de province 192

Les mondanités : parfaire la façade pour préserver les coulisses 207

La République réconciliée : le « glam-chic » d’une tradition maintenue à Bonn 217

Maintenir le public à distance du bal de la presse 221

Chapitre 4. La recomposition de l’espace politique après 1999 231

Berlin, années folles (1999-2002) : la conjoncture fluide des premières années 236

La tentation économique de Berlin 237

Starisation et scandalisation de la vie politique 239

Rétablir les règles, (r)établir les frontières du groupe : les statuts de la BPK 243

Une séquence sous tension (2002-2004) : jouer la concurrence et rétablir le modus operandi de Bonn 247

Au commencement, de « banales » demandes de réécriture d’interviews 248

Ne rien laisser passer aux politiques 251

Désectorisation et règlement du conflit 255

Redéfinir les contours réglementaires des interviews 258

La course aux armements communicationnels et le réarrangement du monde de la politique parlementaire 260

Garder les frontières, garder ses distances 263

Le (relatif) désengagement numérique des journalistes de la BPK 271

Exister politiquement, exister journalistiquement : contourner l’atonie des gouvernements de Grande Coalition 280

Occuper l’espace médiatique dans un État fédéral 280

Grande coalition et stratégies parlementaires 282

Les outils parlementaires comme instruments du contrôle médiatique 287

Chapitre 5. L’espace hodologique du pouvoir 297

L’espace restreint du journalisme parlementaire 301

Évolution du nombre de journalistes parlementaires 302

Les transformations structurelles du journalisme parlementaire 307

La précarisation (relative) du journalisme politique 311

Faire nombre : la réunion des rédactions parlementaires 313

Lutter contre l’isolement des rédacteurs 313

L’organisation collective de la couverture du quotidien 315

Faire face aux journalistes : les services du Bundespresseamt et des ministères 319

Les injonctions politiques à paraître 320

Les moyens de la coordination : le personnel du Bundespresseamt 323

L’espace concentrique du pouvoir symbolique 327

Les plans d’un navire provisoire qui a duré : Bonn 1949-1999 327

Une capitale nouvelle aux contours topographiques historiquement prescrits : Berlin, 1999-… 338

Chapitre 6. L’espace homologique du pouvoir 347

De quelques propriétés des journalistes de la BPK 351

Des journalistes aux propriétés sociales hautes 351

La lente féminisation du journalisme parlementaire 353

De quelques homologies sociales 354

La lente féminisation du politique 354

Sur-diplômé•e•s mais moins de docteur•e•s 357

Les sciences de gouvernement au cœur du champ ? 360

Un secteur du champ bureaucratique 364

Un siècle de professionnalisation du porte-parolat 365

L’espace interstitiel entre publicistes et auxiliaires du politique après 1949 367

Parfaire son entrée dans le champ bureaucratique : une analyse séquentielle des carrières des porte-parole 373

Conclusion 383

Annexe méthodologique : terrains d’enquête et sources 391

Liste des entretiens 391

Journalistes : 391

Porte-parole ministériels : 392

Politiques : 392

Fonctionnaires, chargé-e-s de presse ou de communication : 393

Sources 393

Sources prosopographiques et topographiques : 394

Archives de la Bundespressekonferenz : 395

Bundesarchiv (BArch) : 396

Mémoires et autobiographies : 398

Remerciements 400

La « politique des chemins courts ». C’est par ces mots que le Président de l’Association des journalistes parlementaires (la Bundespressekonferenz) désigne en 1978 la nature des échanges entre les journalistes et le personnel politique dans la Capitale fédérale. Il s’offusque du projet de déplacer le corps de presse à quelques encâblures du quartier gouvernemental. Cette métaphore donne sens à la naturalisation de la lente construction institutionnelle reconnue par les différents acteurs de l’espace politique fédéral (journalistes, responsables politiques, porte-parole, hauts-fonctionnaires). Le tour de force symbolique de la Bundespressekonferenz en 1949 est d’avoir su construire un monopole corporatiste de gestion des relations presse-politique en regard d’un appareil d’Etat du porte-parolat gouvernemental. L’institutionnalisation de ce monopole n’est pas la résultante de seuls jeux d’interactions, indépendamment de tout contexte socio-politique, mais bien un effet de la structure du champ de la politique fédérale, de son histoire incorporée et instituée ainsi que de ses évolutions depuis la sortie de la Première Guerre Mondiale. L’enjeu de consolidation du régime (quel qu’il soit, démocratique ou autoritaire) est au cœur de la structuration de cet « espace public », pour le défendre face aux menaces réelles ou fantasmées (mais réelles dans leurs effets sur l’organisation d’une administration du porte-parolat), pour convaincre les citoyens et les journalistes de son bienfondé. La constitution d’une forme particulière de curialisation des acteurs de la démocratie parlementaire allemande n’est donc pas l’effet d’une culture démocratique allemande, mais bien le fruit d’un lent mécanisme de consolidation des échanges. La proposition suivie dans cet ouvrage est de la mise en visibilité médiatique du politique, à la croisée entre sociologie compréhensive du travail journalistique et sociologie politique du pouvoir fédéral allemand, que nous observons dans le temps long de leur institutionnalisation depuis 1918.

Auteur :

Nicolas Hubé est professeur des universités en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Lorraine et membre du CREM (Centre de Recherche sur les Médiations) où il co-dirige l'équipe Praximedia (Journalisme, espace public, représentations). Ses travaux portent actuellement sur les politiques de communication de l'Union européenne, la sociologie comparée du journalisme en Europe ainsi que le phénomène populiste en Europe.

Points forts de l’ouvrage :

  • Un travail original sur la politique fédérale et/ou le parlementarisme (ouest-)allemand
  • Comprendre le travail des journalistes et des communicants comme des associés-rivaux
  • Inscrire la propagande et la communication politique dans leur continuité historique, sans présupposé de différences de nature
  • Comprendre le rôle de la République de Weimar dans la structuration du champ du pouvoir allemand sous le nazisme et sous la RFA d’après 1949
15,17 €
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Les déclenchements de manifestations, grèves, émeutes et autres protestations collectives ne sont pas le résultat d’une goutte d’eau de trop ou d’une étincelle. Ils reposent sur des situations dans lesquelles des individus se préoccupent essentiellement de ne pas se trouver seuls à agir. Le passage à l’acte se joue dans des moments où l’on tente d’anticiper le comportement d’autres gens, en tâtonnant et en se fiant à des clichés ou à des traditions de mobilisations.

S’appuyant sur des études de cas variées, cet ouvrage permet de comprendre finement les ressorts des déclenchements d’actions collectives. Il apporte de nouvelles pistes pour les anticiper ou les réaliser, que vous soyez un chercheur, une militante, ou un citoyen curieux.

Table des matières

Sommaire 4

Préface 7

introduction : les logiques des déclenchements 11

Les mythes d’entrée en action. Mythologie du déclenchement des actions contestataires 15

Métaphores, mythes de sens commun et leur succès dans la recherche 15

Causes, prétextes et seuils de tolérance 17

Le pire, l’insupportable, l’exutoire ou l’explosion 22

L’irrationalité, ou quand on ne trouve pas d’explication… 24

Les productions de la recherche en sciences sociales 25

Structure des opportunités politiques et renoncement explicatif 26

La révolte comme (re)découverte de l’injustice ? La redéfinition de situation et ses limites 29

Des caractéristiques du groupe au mode d’action, choix stratégique ou évidence imposée ? 30

La part de surprise 31

Les moments et leurs actions. Entre interactionnisme et constructivisme, sociologie des situations de déclenchements 34

Interactionnisme n’est pas amnésie : situations, histoires et individus pluriels 34

La condition déterminante en situation : être certain que l’action aura lieu 40

Le cadre de l’expérience. La théorie des facteurs de probabilité : domaine d’application et modes d’enquête 42

Ce que l’on entendra par « déclenchement » : le seuil d’une action visible 42

Principaux ressorts et limites de la théorie : recherche d’alignement, perception des coûts et ressources 44

Incertitude, calculs et préoccupations liées à l’alignement 45


Des ressources de mobilisation omniprésentes, ou quelques ressorts du « suffisant » 46

Sens de la normalité, du ridicule et autres craintes, ressorts et limites du « nécessaire » 50

Conditions d’un test : l’étude d’actions contestataires incertaines 55

Tableau 2 : « Mobilisations improbables » ou actions incertaines ? Quelques exemples 56

Les multiples cas étudiés : blocages lycéens, émeutes de banlieues, riders… 57

De l’action vers l’histoire : une présentation d’aval en amont 64

Illustration 1 : Temporalités du déclenchement de l’action et plan de l’ouvrage (croquis) 67

chapitre 1 : Du quotidien à la mobilisation. Une affaire de rôles 69

Des causes pas très communes ? Motivations diverses et coopération 69

Les motifs hétérogènes de l’action 71

Motivations ludiques et illégitimes : un stigmate des mouvements « de jeunes » à relativiser 73

Sécher les cours, dénoncer la réforme, s’amuser entre amis, insulter le gouvernement… 74

Obtenir des financements pour un skatepark, faire chier la mairie, faire une expérience… 78

Se venger de la police, aller voir, s’amuser… 84

Une coopération en conscience : causes, revendications et mots d’ordres comme ressources de coordination 86

En scène ! Des rôles du quotidien aux rôles de mobilisés : gestion de façade, continuités et ruptures 97

Enquête n°1. Les blocages lycéens de 2010 103

Les déter's et les blasés

Quelques déter’, quelques blasés 103

Effets du genre et de l’investissement scolaire sur le style d’engagement et sur le déclenchement de l’action 106

Tableau 3 : Caractéristiques et styles d’engagement des lycéens dans la mobilisation 109

La relation entre leaders locaux et militants altruistes dans le déclenchement de l’action : une figure de la continuité dans la gestion de façades 111

Conclusion: des préoccupations très ordinaires 114

chapitre 2 : Aux seuils de l’action. Les étapes menant à la protestation visible 117

La place des seuils dans le déclenchement de l’action contestataire. Engagements visibles et identification d’une action collective 117

Seuils de participation individuelle et mobilisation en cascade 118

Les effets immédiats des seuils de non-retour : marques d’engagement, typification de l’action et logiques de situations successives 124

Comment s’engager avant le déclenchement. Les seuils déclencheurs et les conditions concrètes de leur franchissement 131

Chercher ce qui se passe à l’avant des seuils déclencheurs 131

Éléments de définition des déclenchements d’actions protestataires 131

Les types de seuils déterminant le déclenchement, les interactions, préoccupations et calculs qui les précèdent 136

Isoler les seuils déterminant le déclenchement 139

Enquête n° 2. La grève des étudiants en odontologie de
Colombes 139

Les engagements préalables 141

Les engagements au dernier moment 147

Conclusion du chapitre 2 : franchir les seuils 154

chapitre 3 : S’assurer que les autres y vont. Les préoccupations déterminant le franchissement du seuil 155

Soumission à l’anticipation. Un point de vue expérimental 156

Incertitude, suivisme et déclenchement de contestations : les apports de la psychologie sociale 156

Définir collectivement une situation dans l’incertitude : la psychologie de la gestalt 158

De l’incertitude à la révolte : les expériences de Milgram et Gamson 162

Une expérience grandeur nature 165

Enquête n°3. La tentative de mobilisation des riders de Bercy 166

On y va ou pas ? L’émergence d’intérêts pour et de croyances partagées sur l’action à venir 173

La possibilité d’une mobilisation 173

L’idée d’une mobilisation des riders de Bercy, entre rires et incrédulité 174

Illustration 2 : Une partie du spot de Bercy avant démolition 175

Illustration 3 : Plan du spot de Bercy et de la zone extérieure visée par le projet de rénovation 178

Illustration 4 : Affiche publiée le 27 juillet sur la page Facebook, puis collée en différents lieux 184

Lycées Zola et Saint Vincent de Paul : une possibilité prise au sérieux 189

Étudiants en odontologie : émergence d’une possibilité de grève et paradoxes d’une « mobilisation improbable » 191

Bavures et émeutes de l’Est lyonnais : une possibilité construite sur plusieurs années 198

Incertitude, tâtonnements et (focalisation sur) l’accélération des indices, signes et consignes contradictoires 199

Émeutes lyonnaises : des informations très hétérogènes dans la balance 200

Étudiants en odontologie : incertitude et focalisation sur l’engagement des étudiants de quatrième année 200

Lycées Zola et Saint Vincent de Paul : renoncement et putsch 204

Les riders de Bercy : incertitude et tâtonnements à l’approche de l’action 209

Illustration 5 : Sticker du Collectif de défense de Bercy, octobre 2012. 213

Illustration 6 : Captures d’écran de la vidéo du Collectif de défense de Bercy, octobre 2012. 215

Illustration 7 : Photo du collage « simulé » de stickers, novembre 2012 222

Être sûr qu’il y aura action pour s’engager. Objectivation et test d’une condition déterminante 230

Test sur les conditions d’engagement des acteurs 233

Tableau 4 (page suivante): Conditions d’engagements ou non engagements des acteurs dans les collages organisés pour l’expérience de Bercy 241

Test sur les conditions de réussite des déclenchements 244

Tableau 5 : Conditions de réalisation ou non des tentatives d’actions protestataires 247

Poids des facteurs de probabilité, des conditions particulières et du doute dans les déclenchements 248

Conclusion du chapitre 3 : évaluer ressources et facteurs à l’aune des certitudes qu’ils créent 251

Tableau 6 : (Schéma) Ressources diverses, facteurs de probabilité et déclenchement de l’action 255

chapitre 4 : Les facteurs de probabilité de l’action. Discours sur l’action, information tacite et (in)certitude 261

Les facteurs mixtes de probabilité. Appels explicites, discours sur l’action et conditions de la confiance 262

Les conditions générales de réussite des appels à l’action : l’exposition des seuils de participation 262

Appels d’acteurs « en vue », d’organisations ou d’AG : effets de masse, ressources collectives et leurs limites 263

Motifs, définitions de situations, émotions : entre éléments de décor, points de coordination et « bases d’échanges » 268

Rumeurs et hidden transcripts : le problème de la forme et du « sérieux » de l’appel à l’action 272

Appels à l’action par le bas, évaluations et explicitations des seuils de participation mutuels 274

Les effets de théories indigènes sur le déclenchement 275

Les facteurs tacites de probabilité. Groupes, situations et déclencheurs objectivés 277

Réification et préjugés sur les groupes de participants potentiels 277

Les groupes, les « on » et les « autres »… traditions de lutte, clichés et attentes 277

Construction et variation des préjugés sur des groupes de participants potentiels 279

Les déclencheurs types (et situations déclencheuses types) 283

Enquête n°4. Expérience dans une classe de terminale 283

Des situations et signes institutionnalisés 286

Conclusion du chapitre 4 : la force décisive des facteurs tacites 289

chapitre 5 : La bavure et l’émeute. Genèse d’un déclencheur type dans le Rhône (1979-2000) 293

La construction d’un déclencheur type. Eléments d’introduction 294

Perspectives sociologiques sur le déclenchement de l’émeute : pour une approche stratégique et constructiviste 294

L’histoire d’un déclencheur de l’émeute, éléments de définition 296

Indices et conditions de l’institutionnalisation du signe déclencheur 298

Enquête n°5. Les « bavures » et « émeutes » dans l'Est lyonnais 300

L’invention du « climat d’émeutes ». 1979-1986 304

Police, violences collectives et mobilisations antiracistes (1979-83) 304

Représailles ciblées dans le quartier, « climat d’émeutes » dans les journaux (1983-86) 308

Les conditions de l’émeute : un proto-signe aux effets variables. 1985-1990 311

Bavure, basse saison et haute saison 312

Tableau 7 : Conditions et éventuelles suites émeutières des décès de jeunes mettant en cause des policiers dans la proche banlieue Est lyonnaise (1980-1990) 316

(Recon)naissance d’une institution, octobre 1990 à Vaulx-en-Velin 317

La bavure comme signe déclencheur solidifié. Années 1990 320

Mémoire, reconnaissance et saisie systématique d’un signe 320

Tableau 8 : Conditions et éventuelles suites émeutières des décès de jeunes mettant en cause des policiers dans la proche banlieue Est lyonnaise (1991-2000) (légende p. 287) 322

Objectivation du signe et conditions assouplies de sa saisie 323

Conclusion du chapitre 5 : à déclencheur type, réaction type ? 328

chapitre 6 : Des réactions collectives types. Groupes, situations ou déclencheurs types et actions protestataires associées 331

Enquête n°6. Constitution et analyse d’une base de données sur des actions protestataires (1997-2000) 335

Des traditions qui s’imposent. La force contraignante des modes d’action traditionnels sur les déclenchements 337

Premier tour d’horizon 338

Graphique 1 : Analyse des correspondances multiples (ACM) sur les actions protestataires issues de la recherche dans Le Progrès, 1997-2000 340

Tableau 9 : Salariés, grève et autres modes d’action : des traditions bien établies 342

Groupes de circonstances, situations, déclencheurs et réactions types. La primauté des données situationnelles dans la détermination du type d’action déclenché ? 345

Les situations et déclencheurs types, goulots d’étranglement des répertoires tactiques 345

Tableau 10 : Part des cas mentionnant un recours à la grève en fonction de situations et motifs liés au travail salarié 346

La situation comme déterminant principal du mode d’action et le cas des mobilisations locales 354

Graphique 3 : Part des cas mentionnant un recours à la pétition en fonction de situations, motifs et participants concernés dans les mobilisations locales, en % (et valeurs absolues) 355

Graphique 4 : Part des cas mentionnant un recours à la manifestation en fonction de situations, motifs et participants concernés dans les mobilisations locales, en % (et valeurs absolues) 355

Conclusion du chapitre 6 : les réactions collectives types, poids d’une contrainte située et situationnelle 358

conclusion : Pistes pour comprendre, anticiper et fabriquer des déclenchements d’actions protestataires 365

Avertissements pour saisir les déclenchements d’actions protestataires. Et parfois les anticiper 371

Fabriquer des déclenchements d’actions protestataires. Quelques ficelles 374

Enquête épilogue. La rétention des notes de 2016 374

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L’autrice, chercheuse en sociologie et spécialiste des réseaux de diplômés fut également enseignante à l’Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (Isae) pendant 17 ans, entre 2003 et 2020. Dans cet ouvrage, elle raconte, à partir de son journal de terrain comment s’est mise en place la fusion entre les deux écoles d’ingénieurs d’aéronautique Ensica et Supaéro, sous tutelle de la Délégation Générale de l’Armement. Prenant appui sur différentes échelles de décision dans l’Isae (des directeurs aux conseils de formation en passant par les professeurs et les étudiants), elle illustre la force des hiérarchies sociales qui s’impose dans ce monde des Grandes Écoles. Ce faisant, ce livre comporte également une leçon méthodologique sur la portée de l’observation participante et la place de la réflexivité vers l’intelligibilité du social dans lequel chacun, chacune est trempé. Mais on peut aussi aisément comprendre, sous sa plume, comment se sont appliqués au quotidien les préceptes du Nouveau management public, lesquels font tant de dégâts sociaux et humains. Progressivement, le lecteur devine que la principale victime sera justement la « sociologue de service ».

Table des matières

Remerciements

Introduction

Saison 1 : Un rapprochement puis une fusion, septembre 2007-juin 2013

La création de l’Isae sur fond d’histoires antérieures à 2007

Quels élèves entrent à Supaéro et à l’Ensica avant 2007 ?

Départs sans bruit de l’Ensica, Juillet 2007

Être professeur en École d’ingénieurs : dispersion et surqualité, Octobre 2007

La recherche, la première des activités d’excellence, Septembre 2008

Le département « Langages, Art, Cognition et Sport », un département à virgules, épisode 1, 27 mai 2008

Regretter la « caserne » de Jolimont, mars 2009

La solidarité des perruques, 4 février 2010

Les professeurs s’inquiètent, ils s’informent, épisode 1, 20 mai 2010

Le Directeur de la formation Ensica perd ses cheveux puis prend sa retraite, 28 février 2011

Les professeurs de l’Ensica lâchent l’un des leurs, épisode 2, juin 2011

Les points forts des diplômés de l’Ensica pour les industriels, 14 novembre 2011

Il faut rayonner à tout prix, décembre 2011

Rassurer les diplômés de l’Isae, 7 février 2012

Faire travailler les professeurs de l’Ensica sur la différenciation, 23 mai 2012

Les fleurs se tournent toujours vers le soleil, 18 juin 2012

Il faut financer la fondation Isae, 22 octobre 2012

Réunion en catimini un été, puis mise en musique, 24 novembre 2012

Engagez-vous dans les groupes de travail ! 26 novembre-14 décembre 2012

Défendre son « pré carré », décembre 2012

Quand le dernier directeur de la formation Ensica s’occupe en rédigeant une thèse, 24 janvier 2013

Avertir les industriels du positionnement sur un seul concours, 14 mars 2013

L’École la plus innovante, c’est Polytechnique, Jeudi 28 mars 2013

Un sursaut d’orgueil des industriels, diplômés de l’Ensica, 22 mai 2013

Former autant d’élèves ingénieurs Supaéro sans se déclasser, 28 mai 2013

« La méca, les matériaux, c’est sale », 6 juin 2013

Ils en pensent quoi, les élèves de l’Ensica ? 15 juin 2013

Résumé de la saison 1

Saison 2 : l’Institut Supaéro a absorbé l’Ensica, septembre 2013-juin 2016 107

Les réseaux des héros américains, 18 avril 2013 et 6 septembre 2013 108

Delargent a rendu son rapport, 3 octobre 2013 114

Les professeurs occupent l’étage de la Direction, épisode 3, 21 octobre 2013 115

Courriel à vie pour les anciens élèves diplômés de l’Isae, le 19 novembre 2013 119

L’hypocrisie a assez duré : l’Ensica va disparaître mais quand ?, décembre 2013 120

Le président de la république vend les locaux « vides » de l’Ensica, 30 janvier 2014 124

Pom-poms girls entre Grandes Écoles, 13 février 2014 125

Le volet « formation continue » à l’Isae : peu visible mais terriblement efficace, 24 février 2014 126

Une organisation très pyramidale, 11 mars 2014 127

Préparer la cérémonie de fermeture, 31 mars 2014 129

Communiquer aux taupins et à leurs familles, 9 avril 2014 130

Rencontrer ses héros, 24 avril 2014 131

Le rôle de l’amicale : tenir le manche, 30 avril 2014 134

Quel diplôme sur le CV des Ensica ? 24 juin 2014 136

Le rang de Supaéro n’a pas baissé, ouf ! 30 juillet 2014 137

Combien gagnent les diplômés de Supaéro et ceux de l’Ensica ? 1er septembre 2014 138

Le faire-part de naissance du nouveau cursus ingénieur, 23 septembre 2014 140

« A-t-on le droit de virer une prof de droit ? », novembre 2014 141

Comment appeler le site historique de Supaéro : Supaéro, 1er décembre 2014 142

Remettre l’uniforme, 18 décembre 2014 144

Participez à des ateliers animés par une psychologue, 5 mars 2015 146

Quitter le site en dernier, 27 juin 2015 147

Citer les entreprises qui nous financent, 20 septembre 2015 150

S’échanger les élèves entre « Grandes Écoles », 15 octobre 2015 151

« Retapons pendant les campagnes de prospection », 25 octobre 2015 154

Allocution du directeur général de l’Isae-Supaéro, à l’occasion de la minute de silence en mémoire des attentats du 13 novembre 2015 157

Le champ des possibles est infiniment grand, 15 janvier 2016 160

La décontraction corporelle des « professeurs », 29 janvier 2016 161

Jouer d’un instrument, un gage d’excellence professorale, 4 février 2016 163

« L’ingenierie-système, c’est critique et complexe », 28 mars 2016 164

Les entretiens de Toulouse : quand les anciens parlent aux anciens, 20 avril 2016 167

Les SHS dans une École d’ingénieurs, 25 avril 2016 169

Faire cohabiter les élèves Ensica et Supaéro sans les confondre, 2 mai 2016 171

Quand la sociologie est un module optionnel, 15 juin 2016 171

Résumé de la saison 2 176

Saison 3 : Vendre l’excellence, septembre 2016-novembre 2018 179

Reprendre la main sur la formation Supaéro, 30 août 2016 179

Comment apprendre à faire des affaires, 15 septembre 2016 181

Le LACS, « Langages, Art, Cognition et Sport », un département qui prépare des orateurs, épisode 2, 9 octobre 2016 186

Enseigner l’éthique, épisode 1, 20 novembre 2016 189

L’offre toujours croissante de Mastères Spécialisés®, 23 novembre 2016 192

Classement et excellentes alliances locales, 8 décembre 2016 197

La Convention conventionnelle des personnels, 26 janvier 2017 200

Partager la galette des rois, 10 février 2017 204

Le verdict de mon entretien annuel : améliorer ses capacités relationnelles, 24 février 2017 208

Les Amphis qui cadrent, 14 mars 2017 212

Afficher une soi-disant diversité sociale, 3 avril 2017 213

Ces chères Chaires, 14 mai 2017 222

Thomas P. pendant sa mission, l’excellence faite « homme », épisode 1, 15 novembre 2016-15 mai 2017 233

Fêter les 10 ans de l’Institut, 2 juin 2017 237

Le symbole de l’École, c’est Chouette, 6 juin 2017 239

Rédiger la plaquette publicitaire des super héros, 20 juin 2017 241

Les salariés de l’excellence, 1er juillet 2017 243

Les rites d’intégration, 3 septembre 2017 246

Thomas P, l’excellence faite homme après sa mission, épisode 2, 14 octobre 2017 248

Un exercice d’aérodynamique et son corrigé, 30 octobre 2017 249

Qui sont les brillants élèves qui ont réussi à intégrer Supaéro, 16 décembre 2017 ? 251

Compter les tâches des professeurs, 12 mars 2018 258

Rendre des comptes aux diplômés, 15 mars 2018 261

Cadrer le bénévolat des élèves, 3 avril 2018 263

Les frais de scolarité augmentent chaque année, 11 mai 2018 266

Ne pas enseigner l’éthique, épisode 2, 25 mai 2018 267

Faire son deuil en silence, 15 juin 2018 280

La charte graphique : l’habit de la marque, 30 juin 2018 286

Un Directeur soumet un sujet d’étude sociologique aux élèves, 1er septembre 2018 289

La journée Portes Ouvertes a été réussie, 18 octobre 2018 291

Où en est la sociologie ? 20 octobre 2018 292

Douze ans en contrat avec l’Ensica-Isae, 1er novembre 2018 294

La remise des diplômes aux derniers Ensica, 27 novembre 2018 295

Résumé de la Saison 3 299

Intermède. Les coulisses 303

Femmes en École d’ingénieurs aéronautique 303

Travailler dans une école militaire 309

Conclusion : des lettres en capitale à défaut d’être dans la capitale 319

Générique 337

Liste des personnes (leurs diplômes entre parenthèses) citées 337

Sigles, acronymes et argot 341

Un article d’un directeur de l’Isae sur l’Isae 345

L’autrice, chercheuse en sociologie et spécialiste des réseaux de diplômés fut également enseignante à l’Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (Isae) pendant 17 ans, entre 2003 et 2020. Dans cet ouvrage, elle raconte, à partir de son journal de terrain comment s’est mise en place la fusion entre les deux écoles d’ingénieurs d’aéronautique Ensica et Supaéro, sous tutelle de la Délégation Générale de l’Armement. Prenant appui sur différentes échelles de décision dans l’Isae (des directeurs aux conseils de formation en passant par les professeurs et les étudiants), elle illustre la force des hiérarchies sociales qui s’impose dans ce monde des Grandes Écoles. Ce faisant, ce livre comporte également une leçon méthodologique sur la portée de l’observation participante et la place de la réflexivité vers l’intelligibilité du social dans lequel chacun, chacune est trempé. Mais on peut aussi aisément comprendre, sous sa plume, comment se sont appliqués au quotidien les préceptes du Nouveau management public, lesquels font tant de dégâts sociaux et humains. Progressivement, le lecteur devine que la principale victime sera justement la « sociologue de service ».

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Avant même d’être condamné pour « contestation de crime contre l’humanité » au tournant du siècle, Roger GARAUDY était déjà marginalisé dans les champs intellectuel et politique français. Après avoir incarné la résistance au néostalinisme dans le Parti communiste, le philosophe qui fut longtemps l’interlocuteur privilégié de Jean-Paul Sartre au sein du PCF en fut spectaculairement exclu en 1970 pour s’être opposé aux Soviétiques qui venaient d’écraser le Printemps de Prague.

Son combat pour rénover le communisme français et son goût précoce pour l’écologie et le dialogue des civilisations en firent quelque temps une figure respectée du progressisme français, mais celui qui répétait que le Socialisme était condamné s’il refusait de s’ouvrir à la « transcendance » vit son étoile pâlir après 1970 au point qu’il devint un intellectuel illégitime, celui que l’on condamne sans l’avoir lu. 

Ce livre explique ce parcours singulier et les raisons de cette « descente aux enfers » de l’ancien philosophe du Bureau politique, avant sa condamnation ultime.

Table des matières

Préface 7

AVANT-PROPOS. UNE DISQUALIFICATION SYMBOLIQUE 13

Le cas Garaudy 15

Une mort symbolique 19

Une délégitimation inexorable 21

INTRODUCTION  25

Un singulier philosophe de parti 25

Une autonomisation qui s’inscrit dans une crise globale de la foi communiste 28

Le PCF dans les années 1960 : un aggiornamento raté ? 29

Roger Garaudy, philosophe communiste illégitime 30

Une trajectoire à expliquer 34

La dégradation de l’image de Roger Garaudy à travers la presse 38

Roger Garaudy dans la presse avant son exclusion 39

L’exclusion 42

L’après PCF : une dérive progressive et inexorable 45

L’Islam : la rupture 46

Questions de méthode 48

Les textes 49

Les entretiens 55

Problématique et plan 56

CHAPITRE I. LA MÉCONNAISSANCE SAVANTE DE L’APPORT DE ROGER GARAUDY, MILITANT DU PCF 61

Roger Garaudy selon David CAUTE : un clerc de parti classique, pas un « hyper-stalinien » 63

Le polémiste de guerre froide 64

Le PCF des années 1960 : un « aggiornamento » impersonnel 65

Annie Kriegel : un regard critique mais sérieux 70

Annie Kriegel solidaire du Parti communiste contre Garaudy 71

Un réformé réformateur 72

Roger Garaudy pour Philippe Robrieux : un thorézien assez naïf 74

Un thorézien en rupture de ban 75

Un intellectuel affable utile au Parti 75

Jeannine Verdès-Leroux : un portrait à charge décisif 78

Le « problème Garaudy » selon J. Verdès-Leroux 79

Un contre-exemple à la thèse de Jeannine Verdès-Leroux 85

L’année 1968 de Garaudy selon J. Verdès-Leroux 87

Bilan sur Roger Garaudy par Jeannine Verdès-Leroux 91

Michel Dreyfus : une certaine reconnaissance du rôle d’innovateur théorique de Roger Garaudy 94

Roger Garaudy selon Bernard Pudal : un « prophète au petit pied » 98

Le CERM : un orphelin de père 100

La « première critique » de Staline au PCF 101

Roger GARAUDY selon Frédérique MATONTI : l’intellectuel illégitime par excellence 103

La vision de Roger Garaudy dans Intellectuels communistes 104

Garaudy, homme de pouvoir 104

Le débat sur l’humanisme marxiste 107

Une référence négative : un faire-valoir d’Althusser. 108

Un intellectuel « prolétaroïde »  110

Bilan sur la perception académique de Roger Garaudy : un travail d’invisibilisation progressif 113

CHAPITRE II LES CLÉS D’UN PARCOURS : LA SOCIALISATION INITIALE 115

L’habitus intellectuel : chrétien et philosophe 115

La construction du besoin de Dieu  116

La vocation philosophique 119

La « Reine des matières » 122

Un miraculé de la sursélection 123

Un prophète exemplaire : Maurice Blondel 124

Un fils du peuple au service de sa classe 127

L’engagement communiste 127

La construction d’une éthique militante ouvrière exacerbée (1933-1945) 132

Les exigences de l’institution : anticléricalisme et ouvriérisme 133

Les effets du statut de chrétien et d’intellectuel dans le PCF 136

Originalité et exemplarité d’un militant peu commun 137

Une conciliation impossible 138

Une rencontre providentielle 140

Un anticarriérisme militant 142

Une pierre de touche de l’éthique ouvriériste 142

Vers la reconnaissance : un dévouement oblatif sans faille 143

CHAPITRE III. LA VOCATION DE L’INTELLECTUEL DE PARTI 147

Le secteur intellectuel dans le PCF : une hétéronomie de principe 148

Les effets de l’ouvriérisme : la subordination du secteur intellectuel 148

La complexité de « l’effet-titre » dans le PCF 152

Un stalinien sincère 155

Le contexte : de la libération à la guerre froide 156

Roger Garaudy devant Staline 159

« Stalinien de la tête aux pieds » 161

Le travail d’un intellectuel stalinien 166

Un travail de mobilisation 167

Un travail de dénonciation : « Le néo-blanquisme de contrebande et les positions antiléninistes d’André Marty » 170

Un théologien de parti 173

Un travail polémique 174

Une leçon d’orthodoxie militante : « une littérature de fossoyeurs » (1947) 175

Une parole de prophète 179

Un travail théorique 180

 Théorie matérialiste de la connaissance : une victoire politique… 181

…Et un coup de semonce 183

CHAPITRE IV. VOCATION DE L’INTELLECTUEL DE PARTI 189

La place de Roger Garaudy dans la cour de la société communiste 190

La cour de la société communiste autour de Maurice Thorez 191

La Direction 191

«L'étiquette» 193

Le «roi» Thorez 197

La place de Roger Garaudy dans la cour du roi Thorez en 1956 201

La fracture de 1956 et le recours à Roger Garaudy 203

Le choc du XXe Congrès 203

a) Le déni de Thorez et la crise du parti 206

Roger Garaudy et le rapport secret : le traumatisme du croyant 209

Le recours de Maurice Thorez à Roger Garaudy 211

La formule de l’intellectuel thorézien 214

Roger Garaudy et Maurice Thorez : un couple singulier 214

La gestion thorézienne d’un intellectuel original 214

Une liberté sous contrôle et protégée 217

Roger Garaudy pour Maurice Thorez : un intellectuel idéal 220

La redéfinition de l’excellence cléricale  222

La réorientation de l’éthique militante 222

L’intellectuel thorézien : du suivisme à l’initiative 224

L’homme du dialogue 225

« Déghettoïser » le parti communiste 226

Une stratégie d’ouverture 228

CHAPITRE V. NAISSANCE D’UN INTELLECTUEL 233

Un aggiornamento nécessaire et impossible 233

Crise de croyance et besoin de philosophie : l’aggiornamento théorique nécessaire 234

Quel « aggiornamento » ? une déstalinisation inaboutie 236

La critique des « erreurs » de Staline : les limites de la déstalinisation 237

Une autonomisation théorique plus ou moins tolérée : du lector à l’auctor 243

La « déjdanovisation » : une déstalinisation du pauvre 244

Une lueur venue de l’Est 244

L’alliance Aragon/Garaudy : un rapprochement stratégique 246

Un instrument stratégique : le Centre d'Études et de Recherche Marxiste 249

La création du CERM, indice d’une configuration nouvelle 249

Le dialogue au service du Parti : les Semaines de la pensée marxiste 251

Un succès indéniable 252

Le déclin des années 1970 254

Roger Garaudy fondateur du CERM - une paternité occultée  255

Le « garaudysme » : un néo-marxisme controversé 261

Un idéalisme rémanent 263

Le retour au fondamental 264

Subjectivité, transcendance et création 265

Une hérésie théorique : De l’anathème au dialogue (1965) 268

Conception du monde et attitude dans le monde : la question philosophique 268

Un problème historique et politique 270

Permanences et résurgences 271

La réaction des jeunes philosophes : contre le « révisionnisme » garaudyen  272

Le champ intellectuel communiste en 1960 273

La contestation de Roger Garaudy par les jeunes philosophes  277

CHAPITRE VI. DE L’AUTONOMIE À L'HÉRÉSIE 285

Garaudy conseiller du prince : apogée et déclin 286

Une autocritique risquée : la note à Waldeck Rochet  286

Pour une autocritique collective 287

La réaction de Thorez 293

La réaction du parti : la délégitimation secrète de Garaudy par l’appareil  296

Un contrôleur occulte des productions théoriques : Georges Cogniot 296

La note de Georges Cogniot à Waldeck Rochet 299

Un serviteur efficace de la bureaucratie sacerdotale 302

La tangente hérétique : du débat sur l’humanisme au Comité central d’Argenteuil 304

Le débat sur l’humanisme : le conflit Althusser/Garaudy 304

La querelle de l’humanisme  305

Une controverse philosophique et politique 308

Un débat théorique  310

« L’humanisme marxiste » selon Garaudy 312

Un débat théoriquement indécidable 315

Une victoire en trompe-l’œil : Argenteuil 316

Le « compromis d’Argenteuil » 316

Une mise à l’écart discrète 318

De l’autonomisation intellectuelle à l’intervention politique assumée 321

Vers l’ hérésie assumée : de Marxisme du XXe siècle au Problème chinois 322

Une tentative de reconquête du leadership intellectuel : Marxisme du XX° siècle 322

Un appel public à la critique du stalinisme 324

Le problème chinois  327

1968 : émancipation intellectuelle assumée et dissidence ouverte 330

La rupture : 1968 331

Une stratégie d’auteur contestataire 333

Contestation assumée et rupture 336

Le livre de trop : Le Grand tournant du socialisme (1969) 336

Une ligne rouge : la critique du centralisme démocratique 340

CHAPITRE VII. LE PROPHÈTE DÉCALÉ 345

Le retour du refoulé religieux 345

Un facteur déterminant : l’exclusion de la communauté 346

L’exclusion du PCF  346

Prophétisme politique et exclusion 347

L’habitus militant, composant de la posture prophétique 350

De la perte de la communauté au retour à Dieu 353

Le prophétisme garaudyen 356

Un « prophète exemplaire » 356

Le prophétisme : une tentation philosophique 357

À l’avant-garde d’un nouveau projet révolutionnaire  359

De la prophétie politique au « retour au fondamental »  362

L’héraldique des temps nouveaux 363

L’apogée de la vocation prophétique : l’Appel aux vivants 365

Un problème « religieux » ?  368

Le défi prophétique global : vers la radicalisation 371

La transcendance comme condition de la « mutation » du monde 371

Aux sources de l’aliénation contemporaine : le « positivisme scientiste » 375

Les apories d’une posture : le prophète décalé 378

Posture prophétique et critique de la science : un anachronisme au XX° siècle 378

Effet de champ et radicalisation  382

Le champ intellectuel français des années 1970-80 : Garaudy au prisme d’Althusser 384

Une logique de réseaux : l’isolement de l’intelligentsia légitime 388

L’ultime rupture : la conversion à l’Islam 392

Une conversion disqualifiante 393

De la critique de l’islamisme à la fatwa saoudienne  395

CONCLUSION 399

La stratégie de production de la cohérence 402

Une « arrogance » proverbiale 404

Roger Garaudy était-il un provocateur ? 405

Un mystique décalé 406

Lettres 409

Avant même d’être condamné pour « contestation de crime contre l’humanité » au tournant du siècle, Roger GARAUDY était déjà marginalisé dans les champs intellectuel et politique français. Après avoir incarné la résistance au néostalinisme dans le Parti communiste, le philosophe qui fut longtemps l’interlocuteur privilégié de Jean-Paul Sartre au sein du PCF en fut spectaculairement exclu en 1970 pour s’être opposé aux Soviétiques qui venaient d’écraser le Printemps de Prague.

Celui que l’historiographie du communisme retient plus volontiers comme le « stalinien modèle », qu’il fut en effet dans l’après-guerre, était pourtant devenu, malgré sa proximité avec Thorez, un critique de plus en plus affirmé du stalinisme après les révélations du XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) en 1956 et un acteur majeur de l’aggiornamento du PCF. 

Son combat pour rénover le communisme français et son goût précoce pour l’écologie et le dialogue des civilisations en firent quelque temps une figure respectée du progressisme français, mais celui qui répétait que le Socialisme était condamné s’il refusait de s’ouvrir à la « transcendance » vit son étoile pâlir après 1970 au point qu’il devint un intellectuel illégitime, celui que l’on condamne sans l’avoir lu. 

Ce livre explique ce parcours singulier et les raisons de cette « descente aux enfers » de l’ancien philosophe du Bureau politique, avant sa condamnation ultime.

Didier Jean-Félix GAUVIN est professeur agrégé de sciences sociales et docteur en sciences politiques. Politiste de formation, il partage sa vie entre La Réunion, Paris et New York. 

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Le « syndrome de la vie de merde » est mortel. Autrement dit, les inégalités tuent. Issues de nos modes d’organisation éducative, sociale et politique, elles ont en effet des conséquences multiples, notamment sur la santé. Au milieu du 19e siècle, un médecin français, Louis René Villermé, fit une découverte qui allait révolutionner les représentations : la durée de vie, ce que l’on nomme aujourd’hui l’espérance de vie à la naissance, est bien moins déterminée par des forces occultes ou la volonté divine que par l’« aisance », le niveau des revenus et d’éducation, la profession et l’habitat. Les plus pauvres meurent plus jeunes ! La différence d’espérance de vie à la naissance en France est aujourd’hui de treize ans entre les plus pauvres et les plus fortunés. C’est la vocation de cet ouvrage d’expliquer ce que sont les inégalités sociales de santé et de montrer ce qui les détermine afin de tracer quelques perspectives pour y remédier. 

Alfred Spira est médecin et professeur d’épidémiologie.

Nicolas Leblanc est médecin de santé publique et élu local en charge du projet de territoire de santé de Fontenay-sous-Bois.

Introduction 7

Comprendre les inégalités  sociales de santé 11

Nature et impact des inégalités sociales de santé 14

État des connaissances sur les inégalités sociales de santé 22

Les causes et les facteurs de confusion des inégalités sociales de santé 29

La santé selon les catégories sociales 35

Les inégalités sociales de santé : quelle réalité en France ? 47

Les inégalités socio-économiques 49

Les comportements à risque 85

Les autres éléments des inégalités sociales de santé 107

Quelques perspectives pour traiter les inégalités sociales de santé 117

L’ épidémie de Covid-19 et les inégalités sociales de santé 118

Des principes pour l’ action 124

Bref survol de la lutte contre les inégalités sociales de santé en Europe et dans le monde 127

Perspectives et solutions 137

Conclusion 155

Agir pour faire société 155

Le « syndrome de la vie de merde » est mortel. Autrement dit, les inégalités tuent. Issues de nos modes d’organisation éducative, sociale et politique, elles ont en effet des conséquences multiples, notamment sur la santé. Au milieu du 19e siècle, un médecin français, Louis René Villermé, fit une découverte qui allait révolutionner les représentations : la durée de vie, ce que l’on nomme aujourd’hui l’espérance de vie à la naissance, est bien moins déterminée par des forces occultes (les vents, les humeurs, les astres…) ou la volonté divine que par l’« aisance », le niveau des revenus et d’éducation, la profession et l’habitat. Les plus pauvres meurent plus jeunes ! La différence d’espérance de vie à la naissance en France est aujourd’hui de treize ans entre les plus pauvres et les plus fortunés. Derrière ces différences tout au long de l’échelle des revenus se cache une réalité sociale qui doit être comprise pour être corrigée. C’est la vocation de cet ouvrage d’expliquer ce que sont les inégalités sociales de santé et de montrer ce qui les détermine afin de tracer quelques perspectives pour y remédier. 

Alfred Spira, médecin professeur d’épidémiologie, contribue à la prise en considération de la santé dans la dynamique sociale, face aux grands enjeux contemporains tels que les modifications de l’environnement, les migrations, l’accès aux droits humains.

Nicolas Leblanc, médecin de santé publique au sein du premier groupe mutualiste de protection sociale en France, est élu local en charge du projet de territoire de santé de Fontenay-sous-Bois et intervient en tant qu’expert dans de nombreux cercles de réflexion.

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Nous vivons une période assez curieuse qui annonce la fin du néolibéralisme. Le néolibéralisme a été beaucoup plus qu’une période de l’épanouissement du capitalisme, de l’individualisation, de la marchandisation, de la globalisation et de la mise en concurrence forcées. La victoire du néolibéralisme dans les années 1980-1990 a été aussi annoncée comme la victoire définitive de la liberté et de la démocratie. Cependant, la liberté gagnée s’est orientée bien souvent plus vers la liberté de consommer que vers l’engagement politique. La vie politique se dessèche et les instances qui ont porté la démocratie représentative, surtout les parlements et les partis politiques, déclinent au profit de la gouvernance. En revanche, cette période a également connu de grandes mobilisations dans l’espace public, des « mouvements », qui réclament et pratiquent en leur sein une autre, une nouvelle démocratie qu’ils considèrent comme la « vraie démocratie ». Néanmoins, les individus savent qu’ils sont impuissants et les objets de forces hétéronomes qui les font agir.

Table des matières

Préface 5

Question de démocratie 9

… encore la démocratie ? 11

Le crépuscule ou l’aube de la démocratie ? 14

Crise de la démocratie ? 19

Pourquoi la démocratie ? 23

De la constitution de la démos-cratie 24

Contre l’utopie : l’imagination 31

Démocratie comme forme de vie et organisation de la liberté 33

Espace public, critique publique et démos 39

La démocratie possible 41

Subjectivités démocratiques ? 43

Subjectivité et démocratie 47

La démos-cratie : un drame public 51

Démos 55

La démocratie : l’organisation de la liberté ? 58

Opinions sur la démocratie  61

L’image de la France : entre déclin, résignation et révolte 62

L’image de la démocratie en France : mépris et méfiance 70

Quand le démos s’en mêle 75

Le crépuscule de la démocratie ? 79

Les acteurs institutionnels 85

Ouvertures ? 89

Quel avenir ? 90

La démocratie sous tension 93

Quelle crise ? 94

Mouvement dans la démocratie 99

Le débat académique 102

Les mots et leurs sens 107

Critique et agir politique 111

Malaise dans la démocratie 119

Malaise 120

Le temps des grenouilles et de leur roi 126

L’impuissance, l’avenir et le malaise 129

Le capitalisme populaire et la fin de la démocratie ? 132

Impuissance et malaise dans la démocratie 136

Démocratie participative entre empowerment et institution 141

L’ère de la participation ? 142

La démocratie participative descendante à Lanester 151

Au-delà du communisme municipal  152

De LNC à la mairie 154

La vision de la démocratie participative 156

Émergence de Lanester participative 159

Continuités 161

La ville vue par l’équipe municipale 162

Conception de la démocratie participative : un management public comme « work in progress » 164

Qui participe à la démocratie participative ? 171

Vision du monde et raisons d’agir 173

Démocratie participative comme socialisation 176

2020 : passer le flambeau – les élections municipales ou le début de la fin de la démocratie participative ? 178

La démocratie participative lanestérienne 182

20 ans après 183

Que reste-t-il de la démocratie participative ? 185

Municipalisme : l’alternative à la démocratie parlementaire et participative ? 189

Municipalisme contemporain : une nébuleuse 190

Références et exemples 195

La leçon de Saillans 197

L’expérience municipaliste de Saillans 199

Gouverner la ville 201

Le démos contre le municipalisme ? 205

Saint-Senoux : Saillans breizh ? 207

Une nouvelle donne ? 210

Participer à Saillans, Saint-Senoux et à Lanester 214

Les listes citoyennes en France en 2020 : power to the people ? 216

Listes citoyennes ? 218

La renaissance de la démocratie municipale ? 226

L’ouverture d’une brèche ? 229

Se retirer, s’autonomiser et s’autogérer ? 231

Tous des décrocheurs ? 231

La commune de Bure 236

La mouvance 237

Bure : histoire 244

S’auto-organiser dans la lutte 245

Acceptabilité, débats publics et pas de démocratie 247

Le retrait apolitique ? 251

Une autre démocratie ? 253

Mobilisations démocratiques : réchauffer les eaux glacées 260

Critiquer et pratiquer la démocratie 263

À chacun sa démocratie (locale) ? 266

Vers une démocratie plurielle ou vers une pluralité 

de démocraties ? 268

À quelle fin faire converger ou fédérer les luttes ? 269

Ouvertures 272

Nous vivons une période assez curieuse qui annonce la fin du néolibéralisme. Le néolibéralisme a été beaucoup plus qu’une période de l’épanouissement du capitalisme, de l’individualisation, de la marchandisation, de la globalisation et de la mise en concurrence forcées. La victoire du néolibéralisme dans les années 1980-1990 a été aussi annoncée comme la victoire définitive de la liberté et de la démocratie. Cependant, la liberté gagnée s’est orientée bien souvent plus vers la liberté de consommer que vers l’engagement politique. La vie politique se dessèche et les instances qui ont porté la démocratie représentative, surtout les parlements et les partis politiques, déclinent au profit de la gouvernance. En revanche, cette période a également connu de grandes mobilisations dans l’espace public, des « mouvements », qui réclament et pratiquent en leur sein une autre, une nouvelle démocratie qu’ils considèrent comme la « vraie démocratie ». Néanmoins, les individus savent qu’ils sont impuissants et les objets de forces hétéronomes qui les font agir.

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« Ils ne nous représentent pas », scandaient les Indignés espagnols en 2011. Leur emboîtant  le pas, les mouvements Occupy, Nuit debout ou encore les Gilets jaunes ont revendiqué, à leur tour, une « démocratie réelle » face à la crise des régimes représentatifs. Mais quelle pourrait être cette démocratie nouvelle ? Quels sont exactement les reproches adressés à la démocratie libérale ? Quelles alternatives s’inventent et s’expérimentent à travers ces occupations prolongées de l’espace public ?

Cet ouvrage nous plonge au cœur du laboratoire politique espagnol, grâce à une enquête sociologique inédite menée durant ces dix dernières années à Madrid. En suivant des manifestants qui se sont ensuite investis dans des collectifs citoyens, des partis politiques et des gouvernements locaux, il rend compte de la diversité des voies explorées pour redonner sens à la démocratie. Assemblées autogestionnaires, innovations numériques, tirage au sort : les Indignés nous invitent à élargir le champ des possibles démocratiques. Ce livre révèle comment, au-delà de moments spécifiques de mobilisation, une telle démocratisation peut avoir des effets durables.

« Ils ne nous représentent pas », scandaient les Indignés espagnols en 2011. Leur emboîtant  le pas, les mouvements Occupy, Nuit debout ou encore les Gilets jaunes ont revendiqué, à leur tour, une « démocratie réelle » face à la crise des régimes représentatifs. Mais quelle pourrait être cette démocratie nouvelle ? Quels sont exactement les reproches adressés à la démocratie libérale ? Quelles alternatives s’inventent et s’expérimentent à travers ces occupations prolongées de l’espace public ?

Cet ouvrage nous plonge au cœur du laboratoire politique espagnol, grâce à une enquête sociologique inédite menée durant ces dix dernières années à Madrid. En suivant des manifestants qui se sont ensuite investis dans des collectifs citoyens, des partis politiques et des gouvernements locaux, il rend compte de la diversité des voies explorées pour redonner sens à la démocratie. Assemblées autogestionnaires, innovations numériques, tirage au sort : les Indignés nous invitent à élargir le champ des possibles démocratiques. Cette nouvelle génération d’activistes a contribué à démocratiser, non sans difficultés, les institutions politiques. Ce livre révèle comment, au-delà de moments spécifiques de mobilisation, une telle démocratisation peut avoir des effets durables.

15,17 €
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Ce livre est le volume II de la série d'ouvrages écrits par Abdulah Ôcalan dans la prison où le pouvoir autoritaire turc l'a mis à l'isolement. Voici le début de son texte :

Pour me défendre contre le système capitaliste, il faut que je commence par me libérer de ses formatages mentaux. Si nous voulons nous libérer du capitalisme, nous devons cesser de le vénérer comme le Veau d’Or car, ne vous y trompez pas, tout comme un musulman doit s’exclamer Bismillah! (« Au nom de Dieu ! ») avant d’entreprendre quoi que ce soit, le capitalisme nous impose ses propres règles sacrées.

Table des matières

Préface 9

Introduction 21

Première partie

Les facteurs de la naissance du capitalisme 35

I. Rationalisme 39

II. Économisme  64

III. Relation du capitalisme avec le pouvoir politique et le droit 84

IV. L’espace du capitalisme 98

V. Civilisations socio-historiques et capitalisme 111

Deuxième partie

Le capitalisme, ennemi de l’économie 131

I. Le capitalisme n’est pas économie mais pouvoir 139

II. Pourquoi le capitalisme est anti-économie 145

III. Le capitalisme dans son rapport avec la société, la civilisation et l’histoire 151

IV. La situation en Europe à la naissance du capitalisme 190

Troisième partie

Le Léviathan moderne : l’État-nation. La descente de Dieu sur terre 195

I. Le phénomène de la nation et son développement 201

II. Définir l’État 205

III. L’idéologie de la civilisation capitaliste et sa transformation en religion 216

IV. À la mémoire des victimes du génocide juif 226

V. Le pouvoir dans la modernité capitaliste 240

VI. Modernité capitaliste et État-nation 249

Quatrième partie

Le temps de la modernité capitaliste 275

I. Le capitalisme marchand monopoliste 279

II. Révolution industrielle et ère de l’industrialisme 287

III. L’ère de la finance – L’empire de l’ argent 304

Conclusion 325

Ce livre est le volume II de la série d'ouvrages écrits par Abdulah Ôcalan dans la prison où le pouvoir autoritaire turc l'a mis à l'isolement. Voici le début de son texte :

Pour me défendre contre le système capitaliste, il faut que je commence par me libérer de ses formatages mentaux. Si nous voulons nous libérer du capitalisme, nous devons cesser de le vénérer comme le Veau d’Or car, ne vous y trompez pas, tout comme un musulman doit s’exclamer Bismillah! (« Au nom de Dieu ! ») avant d’entreprendre quoi que ce soit, le capitalisme nous impose ses propres règles sacrées.

La première règle sacrée imposée par le capitalisme est la « méthode scientifique ». Cette méthode n’est pas la « morale de liberté » - indispensable à l’existence de la société humaine - passée au filtre de la vie sociale. Au contraire, il s’agit d’une culture matérielle et mentale qui produit la servitude la plus avancée ; qui, précisément parce qu’elle nie la vie sociale, mène la société vers la dégénérescence et la décomposition. 

Mon argument fondamental pour tenter de me libérer de cette culture et de cette mentalité ne peut être rien d’autre que moi-même. Descartes - dont la philosophie a, peut-être sans qu’il le veuille, fourni la base du capitalisme - doutait de tout, sauf de lui-même. Aurait-il dû douter de lui-même aussi ? Et, plus important, comment s’était-il retrouvé dans cette situation ? Il y a dans l’histoire des états de doute similaires à la situation qu’il a vécue, tels que la construction de Dieu par les prêtres sumériens, les doutes théistiques profonds du prophète Abraham, l’entreprise du prophète Mahomet, le scepticisme ionien. Lors de ces étapes historiques, tant la nouvelle mentalité dans laquelle on entre, que les mentalités précédentes qui doivent être rejetées, ont la particularité de façonner radicalement la société. Tout au moins, elles fournissent le paradigme nécessaire à ce refaçonnement.

La raison essentielle de ce doute est l’échec de l’ancien état d'esprit profondément enraciné (ou « structuralité idéologique ») à répondre à l’émergence du nouveau style de vie. Les matrices mentales requises pour la nouvelle vie sont difficiles à créer, elles exigent un profond progrès de la personnalité. Quel que soit le phénomène de doute - entreprise prophétique, phase philosophique ou découverte scientifique - au fond, il cherche toujours à répondre au même besoin : comment mettre en place les matrices mentales indispensables à la nouvelle vie sociale ? Ce terrible scepticisme est caractéristique de cette étape intermédiaire. Les vies splendides de Descartes, de Spinoza et d’Érasme portent les traces de cette phase historique, en un lieu devenu le berceau de l’ascension durable du capitalisme au 16e siècle, c’est-à-dire ce que l’on appelle de nos jours les Pays-Bas. 

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