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Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Sommaire

Remerciements

Liste des contributeurs et contributrices

Introduction

Chapitre 1. Portraits de familles : approche de l’expérience du confinement

Chapitre 2. Heurs et malheurs des familles confinées

Chapitre 3.Le travail professionnel en temps de confinement

Chapitre 4. Des pratiques familiales mises à l’épreuve

Chapitre 5. Le genre du confinement

Conclusion

Annexe : Tableau de présentation des familles enquêtées

Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle, qui les a contraints à faire coexister en un même lieu diverses activités ordinairement réalisées dans des espaces et des temporalités distinctes ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête par entretiens répétés auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Cet ouvrage est le fruit d’une enquête collective menée au sein du réseau thématique n° 48 « Articulation des temps sociaux » de l’Association française de sociologie. Des doctorant·es, post-doctorant·es et chercheur·es titulaires se sont réunis au sein d’un -Collectif d’Analyse des Familles en Confinement  : Pascal Barbier, Myriam Chatot, Bernard -Fusulier, Julie Landour, Marianne Le Gagneur, -Alexandra Piesen, Sebastián Pizarro Erazo, Valerya Viera Giraldo.

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L’agrandissement et l’intensification incessants des exploitations agricoles sont très connus mais leur explication demeure parcellaire. Partant du rapport étroit entre agriculture et capitalisme dans la France contemporaine, nourri par de nombreuses années de recherches et des données inédites, cet ouvrage saisit les mécanismes qui commandent les transformations que connaît le monde agricole français

Faire une telle démonstration, développer une telle perspective, c’est aussi poser les jalons d’une économie politique générale du capitalisme mêlant économie politique hétérodoxe, science politique et sociologie.

Une telle perspective, parce qu’elle met en évidence la contingence de l’activité économique, montre qu’un autre avenir – ou qu’un avenir – est possible pour l’agriculture française, à condition de la libérer du régime d’accumulation qui la détruit et des forces sociales qui le portent.

L’agrandissement et l’intensification incessants des exploitations agricoles sont très connus mais leur explication demeure parcellaire. Partant du rapport étroit entre agriculture et capitalisme dans la France contemporaine, nourri par de nombreuses années de recherches et des données inédites, cet ouvrage saisit les mécanismes qui commandent les transformations que connaît le monde agricole français – l’accumulation du capital économique par une minorité et l’expropriation de la majorité – en analysant les configurations de pouvoirs qui gouvernent ce procès social. Une telle perspective révèle que le régime d’accumulation – profondément inégalitaire – qui accable les agriculteurs français est porté par différentes forces sociales situées au sein du syndicalisme agricole dominant et des entreprises alimentaires, mais aussi de la haute Fonction publique, des cabinets ministériels et des partis politiques.

Faire une telle démonstration, développer une telle perspective, c’est aussi poser les jalons d’une économie politique générale du capitalisme mêlant économie politique hétérodoxe, science politique et sociologie.

Une telle perspective, parce qu’elle met en évidence la contingence de l’activité économique, montre qu’un autre avenir – ou qu’un avenir – est possible pour l’agriculture française, à condition de la libérer du régime d’accumulation qui la détruit et des forces sociales qui le portent.

Matthieu Ansaloni est post-doctorant à l’Institut national pour la recherche agronomique, l’alimentation et l’environnement (INRAE) de Toulouse, et chercheur au Laboratoire des Sciences Sociales du Politique de Sciences-po Toulouse.

Andy Smith est directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques et travaille au Centre Émile-Durkheim à Bordeaux. Il est spécialiste de l’économie politique en général et de celle des industries en particulier.

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Brexit au Royaume-Uni, élection de Donald Trump aux États-Unis, montée de l’extrême droite en Europe continentale : ces événements récents sont fréquemment présentés comme les conséquences politiques du décrochage des territoires urbains d’ancienne industrie et de ceux, plus ruraux, restés à l’écart des flux de l’économie globale.

Le livre cherche à éclairer ces processus, mais également à rendre compte des réponses politiques qui y sont apportées (et de leurs limites), et enfin à éclairer les dynamiques sociales qui animent ces territoires. L’ouvrage souligne que loin d’apparaître uniquement comme des espaces en déshérence marqués par la montée du populisme, les territoires en déclin disposent également de nombreuses ressources susceptibles de les faire apparaître comme des laboratoires pour l’émergence de politiques et pratiques alternatives, plus soucieuses de justice sociale et environnementale.

Table des matières

Les auteurs et autrices

Introduction – Aux sources du déclin urbain : les limites d’une pensée magique, Vincent Béal, Nicolas Cauchi-Duval, Max Rousseau

Partie 1 : Le déclin : du processus au problème public

Chapitre 1 – L’impossible mise à l’ agenda du problème des villes en décroissance en France ?,
Rémi Dormois, Sylvie Fol, Marie Mondain

Chapitre 2 – Le déclin urbain au pays de ­Peugeot : la difficile gestion de la décroissance dans une agglomération fragmentée,
Vincent Béal, Rémi Dormois

Chapitre 3 – Des villes condamnées à la décroissance ? Mise à l’ agenda de la décroissance urbaine et stratégies locales dans cinq villes de Champagne-Ardenne, Sylvie Fol, Yoan Miot

Chapitre 4 – La décroissance urbaine en France : mise en perspective par les recherches sur les Shrinking Cities et les Systèmes urbains, Sophie Baudet-Michel, Fabien Paulus

Chapitre 5 – Les mutations du processus de ­décroissance urbaine en France, Nicolas Cauchi-Duval

Partie 2 : Stratégies et politiques urbaines dans les villes en déclin

Chapitre 6 – La difficile invention de politiques de l’habitat pour les villes en décroissance. Les cas de Châlons-en-Champagne, Saint-Dizier, Saint-Étienne et Vitry-le-­François, Yoan Miot, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala

Chapitre 7 – Back to the future. Démolitions et revanchisme techno-environnemental à ­Cleveland, Joshua Akers, Vincent Béal, Max Rousseau

Chapitre 8 – Du « Maroc inutile » au Maroc en déclin. La décroissance territoriale et son traitement politique dans un pays du Sud

Chapitre 9 – Fragilité de la centralité en contexte de décroissance urbaine. Le centre-ville comme problème à Châlons-en-Champagne, Dunkerque et Saint-Étienne, Julie Chouraqui, Yoan Miot, Christelle Morel Journel, ­Valérie Sala Pala

Partie 3 : Habiter la ville décroissante : entre contraintes et opportunités 321

Chapitre 10 – Décroissance urbaine et mobilités résidentielles : vienne-qui-veut, parte-qui-peut !, Mathilde Rudolph, Nicolas Cauchi-Duval

Chapitre 11 – La décroissance urbaine comme opportunité de (re)faire la ville avec et pour les habitant·es ? Expériences stéphanoises, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala

Chapitre 12 – Les jardins populaires de Grande-Synthe : les ambiguïtés d’une politique « alternative », Louise Clochey

Chapitre 13 – « Envahis par les cas soc’ ». Une petite bourgeoisie culturelle dans une ville moyenne en déclin, Élie Guéraut

Chapitre 14 – Les fermetures massives d’écoles dans les villes étatsuniennes en déclin : une politique sans alternative ?

Brexit au Royaume-Uni, élection de Donald Trump aux États-Unis, montée de l’extrême droite en Europe continentale : ces événements récents sont fréquemment présentés comme les conséquences politiques du décrochage des territoires urbains d’ancienne industrie et de ceux, plus ruraux, restés à l’écart des flux de l’économie globale. Les inégalités créées par un développement à deux vitesses avec, d’un côté, des logiques métropolitaines connectées à la globalisation et, de l’autre, une accentuation et une accélération du déclin territorial, s’imposent ainsi actuellement dans le débat public. En prenant appui sur des analyses portant sur des villes françaises, mais également américaines et marocaines, cet ouvrage propose une analyse fine des dynamiques des territoires décroissants, c’est-à-dire ceux qui connaissent un déclin démographique accompagné d’une dévitalisation économique et, bien souvent, d’une paupérisation de leur population. Le livre cherche à éclairer ces processus, mais également à rendre compte des réponses politiques qui y sont apportées (et de leurs limites), et enfin à éclairer les dynamiques sociales qui animent ces territoires. L’ouvrage souligne que loin d’apparaître uniquement comme des espaces en déshérence marqués par la montée du populisme, les territoires en déclin disposent également de nombreuses ressources susceptibles de les faire apparaître comme des laboratoires pour l’émergence de politiques et pratiques alternatives, plus soucieuses de justice sociale et environnementale. 

Vincent Béal, Université de Strasbourg, UMR SAGE

Nicolas Cauchi-Duval, Université de Strasbourg, UMR SAGE 

Max Rousseau, UMR ART-Dev, CIRAD Montpellier

18,96 €
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« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, les auteurs de ce livre ont voulu qu’une autre cantine est possible.Cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue. Ce petit livre montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas.

Voir un article des auteurs dans Le Monde diplomatique, mai 2021

Sommaire

Prologue - Des cuisiniers nostalgiques ?

Idée reçue n° 1 : « La cantine, c’est jamais bon ! »

Idée reçue n° 2 : « Être client d’un restaurant,
c’est forcément mieux »

Idée reçue n° 3 : « À la cantine il n’y a pas de vrais cuisiniers »

Idée reçue n° 4 : « Les contraintes sont trop
importantes pour cuisiner »

Idée reçue n° 5 : « Les enfants, n’aiment que
ce qu’ils connaissent »

Idée reçue n° 6 : « Les enfants ont besoin de manger de la viande tous les jours »

Idée reçue n° 7 : « Un peu de bio au menu, c’est déjà bien ! »        

Idée reçue n° 8 : « La qualité et le bio local à la cantine,
c’est trop cher »

Idée reçue n° 9 : « En collectivité le gaspillage est inévitable »

Idée reçue n° 10 : « Les grandes cuisines centrales
sont indispensables »

Épilogue - La cuisine de collectivité est une cuisine sociale

« La cantine, c’est pas bon ! » Pour trop d’élèves, cette affirmation semble relever du présent de vérité générale et constituer une fatalité. Après des années à travailler sur la question, l’un comme cuisiner en collectivité et l’autre comme sociologue, des années à réfléchir et échanger avec d’autres chefs de cantine sur les pratiques professionnelles dans la restauration collective, les auteurs de ce livre ont voulu montrer qu’il peut en être autrement : une autre cantine est possible.

Appuyé sur les témoignages d’une dizaine de cuisinier·e·s de collectivité, cet ouvrage démonte dix idées reçues entendues régulièrement chez les élèves ou leurs parents, mais aussi dans les médias et parmi nombre de professionnels du secteur. De fait, les grands industriels de l’agro-alimentaires ou de la prestation de service aux collectivités, les gestionnaires de marchés publics et les chefs de production des grandes cuisines centrales à 50 000 « repas » par jour n’ont aucun intérêt à ce que la situation évolue.

Ce petit livre, clair et percutant, montre qu’il est possible de bien cuisiner à la cantine, avec de bons produits, locaux, de saison et même « bio », sans élever le prix du repas. Il permet en outre de comprendre à quel point la cuisine de collectivité constitue un « fait social total », un enjeu majeur à la fois environnemental, sanitaire, économique et culturel.

 

Marc Perrenoud est sociologue et anthropologue à l’Université de Lausanne. Depuis vingt ans il étudie le travail et la culture dans les sociétés contemporaines. Il a publié de nombreux ouvrages et articles scientifiques sur le travail artistique, le métier de musicien, mais aussi l’artisanat ou encore la mise en spectacle du travail par la télé-réalité.

Pierre-Yves Rommelaere est cuisinier au collège de Lézignan-Corbières. Il a commencé à travailler à 16 ans dans la restauration commerciale et a été chef pendant des années dans différents établissements du Sud de la France. Il a opté pour la restauration collective en 2007 et depuis, il fait partie des cuisiniers militants qui tentent de faire bouger les lignes en France.

 

12,32 €
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Ce livre est le dernier écrit par Jean-Claude Gillet, emporté par la Covid en novembre 2020. En collaboration avec Josette Boisgibault, il y retrace l’évolution qui été celle du PSU dans son époque, celle qui va des combats pour les droits des femmes depuis les années soixante jusqu’aux luttes féministes des années 70 et 80.

Au travers notamment d’une analyse serrée des publications du PSU publiques et internes tout au long des trente années de son existence (1960/1990), cet ouvrage met en lumière le rôle croissant des femmes dans ce parti et, parallèlement, leur visibilité dans la société, en particulier au tournant des années 70/80. L’émergence au plan national de la personnalité d’Huguette Bouchardeau, devenue secrétaire nationale du parti en 1979 et sa candidate à l’élection présidentielle en 1981, en fut une manifestation tangible.

On trouvera au fil des pages des témoignages de ces militant·es  émaillant les trois décennies décisives qui ont marqué l’émancipation des femmes.

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L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ?

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété des formes d’expression contemporaines du mépris de classe, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Les auteurs à La suite dans les idées sur France-Culture

Une réaction d'auditrice

 Table des matières

 Introduction, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet........................... 5

De la cumulativité des sciences sociales......................................................... 7

Une catégorie heuristique......................................................................... 11

Exercer, ressentir et faire face au mépris de classe.............................. 14

Partie 1. Sociologiser une catégorie morale

Chapitre 1. Le mépris de classe : pratiques et représentations, Claude Grignon                  21

Mépris de classe et hiérarchie sociale........................................................... 21

Le mépris dans les relations............................................................................. 27

Le mépris dans les représentations............................................................... 32

Chapitre 2. « Mépris et dignité : un couple infernal ». Entretien avec Gérard Noiriel, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet              37

Partie 2. Des représentations en actes

Chapitre 3. Le mépris de classe dans le monde du travail. Retour du refoulé ou impossible dissimulation, Nicolas Spire                55

Une brutalité superflue ?.................................................................................. 60

Modes d’expression du mépris de classe dans le monde du travail....... 67

Des hauts fonctionnaires parisiens......................................................... 68

Un contresens opportun........................................................................... 69

Violence des interactions et connivence de classe............................. 70

Pourquoi ce mépris ? ........................................................................................ 71

Le mépris, entre erreur et fantasme : un fruit de l’imagination ?..... 72

Le mépris de classe comme affection du corps.................................... 76

Le mépris de classe, réaction à un risque de diminution de la puissance d’agir     78

Conclusion 79

Chapitre 4. Racialisation des rapports ­sociaux et mépris de classe, Pierre-Emmanuel Sorignet      81

Mise en concurrence et conflits entre ouvrières. Les « anciennes » contre les « jeunes » ?           86

Les Jeunes au travail................................................................................... 89

Racialisation du conflit et mépris de classe................................................. 93

La dévaluation de la figure ouvrière....................................................... 93

L’insulte raciste............................................................................................ 98

La racialisation des rapports sociaux par la direction..................... 100

Un mépris de classe qui s’ignore.................................................................. 102

Chapitre 5. Le « problème des Blacks ». Sur le « racisme » dans le football ­professionnel, Frédéric Rasera     105

Les « Blacks » : une catégorie indigène ...................................................... 108

La défense d’un ethos professionnel .......................................................... 114

Trouver un joueur pour « encadrer les Blacks »....................................... 120

Conclusion 125

Chapitre 6. Le candidat ouvrier, les journalistes et les savants. Sur le « racisme de classe », Éric Darras           127

Habilitations et auto-habilitation d’une candidature ouvrière............ 130

Trois degrés de stigmatisation ..................................................................... 136

L’expression minuscule mais décisive d’une solidarité de classe.. 140

Face à l’ouvriérisme et à l’ironie............................................................ 142

Le retournement du stigmate....................................................................... 144

Conclusion 147

Partie 3. Interactions et rapports de force

Chapitre 7. Un ouvrier qui s’expose, Nicolas Renahy..................................... 153

Une angoisse originelle.................................................................................. 155

Un charisme populaire................................................................................... 161

« Se libérer », s’exposer................................................................................... 163

Se préserver....................................................................................................... 169

Tarir une « soif du travail »..................................................................... 169

« Descendre de l’échelle » et « voyager gratos »................................. 171

Un quant-à-soi désarmé face au mépris de classe................................... 175

Conclusion 178

Tableau : Résumé de la trajectoire de Sébastien et séquences de notre relation           180

Chapitre 8. Résister au mépris de classe. Protections collectives et ­contestations discrètes des ­employés du luxe, Amélie Beaumont        183

Les expressions du mépris comme conséquence de l’organisation de l’hôtel                185

Les rapports sociaux de service dans l’hôtellerie de luxe................ 186

Signifier quotidiennement la hiérarchie ou les formes routinisées du mépris de classe        188

Au-delà du mépris routinisé : quand la prestation ne correspond pas aux attentes des clients             192

Les résistances discrètes des employés...................................................... 196

Rationaliser et minimiser les atteintes à sa dignité.......................... 197

Externaliser son mécontentement aux collègues et revaloriser son rôle                 200

Dénier aux clients un service illimité................................................... 203

Surjouer le service pour former les clients à la politesse et prévenir le mépris de classe        205

Conclusion........................................................................................................ 207

 Chapitre 9. Expressions du mépris de classe. Les infirmières scolaires et leurs publics, Philippe Longchamp 211

Une position spécifique au sein de la profession infirmière.................. 213

Le rapport à la santé des infirmières scolaires.......................................... 215

Face aux classes populaires........................................................................... 218

Face aux fractions économiques des classes supérieures...................... 225

Conclusion 230

Chapitre 10. Produire et éprouver le mépris de classe. Les ouvriers de la propreté urbaine, Hugo Bret            233

Travailler dans les quartiers populaires : se proteger du « haut », se démarquer du « bas »         237

L’effet protecteur de l’entre-soi............................................................. 237

« Ici, c’est des sauvages ! » : la stigmatisation ordinaire des habitants des « cités » 240

Travailler dans les quartiers bourgeois : s’y faire une place et s’y plaire, malgré tout   245

Se faire une place dans les beaux quartiers........................................ 245

« Le monsieur balaye parce qu’il n’est pas directeur comme papa » : l’épreuve de la distance sociale 249

Maintenir les distances........................................................................... 252

Conclusion 256

Chapitre 11. Le mépris de classe dans la vie quotidienne des pompiers, Romain Pudal    261

Le mépris de classe en contexte professionnel......................................... 265

Un uniforme qui uniformise.................................................................. 265

Le monde des « code-barres »............................................................... 267

Un entre-soi de dominés......................................................................... 269

Les « Cassoc’ », figure repoussoir.......................................................... 274

Lutte des classes, lutte de valeurs ................................................................ 276

Un ordre genré.......................................................................................... 277

Le racisme ordinaire et ses interprétations........................................ 280

Être « l’intello de service »....................................................................... 283

Conclusion 285

Postface. Sociogenèse, modalités et effets du « mépris de classe », Gérard Mauger            289

Le champ lexical du mépris de classe......................................................... 290

Mépris de classe et domination............................................................ 290

Mépris de classe et « violence symbolique »....................................... 291

Mépris de classe, racisme de classe et racisme.................................. 292

Sociogenèse du mépris de classe................................................................. 293

Hiérarchies, distance sociale et mépris de classe.............................. 293

Un mépris de classe « de bas en haut » ?............................................. 295

Modalités du mépris de classe...................................................................... 296

Effets du mépris de classe.............................................................................. 298

Conclusion               300

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne).

18,96 €
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Le présent ouvrage propose une réflexion sur la notion de schibboleth, cette distinction qui départage ce qui est considéré comme « d’ici » et ce qui est « d’ailleurs ». Elle permet de rendre compte de la manière la plus adéquate de la condition psychique et anthropologique d’un sujet issu de parents dissemblables, de cette « condition métisse ». Il s’agit d’explorer la question du métissage en nous inscrivant dans la société contemporaine qui, du fait même des brassages, pose non seulement la question de la tolérance envers l’autre étranger, mais aussi celle de la manière dont l’étranger se reconnaît comme tel, et dont se construit l’identité de chacun à partir de cette situation et, enfin le lien avec cette « inquiétante étrangeté » qu’invoquait Sigmund Freud, cette partie de nous que nous préférons ignorer.

Chargé d’enseignement de science politique à l’Université Paris Dauphine, Han Victor Lu est docteur en psychanalyse et titulaire d’un Master de philosophie.

Table des matières

 Préface                                                                                

Introduction                                                                        

Chapitre I

L’objet métis                                                                       

Sortir d’un certain dogmatisme psychanalytique                   

Psychisme et culture                                                          

En passant et retournant à la Grèce                                     

La spécificité de l’Indochine                                                

« Un regard est dans tout pays un langage. » George Herbert

Chapitre II

De l’identification à l’identité                                            

Identification et psychologie sociale                                    

L’impérialisme occidental et la destruction des identités de l’autre      

Et qu’en est-il si ces enfants sont métis ?                              

Conclusion                                                                        

Chapitre III

L’identité dans tous ses états                                             

Théorie freudienne de l’identité                                          

Identité et psychanalyse                                                     

Chapitre IV

Ethnicité, identité et métissage                                         

La Révolution française et l’identité française                       

La crise de l’État et l’identité française contemporaine          

Le concept de l’ethnicité                                                     

Les enjeux contemporains de la « race » et de l’identité        

« Race » et métissage                                                         

Chapitre V

Jadis et présentement                                                        

Jadis : aux temps colonial                                                    

La race et sa hiérarchie                                                       

Une Eurasienne durant le conflit indochinois                        

Porteuses de civilisation                                                     

Gestion libidinale en colonie                                               

Eurasiennes contemporaines                                              

Le présent métis                                                                

Chapitre VI

L’anatomie, est-ce le destin ?                                             

Aux sources de l’antisémitisme                                           

Être juif, est-ce être métis ?                                                

Anecdote et identification                                                  

Portrait du Juif en métis                                                     

Antisémitisme et tabou du métissage                                  

« Féminisation » des sujets coloniaux                                  

Métissage et universalité                                                    

La lutte pour la reconnaissance dans le contexte postcolonial

Femmes asiatiques et destin anatomique                             

Race et destin                                                                    

Le désir de la femme blanche                                              

Conclusion                                                                           

Sous les races, les classes !                                                  

Bibliographie 

D’une certaine façon, l’objet du présent ouvrage est une réflexion sur la notion de schibboleth, cette distinction qui départage, au niveau spéculaire, qui du Moi qui de l’Autre et, au niveau socio-historique, ce qui est considéré comme « d’ici » et ce qui est « d’ailleurs ». Cette notion permet de rendre compte de la manière la plus adéquate de la condition psychique et anthropologique d’un sujet issu de parents dissemblables, que ce soit par la couleur de peau, les traits physionomiques, ou par l’aire culturelle, de cette « condition métisse ». Il s’agira pour nous d’explorer la question du métissage en nous inscrivant dans le contexte de la société contemporaine qui, du fait même des brassages de cultures et de populations qu’elle entraîne, pose au premier plan non seulement la question de la tolérance envers l’autre étranger, mais aussi celle de la manière dont l’étranger se reconnaît comme tel, et dont se construit l’identité intime de chacun à partir de cette situation et, enfin, ultimement, leur lien avec cette « inquiétante étrangeté » qu’invoquait Sigmund Freud, cette partie de nous que nous préférons ignorer.

 

Chargé d’enseignement de science politique à l’Université Paris Dauphine, Han Victor Lu est docteur en psychanalyse et titulaire d’un Master de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a étudié la philosophie africaine auprès du philosophe kényan D.A. Masolo. 

 

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Ce numéro poursuit l’inventaire critique des transformations des sciences et techniques. L’objectif est de rendre raison de phénomènes émergents et instables. Le dossier « Frictions » traite du narcissisme. De nouvelles pièces sont ensuite versées au dossier des classiques à (re)lire, notamment un texte de Johan Galtung sur le « colonialisme scientifique », qu’il analyse à travers le projet Camelot (1964-1965), et un entretien avec l’historienne Antonella Romano. Des essais critiques complètent ce numéro.

Avec les contributions de

Myriam Ahnich, Bruno Canard, Pierre-Henri Castel, Cléo Chassonnery-Zaïgouche, Béatrice Cherrier, Pauline Delage, Stéphane Dufoix, Volny Fages, Johan Galtung, Yves Gingras, Céline Granjou, Paul Guille-Escuret, Marc Joly, Mahdi Khelfaoui, Richard Kilminster, Isabelle Laboulais, Jérôme Lamy, Julien Larregue, Sylvain Lavau, Ronan Le Roux, Camille Noûs, Corentin Roquebert, Margaret W. Rossiter, Arnaud Saint-Martin, Hugo Souza de Cursi, Sébastien Urbanski.

Éditorial         

 

Le Coronavirus, la recherche, et le temps long

Bruno Canard

 

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Confrontations          

 

Edward L. Bernays, la vérité et la démocratie : de la publicité aux relations publiques

Hugo Souza de Cursi

 

Monnet fait des histoires. Écrire pour agir sur le nouvel ordre des choses au tournant du 18e et du 19e siècle

Isabelle Laboulais

 

La sociobiologie est morte, vive la psychologie évolutionniste ! Le rôle de l’ambiguïté et du travail généalogique dans la transformation des spécialités scientifiques

Julien Larregue, Sylvain Lavau, Mahdi Khelfaoui

 

L’effet SIGAPS : la recherche médicale française sous l’emprise de l’évaluation comptable

Yves Gingras & Mahdi Khelfaoui

 

 

——————————

Frictions

 

Le narcissisme sous le regard des sociologues.Introduction au dossier

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

Narcissisme ou informalisation ?

Richard Kilminster

 

Narcissisme et processus de civilisation. Pour une lecture sociologique

Pierre-Henri Castel

 

Le narcissisme pathologique ou les frontières symboliques de la psychiatrie en question

Myriam Ahnich

 

Perversion narcissique, genre et conjugalité

Pauline Delage

 

De la « mère au narcissisme pervers » au « conjoint pervers narcissique ».Sur le destin social des catégories « psy »

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

 

——————————

Libres échanges

 

L’histoire des sciences et des savoirs : réflexions d’ici et d’ailleurs.

Entretien avec Antonella Romano

réalisé par Volny Fages & Jérôme Lamy

 

 

——————————

Friches

 

« Everyone a changemaker! » Philanthropie, religion et spiritualité au secours de l’école publique

Sébastien Urbanski & Camille Noûs

 

 

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Classiques

 

Le savant hait le politique ? Johan Galtung et l’échec du Projet Camelot

Stéphane Dufoix

 

Le colonialisme scientifique

Johan Galtung

 

Margaret W. Rossiter et l’histoire des femmes scientifiques américaines

Béatrice Cherrier & Cléo Chassonnery-Zaïgouche

 

Les femmes scientifiques en Amérique

Margaret W. Rossiter

 

Plus vous regardez, plus vous trouvez : les archives des femmes scientifiques américaines contemporaines

Margaret W. Rossiter

 

 

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Critiques

 

Cybernétique introuvable ou cybernétique à satiété ?

Réponse à Mathieu Triclot

Ronan Le Roux

 

Tribulations d’un sociologue parti à la pêche aux lieux

Paul Guille-Escuret

 

D’un inhumain à l’autre

Céline Granjou

 

Contre l’innovation et sa doxa obsolescente, la maintenance

Arnaud Saint-Martin

Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d’inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu’il s’agisse de l’essor de la psychologie évolutionniste ou de l’emprise de l’évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l’extérieur du champ scientifique. L’éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l’importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier « Frictions » est consacré au problème du « narcissisme ». Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories « psy », les « jugements de personnalité » et les rapports de genre. Un  entretien avec l’historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France.

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En Guadeloupe, on distingue pour évoquer la folie deux catégories : la folie douce et les autres qui incluent les formes violentes et graves avec le spectre du fou enragé. 

C’est une hiérarchie implicite, bien enfouie dans le subconscient. En revanche, elle correspond bel et bien à une grille de lecture locale des manifestations et comportements humains déviants qui reposent sur des faits réels, où s’entremêlent les représentations collectives solidement ancrées ainsi que des éléments de la cosmogonie guadeloupéenne où le surnaturel : Kenbwa, gadèd-zafé, sorcellerie, prédomine. 

Dans le voisinage du métissage et de la créolité, la « folie douce » autant que celle du « fou enragé » nous paraissent chargées de paradoxe et d’ambiguïté avec des contours  hétérodoxes, difficiles à décrypter... 

Recension

Dans France-Antilles du 19 mars 2021

Table des métières

Avant-propos 9

Chapitre 1 : De la créolité en contexte

1.1- Une notion complexe et polémique

1.2- La langue comme marqueur culturel

1.3- Une entreprise socio-anthropologique

Chapitre 2 : Un espace réel pour… des lieux fantasmés !

2.1- Le pays géographique

2.2- Le pays politique

2.3- Le pays économique

2.4- Le pays réel

2.5- Le pays fantasmé

2.6- Les nouveaux mythes sont là

Chapitre 3 : Les folies guadeloupéennes

3.1- Du présupposé universel de la folie

3.2- Une version créole de la folie

3.3- La folie douce pour Théodore

3.4- La folie douce pour Stéphane

3.5- La folie douce pour Irène

3.6- La folie douce pour Jean-Claude

3.7- Un pilier de la maison créole

Chapitre 4 : Des figures controversées de la folie

4.1- Une inadéquation entre l’offre et l’attente

4.2- Une traduction culturelle de la psychiatrie 

4.3 – Autres « maladi-voyé », maladies envoyées

4.4- Un voisinage paradoxal : entre solidarité et persécution

4.5 – On l’a mis dans le rhum

Chapitre 5 : Mais qu’est-ce que l’on entend par vrais fous en Guadeloupe ?

5.1- Ce que les Guadeloupéens nous disent

5.2- Les vrais fous considérés comment violents et dangereux pour la société

Chapitre 6 : Le fou, lui, ne souffre pas ! ?

6.1- La souffrance est-elle déniée ?

6.2 – La souffrance chez d’autres personnes

6.3 – Qui pour reconnaître la souffrance du fou ?

6.4 – Exutoire ou catharsis collective

Chapitre 7 : Ma folie ? Ma chance… ?

7.1- La folie et le don de « Dowmez » (dormeuse)

7.2- L’école de gadèd-zafé,

7.3- Quand « i pa fouti », elle est incapable de...

Chapitre 8 : Le désaccord ­fondamental

8.1- Tirage à hue et à dia

8.2- Celui qui est hospitalisé en psychiatrie

8.3- Mais, quel est donc le choix du patient ?

Chapitre 9 : Les différents ­protagonistes autour de la folie.

9.1- La folie en contexte

9.2- La famille du malade mental

9.3 – L’équipe soignante du secteur psychiatrique …

9.4 – Le psychiatre : Maître à bord ?

9.5- Les infirmiers et infirmières : qui sont-ils ?

9.6 – Les autres thérapeutes de l’équipe

9.7- Des nouveaux « peutes »

Chapitre 10 : De la difficulté d’être soignant en psychiatrie

10.1- La folie comme danger …

10.2- Le choc de contact et ensuite ?!…

10.3- Les violences envers soi et envers les autres

10.4 – Une Énigme stupéfiante 

10.5 – Quelles que soient les difficultés …

Chapitre 11 : Mais comment faites-vous avec de tels malades ?!

11.1- Pas facile de se positionner

11.2- Soigner dans l’entendement de la psychiatrie occidentale

11.3-Soigner avec la magie du « kenbwa »

11.4 – Soigner en combinant les deux créneaux, magie et psychiatrie occidentale

11.5 – Soins créoles, soins hybrides ?

Chapitre 12 : Dynamique sociétale et violence

12.1- Le style de vie pourrait être un indicateur primordial,

12.1- La violence comme mythe fondateur….

12.3- Toute violence n’est pas folie….

Petit lexique

Références bibliographiques

Ce parcours anthropologique illustre une réalité socio-culturelle à propos des représentations de la folie. Mais quelle en est la version créole ?

En Guadeloupe, on distingue pour évoquer la folie deux catégories : la folie douce et les autres qui incluent les formes violentes et graves avec le spectre du fou enragé. 

C’est une hiérarchie implicite, bien enfouie dans le subconscient. En revanche, elle correspond bel et bien à une grille de lecture locale des manifestations et comportements humains déviants qui reposent sur des faits réels, où s’entremêlent les représentations collectives solidement ancrées ainsi que des éléments de la cosmogonie guadeloupéenne où le surnaturel : Kenbwa, gadèd-zafé, sorcellerie, prédomine. 

Cette perception se situe hors de la nomenclature scientifique des pathologies mentales, mais elle est assez bien codifiée par la doxa populaire.

Si, dans l’inconscient collectif, les sociétés créoles sont nées de la rencontre violente entre les peuples amérindiens : Arawak, Caraïbe, les colonisations portugaise, espagnole, britannique, française et la déportation d’esclaves noirs en provenance d’Afrique, peut-on retenir cette antériorité comme énonciatrice des formes de folie en Guadeloupe ?

Dans le voisinage du métissage et de la créolité, la « folie douce » autant que celle du « fou enragé » nous paraissent chargées de paradoxe et d’ambiguïté avec des contours  hétérodoxes, difficiles à décrypter... 

Marlyne Dabrion est docteur en sociologie de l’université René Descartes Paris V. Elle a été cadre supérieure de santé de la fonction publique hospitalière et ancienne directrice-adjointe d’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI). Elle est formatrice en sciences sociales et sciences infirmières.

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La « construction d’objet » occupe une place centrale mais un peu mystérieuse : en substance, la science doit rompre avec le sens commun, voir les choses autrement et  poser ainsi des questions inédites.

Les auteurs  de cet ouvrage explicitent leur construction d’objet en s’appuyant sur leurs recherches (action publique, politique, sport, délinquance, protection de l’enfance, religion, art). Ils montrent que le travail scientifique ne se réduit pas à l’accumulation d’informations et exposent en quoi et avec quoi ces recherches ont impliqué une « rupture ».

Loin de l’image d’une discipline partagée en une multitude de spécialités séparées par un droit d’entrée élevé, la sociologie y apparaît « générale » : elle s’engage ou se risque totalement dans chacun de ses objets.

Une recension dans Revue Lectures

Sommaire

Introduction : Pourquoi revenir sur la « construction d’objet » un demi-siècle après Le Métier de sociologue ?, Louis Pinto

 

I. PARCOURS DE RECHERCHE 

D’enquête en enquête, se construire comme sociologue, Charles Suaud

« Les Français sont nuls en anglais ».Déconstruction d’une discipline scolaire et construction d’objet,

Marie-Pierre Pouly

Retour sur une déconstruction d’objet :le « déficit de la Sécurité sociale », Julien Duval   

La pratique de l’orgue entre deux « objets » : musique et religion, Yvon Lamy

La consommation : déconstruction et reconstruction, Louis Pinto

 

II- (DÉ)CONSTRUCTIONS D’OBJETS 

Construire l’action publique comme objet sociologique, Vincent Dubois

Construire des analogies raisonnées. Réflexions à partir de travaux sur l’excellence individuelle, Manuel Schotté

Genèse de la protection de l’enfance: « construction (d’objet) finie, construction infinie », Patrice Pinell

La délinquance : nouvel essai de construction d’objet, Gérard Mauger

La « socio-biocratie », chronique d’une construction en cours, Bernard Pudal

Bourdieu, la nature de l’activité intellectuelle et ce que la sociologie peut apporter à la philosophie, Benoit Gaultier

Conclusion, Gérard Mauger

Dans la démarche qu’exposaient les auteurs du Métier de sociologue (Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon et Jean-Claude Passeron) la « construction d’objet » occupait une place centrale mais un peu mystérieuse : en substance, la science doit rompre avec le sens commun, voir les choses autrement et  poser ainsi des questions inédites.

Signe peut-être de sa réussite, cette notion n’a pas échappé à une certaine routinisation. Il est d’autant plus utile de revenir aujourd’hui sur sa signification et ses enjeux.

L’intention de ce recueil n’est pas de collecter et compiler des commentaires savants. Plusieurs chercheur•e•s se sont efforcés d’expliciter leur construction d’objet en s’appuyant sur leurs propres recherches (action publique, politique, sport, délinquance, protection de l’enfance, religion, art). Ils montrent que le travail scientifique ne se réduit pas à l’accumulation d’informations sur un domaine et exposent en quoi et avec quoi ces recherches ont impliqué une « rupture ».

Loin de l’image académique et bureaucratique d’une discipline partagée en une multitude de spécialités séparées par un droit d’entrée élevé, la sociologie y apparaît « générale » : elle s’engage ou se risque totalement dans chacun de ses objets. Telle est la raison d’être de cet ouvrage.

 

Louis Pinto est directeur de recherche émérite au CNRS et membre du Centre de sociologie européenne (CSE-CESSP). Il anime avec Gérard Mauger les Rencontres « Lire les sciences sociales ».

Cet ouvrage contient les contributions de Vincent Dubois, Julien Duval, Benoît Gaultier, Yvon Lamy, Gérard Mauger, Patrice Pinell, Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly, Bernard Pudal, Manuel Schotté et Charles Suaud.

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En juin 2007, la France s’engage sur la voie d’une nouvelle « révolution libérale » sous l’égide de Nicolas Sarkozy. L’Europe ambitionne alors de devenir rapidement « l’économie la plus dynamique et la plus compétitive du monde ».

L’auteur, à travers ses éditoriaux de la revue Savoir/Agir, a tenu la chronique des conjonctures économiques et politiques qui ont caractérisé au fil des jours cette période de bouleversements, dont il propose une lecture à la fois sociologique et engagée.

Frédéric Lebaron est professeur de sociologie à l’École normale supérieure Paris-Saclay (université Paris-Saclay). Il co-anime la revue Savoir/Agir depuis 2007. Il a été président de l’Association française de sociologie entre 2015 et 2017. 

Table des matières

Introduction

2007 : l’ avènement du sarkozysme en France

1. Pour un intellectuel collectif autonome international (juillet 2007)

2. Jusqu’ à quand ? (novembre 2007)

2008 : de la libération de la croissance à la crise financière mondiale

3. Le retour des revendications salariales (­février 2008)

4. Trois questions pour la « gauche » (mai 2008)

5. Le projet néo-libéral en crise ? (juillet 2008)

6. Changements systémiques (octobre 2008)

2009 : Le monde en crise, vers une alternative au néolibéralisme ?

7. Vers une nouvelle force politique ? (février 2009)

8. Vers une société de défiance (mai 2009)

9. Un conte moral (août 2009)

10. Retour à la normale ? (novembre 2009)

11. Vers l’ émergence d’ une alternative globale ? (février 2010)

12. Vers un mouvement social européen ? (mai 2010)

13. Vous avez dit « populisme » ? (juillet 2010)

14. L’  « après-crise » ou les habits neufs du néo-libéralisme (novembre 2010)

2011 : le temps des révolutions ?

15. Jusqu’ où ira la vague révolutionnaire de 2011 ?

16. Fin d’ un monde ? (juin 2011)

17. Austérité perpétuelle ? (juillet 2011)

18. Bientôt l’ heure des choix ? (septembre 2011)

2012 : fin du sarkozysme et déception du ­hollandisme

19. La fin de la démocratie européenne ? (décembre 2011)

20. Le triple échec du candidat de la finance et des marchés (mai 2012)

21. Le nouvel espace politique européen (juillet 2012)

22. Dogmatiques et pragmatiques dans la révolution néolibérale européenne : un conflit central (octobre 2012)

2013. Renaissance des passions françaises et austérité confirmée

23. La droite française, l’ Europe et l’  « effet phobie » (février 2013)

24. Vers la déflation ? (mai 2013)

25. Est-ce le « retour de la confiance » ? (juillet 2013)

Indicateur de climat des affaires France

26. Quel projet démocratique ? (novembre 2013)

2014 : l’ Europe en panne

27. Quand le gardien du temple devient le sauveur des marchés (2014)

28. En avant vers l’ abîme ? (mai 2014)

29. Vers une instabilité structurelle de l’ ordre mondial ?

Menace de l’ État islamique

Le conflit israélo-palestinien, carburant de la radicalisation

30. Réformes structurelles (novembre 2014)

2015 : la tragédie grecque

31. Europe : vers des irruptions démocratiques ? (­février 2015)

32. Troubles dans l’ ordre néolibéral (mai 2015)

33. Vers le « retour des intellectuels » ? (octobre 2015)

34. À l’ heure de la géopolitisation (décembre 2015)

2016 : enfin une reprise économique générale ?

35. Risques politiques (mars 2016)

36. Maintien de l’ ordre (mai 2016)

37. Chocs (juillet 2016)

38. La force des idées zombies (novembre 2016)

2017 : la crise politique française, indice d’ un processus de déstabilisation globale

39. Une affaire d’ ethos : le cas Fillon et la crise du néolibéralisme (Mars 2017)

40. Le changement dans la continuité (juillet 2017)

41. Europe : refonte ou renforcement des politiques d’ austérité concurrentielle ? (septembre 2017)

42. Pour la science : raison et démocratie face aux pouvoirs économiques et politiques (décembre 2017)

2018 : la fin du libre-échange ?

43. Le mythe de la compétitivité et le déclin de l’ Occident (mars 2018)

44. Macronisme et trumpisme, deux idéologies ­parentes ? (mai 2018)

45. Déstabilisations (juillet 2018)

46. « Sortie de crise » (décembre 2018)

2019 : le changement climatique au centre de l’ agenda global

47. Quelle dynamique des classes sociales à l’ échelle mondiale ? (février 2019)

48. Capitalisme français : le début de la fin ? (juillet 2019)

49. Pour un changement de paradigme (­septembre 2019)

50. Pour une conception égalitaire et coopérative de l’ enseignement supérieur et de la recherche (­décembre 2019)

Pour un nouvel ordre écologique, social et économique

2020 : Le changement global s’ accélère sur fond de pandémie

En juin 2007, la France s’engage sur la voie d’une nouvelle « révolution libérale » sous l’égide de Nicolas Sarkozy. L’Europe ambitionne alors de devenir rapidement « l’économie la plus dynamique et la plus compétitive du monde ».

C’était compter sans la crise financière mondiale qui a ébranlé les croyances dominantes sur l’efficience des marchés, la supériorité des États-Unis et le caractère protecteur de la zone euro. Dès 2010, celle-ci est plongée dans les affres du désendettement public et de l’austérité budgétaire, qui prennent une forme aiguë en Grèce. Les États-Unis voient leur hégémonie de plus en plus fortement contestée, jusqu’à devenir, à partir de 2016 et l’élection de Donald Trump, un foyer central de remise en cause du libre-échange et de la mondialisation des marchés.

La période 2007-2020 est marquée par l’ascension régulière de la Chine au statut de puissance de premier plan, par les « révolutions arabes » et la montée du terrorisme islamiste. Elle est traversée par des changements profonds dans l’ordre social de nombreux pays : la remise en cause de la domination masculine et des discriminations subies par divers groupes marginaux s’y accompagne d’une montée du racisme, des idéologies d’extrême-droite et des discours réactionnaires. L’enjeu écologique devient simultanément le problème public central de notre temps.

L’auteur, à travers ses éditoriaux de la revue Savoir/Agir, a tenu la chronique des conjonctures économiques et politiques qui ont caractérisé au fil des jours cette période de bouleversements, dont il propose une lecture à la fois sociologique et engagée.

Frédéric Lebaron est professeur de sociologie à l’École normale supérieure Paris-Saclay (université Paris-Saclay). Il co-anime la revue Savoir/Agir depuis 2007. Il a été président de l’Association française de sociologie entre 2015 et 2017. 

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L’ébranlement de la légitimité de la République islamique a déclenché un processus de radicalisation. Cette radicalité se lit à travers le projet politique global de domination mis en œuvre dans les années 2010 qui ne cherchait plus à gagner l'adhésion de la population, mais à la « tenir » suffisamment pour pouvoir méthodiquement aliéner les prochaines générations. Le présent ouvrage est né du besoin de tirer au clair cette question épineuse du processus de radicalisation de la République islamique. L’auteure examine la nouvelle politique intérieure, mettant par là même en lumière la césure qui s’est opérée en 2009 aussi bien que l’ambition régionale hégémonique du régime théocratique.

Marie Ladier-Fouladi est sociodémographe, ­directrice de recherche au CNRS/EHESS-CETOBaC.

L’ébranlement de la légitimité de la République islamique suite au scrutin présidentiel frauduleux de juin 2009 et à la vague de protestations postélectorale – baptisée « Mouvement vert » – qu’il a provoquée, a déclenché un processus de radicalisation du régime politique iranien. Cette radicalité se lit à travers le projet politique global de domination totale mis en œuvre dans les années 2010 qui ne cherchait plus à gagner l'adhésion de la population alors exaspérée, mais à la « tenir » suffisamment pour pouvoir méthodiquement aliéner les prochaines générations, voulues nombreuses et dévouées à l'État théocratique. Cette nouvelle politique intérieure se prolonge sur le plan régional et international, par la présence de forces militaires iraniennes ou pro-iraniennes dans les pays avoisinants – présence qui a déjà déclenché l’escalade des tensions extrêmes dans la région, envenimant par là même les relations antagonistes ­irano-américaines. Ce bras de fer Iran/États-Unis risque d’entraîner la République islamique dans un nouveau conflit alors qu’elle vient de commémorer le 40ème anniversaire de la guerre Irak-Iran (22 ­septembre 1980).

Le présent ouvrage est né du besoin de tirer au clair cette question épineuse du processus de radicalisation de la République islamique. L’auteure s’est attachée pour ce faire à examiner la nouvelle politique intérieure, mettant par là même en lumière la césure qui s’est opérée en 2009 aussi bien que l’ambition régionale hégémonique du régime théocratique.

Marie Ladier-Fouladi est sociodémographe, ­directrice de recherche au CNRS/EHESS-CETOBaC. Ses ­recherches actuelles portent sur la mutation radicale du régime ­islamique en Iran.

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