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« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale et constituer une fatalité. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, des années à réfléchir et échanger avec d’autres chefs de cantine sur les pratiques professionnelles dans la restauration collective, les auteurs de ce livre ont voulu qu’une autre cantine est possible.

Cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue.

Ce petit livre montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas.

Sommaire

Prologue - Des cuisiniers nostalgiques ?

Idée reçue n° 1 : « La cantine, c’est jamais bon ! »

Idée reçue n° 2 : « Être client d’un restaurant,
c’est forcément mieux »

Idée reçue n° 3 : « À la cantine il n’y a pas de vrais cuisiniers »

Idée reçue n° 4 : « Les contraintes sont trop
importantes pour cuisiner »

Idée reçue n° 5 : « Les enfants, n’aiment que
ce qu’ils connaissent »

Idée reçue n° 6 : « Les enfants ont besoin de manger de la viande tous les jours »

Idée reçue n° 7 : « Un peu de bio au menu, c’est déjà bien ! »        

Idée reçue n° 8 : « La qualité et le bio local à la cantine,
c’est trop cher »

Idée reçue n° 9 : « En collectivité le gaspillage est inévitable »

Idée reçue n° 10 : « Les grandes cuisines centrales
sont indispensables »

Épilogue - La cuisine de collectivité est une cuisine sociale

« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale et constituer une fatalité. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, des années à réfléchir et échanger avec d’autres chefs de cantine sur les pratiques professionnelles dans la restauration collective, les auteurs de ce livre ont voulu montrer qu’il peut en être autrement : une autre cantine est possible.

Appuyé sur les témoignages d’une dizaine de cuisinier·e·s de collectivité, cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires ou de la prestation de service aux collectivités, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales à 50 000 « repas » par jour n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue.

Ce petit livre, clair et percutant, montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas. Il permet en outre de comprendre à quel point la cuisine de collectivité constitue un « fait social total », un enjeu majeur à la fois environnemental, sanitaire, économique et culturel.

 

Marc Perrenoud est sociologue et anthropologue à l’Université de Lausanne. Depuis vingt ans il étudie le travail et la culture dans les sociétés contemporaines. Il a publié de nombreux ouvrages et articles scientifiques sur le travail artistique, le métier de musicien, mais aussi l’artisanat ou encore la mise en spectacle du travail par la télé-réalité.

Pierre-Yves Rommelaere est cuisinier au collège de Lézignan-Corbières. Il a commencé à travailler à 16 ans dans la restauration commerciale et a été chef pendant des années dans différents établissements du Sud de la France. Il a opté pour la restauration collective en 2007 et depuis, il fait partie des cuisiniers militants qui tentent de faire bouger les lignes en France.

 

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Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (opération Torch), qui réussit grâce à la neutralisation des forces de Vichy par l’action de la Résistance française en Afrique du Nord, représente un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, avec la bataille de ­Guadalcanal dans le Pacifique et celle de Stalingrad. Près de quatre-vingts ans après, il paraît important de revenir sur cet événement qui reste peu étudié en France. Comme la France métropolitaine, l’Afrique du Nord est prise en tenaille entre collaboration et vichysme d’un côté, et Résistance de l’autre. Le contexte est essentiel pour les orientations que prendra plus tard le mouvement national algérien.

Le but de cet ouvrage est d’éclairer le déroulement du 8 novembre 1942, afin de mieux en comprendre les développements historiques et politiques ainsi que les représentations socio-culturelles et artistiques du moment.

Sous la direction de Nicole Cohen-Addad, Aïssa Kadri et Tramor Quemeneur

Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (­opération Torch), qui réussit grâce à la neutralisation des forces de Vichy par l’action de la Résistance française en Afrique du Nord, représente un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, avec la bataille de ­Guadalcanal dans le Pacifique et celle de Stalingrad. Près de quatre-vingts ans après, il paraît important de revenir sur cet événement qui reste peu étudié en France. Le débarquement se déroule sur un territoire qui est alors français : l’Algérie est constituée de départements, le Maroc et la Tunisie sont des protectorats. Comme la France métropolitaine, l’Afrique du Nord est prise en tenaille entre collaboration et vichysme d’un côté, et Résistance de l’autre. Des singularités marquent les modes et les formes de résistance en Afrique du Nord, entre autres la diversité politique des acteurs du débarquement du 8 novembre 1942. Si la Résistance et la collaboration ont leurs formes propres sous les colonies, les mémoires sont aussi différentes. Le contexte est essentiel pour les orientations que prendra plus tard le mouvement national algérien.

Le but de ces contributions est d’éclairer le déroulement des événe- ments autour du débarquement allié du 8 novembre 1942, afin de mieux en comprendre les développements historiques et politiques ainsi que les représentations socio-culturelles et artistiques du moment.

C’est ainsi que des chercheurs français, anglais, américains et algériens se sont retrouvés aux Invalides à Paris autour de cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale.

Sous la direction de :

Nicole Cohen-Addad : réalisatrice d’archives orales, présidente de l’association Les Compagnons du 8 Novembre 1942 - Actes de Résistance - Mémoire et Recherche

Aïssa Kadri : professeur émérite des universités à l’université Paris 8, associé au CNAM - Centre National des Arts et Métiers

Tramor Quemeneur : docteur en histoire. Enseignant à l’université Paris 8 et à CY Cergy Paris Université, membre du Musée national de l’histoire de l’immigration.

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Un beau dimanche de l’été algérois...

Ce matin-là, quelque quinze mille participants se rassemblent au Stade municipal, à Belcourt, où le Congrès musulman algérien, formé deux mois plus tôt, rend compte de ses entretiens avec le gouvernement de Front populaire.

Messali Hadj, venu par surprise de Paris où il dirige  l’Étoile nord-africaine, dénonce la perspective de « rattachement à la France » prônée par le Congrès et reçoit un triomphe lorsqu’il proclame : « Cette terre n’est pas à vendre ! ».

Au même moment, dans la Basse Casbah, le muphti d’Alger est poignardé en pleine rue, crime dont l’administration s’empresse d’imputer l’initiative au cheikh El-Okbi, figure algéroise du réformisme musulman

Le meeting. Le discours. Le meurtre. Nourrie de nombre d’archives et témoignages inédits, cette enquête restitue au plus près le déroulement, d’un bout à l’autre de la ville, de cette matinée décisive.

Un beau dimanche de l’été algérois...

Ce matin-là, quelque quinze mille participants se rassemblent au Stade municipal, à Belcourt, où le Congrès musulman algérien, formé deux mois plus tôt, rend compte de ses entretiens avec le gouvernement de Front populaire.

Messali Hadj, venu par surprise de Paris où il dirige  l’Étoile nord-africaine, dénonce la perspective de « rattachement à la France » prônée par le Congrès et reçoit un triomphe lorsqu’il proclame : « Cette terre n’est pas à vendre ! ».

Au même moment, dans la Basse Casbah, le muphti d’Alger est poignardé en pleine rue, crime dont l’administration s’empresse d’imputer l’initiative au cheikh El-Okbi, figure algéroise du réformisme musulman

Le meeting. Le discours. Le meurtre. Nourrie de nombre d’archives et témoignages inédits, cette enquête restitue au plus près le déroulement, d’un bout à l’autre de la ville, de cette matinée décisive. A l’encontre de bien des relectures biaisées, elle en étudie les suites pour les diverses forces politiques algériennes et l’essor ultérieur du combat indépendantiste. 

Reprenant les pièces du procès El-Okbi et le compte-rendu quotidien qu’en fit le jeune Albert Camus dans Alger républicain, elle remet au jour ce qu’étaient déjà les pratiques coloniales de la provocation et de la torture, et réunit des éléments neufs qui pourraient lever le mystère du dossier criminel.    

Dès ce 2 août 1936, l’appel à une « Constituante élue au suffrage universel sans distinction de race et de religion ! » liait dans une même exigence de souveraineté, l’affirmation d’une nation et l’exigence de la démocratie. Mais n’est-ce pas à cette « seconde indépendance » d’où, après plus d’un demi-siècle d’autoritarisme, naîtrait une société fraternelle, pluraliste, unie dans sa diversité, qu’aspire le peuple algérien depuis que, fort de toute sa jeunesse, il tente de se ressaisir de son destin ?

 

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Sommaire

 

 

Nuit du réveillon 2012, quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. Sur un parking de son quartier, Wissam El Yamni fête le nouvel an avec des amis d’enfance. Aux alentours de trois heures du matin, il est arrêté par la police au motif qu’il aurait lancé une pierre sur une de leurs voitures. Quelques dizaines de minutes plus tard, il gît inconscient dans un couloir. Après neuf jours de coma, Wissam décède à l’hôpital. Il a 30 ans.

C’est armé d’un infatigable souffle d’espoir que le frère de Wissam, Farid El Yamni, nous raconte le combat judiciaire inégal engagé depuis près d’une décennie pour faire éclater la vérité. Farid mène une lutte d’intérêt général. Un système incapable de reconnaître ses errements est voué à la haine : c’est précisément ce que cherche à éviter l’auteur dans ce texte.

Farid El Yamni est né à Clermont-Ferrand. Il obtient un diplôme d’ingénieur puis un Master en Management. Il travaille actuellement en région parisienne.

Sommaire

 

 

Préface.......................................................................................... 9

 

Introduction............................................................................... 25

 

1. Henné, décembre 2011........................................................... 26

2. Wissam El Yamni, janvier 2012.............................................. 28

3. Appel à une journée de mobilisation et d’échanges, février 2012

................................................................................................... 29

4. Main tendue, novembre 2013................................................. 31

5. Décès de mon frère Wissam : pour que l’enquête avance (tribune), février 2014      33

6. Lettre ouverte à la mère de Remi Fraisse, novembre 2014....... 39

7. Petites pensées sur l’ouverture à d’autres, février 2015............ 42

8. La Jeunesse, mars 2015........................................................... 45

9. Réponse à ceux qui nous accusent de prêcher la haine, avril 2015    46

10. Appel au rassemblement pour Clément, juin 2015............... 48

11. Mon Ami, juillet 2015.......................................................... 51

12. Pourquoi les réformistes doivent soutenir les révolutionnaires et vice versa ? Septembre 2015        53

13. L’intersectionnalité, octobre 2015 ........................................ 56

14. Théories, novembre 2015..................................................... 58

15. Vendetta, décembre 2015..................................................... 59

16. La Dualité, décembre 2015................................................... 62

17. L’huile et l’eau, janvier 2016................................................. 64

18. Le Matérialisme, décembre 2016.......................................... 65

19. De retour d’Allemagne, octobre 2017................................... 69

20. Traitements judiciaires des violences policières, mars 2018... 72

21. Ripostons à l’autoritarisme, mai 2019................................... 83

22. Suite à la mort de Cédric Chouviat, janvier 2020................. 94

23. Le Paria, octobre 2020.......................................................... 97

24. Loi de sécurité globale, novembre 2020.............................. 111

25. Ouvrages et bouteilles à la mer, novembre 2020    113

 

Nuit du réveillon 2012, quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. Sur un parking de son quartier, Wissam El Yamni fête le nouvel an avec des amis d’enfance. Aux alentours de trois heures du matin, il est arrêté par la police au motif qu’il aurait lancé une pierre sur une de leurs voitures. Menotté, il est conduit au commissariat. Quelques dizaines de minutes plus tard, il gît inconscient dans un couloir, face contre terre, le pantalon baissé, avec de nombreuses fractures. Après neuf jours de coma, Wissam décède à l’hôpital. Il a 30 ans.

À ce jour, les policiers concernés ne sont pas mis en examen, des témoins présents au commissariat au moment des faits n’ont pas été entendus malgré les demandes de la famille et plusieurs éléments médicaux ont pointé les insuffisances de l’enquête de l’IGPN.

C’est armé d’un infatigable souffle d’espoir que le frère de Wissam, Farid El Yamni, nous raconte le combat judiciaire inégal engagé depuis près d’une décennie pour faire éclater la vérité. Aux antipodes de la vendetta familiale, de la haine de la police ou du repli communautaire, Farid mène une lutte d’intérêt général. Un système incapable de reconnaître ses errements est voué à la haine: c’est précisément ce que cherche à éviter l’auteur dans ce texte qui constitue autant un témoignage qu’un appel à la convergence des luttes pour une société plus digne, plus égalitaire et plus juste.

Farid El Yamni est né à Clermont-Ferrand dans le quartier de la Gauthière où il passera son enfance. Il est le troisième d’une fratrie de quatre enfants. Son père est ouvrier chez
Michelin, sa mère femme de ménage puis gouvernante. Il a grandi dans cette ville jusqu’à la fin de ses études avec son frère Wissam dont il partagera la chambre pendant 20 ans. Il obtiendra un diplôme d’ingénieur qu’il complétera au moment des faits par un Master en Management. Il travaille actuellement en région parisienne.

Mathieu Rigouste est sociologue et chercheur indépendant. Auteur de plusieurs ouvrages sur la violence de l’institution policière, il s’intéresse notamment à sa généalogie coloniale ainsi qu’aux relations existant entre le capitalisme et les questions militaro-sécuritaires.

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Au vu de la crise du système néolibéral, il importe de réformer certaines règles de la vie internationale. Concernant l’Afrique, continent particulièrement impacté,  l’annulation des dettes illégitimes fait partie de ce programme, de même que l’abolition du franc CFA, l’arrêt des opérations militaires extérieures et des Accords de partenariat économique (APE), la relocalisation des économies, la restitution des biens culturels spoliés...C’est sur ces bases que s’organisent les sociétés civiles, dont les femmes sont souvent les protagonistes, les diasporas  installées en Europe, ainsi que les mouvements sociaux.Cet ouvrage est à l’actif d’une équipe de spécialistes et de responsables associatifs de différents pays: Mali, Sénégal, Togo, France, Belgique... L’actualité est étayée par des panoramas internationaux, qui incluent les accords transatlantiques. Un point est fait sur les programmes élaborés par les collectifs d’intellectuel·les et les réseaux citoyens.

Sommaire

Les auteurs/trices et leur bibliographie (extraits)

PréfacePour davantage de convergence des luttes, par Aminata Traoré

Introduction. L’ Afrique à la croisée des chemins ?, par Martine Boudet

Première partie. L’ actualité africaine en contexte

Chapitre 1. Pillage des ressources et conflits armés en Afrique : quelles réparations ?, par Esmathe Gandi

Chapitre 2. Le contexte écologique du continent africain,
par Marie-Paule Murail

Chapitre 3. La Zone franc et le franc CFA : retour sur un contentieux économique et politique, par Kako Nubukpo 

Deuxième partie. Historique des accords économiques

Chapitre 4. Les accords économiques Afrique-France, une histoire négative, par Saïd Bouamama

Chapitre 5. Du libéralisme forcé, le cas des APE,
par Ndongo Samba Sylla 103

Chapitre 6. La stratégie de l’Union européenne pour perpétuer la néo-colonisation de l’ Afrique, par Jacques Berthelot 

Troisième partie. Panorama des accords internationaux

Chapitre 7. Une vision globale sur le libre échange. Cas des accords transatlantiques : Tafta, CETA, par Claude Layalle 147

Chapitre 8. Les APE s’inscrivent dans une politique ordo-libérale mondiale, par Thierry Brugvin

Quatrième partie. Prospective programmatique et institutionnelle

Chapitre 9. Les dettes illégitimes, leur impact et les alternatives, par CADTM d’ Afrique et Attac Burkina Faso

Chapitre 10. Dettes coloniales et réparations, entretien avec Saïd Bouamama

Chapitre 11. Le devoir de solidarité Nord-Sud, condition de la construction altermondialiste, par Marie-Paule Murail

Conclusion. Les mouvements sociaux africains au cœur de l’ altermondialisme, par Gustave Massiah

Annexes 

Annexe 1 – Éléments de programme en matière d’ alterdéveloppement, déclaration d’intellectuel·les africain·es blog de Fanny Pigeaud

Annexe 2 – Coronavirus : pour en sortir plus forts ensemble,
Tribune de 25 intellectuel·les africain·es, Jeune Afrique, 10 avril 2020

Annexe 3 –Aux dirigeants du continent africain : face au Covid-19, il est temps d’ agir!, Tribune interafricaine, par Les Invités de Mediapart
 

Annexe 4 – Une nouvelle Afrique est possible
Déclaration des groupes africains pour la justice climatique sur Covid-19 (6 mai 2020)

Annexe 5 – Lettre ouverte des économistes africains : la réponse de l’ Afrique à la pandémie appelle la reconquête de sa souveraineté économique et monétaire, Financial Afrik, 5 septembre 2020 

Annexe 6 – Stop aux négociations commerciales, à l’OMC et ailleurs
20 avril 2020, par un collectif international

Liste des acronymes utilisés dans l’ouvrage

Présentation

Au vu de la crise du système néolibéral – géo-politique, socio-économique, écologique, sanitaire –, il importe de réformer certaines règles de la vie internationale. Concernant l’Afrique, continent particulièrement impacté,  l’annulation des dettes illégitimes fait partie de ce programme, de même que l’abolition du franc CFA, l’arrêt des opérations militaires extérieures et des Accords de partenariat économique (APE), la relocalisation des économies, la restitution des biens culturels spoliés...

C’est sur ces bases que s’organisent les sociétés civiles, dont les femmes sont souvent les protagonistes, les diasporas  installées en Europe, ainsi que les mouvements sociaux.

Cet ouvrage est à l’actif d’une équipe de spécialistes et de responsables associatifs de différents pays: Mali, Sénégal, Togo, France, Belgique... L’actualité est étayée par des panoramas internationaux, qui incluent les accords transatlantiques. Un point est fait sur les programmes élaborés par les collectifs d’intellectuel·les et les réseaux citoyens.

Néolibéralisme et néocolonialisme font bon ménage.  En réponse, cette publication se veut un outil altermondialiste, qui contribue à faire des relations Afrique-Europe-France le tremplin d’un sursaut solidaire.

Que le mouvement antiraciste et « des droits civiques » (Black Lives Matter/BLM), qui se développe actuellement, soit une opportunité pour les peuples du Sud de faire valoir les principes d’un alter-développement, à la fois afrocentré et à visée universelle.

Auteur·es : Jacques Berthelot, Saïd Bouamama, Martine Boudet (coordination), Thierry Brugvin, Esmathe Gandi, Claude Layalle, Gus Massiah, Marie-Paule Murail, Kako Nubukpo, Ndongo Samba Sylla, Aminata Traoré.

Avec le soutien des organisations et réseaux suivants : Association pour la défense des droits à l’eau et à l’assainissement/Addea (Sénégal), Attac Burkina, Attac Togo, CADTM Afrique, CEDETIM, Forum pour un autre Mali, FUIQP/Front uni de l’immigration et des quartiers populaires, Plate-Forme panafricaine, réseau SOL.

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L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ?

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété des formes d’expression contemporaines du mépris de classe, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

 Table des matières

 Introduction, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet........................... 5

De la cumulativité des sciences sociales......................................................... 7

Une catégorie heuristique......................................................................... 11

Exercer, ressentir et faire face au mépris de classe.............................. 14

Partie 1. Sociologiser une catégorie morale

Chapitre 1. Le mépris de classe : pratiques et représentations, Claude Grignon                  21

Mépris de classe et hiérarchie sociale........................................................... 21

Le mépris dans les relations............................................................................. 27

Le mépris dans les représentations............................................................... 32

Chapitre 2. « Mépris et dignité : un couple infernal ». Entretien avec Gérard Noiriel, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet              37

Partie 2. Des représentations en actes

Chapitre 3. Le mépris de classe dans le monde du travail. Retour du refoulé ou impossible dissimulation, Nicolas Spire                55

Une brutalité superflue ?.................................................................................. 60

Modes d’expression du mépris de classe dans le monde du travail....... 67

Des hauts fonctionnaires parisiens......................................................... 68

Un contresens opportun........................................................................... 69

Violence des interactions et connivence de classe............................. 70

Pourquoi ce mépris ? ........................................................................................ 71

Le mépris, entre erreur et fantasme : un fruit de l’imagination ?..... 72

Le mépris de classe comme affection du corps.................................... 76

Le mépris de classe, réaction à un risque de diminution de la puissance d’agir     78

Conclusion 79

Chapitre 4. Racialisation des rapports ­sociaux et mépris de classe, Pierre-Emmanuel Sorignet      81

Mise en concurrence et conflits entre ouvrières. Les « anciennes » contre les « jeunes » ?           86

Les Jeunes au travail................................................................................... 89

Racialisation du conflit et mépris de classe................................................. 93

La dévaluation de la figure ouvrière....................................................... 93

L’insulte raciste............................................................................................ 98

La racialisation des rapports sociaux par la direction..................... 100

Un mépris de classe qui s’ignore.................................................................. 102

Chapitre 5. Le « problème des Blacks ». Sur le « racisme » dans le football ­professionnel, Frédéric Rasera     105

Les « Blacks » : une catégorie indigène ...................................................... 108

La défense d’un ethos professionnel .......................................................... 114

Trouver un joueur pour « encadrer les Blacks »....................................... 120

Conclusion 125

Chapitre 6. Le candidat ouvrier, les journalistes et les savants. Sur le « racisme de classe », Éric Darras           127

Habilitations et auto-habilitation d’une candidature ouvrière............ 130

Trois degrés de stigmatisation ..................................................................... 136

L’expression minuscule mais décisive d’une solidarité de classe.. 140

Face à l’ouvriérisme et à l’ironie............................................................ 142

Le retournement du stigmate....................................................................... 144

Conclusion 147

Partie 3. Interactions et rapports de force

Chapitre 7. Un ouvrier qui s’expose, Nicolas Renahy..................................... 153

Une angoisse originelle.................................................................................. 155

Un charisme populaire................................................................................... 161

« Se libérer », s’exposer................................................................................... 163

Se préserver....................................................................................................... 169

Tarir une « soif du travail »..................................................................... 169

« Descendre de l’échelle » et « voyager gratos »................................. 171

Un quant-à-soi désarmé face au mépris de classe................................... 175

Conclusion 178

Tableau : Résumé de la trajectoire de Sébastien et séquences de notre relation           180

Chapitre 8. Résister au mépris de classe. Protections collectives et ­contestations discrètes des ­employés du luxe, Amélie Beaumont        183

Les expressions du mépris comme conséquence de l’organisation de l’hôtel                185

Les rapports sociaux de service dans l’hôtellerie de luxe................ 186

Signifier quotidiennement la hiérarchie ou les formes routinisées du mépris de classe        188

Au-delà du mépris routinisé : quand la prestation ne correspond pas aux attentes des clients             192

Les résistances discrètes des employés...................................................... 196

Rationaliser et minimiser les atteintes à sa dignité.......................... 197

Externaliser son mécontentement aux collègues et revaloriser son rôle                 200

Dénier aux clients un service illimité................................................... 203

Surjouer le service pour former les clients à la politesse et prévenir le mépris de classe        205

Conclusion........................................................................................................ 207

 Chapitre 9. Expressions du mépris de classe. Les infirmières scolaires et leurs publics, Philippe Longchamp 211

Une position spécifique au sein de la profession infirmière.................. 213

Le rapport à la santé des infirmières scolaires.......................................... 215

Face aux classes populaires........................................................................... 218

Face aux fractions économiques des classes supérieures...................... 225

Conclusion 230

Chapitre 10. Produire et éprouver le mépris de classe. Les ouvriers de la propreté urbaine, Hugo Bret            233

Travailler dans les quartiers populaires : se proteger du « haut », se démarquer du « bas »         237

L’effet protecteur de l’entre-soi............................................................. 237

« Ici, c’est des sauvages ! » : la stigmatisation ordinaire des habitants des « cités » 240

Travailler dans les quartiers bourgeois : s’y faire une place et s’y plaire, malgré tout   245

Se faire une place dans les beaux quartiers........................................ 245

« Le monsieur balaye parce qu’il n’est pas directeur comme papa » : l’épreuve de la distance sociale 249

Maintenir les distances........................................................................... 252

Conclusion 256

Chapitre 11. Le mépris de classe dans la vie quotidienne des pompiers, Romain Pudal    261

Le mépris de classe en contexte professionnel......................................... 265

Un uniforme qui uniformise.................................................................. 265

Le monde des « code-barres »............................................................... 267

Un entre-soi de dominés......................................................................... 269

Les « Cassoc’ », figure repoussoir.......................................................... 274

Lutte des classes, lutte de valeurs ................................................................ 276

Un ordre genré.......................................................................................... 277

Le racisme ordinaire et ses interprétations........................................ 280

Être « l’intello de service »....................................................................... 283

Conclusion 285

Postface. Sociogenèse, modalités et effets du « mépris de classe », Gérard Mauger            289

Le champ lexical du mépris de classe......................................................... 290

Mépris de classe et domination............................................................ 290

Mépris de classe et « violence symbolique »....................................... 291

Mépris de classe, racisme de classe et racisme.................................. 292

Sociogenèse du mépris de classe................................................................. 293

Hiérarchies, distance sociale et mépris de classe.............................. 293

Un mépris de classe « de bas en haut » ?............................................. 295

Modalités du mépris de classe...................................................................... 296

Effets du mépris de classe.............................................................................. 298

Conclusion               300

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne).

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Louise Michel (1830-1905) est aujourd’hui devenue une figure historique importante : elle est une image de lutte et de révolte, admirée comme une icône de femme libre. Elle a donné son nom à de nombreuses rues et écoles, et elle a même été proposée pour entrer au Panthéon. Mais comment cette combattante de la Commune de Paris, propagandiste anarchiste, déportée et emprisonnée par les gouvernements de la IIIRépublique, a-t-elle été intégrée dans la mémoire collective nationale ? C’est cette énigme que le livre entend résoudre. De la Commune de Paris à nos jours, il dévoile ce qui a fait de Louise Michel une femme célèbre et analyse sa trajectoire dans les mémoires des XXe et XXIe siècles. Loin d’un processus linéaire, cette figure a fait l’objet d’appropriations multiples, conflictuelles et concurrentielles, qui coexistent encore aujourd’hui.

Sidonie Verhaeghe est politiste, maîtresse de conférences à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS.

Une interview sur Mediapart

Table des matières

Table des matières

Introduction   

Corpus et sources utilisées 

 

Partie 1. Devenir figure révolutionnaire

   

Chapitre 1. Faire l’épreuve des armes. La reconnaissance d’un mérite révolutionnaire     

1871 et le procès de la Commune : Louise Michel, actrice de son il mage  

L’intégration de Louise Michel dans l’espace de la cause révolutionnaire   

1880 : le retour de Nouvelle-Calédonie et la consécration socialiste           

1883-1886 : la manifestation de l’Esplanade des Invalides et l’affaire Louise Michel         

Chapitre 2. L’exemple et le symbole : de quoi Louise Michel devient-elle le nom ?

Incarner la Commune

Illustrer le dévouement révolutionnaire       

Représenter l’alternative politique   

Partie 2. Devenir figure repoussoir   

Chapitre 3. Un objet de curiosité      

Iconographies

Interviews      

Placards, rumeurs et chansons         

Chapitre 4. Les motifs de l’héroïsation négative       

Communarde donc monstrueuse     

Révolutionnaire donc folle    

Féministe donc hystérique    

Célibataire donc déviante : les origines du surnom de Vierge rouge

Chapitre 5. Pourquoi Louise Michel ? Quand la République s’affirme libérale et modérée

L’AIT et la Commune, ou la République contre la révolution

Les lois scélérates, ou la République contre les anarchistes 

La tentative d’assassinat contre Louise Michel, ou la République face à la liberté d’expression

Illustrations    

Partie 3. Commémorer Louise Michel           

Chapitre 6. L’enterrement (1905)     

Les nécrologies ou la convergence des récits

L’enterrement ou la divergence des mémoires        

Chapitre 7. La statue (1906-1920)     

Histoire d’une statue 

Les résistances anarchistes au projet de statufication         

Chapitre 8. Les anniversaires de la mort (1921-1948)          

Comment Louise Michel est devenue une figure communiste        

Les célébrations communistes de Louise Michel      

L’opposition des anarchistes à l’appropriation mémorielle communiste    

Partie 4. Canoniser Louise Michel     

Chapitre 9. L’intégration de Louise Michel au roman national         

La pacification d’une mémoire officielle de la Commune de Paris   

De la sphère militante à la sphère académique : le tournant historiographique     

Chapitre 10. L’intégration de Louise Michel dans l’histoire des femmes     

Parité historique et parité politique : l’hommage comme politique d’égalité         

Comment Louise Michel est devenue une figure républicaine        

 

Chapitre 11. L’intégration de Louise Michel au patrimoine commun          

Manuels scolaires      

Toponymie urbaine   

Chapitre 12. Louise Michel est toujours une figure anarchiste        

Louise Michel dans le répertoire référentiel commun de l’extrême-gauche

La mémoire anarchiste de Louise Michel : une opposition aux appropriations dominantes

Comment Louise Michel est devenue hétérosexuelle : une critique queer et anarchiste   

Conclusion     

Remerciements         

Louise Michel (1830-1905) est aujourd’hui devenue une figure historique importante : elle est une image de lutte et de révolte, admirée comme une icône de femme libre. Elle a donné son nom à de nombreuses rues et écoles, et elle a même été proposée pour entrer au Panthéon. Mais comment cette combattante de la Commune de Paris, propagandiste anarchiste, déportée et emprisonnée par les gouvernements de la IIIe République, a-t-elle été intégrée dans la mémoire collective nationale ? C’est cette énigme que le livre entend résoudre. De la Commune de Paris à nos jours, il dévoile ce qui a fait de Louise Michel une femme célèbre et analyse sa trajectoire dans les mémoires des XXe et XXIe siècles. Loin d’un processus linéaire, cette figure a fait l’objet d’appropriations multiples, conflictuelles et concurrentielles, qui coexistent encore aujourd’hui.

Sidonie Verhaeghe est politiste, maîtresse de conférences à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS. Spécialiste de l’histoire sociale des idées anarchistes et féministes, elle travaille sur Louise Michel et, plus largement, sur les théories et les pratiques des femmes anarchistes. Elle s’intéresse également aux politiques de mémoire et aux constructions historiques des gauches en France.

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Les banlieues rouges et leurs quartiers populaires sont un lieu témoin de la mise à distance de la politique. Ils ont été investis par un mythe de la politique issu du XXe siècle, symboles de l’extraction populaire de la gauche et de sa légitimité, puis désignés comme des déserts politiques. Tout ce qui en émergeait politiquement a été disqualifié : la gauche, comme aveuglée, a eu un rôle singulier dans ce processus de non-reconnaissance.

À Corbeil-Essonnes le milliardaire Serge Dassault a renversé la micro-société du communisme municipal en construisant un système qui exploitait en premier lieu la rupture entre la gauche et les quartiers populaires.

L’auteur a voulu reconstituer les histoires individuelles et collectives de ce paradoxe, les liens plus ou moins rompus, les continuités qui se cachent derrière les ruptures.

Ulysse Rabaté a été militant et élu sur le territoire explosif de Corbeil-Essonnes (91), où il s’est opposé au système Dassault.





« C’est pas contre vous hein, c’est juste que la politique... Beurk » Qu’est devenue la politique pour que cette mise à distance apparaisse à ce point inévitable ? Comment le terme « apolitique » s’est-il trouvé brandi et revendiqué comme la garantie positive d’une forme de pureté ? Face à ce phénomène, la gauche est tétanisée : elle qui voyait hier « la politique partout » a soudain décrété qu’elle n’en voyait nulle part !

Les banlieues rouges et leurs quartiers populaires sont un lieu témoin de cette déploration. Ils ont été investis par un mythe de la politique issu du XXe siècle, symboles de l’extraction populaire de la gauche et de sa légitimité. Puis ces territoires ont été désignés comme des déserts politiques, lieux hantés par les vieux rêves de la vie collective. Tout ce qui en émergeait politiquement a été disqualifié : la gauche, comme aveuglée, a eu un rôle singulier dans ce processus de non-reconnaissance.

Cette expérience, je l’ai vécue à Corbeil-Essonnes, où le milliardaire Serge Dassault a renversé la micro-société du communisme municipal en construisant un système qui exploitait en premier lieu la rupture entre la gauche et les quartiers populaires. Mon combat contre la corruption a été un chemin initiatique : la démystification de l’ordre symbolique de la gauche qui me structurait a fait apparaître des formes nouvelles d’engagement.

J’ai voulu reconstituer les histoires individuelles et collectives de ce paradoxe, les liens plus ou moins rompus, les continuités qui se cachent derrière les ruptures. Et si contre toute attente, la politique s’était peu à peu réinventée comme une culture populaire ?

Ulysse Rabaté a 33 ans. Il a été militant et élu sur le territoire explosif de Corbeil-Essonnes (91), où il s’est opposé au système Dassault. Président de l’association Quidam, il a lancé la FRAP, une école populaire pour l’émergence de nouveaux profils dans le champ politique. Il enseigne aujourd’hui à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

Nadia Marzouki, docteure en science politique de Sciences Po (2008), est chargée de recherche au CNRS.


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Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? 

Dossier, coordonné par Laurent Bonelli et Annie Collovald

Ordre policier, ordre politique : quelle démocratie espérer ?

Annie Collovald

La loi ou l’ordre ? Considérations sur la question policière

Laurent Bonelli

Réflexions sur le problème raciste

Abdellali Hajjat

Violence policière, violence d’État

Catherine Colliot-Thélène       

Répression administrative et répression pénale : l’émergence d’un continuum répressif

Julie Alix

Empêcher, dépolitiser, punir : le triptyque de la répression politique

Vanessa Codaccioni

L’art du désordre toléré. La police des manifestations en Allemagne fédérale

Fabien Jobard

Ordre institutionnel, désordres des trajectoires

Laurence Proteau 

Des jeunes qui « ont la vocation » 

Propriétés sociales, dispositions et recrutement des candidats au concours de gardien de la paix de la Police nationale.

Frédéric Gautier          

Réformes de la police et décroissance policière : promesses  et limites de l’expérience espagnole

Sergio Garcia García 

Débora Ávila Cantos

Paroles

 « Bah, c’est normal, je vais devenir maman, donc il faut que  je change quoi »

Clémentine Petitjean

Idées

Domination et résistance. À propos de James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, 

Gérard Mauger

Varia

Perversion narcissique et violence morale en temps de confinement. Note de recherche.

Marc Joly

Chroniques du monde

Racisme et antisémitisme en Allemagne. La RDA au banc des accusés

Sonia Combe

Ordre policier, ordre politique

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La définition de la situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception dans un contexte de danger terroriste et sanitaire, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens avec pour bilan un nombre effroyable de blessés, mutilés et de décès, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? Les labels se multiplient pour qualifier des régimes hier rangés sans hésitation dans la rubrique « dictature » ou « autoritarisme » et pour brouiller des frontières auparavant évidentes : qu’est-ce qu’une démocratie sans libertés publiques ou sans un espace public où sont débattues les questions du « bien vivre ensemble » ? Sous des apparences de continuité (des institutions, des procédures de désignation des dirigeants…) et des invocations incessantes à la République, la démocratie ou « la Patrie des droits de l’homme », n’assiste-t-on pas à des formes de dénaturation des valeurs qui les fondent (humanisme, ouverture aux autres, tolérance, égalité…) et une corruption des idéaux qu’elles véhiculent ? L’observation de la manière dont les gouvernants politiques gèrent l’ordre public, des pratiques politiques et policières qui sont adoptées pour régler les désaccords ou les conflictualités et assurer la sécurité de tous est une entrée éclairante dans le mode de fonctionnement concret du système politique actuel.

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Noël 1920. 285 délégués sont réunis pour le XVIIIe Congrès du Parti : ce sont les représentants de la France laborieuse, qui vient d’émerger du cauchemar de la guerre. Durant cinq jours, ils vont s’exprimer pour ou contre l’adhésion de leur parti à la IIIe, provoquant la scission de leur formation : les majoritaires fonderont la SFIC, c’est-à-dire le Parti communiste, alors que les minoritaires se replieront sur la « vieille maison » socialiste. Le Congrès de Tours a introduit le soupçon et la défiance, et celui, mégalomaniaque, inhérent au pouvoir personnel. Peut-on survivre à ces fléaux sans un recours au vaccin de la souveraineté populaire ? Un jour peut-être, « la liberté enfin s’éveille(ra) au souffle de la vie ».

Jean A. Chérasse, cinéaste documentariste, est agrégé d’histoire.

Noël 1920. Dans la salle du Manège à Tours, 285 délégués de 89 fédérations de la SFIO sont réunis pour le XVIIIe Congrès du ­Parti : ce sont les représentants de la France laborieuse, qui vient d’émerger du cauchemar de la guerre. Durant cinq jours, ils vont s’exprimer pour ou contre l’adhésion de leur parti à la IIIe Internationale récemment créée à Moscou, provoquant ainsi la scission de leur formation en deux entités différentes (adversaires ?) : les majoritaires fonderont la SFIC, c’est-à-dire le Parti communiste, alors que les minoritaires se replieront sur la « vieille maison » socialiste.

L’événement a certes fait l’objet d’une historiographie savante et pertinente mais il gagne à être revisité aujourd’hui, à l’occasion du centenaire, dans le contexte de la longue durée, notamment dans le sillage de la Commune de Paris et des idées qu’elle a pu semer au cours de ses 72 journées « immortelles ». En effet, quelles furent les raisons profondes de cette scission ?  Pourquoi après toutes les révolutions du 19e siècle cette grande division du mouvement des classes laborieuses, entravant toutes les luttes sociales et remettant toujours au lendemain l’espoir de « changer la vie » ?

Comment ce grand sabordage de l’émancipation prolétarienne a-t-il perduré en paralysant le combat anti-capitaliste et en fragmentant aujourd’hui encore les forces de gauche qui sont réduites désormais à l’impuissance contre l’autocratie républicaine ­bourgeoise ?

Le Congrès de Tours a introduit, avec le virus bolchévique du soupçon et de la défiance, et celui, mégalomaniaque, inhérent au pouvoir personnel, le poison de la division dans la doxa politique de la gauche : peut-on survivre à ces fléaux sans un recours au vaccin de la souveraineté populaire ? Un jour peut-être, « la liberté enfin s’éveille(ra) au souffle de la vie ».

Jean A. Chérasse, cinéaste documentariste, agrégé d’histoire, ­titulaire du blog « Vingtras » sur  Mediapart.

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L’ébranlement de la légitimité de la République islamique a déclenché un processus de radicalisation. Cette radicalité se lit à travers le projet politique global de domination mis en œuvre dans les années 2010 qui ne cherchait plus à gagner l'adhésion de la population, mais à la « tenir » suffisamment pour pouvoir méthodiquement aliéner les prochaines générations. Le présent ouvrage est né du besoin de tirer au clair cette question épineuse du processus de radicalisation de la République islamique. L’auteure examine la nouvelle politique intérieure, mettant par là même en lumière la césure qui s’est opérée en 2009 aussi bien que l’ambition régionale hégémonique du régime théocratique.

Marie Ladier-Fouladi est sociodémographe, ­directrice de recherche au CNRS/EHESS-CETOBaC.

L’ébranlement de la légitimité de la République islamique suite au scrutin présidentiel frauduleux de juin 2009 et à la vague de protestations postélectorale – baptisée « Mouvement vert » – qu’il a provoquée, a déclenché un processus de radicalisation du régime politique iranien. Cette radicalité se lit à travers le projet politique global de domination totale mis en œuvre dans les années 2010 qui ne cherchait plus à gagner l'adhésion de la population alors exaspérée, mais à la « tenir » suffisamment pour pouvoir méthodiquement aliéner les prochaines générations, voulues nombreuses et dévouées à l'État théocratique. Cette nouvelle politique intérieure se prolonge sur le plan régional et international, par la présence de forces militaires iraniennes ou pro-iraniennes dans les pays avoisinants – présence qui a déjà déclenché l’escalade des tensions extrêmes dans la région, envenimant par là même les relations antagonistes ­irano-américaines. Ce bras de fer Iran/États-Unis risque d’entraîner la République islamique dans un nouveau conflit alors qu’elle vient de commémorer le 40ème anniversaire de la guerre Irak-Iran (22 ­septembre 1980).

Le présent ouvrage est né du besoin de tirer au clair cette question épineuse du processus de radicalisation de la République islamique. L’auteure s’est attachée pour ce faire à examiner la nouvelle politique intérieure, mettant par là même en lumière la césure qui s’est opérée en 2009 aussi bien que l’ambition régionale hégémonique du régime théocratique.

Marie Ladier-Fouladi est sociodémographe, ­directrice de recherche au CNRS/EHESS-CETOBaC. Ses ­recherches actuelles portent sur la mutation radicale du régime ­islamique en Iran.

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Depuis quelques années, la laïcité fait régulièrement l’objet de controverses publiques. Les travailleurs immigrés maghrébins d’après-guerre, appartenant à la classe ouvrière bon marché, pratiquaient sur leur lieu de travail avec l’accord des directions d’entreprises et les encouragements du personnel politique. 

Alor, qu'y a-t-il de véritablement de nouveau dans la situation actuelle ? Mais, plus  fondamentalement encore, il faut revenir sur la thèse de la compatibilité ou non de -certains modes de vies - religieux - avec le travail. Là aussi, à la lumière des réalités économiques et sociales du 21e siècle, qu’en est-il réellement ?

Hicham Benaissa est sociologue praticien, délégué général de l’Observatoire des populations immigrées africaines et leurs descendants (OPIAD). 

Depuis quelques années, la laïcité fait régulièrement l’objet de controverses publiques. Elle serait mise en cause dans différents -secteurs du monde du travail par la présence « nouvelle » d’un islam expressif. Sauf que les travailleurs immigrés maghrébins d’après-guerre, -appartenant à la classe ouvrière bon marché, pratiquaient sur leur lieu de travail avec l’accord des directions d’entreprises et les encouragements du personnel politique. Des entreprises de renom ont même construit des salles de prières pour leurs salariés -musulmans, sans que cela ne suscite d’émois particuliers. Alors, interrogeons-nous : qu’y a-t-il de véritablement « nouveau » dans la situation actuelle ? Mais, plus -fondamentalement -encore, il faut revenir sur l’incontournable thèse de la compatibilité ou non de -certains modes de vies -religieux avec le travail. -Paradigme qui -continue -d’organiser notre -manière de hiérarchiser les « religions » à l’ère moderne. Là aussi, à la lumière des -réalités économiques et sociales du 21e siècle, qu’en est-il réellement ?

Hicham Benaissa, sociologue praticien, rattaché au GSRL (CNRS-EPHE). Co-fondateur et délégué général de l’Observatoire des populations immigrées africaines et leurs descendants (OPIAD). Si ses travaux portent sur l’islam au travail, il s’intéresse, plus -globalement, aux implications théoriques et pratiques provoquées par l’implantation durable de l’islam en Europe.

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