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L’Université et la recherche sont depuis vingt ans un laboratoire privilégié de la transformation managériale des services publics. De la recherche en mode projet aux transferts de technologie, de Parcoursup aux frais d’inscription différenciés et du « management agile » au classement de Shanghai, le monde de la science a connu une transformation radicale, vers toujours plus de bureaucratie, d’autoritarisme, de court-termisme et de conflits d’intérêts. Cette évolution des institutions censées élaborer un discours de vérité va de pair avec le déploiement d’un jargon managérial fait de « coopétition », de « groupes de travail », de « confiance aux acteurs », d’« expertise » et d’« indicateurs ». Ce discours nourrit la critique mais ouvre aussi la voie à l’utopie d’une nouvelle parole universitaire, sous le signe de l’exigence et de la liberté.

RogueESR est un collectif créé en 2017 pour promouvoir une université et une recherche libres, exigeantes et placées au service de l’intérêt général et de l’émancipation. Il regroupe des scientifiques de disciplines et de statut différents et a été rédigé par une équipe de volontaires constituée par un appel à la communauté académique.

Table des matières

Acteur(s) 13

Agile 16

Apprenante 21

Attractivité 25

Autonomie 30

Autorité 33

Bureaucratie 35

Campus 38

Choc de simplification 38

Clientélisme 42

Collectif 44

Collégialité 45

* Compagnonnage (Noûs) 45

Compétence(s) 51

ComUé : 51

Communication 52

Concertation 53

Conduite du changement 55

Confiance 56

Conflit d’intérêt  59

Connaissance 62

Consensus 62

Continuité 65

Coopétition 66

Co-production 68

CPU 68

CURIF 68

Démocratie 69

DGS (Directeur-trice général-e des services)  70

Doyen 70

Échauffourées (euphémisme) 70

Économie de la connaissance 70

Effet levier 71

Émérite 73

Environnement 73

Eux 76

Évaluation (de l’enseignement et de la recherche) 80

Évaluation (des étudiants) 82

Excellence 84

Experts, expertise 85

Fabrique du consentement 87

GVT 89

Grand 93

Groupe de travail 95

Gouvernance 95

Hybride 97

Indicateurs 101

Innovation 103

Investissement (Investissements d’Avenir) 104

Liberté(s) académique(s) 105

Mérite 107

Mode dégradé 109

New Public Management 111

Numérique 111

Numéro vert 111

Nous 112

*Œdipe (NOÛS) 114

Orientation et Réussite des Étudiants (ORE) 119

Parcoursup 121

Pédagogie 123

Personnels (les) 124

Performance 125

Politique de site 128

Portefeuille de compétences 128

PPP 129

Précarité, précarisation 130

PRES  134

Présence, présentiel 135

Président d’université 137

Prime 138

Projet 139

Proust (Marcel) 141

PUPH 141

Ranking 142

Rebranding 143

Responsabilité 146

Shanghaï 149

SHS 149

SNRI 151

Théorie du capital humain 152

Théorie du fil du rasoir 155

*Toilettes (NOUS) 155

Transferts de technologie 161

*Tronçonneuse à 2 temps (NOÛS) 161

Université de proximité 175

Université de recherche 176

* Utopie (NOUS) 179

Valorisation 184

Vrai, vérité, théorème vériste 185

Zones à régime restrictif (ZRR) 188

Zoom 190

L’Université et la recherche sont depuis vingt ans un laboratoire privilégié de la transformation managériale des services publics. De la recherche en mode projet aux transferts de technologie, de Parcoursup aux frais d’inscription différenciés et du « management agile » au classement de Shanghai, le monde de la science a connu une transformation radicale, vers toujours plus de bureaucratie, d’autoritarisme, de court-termisme et de conflits d’intérêts. Cette évolution des institutions censées élaborer un discours de vérité va de pair avec le déploiement d’un jargon managérial fait de « coopétition », de « groupes de travail », de « confiance aux acteurs », d’« expertise » et d’« indicateurs ». Ce discours nourrit la critique mais ouvre aussi la voie à l’utopie d’une nouvelle parole universitaire, sous le signe de l’exigence et de la liberté.

RogueESR est un collectif créé en 2017 pour promouvoir une université et une recherche libres, exigeantes et placées au service de l’intérêt général et de l’émancipation. Il regroupe des scientifiques de disciplines et de statut différents et a été rédigé par une équipe de volontaires constituée par un appel à la communauté académique.

14,22 €
14,22 €

Disponible vers le 20 novembre. Peut être commandé dès maintenant

Enquêter

La représentation du monde social et/ou de tel ou tel « problème social » est un enjeu de luttes perpétuelles entre politiques, journalistes et chercheurs en sciences sociales.

De ce fait, l’enquête sous toutes ses formes - argument central d’allure plus ou moins scientifique en faveur de telle ou telle représentation mise en avant - est elle-même un enjeu permanent de luttes symboliques. 

Ce dossier aborde différentes modalités de la pratique de l’enquête et des problèmes qu’elle soulève : l’enjeu crucial de « la construction d’objet » (Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly), les usages de la statistique dans la pratique de l’enquête (Frédéric Lebaron), les usages des sondages (Gérard Mauger à propos de Daniel Gaxie), la portée et les limites des « études de cas » (Stéphane Beaud), l’enquête sur soi-même (Gérard Mauger à propos de Rose-Marie Lagrave), l’enquête au passé (Christian Topalov), une enquête inédite en français de Norbert Elias (traduction de l’allemand par Antony Burlaud).

Table des matières

       Dossier

Enquêter

Gérard Mauger

La construction d’objet dans le travail d’enquête

Louis Pinto

Enseigner la pratique de l’enquête sociologique et la construction théorique des objets de recherche 

Marie-Pierre Pouly

Enquêter sur le passé

Christian Topalov

Attention sondages !

Gérard Mauger

L’analyse des données et ses usages en sciences sociales

Frédéric Lebaron

Retour sur une enquête de terrain 

Le cas de la famille Belhoumi, immigrée en France depuis 1977

Stéphane Beaud

Enquêter sur soi-même

Gérard Mauger

L’histoire des lacets. Un sociologue en voyage

Norbert Elias

Neutralité axiologique et engagement sociologique

Gérard Mauger

        Paroles

Nous on crève de faim pendant ce temps-là ». La persistance du « déjà, nous » chez des Gilets jaunes ruraux

Samuel Legris

Actualité

Des Communards aux Gilets jaunes.Deux révoltes populaires

Brice Le Gall

Le dispositif de financement des Initiatives d’Excellence : instrument de transformation de l’ESR en France

Coline Soler 

Chronique internationale

Après l’échec néolibéral, une nouvelle opportunité pour l’État social en Argentine ?

Damián Pierbattisti

La représentation du monde social et/ou de tel ou tel « problème social » est un enjeu de luttes perpétuelles entre politiques, journalistes et chercheurs en sciences sociales.

De ce fait, l’enquête sous toutes ses formes - argument central d’allure plus ou moins scientifique en faveur de telle ou telle représentation mise en avant - est elle-même un enjeu permanent de luttes symboliques. 

Ce dossier aborde différentes modalités de la pratique de l’enquête et des problèmes qu’elle soulève : l’enjeu crucial de « la construction d’objet » (Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly), les usages de la statistique dans la pratique de l’enquête (Frédéric Lebaron), les usages des sondages (Gérard Mauger à propos de Daniel Gaxie), la portée et les limites des « études de cas » (Stéphane Beaud), l’enquête sur soi-même (Gérard Mauger à propos de Rose-Marie Lagrave), l’enquête au passé (Christian Topalov), une enquête inédite en français de Norbert Elias (traduction de l’allemand par Antony Burlaud).

9,48 €
9,48 €

Ce numéro propose une variété de recherches portant  sur les sciences et les techniques du point de vue  des sciences humaines et sociales. 

Elle comprend un dossier sur les « savoirs pratiques »,  non directement classées dans la rubrique de la science  la plus « pure », mais pas moins intéressants  en ce qu’ils construisent et équipent des façons de s’arrimer au monde (gantiers-parfumeurs, pédagogie antiautoritaire, pratique abortive militante, boxe thaï). 

Le sommaire compte également  une correspondance inédite entre Norbert Elias 

et Pierre Bourdieu, qui permettra de découvrir les coulisses d’une relation scientifique et amicale entre deux géants  des sciences humaines et sociales. 

Un entretien avec le mathématicien et économiste  E. Roy Weintraub permet d’aborder l’histoire de la pensée économique et ses rapports avec les études sociales des sciences et techniques. 

Une série d’études critiques clôt ce numéro 9, alternant entre l’exercice de la restitution et la disputatio.

 

18,01 €
18,01 €

À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ?  l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.

Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse et les « ficelles du métier » de la communication. Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?

Illustrations de Rose Frances www.instagram.com/rose__fr/

Recensions

Le Monde, 7 novembre 

Sommaire

Introduction.....................................................................................................................7

Chapitre 1 : Sociohistoire d’une double traduction institutionnelle. Du 3MT® au MT180®................................................................................................................41

1. L’importation d’un dispositif spectaculaire anglo-saxon dans le champ académique francophone.............................................................................................43

2. La diffusion académique et médiatique rapide d’un dispositif spectaculaire « fun et sexy »...........................................................................................................76

Chapitre 2 : Le travail de construction d’une « excellence » doctorale d’un genre nouveau.................................................................................................................109

1. Les services Communication à l’avant-garde du MT180®............................110

2. Du recrutement en régime de rareté : le travail de sélection des candidats au MT180®........................................................................................................................132

Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une cohorte « excellente » ? Sociologie des profils candidats au MT180®....................................................................................................159

1. Qui sont les participants au MT180® ?................................................................160

2. Participer au MT180® : un attrait pour la visibilité ?.......................................174

3. Tirer profit du MT180® pour son cursus.............................................................193

Chapitre 4 : Apprendre à faire rêver........................................................................219

1. Consolider son savoir-vendre académique : des formations pour
apprendre à faire rêver les spectateurs..................................................................220

2. S’entraîner sans relâche en vue du show compétitif : comment l’(auto)évaluation permet d’ajuster son topo à un auditoire varié..............................242

Chapitre 5 : Rendre sa performance mémorable : la place de la promesse dans le MT180®...............................................................................................................277

1. Anticipation et promesse scientifiques : quelques précisions
théoriques........................................................................................................................279

2. Emprunter la voie de la promesse pour divertir et impressionner l’auditoire
................................................................................................................................................286

3. La validation de la promesse et l’élection du promettant...........................308

Conclusion : De l’« excellence » scientifique à la question de la souffrance éthique des doctorants................................................................................................339

Postface : Défection et prise de parole : quand le chercheur quitte le terrain
.............................................................................................................................................359 

Annexes............................................................................................................................363

À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ?  l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.

Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse (plutôt qu’à la rigueur) et les « ficelles du métier » de la communication (plutôt que celle de la vulgarisation scientifique). Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?

Jean-Marc Corsi est maître de conférences en biologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Jean Frances est maître de conférences en sociologie à l’ENSTA-Bretagne (Brest)
Stéphane Le Lay est sociologue du travail, chercheur à l’institut de psychodynamique du travail (Paris.

18,96 €
18,96 €

Ce livre a d'abord été édité en 2010.

Le destin des femmes afghanes est au centre d’un certain discours politique depuis la destruction des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001 et l’invasion américaine de l’Afghanistan qui a suivi. Ultra-médiatisé, le sujet a cependant été très peu recherché par les sciences sociales. Cette étude critique, la première dans son genre, replace la vie des femmes afghanes dans leur contexte historique, social et ethnographique tout en tenant compte des changements tentés par divers gouvernements du début du xxe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Les femmes subissent surtout la double influence de l’islam politique et de la tradition reconfigurée, ignorée tant par les chercheurs que les agences humanitaires. À elles de négocier une place au sein de ces multiples étaux, parfois au prix de leur propre existence. Ce livre résulte d’une longue étude de terrain (de 2001 à 2009) et d’un travail humanitaire avec des associations de femmes

Introduction : du questionnement à l’ingérence

L’observatrice observée : quelques réflexions réflexives

L’après-terrain

Remettre les femmes au centre du récit des guerres

Chapitre I : Un regard ethnographique sur l’Afghanistan rural

Droit coutumier et maintien identitaire

Droit coutumier dans le contexte de guerre contre l’URSS et les États-Unis

Alliances matrimoniales dans le monde afghan

Le statut de l’enfance en Afghanistan

La cité, la tribu et la question des origines.

L’invention d’une tradition

L’élite à Kaboul aujourd’hui

Chapitre II: Une modernité paradoxale : le statut de la femme dans la réalité afghane.

Les droits des femmes en Afghanistan

Le «féminisme colonial» comme prototype de progrès.

Réformes royales.

La république d’Afghanistan (1973-1978)

Le PDPA et la mise en place d’un gouvernement communiste en Afghanistan

La montée du fondamentalisme afghan face à l’influence de l’Occident

Le développement de l’Islam politique dans les camps de réfugiés

La guerre civile et les conséquences pour les femmes.

Les Talibans et l'Émirat islamique d'Afghanistan. (1997-2001)

Mode, costume et politique.

Résister

Le cas unique de RAWA

Un criminel aveuglement occidental

Le statut des femmes depuis la chute des Talibans



Chapitre III : Une anthropologie de la souffrance féminine en guerre

L’expression de l’émotion des femmes dans la culture des femmes afghanes

Culture populaire et l’expression de l’émotion

Stéréotypes et fantasmes

Le monde fantasmatique masculin : le cinéma pathane

Troisième, quatrième sexe

Culture populaire par temps de guerre et d’exil

Depuis la chute des Talibans

Disruptions sociales en temps de guerre

Du malheur à la catastrophe, une étude de cas

Ruptures de guerre

La douleur de l’exil au camp de réfugiés et la compensation du Watan imaginé

Aux frontières de l’inacceptable



SOUFFRANCE DU CORPS, SOUFFRANCES DE L’AME

Souffrances du corps

Le mollah-guérisseur et le médecin

Perceptions de la grossesse et de l’accouchement

Une mortalité maternelle catastrophique

Réticences devant un accouchement hospitalier

ANNEXE

Enquête sur la mortalité maternelle réalisée en avril 2005 au camp de Khewa

Souffrances de l’âme

Une conséquence : la toxicomanie féminine

Mères et enfants devant des problèmes psychiques

Chapitre IV : Une étude cas : Un espace féminin dans les camps de réfugiés

Une urbanisation du précaire

Brève histoire de deux camps de réfugiés voisins.

Topographie des camps

Circulation des hommes et des femmes à Khewa

Naviguer dans l’espace public d’un camp de réfugiés

La création d’un habitus féminin

Un espace sexué

Un espace masculin

Un habitus de guerre : créer un intérieur dans des conditions extrêmes

Décors, couleurs et costume

Costume, coutume

La gestion du quotidien

L’art du ménage comme forme de servitude ou de résistance

Chapitre V: L’Afghanistan après les Talibans

Comprendre l’intervention américaine

Une périphérie en Asie Centrale ?

Les PRT et les problèmes de reconstruction vus à partir de la province

La vie reprend

Construction d’écoles et illetrisme

Avoir vingt ans à Kaboul aujourd’hui

Au bout de huit ans, quel progrès ?

À qui la faute ?

Chapitre VI: Conclusion: Quel avenir pour les femmes d’Afghanistan

Comment penser la notion de progrès dans le contexte afghan actuel

Une existence sans droits

Une violence illimitée contre les femmes.

Le suicide des jeunes filles afghanes

La prise de conscience des femmes pendant l’exil

Une impossible modernité : le modèle islamiste

Les shahidé du monde traditionnel

Quel avenir pour les femmes afghanes?

Le destin des femmes afghanes est au centre d’un certain discours politique depuis la destruction des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001 et l’invasion américaine de l’Afghanistan qui a suivi. Ultra-médiatisé, le sujet a cependant été très peu recherché par les sciences sociales. Cette étude critique, la première dans son genre, replace la vie des femmes afghanes dans leur contexte historique, social et ethnographique tout en tenant compte des changements tentés par divers gouvernements du début du xxème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ce travail prend en compte les éléments de continuité et de transformations des femmes, surtout rurales, des camps de réfugiés jusque dans la province afghane aujourd’hui et permet d’évaluer l’influence véritable des multiples agents sur place : état de guerre chronique, programmes d’aide, stéréotypes démocratiques importés de l’Occident, l’Iran, brutales exigences de l’économie mondialisée. Et pourtant, les femmes subissent surtout la double influence de l’islam politique et de la tradition reconfigurée, ignorée tant par les chercheurs que les agences humanitaires. ¿ elles de négocier une place au sein de ces multiples étaux, parfois au prix de leur propre existence. Ce livre résulte d’une longue étude de terrain (de 2001 à 2009) et d’un travail humanitaire avec des associations de femmes

20,85 €
20,85 €

Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua… La liste s’allonge des pays connaissant un tournant autoritaire. Accroissement de la répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d’un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd’hui affecter y compris les démocraties les plus anciennes et les plus solides. 

L’ambition de cet ouvrage est de renouveler la question classique de l’autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer – parfois louvoyer – certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfiguration : les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d’une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d’abuser du pouvoir. 

Table des matières

Introduction, 

par Maya Collombon & Lilian Mathieu 7

Les tournants autoritaires, du basculement à la reconfiguration, 

par Maya Collombon & Lilian Mathieu 11

Le consentement législatif en régime autoritaire. Domination politique et recomposition parlementaire sous le Second Empire, 

par Nicolas Tardits 37

Déconstruire le corps enseignant pour réformer l’éducation. La tentative avortée du régime de Vichy, 

par Juliette Fontaine 63

Les complexités de la « verticale du pouvoir » en Russie. L’art de la domestication et de ses contournements, 

par Carole Sigman 87

Politique historique et tournant autoritaire en Pologne, 

par Valentin Behr 117

Règlement du passé violent et transformation de la coalition gouvernante au Maroc (1999-2016), 

par Frédéric Vairel 141

Militaires, juges et politiques de « l’anti-corruption » au Brésil. Configurations d’une dynamique autoritaire, 

par Camille Goirand 169

La réfraction politique du champ judiciaire turc, 

par Sümbül Kaya 195

Gouverner à distance en Turquie. Modalités de récupération  d’une ville d’opposition par l’AKP, 

par Cléa Pineau 223

Vivre, contrôler, discipliner le quartier. Les Comités de pouvoir citoyen au cœur de l’autoritarisme sandiniste, 

par Maya Collombon 247

Effectuer un tournant autoritaire en domestiquant le mouvement syndical. Le cas du Venezuela chaviste, 

par Thomas Posado 275

Les auteur·es 29

Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua… La liste s’allonge des pays connaissant un tournant autoritaire. Accroissement de la répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d’un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd’hui affecter y compris les démocraties les plus anciennes et les plus solides. 

L’ambition de cet ouvrage est de renouveler la question classique de l’autoritarisme, sans en proposer une énième définition mais en repérant plutôt les processus qui font évoluer – parfois louvoyer – certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfiguration : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d’État), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d’une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d’abuser du pouvoir. 

Maya Collombon est maîtresse de conférence à Sciences po Lyon, rattachée au laboratoire Triangle (UMR 5206). Ses recherches portent sur la politisation indigène en milieu rural au Mexique et en Amérique centrale et sur la violence politique en régime autoritaire.

Lilian Mathieu est directeur de recherche au CNRS (Centre Max Weber, ENS de Lyon). Longtemps consacrées aux mouvements sociaux, ses recherches actuelles portent sur les tournants autoritaires et spécialement sur leurs conséquences sur les conduites et perceptions des populations qui les subissent.

18,96 €
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Des squats urbains aux forêts occupées contre de grands projets d’infrastructure, de Bure dans la Meuse à la Capitol Hill Autonomous Zone de Seattle, la perspective d’une désaffiliation du capitalisme et de l’État nourrit les idées et les pratiques de dizaines de milliers d’activistes. Mais les mondes qu’ils et elles dessinent échappent aux représentations habituelles de la vie collective. Comment en effet imaginer une organisation sociale qui ne soit pas basée sur des rapports d’obligation et de coercition ? 

En conjuguant la méthode sociologique et la théorie anarchiste, l’autrice rend ainsi compte de la complexité des pratiques économiques et politiques mises en place par le mouvement. Au fil des relations nouées par les occupant·es se tisse alors une forme singulière de commun fondée sur la reconnaissance d’un droit inaliénable à déroger au monde commun, à s’affranchir des contraintes collectives pour les confronter à l’horizon d’une émancipation toujours inachevée.

Ce livre a été réalisé avec le soutien du CERAPS.

Table des matières

Introduction

Du droit de déroger au monde commun....................................7

Chapitre 1. Effet d’ aménagement

L’émergence du mouvement d’occupation...............................21

Chapitre 2. Les « djihadistes verts » et l’État de droit

À propos de la propagande conservatrice.................................49

Carte de la zad..................................................................................72

Chapitre 3. Ouvrir une brèche dans la totalité

Représentations et pratiques de l’occupation illégale..........75

Excursus. Hétérochronique...............................................................99

Chapitre 4. Le partage anarchiste

Les conditions économiques de l’ autonomie. ......................103

Chapitre 5. Le commun en délibération

Une organisation sociale fragmentaire....................................125

Excursus. La polémique des doryphores....................................151

Chapitre 6. Le pouvoir de l’organisation et l’organisation du pouvoir

L’égalité anarchiste contre l’efficacité
démocratique....................................................................................155

Excursus. Une justice sans obligation ni sanction...................179

Épilogue.............................................................................................187

Conclusion. Défendre l’imagination sociologique..........191

Bibliographie...................................................................................195

L’autonomie est partout !

Des squats urbains aux forêts occupées contre de grands projets d’infrastructure, de Bure dans la Meuse à la Capitol Hill Autonomous Zone de Seattle, la perspective d’une désaffiliation du capitalisme et de l’État nourrit les idées et les pratiques de dizaines de milliers d’activistes. Mais les mondes qu’ils et elles dessinent échappent aux représentations habituelles de la vie collective. Comment en effet imaginer une organisation sociale qui ne soit pas basée sur des rapports d’obligation et de coercition ? 

L’expérience conduite par le mouvement d’occupation de la zad de Notre-Dame-des-Landes, qui réunit plus de 300 personnes pendant 5 ans sur un large territoire, offre une opportunité rare pour penser les conditions d’une forme de coopération tout à la fois égalitaire et libre. À partir d’une enquête de terrain mêlant observations ethnographiques, entretiens et étude de discours, cet ouvrage interroge la concrétisation de l’idéal de l’autonomie après l’échec de la première tentative d’expulsion de la zone en 2012. 

En conjuguant la méthode sociologique et la théorie anarchiste, l’autrice rend ainsi compte de la complexité des pratiques économiques et politiques mises en place par le mouvement. Au fil des relations nouées par les occupant·es se tisse alors une forme singulière de commun fondée sur la reconnaissance d’un droit inaliénable à déroger au monde commun, à s’affranchir des contraintes collectives pour les confronter à l’horizon d’une émancipation toujours inachevée.

Margot Verdier, soutien actif du mouvement d’occupation de la zad de NDDL, est docteure en sociologie. Ses recherches portent sur les idées et les pratiques des mouvements anti-autoritaires, sur le rôle du conflit dans la vie sociale, sur la déontologie de la recherche scientifique et la protection des sources.

Ce livre a été réalisé avec le soutien du CERAPS.

12,32 €
12,32 €

Moment d’effervescence dans l’économie mondiale

La crise économique induite par la COVID-19 s’annonce déjà d’ampleur. Le confinement pour stopper la propagation du virus ont mis sous cloche l’activité économique et industrielle. Ces mesures inédites dans l’histoire moderne donnent aux processus en cours un caractère singulier. Pourtant cette crise n’est pas un simple accident mais prolonge de façon sous-jacente une crise structurelle du capitalisme. Cette crise agit tout d’abord comme un révélateur des pratiques de financiarisation qui ont fragilisé les systèmes de santé et accru la vulnérabilité des populations aux cycles financiers. La pandémie a ainsi renforcé des processus financiers : endettement généralisé, fragilités bancaires, titrisation, etc. Cette crise peut être vue comme un « moment effervescent » au sens d’Émile Durkheim, c’est-à-dire un moment de contestation des schémas de pensée et des pratiques établies.

Moment d’effervescence dans l’économie mondiale

Table des matières

Dossier

Moment d’effervescence dans l’économie mondiale

Frédéric Lebaron et Pierre Pénet

De Charybde en Scylla : l’hôpital au gré des crises

Fanny Vincent

Pierre-André Juven

Le souci des populations sous sanctions : un défi pour la gouvernance de la santé mondiale à l’ère du coronavirus

Grégoire Mallard

Jin Sun

Erica Moret

Quand l’entreprise bancaire connaît la crise. Sur l’effervescence politique de la finance.

Rafaël Cos

Sarah Kolopp

Les banques centrales dans la pandémie : routine de la gestion de crise aiguë ou changement de paradigme ?

Frédéric Lebaron

Bataille en vue autour de la dette européenne : le projet annulationniste face à ses détracteurs

Pierre Pénet

Sur la mobilisation contre la réforme de l’assurance-chômage

« Occupez ! Partout où vous voudrez ! »

(Théâtre de L’Odéon, Paris, juin 2021)

Brice Le Gall

Grand entretien avec Paul Jorion

Vers un changement de paradigme économique dans le contexte post-pandémie ?

Propos recueillis par Pierre Pénet et Frédéric Lebaron

Idées

Jacques Bouveresse. Un philosophe pour temps difficiles

Louis Pinto

Culture

Virginia Woolf, l’abolition des discriminations et « l’idéal petit-bourgeois de l’équité formelle »

Gérard Mauger

Chroniques du monde

La pandémie du Covid-19 et ses répercussions sur le travail et la vie quotidienne en Corée du Sud

Kwang-Yeong Shin

La crise économique induite par la pandémie de la COVID-19 s’annonce déjà d’une ampleur considérable. Les mesures de confinement prises pour stopper la propagation du virus ont mis sous cloche l’activité économique et industrielle. Ces mesures inédites dans l’histoire moderne donnent aux processus en cours un caractère indéniablement singulier. Pourtant cette crise n’est pas un simple accident exogène ou conjoncturel mais prolonge de façon sous-jacente une crise structurelle du capitalisme. Cette crise agit tout d’abord comme un révélateur des pratiques de financiarisation qui ont fragilisé les systèmes de santé et accru la vulnérabilité des populations aux cycles financiers. La pandémie a ainsi renforcé des processus financiers que la crise de 2008 avait déjà mis en exergue : endettement généralisé, fragilités bancaires, titrisation, etc. Ensuite, cette crise peut être vue comme un « moment effervescent » au sens d’Émile Durkheim, c’est-à-dire un moment de flottement et de contestation des schémas de pensées et des pratiques établies. Les faillites d’entreprises et le gonflement spectaculaire de l’endettement public ont ainsi conduit les banques centrales, le Fonds monétaire international et des acteurs du droit international à faire des annonces en profond décalage avec les habitudes de pensée dominantes. Mais sans surprise, et au-delà de ces effets d’annonce, l’évolution des pratiques concrètes suscitent de vives résistances.

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« Et les papiers avaient volé par la fenêtre… Comme les mecs ».  C’est ainsi que les ouvrières de l’usine de lingerie Chantelle parlent de leurs luttes. Alors que la protestation ouvrière prend plus souvent les traits des métallurgistes, ce livre propose d’en explorer le pendant féminin. Comment des ouvrières qu’a priori tout éloigne de l’engagement militant parviennent-elles à se mobiliser collectivement ? Qu’en est-il du modèle du militant viril capable d’en découdre et de porter des grèves dures et violentes lorsqu’il est incarné par des femmes ? L’enquête nous plonge dans l’histoire de ces ouvrières rebelles de Mai-juin 68 à leur « grande grève » de 1981 jusqu’au combat contre la fermeture de l’usine en 1994. Leurs pratiques syndicales quotidiennes, leur rapport au travail et à l’emploi, leurs espoirs et désespoirs éclairent le sens de leurs luttes de « mauvais genre » au fil des changements des années 1960 aux années 1990.

Table des matières

Introduction générale

Un objet délaissé

Des luttes improbables ?

Sortir de la question des « spécificités »

Le genre du militantisme ouvrier en question

Matériaux empiriques

Plan de l’ouvrage

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE 1. Travailler chez Chantelle

Chantelle à Saint-Herblain : implantation industrielle et organisation du travail

Une usine nouvelle dans une ville en expansion

Les ouvrières de l’atelier, figures centrales

La division du travail par sexe et par âge

Les mécaniciennes : des compétences de femmes ?

Rapports de pouvoir et relations sociales dans l’usine 

Une usine fortement syndicalisée

Un syndicalisme d’OS, un syndicalisme de femmes

Des engagements syndicaux alternatifs ?

Avoir des avantages à défendre : le travail et ses « à côté »

« On ne fait pas des serviettes ! » 

La pénibilité du travail au rendement : une « question d’usine »

Les « petites combines » du quotidien

La fierté du produit

Discipline et indisciplines

Libertés quotidiennes

La sociabilité d’atelier, ou le temps gardé de la jeunesse

CHAPITRE 2. Qui sont les ouvrières de Chantelle ?

De jeunes femmes de classes populaires à l’usine

Venir travailler chez Chantelle

Pourquoi l’usine est-elle attractive ?

Rester travailler chez Chantelle

Les ouvrières de Chantelle, des héritières ? 

De l’importance du lieu de vie dans la socialisation politique 

Deux modèles de transmission d’un héritage politique 

Annie Guyomarc’h, ancrage local et culture de classe

Eliane Evrard, le dévouement en héritage

Socialisation politique et socialisation
de genre en milieu ouvrier

CHAPITRE 3. De l’invisibilité à la valorisation : Chantelle dans l’espace militant local

Poids de l’histoire et impulsion de la conjoncture

L’espace nantais des radicalismes ouvriers

Le Mai-Juin 1968 des ouvrières de Chantelle

Une usine invisible mais syndicalisée

Les conflits oubliés des années 1970

Les organisations syndicales à la rencontre des ouvrières

Quand le mouvement ouvrier local s’empare de Chantelle : la grève de l’hiver 1981-1982

« Bravo les filles, la classe ouvrière de Nantes a les yeux rivés sur vous ! Courage ! » 

Chantelle, une opportunité politique ?

DEUXIÈME PARTIE. Appropriations du militantisme ouvrier par des femmes

CHAPITRE 4. Devenir militante : syndicalisme et féminisme, une équation insoluble ?

Adhésions et résistances à la socialisation syndicale

La différenciation des engagements chez les ouvrières

La frontière de l’usine : leaders et militantes

Sortir de l’usine et faire carrière ?

Processus d’identification à l’organisation des leaders

Militantes et organisations : une élection réciproque

S’opposer, appartenir et représenter : devenir syndicaliste

Devenir une militante « à part entière » 

Interventions et revendications féministes chez Chantelle

Rejeter le féminisme pour mieux adhérer à la classe

Chapitre 5. « Nous, on a su se faire respecter »

Sociohistoire d’une grève

Une situation d’usine explosive

La cause de la dignité au travail

« Faire ses preuves » ou comment des ouvrières s’approprient la virilité ouvrière

Grève générale, séquestration et leadership

Occuper une usine en tant que femmes

CHAPITRE 6. Des mères de famille combatives : les arrangements
derrière l’exception

La protection morale de la communauté ouvrière

La sexualisation du corps des ouvrières 

Quand la classe fait masse 

Des mères de famille responsables

Faire grève entre femmes : la famille,
entre contraintes et possibles

Des contraintes domestiques intégrées à la grève ?

S’engager malgré tout

Conflits de loyauté : la famille ou les camarades ?

TROISIÈME PARTIE. Dégradation de la conjoncture et féminisation des luttes

CHAPITRE 7. Faire face aux mutations du syndicalisme

Une nouvelle conjoncture de « crise »

Un monde d’inquiétude pour l’emploi ouvrier 

Le phénomène de la délocalisation dans l’habillement

Désindustrialisation et chômage

Impuissance de l’État et « conscience de crise »

Nouveau management et intensification du travail dans l’usine

La légitimité de l’action collective en question

Un travail militant professionnalisé ?

Le resserrement des équipes syndicales dans les années 1980 

La stabilisation progressive de l’équipe syndicale CFDT

Engagements longs et ruptures dans l’équipe CGT

Le droit au cœur des nouvelles stratégies de lutte

 Monter et défendre des dossiers

Une lutte multidimensionnelle

De la difficulté de faire valoir des savoirs ouvriers

Faire tenir le collectif militant

Un leadership au féminin ?

Le groupe militant à l’épreuve du temps

« Les gens comptent sur nous »

CHAPITRE 8. Quand elles sont devenues les « filles de Chantelle »

Une fermeture qui émeut

Réactivation du capital militant

L’évidence de la mobilisation

La notoriété de ces « filles du pays »

Un moment politique favorable 

L’émotion comme moteur de soutien

Des ouvrières victimisées : le genre de la conjoncture

La difficile dé-localisation de la cause de l’usine 

Quand la féminisation joue contre elles 

Une féminité envahissante

La victimisation des « filles de Chantelle »                 

CHAPITRE 9. De la bonne manière d’être femme de classes populaires dans l’espace public

Des femmes qui s’exposent : jeux de genre dans l’espace public

Se faire remarquer 

L’humour et la joie contre la victimisation

« Comme les mecs » … au féminin 

Des débats de genre entre ouvrières : rapports croisés au genre et à la classe

Que faire du stigmate de la « fille d’usine » ?

La virilité au féminin ou l’effacement du genre

Les stratégies de distinction des leaders CFDT 

La fidélité sociale et militante des cégétistes

CONCLUSION GÉNÉRALE

Des ouvrières rebelles

Des assignations et stratégies situées et conjoncturelles

Féminités et masculinités populaires

Quelle émancipation ?

ANNEXES

Chronologie générale

Chronologie du conflit de l’hiver 1981-1982

Chronologie du conflit contre la fermeture de l’usine de Saint-Herblain (1993-1994)

« Et les papiers avaient volé par la fenêtre… Comme les mecs ». 

C’est ainsi que les ouvrières de l’usine de lingerie Chantelle de la région nantaise parlent de leurs luttes. Alors que la protestation ouvrière prend plus souvent les traits des métallurgistes, ce livre propose d’en explorer le pendant féminin. Comment des ouvrières qu’a priori tout éloigne de l’engagement militant parviennent-elles à se mobiliser collectivement et à s’approprier les codes, les pratiques et les valeurs du militantisme ouvrier ? Qu’en est-il du modèle du militant viril capable d’en découdre et de porter des grèves dures et violentes lorsqu’il est incarné par des femmes ? L’enquête à partir d’archives syndicales et administratives et d’entretiens nous plonge dans l’histoire de ces ouvrières rebelles de Mai-juin 68 à leur « grande grève » de 1981 jusqu’au combat contre la fermeture de l’usine en 1994. Leurs pratiques syndicales quotidiennes, leur rapport au travail et à l’emploi, leurs espoirs et désespoirs éclairent le sens de leurs luttes de « mauvais genre » au fil des changements de conjoncture sociale et politique qui ont marqué l’histoire française des années 1960 aux années 1990.

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Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Recensions

Dans Liens socio/Lectures

Sommaire

Remerciements

Liste des contributeurs et contributrices

Introduction

Chapitre 1. Portraits de familles : approche de l’expérience du confinement

Chapitre 2. Heurs et malheurs des familles confinées

Chapitre 3.Le travail professionnel en temps de confinement

Chapitre 4. Des pratiques familiales mises à l’épreuve

Chapitre 5. Le genre du confinement

Conclusion

Annexe : Tableau de présentation des familles enquêtées

Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle, qui les a contraints à faire coexister en un même lieu diverses activités ordinairement réalisées dans des espaces et des temporalités distinctes ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête par entretiens répétés auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Cet ouvrage est le fruit d’une enquête collective menée au sein du réseau thématique n° 48 « Articulation des temps sociaux » de l’Association française de sociologie. Des doctorant·es, post-doctorant·es et chercheur·es titulaires se sont réunis au sein d’un -Collectif d’Analyse des Familles en Confinement  : Pascal Barbier, Myriam Chatot, Bernard -Fusulier, Julie Landour, Marianne Le Gagneur, -Alexandra Piesen, Sebastián Pizarro Erazo, Valerya Viera Giraldo.

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L’agrandissement et l’intensification incessants des exploitations agricoles sont très connus mais leur explication demeure parcellaire. Partant du rapport étroit entre agriculture et capitalisme dans la France contemporaine, nourri par de nombreuses années de recherches et des données inédites, cet ouvrage saisit les mécanismes qui commandent les transformations que connaît le monde agricole français

Faire une telle démonstration, développer une telle perspective, c’est aussi poser les jalons d’une économie politique générale du capitalisme mêlant économie politique hétérodoxe, science politique et sociologie.

Une telle perspective, parce qu’elle met en évidence la contingence de l’activité économique, montre qu’un autre avenir – ou qu’un avenir – est possible pour l’agriculture française, à condition de la libérer du régime d’accumulation qui la détruit et des forces sociales qui le portent.

L’agrandissement et l’intensification incessants des exploitations agricoles sont très connus mais leur explication demeure parcellaire. Partant du rapport étroit entre agriculture et capitalisme dans la France contemporaine, nourri par de nombreuses années de recherches et des données inédites, cet ouvrage saisit les mécanismes qui commandent les transformations que connaît le monde agricole français – l’accumulation du capital économique par une minorité et l’expropriation de la majorité – en analysant les configurations de pouvoirs qui gouvernent ce procès social. Une telle perspective révèle que le régime d’accumulation – profondément inégalitaire – qui accable les agriculteurs français est porté par différentes forces sociales situées au sein du syndicalisme agricole dominant et des entreprises alimentaires, mais aussi de la haute Fonction publique, des cabinets ministériels et des partis politiques.

Faire une telle démonstration, développer une telle perspective, c’est aussi poser les jalons d’une économie politique générale du capitalisme mêlant économie politique hétérodoxe, science politique et sociologie.

Une telle perspective, parce qu’elle met en évidence la contingence de l’activité économique, montre qu’un autre avenir – ou qu’un avenir – est possible pour l’agriculture française, à condition de la libérer du régime d’accumulation qui la détruit et des forces sociales qui le portent.

Matthieu Ansaloni est post-doctorant à l’Institut national pour la recherche agronomique, l’alimentation et l’environnement (INRAE) de Toulouse, et chercheur au Laboratoire des Sciences Sociales du Politique de Sciences-po Toulouse.

Andy Smith est directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques et travaille au Centre Émile-Durkheim à Bordeaux. Il est spécialiste de l’économie politique en général et de celle des industries en particulier.

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Brexit au Royaume-Uni, élection de Donald Trump aux États-Unis, montée de l’extrême droite en Europe continentale : ces événements récents sont fréquemment présentés comme les conséquences politiques du décrochage des territoires urbains d’ancienne industrie et de ceux, plus ruraux, restés à l’écart des flux de l’économie globale.

Le livre cherche à éclairer ces processus, mais également à rendre compte des réponses politiques qui y sont apportées (et de leurs limites), et enfin à éclairer les dynamiques sociales qui animent ces territoires. L’ouvrage souligne que loin d’apparaître uniquement comme des espaces en déshérence marqués par la montée du populisme, les territoires en déclin disposent également de nombreuses ressources susceptibles de les faire apparaître comme des laboratoires pour l’émergence de politiques et pratiques alternatives, plus soucieuses de justice sociale et environnementale.

Recensions

Dans Revue Lectures

Table des matières

Les auteurs et autrices

Introduction – Aux sources du déclin urbain : les limites d’une pensée magique, Vincent Béal, Nicolas Cauchi-Duval, Max Rousseau

Partie 1 : Le déclin : du processus au problème public

Chapitre 1 – L’impossible mise à l’ agenda du problème des villes en décroissance en France ?,
Rémi Dormois, Sylvie Fol, Marie Mondain

Chapitre 2 – Le déclin urbain au pays de ­Peugeot : la difficile gestion de la décroissance dans une agglomération fragmentée,
Vincent Béal, Rémi Dormois

Chapitre 3 – Des villes condamnées à la décroissance ? Mise à l’ agenda de la décroissance urbaine et stratégies locales dans cinq villes de Champagne-Ardenne, Sylvie Fol, Yoan Miot

Chapitre 4 – La décroissance urbaine en France : mise en perspective par les recherches sur les Shrinking Cities et les Systèmes urbains, Sophie Baudet-Michel, Fabien Paulus

Chapitre 5 – Les mutations du processus de ­décroissance urbaine en France, Nicolas Cauchi-Duval

Partie 2 : Stratégies et politiques urbaines dans les villes en déclin

Chapitre 6 – La difficile invention de politiques de l’habitat pour les villes en décroissance. Les cas de Châlons-en-Champagne, Saint-Dizier, Saint-Étienne et Vitry-le-­François, Yoan Miot, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala

Chapitre 7 – Back to the future. Démolitions et revanchisme techno-environnemental à ­Cleveland, Joshua Akers, Vincent Béal, Max Rousseau

Chapitre 8 – Du « Maroc inutile » au Maroc en déclin. La décroissance territoriale et son traitement politique dans un pays du Sud

Chapitre 9 – Fragilité de la centralité en contexte de décroissance urbaine. Le centre-ville comme problème à Châlons-en-Champagne, Dunkerque et Saint-Étienne, Julie Chouraqui, Yoan Miot, Christelle Morel Journel, ­Valérie Sala Pala

Partie 3 : Habiter la ville décroissante : entre contraintes et opportunités 321

Chapitre 10 – Décroissance urbaine et mobilités résidentielles : vienne-qui-veut, parte-qui-peut !, Mathilde Rudolph, Nicolas Cauchi-Duval

Chapitre 11 – La décroissance urbaine comme opportunité de (re)faire la ville avec et pour les habitant·es ? Expériences stéphanoises, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala

Chapitre 12 – Les jardins populaires de Grande-Synthe : les ambiguïtés d’une politique « alternative », Louise Clochey

Chapitre 13 – « Envahis par les cas soc’ ». Une petite bourgeoisie culturelle dans une ville moyenne en déclin, Élie Guéraut

Chapitre 14 – Les fermetures massives d’écoles dans les villes étatsuniennes en déclin : une politique sans alternative ?

Brexit au Royaume-Uni, élection de Donald Trump aux États-Unis, montée de l’extrême droite en Europe continentale : ces événements récents sont fréquemment présentés comme les conséquences politiques du décrochage des territoires urbains d’ancienne industrie et de ceux, plus ruraux, restés à l’écart des flux de l’économie globale. Les inégalités créées par un développement à deux vitesses avec, d’un côté, des logiques métropolitaines connectées à la globalisation et, de l’autre, une accentuation et une accélération du déclin territorial, s’imposent ainsi actuellement dans le débat public. En prenant appui sur des analyses portant sur des villes françaises, mais également américaines et marocaines, cet ouvrage propose une analyse fine des dynamiques des territoires décroissants, c’est-à-dire ceux qui connaissent un déclin démographique accompagné d’une dévitalisation économique et, bien souvent, d’une paupérisation de leur population. Le livre cherche à éclairer ces processus, mais également à rendre compte des réponses politiques qui y sont apportées (et de leurs limites), et enfin à éclairer les dynamiques sociales qui animent ces territoires. L’ouvrage souligne que loin d’apparaître uniquement comme des espaces en déshérence marqués par la montée du populisme, les territoires en déclin disposent également de nombreuses ressources susceptibles de les faire apparaître comme des laboratoires pour l’émergence de politiques et pratiques alternatives, plus soucieuses de justice sociale et environnementale. 

Vincent Béal, Université de Strasbourg, UMR SAGE

Nicolas Cauchi-Duval, Université de Strasbourg, UMR SAGE 

Max Rousseau, UMR ART-Dev, CIRAD Montpellier

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