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Les années 1860 marquent une rupture avec l’approche fataliste de la mort des enfants en bas âge qui prévalait dans la société jusque-là. La création d’une Société Protectrice de l’Enfance, la parution d’écrits médicaux et l’engagement d’un débat à l’Académie de médecine sont les trois événements à partir desquels va se construire une représentation faisant de la mortalité infantile un problème majeur menaçant une France sur la voie de la dépopulation, minée par la crise des valeurs familiales et les velléités d’émancipation de certaines femmes.

Au centre de cette représentation, les dysfonctionnements d’une « industrie des nourrices », dont les activités pourtant ne cessent de croître, parce qu’elle tire profit de l’irresponsabilité des nombreuses mères refusant l’allaiter leur enfant. Parisienne au départ, la cause des nourrissons gagne rapidement les Bonnes Sociétés provinciales. Le mouvement philanthropique invente un dispositif de contrôle des nourrices à domicile, intrusif, combinant surveillance médicale des nourrices et patronage des enfants placés. Un dispositif que la loi Roussel reprendra à son compte. Ainsi naît le prototype de ce que seront, en France, les politiques menées dans le secteur social, avec un État qui fixe le cadre légal, qui définit les orientations et dont l’administration supervise et contrôle (du moins en théorie) des interventions de terrain réalisées par des agents du secteur privé, payés ou bénévoles.
Pour rendre compte de cette histoire, l’analyse proposée dans ce livre s’intéresse aux rapports que la naissance de la protection de l’enfance entretient avec des questions sociales majeures qui traversent tout le dix-neuvième siècle. Car ce qui est en jeu dans les débats qui ont cours dans le champ du pouvoir autour du sort des nourrissons, ce sont les modalités d’exercice (souhaitables) de la domination masculine dans une société de démocratie patriarcale, l’expression (acceptable) que peuvent prendre les rapports de domination de classe, la légitimité de l’État à intervenir dans la sphère privée, que ce soit au niveau de la famille ou d’un marché économique, et cela au nom de la protection de la santé physique et morale de l’enfant. Toutes questions qui, même si les termes où elles se posent ont changé, gardent, aujourd’hui encore, leur pleine actualité.

18,96 €
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Le Portugal a des liens importants et anciens avec la France, mais il y demeure très mal connu, en dépit de l’histoire migratoire qui a conduit des centaines de milliers de Portugais en France depuis les années 1960 et du récent engouement touristique qui entraîne les Français en sens inverse.

Cet ouvrage présente pour la première fois au lectorat francophone les résultats d’un vaste ensemble de recherches sociologiques réalisées depuis les années 1970. Ces travaux, d’une grande originalité et d’une forte cohérence, offrent un regard riche et précis sur les transformations du pays depuis plus de 40 ans, tant à l’échelle nationale que régionale. Ils reposent sur plusieurs enquêtes de terrain approfondies et de longue durée réalisées dans des contextes très variés du Nord du pays : une zone rurale devenue périurbaine, une région industrielle connaissant des évolutions contrastées (entre modernisation et profonde crise) et enfin plusieurs quartiers de la ville de Porto.
Croisant socio-histoire, enquêtes statistiques et ethnographie, ce livre donne à voir les transformations majeures de la société et des classes sociales au Portugal, en lien avec les transformations de l’État et des structures économiques, depuis la fin de la dictature jusqu’à la crise récente.
Virgílio Borges Pereira est professeur de sociologie à l’Université de Porto (Faculté des Lettres et Faculté d’Architecture) et membre de l’Institut de sociologie de l’Université de Porto.
Yasmine Siblot est professeure au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Paris 8 et membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et sociétés urbaines.

Table des matières

Introduction générale, Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot

Première partie : Faire la sociologie de transformations sociales accélérées

Chapitre 1 : Une sociologie de terrain théoriquement engagée, José Madureira Pinto
Chapitre 2 : Étudier la « formation sociale portugaise » : éléments de cadrage et de comparaison, Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot

Deuxième partie : Saisir des rapports de classe localisés

Présentation, Nicolas Renahy
Chapitre 3 : Institutions, dispositions et pratiques : le cas de la production du logement, José Madureira Pinto
Chapitre 4 : Classes sociales et divisions symboliques dans la ville de Porto, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 5 : Chômage et rapports sociaux dans un espace en voie de désindustrialisation, Ester Gomes da Silva, Maria Inês Coelho, Sandra Leitão
Chapitre 6 : Entre ici et là-bas. Notes de recherche sur l’émigration en Espagne d’ouvriers portugais du bâtiment, João Queirós, Bruno Monteiro

Troisième partie : Classes populaires et rapport aux institutions en pratiques

Présentation, Vincent Dubois
Chapitre 7 : Les contradictions du processus éducatif, José Madureira Pinto
Chapitre 8 : L’expérience réitérée de la relégation urbaine : une enquête sociologique dans un « quartier social » menacé de démolition, João Queirós
Chapitre 9 : L’évolution des politiques sociales et répressives dans un contexte de libéralisation, Rui Pedro Pinto

Quatrième partie : Classes sociales et politique

Présentation, Yasmine Siblot
Chapitre 10 : Les intellectuels, le pouvoir et la ville. L’espace social des intellectuels à Porto pendant l’Estado Novo (1958-1965), Bruno Monteiro, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 11 : Sur l’importance de s’appeler Ernesto, Avelino ou Amadeu. Notes sur la mémoire du Porto (post) révolutionnaire, Virgílio Borges Pereira
Chapitre 12 : Faire l’économie du corps. Politiques managériales et stratégies ouvrières de résistance dans une usine portugaise, Bruno Monteiro

18,96 €
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Les informations pléthoriques et dérégulées découragent toute controverse et dévalorisent les notions mêmes de vérité et de connaissance objective de notre monde commun. Cette connaissance reste d’autant plus indispensable que nous nous trouvons à l’échelle planétaire face à de multiples dangers politiques, sanitaires et environnementaux, notamment une évolution climatique aussi complexe qu’imprévisible.

Un article dans la revue de la Ligue des drpits de l'homme

Les informations pléthoriques et dérégulées découragent toute controverse et dévalorisent les notions mêmes de vérité et de connaissance objective de notre monde commun.

Cette connaissance reste d’autant plus indispensable que nous nous trouvons à l’échelle planétaire face à de multiples dangers politiques, sanitaires et environnementaux, notamment une évolution climatique aussi complexe qu’imprévisible.

Or, du lobbying généralisé qui fabrique du mensonge à dessein pour semer le doute à la « foutaise » qui prétend n’importe quoi (Trump ne ment pas, il se fout de la vérité), l’ère de la post-vérité revêt de multiples facettes détaillées dans cet ouvrage.

Né d’une table ronde organisée par l’association Sciences Citoyennes, ce livre dépasse un cadre disciplinaire strict et bénéficie d’une pluralité de points de vue. Il dépasse le stade des constats pour éclairer le phénomène de la prétendue « post-vérité » dans un domaine où l’idée de vérité partagée est essentielle : celui des sciences.

Il explore plusieurs pistes pour démocratiser la connaissance scientifique et la pensée critique à l’heure où la précarisation de l’information redouble la précarité économique de bon nombre de citoyens qui exigent à juste titre de n’être plus des intermittents de la vie politique.

Table des matières

Préface, Stéphane Foucart
Introduction. Pour sortir de l’ère viciée de la « post-vérité », Maryvonne Holzem
Autour de la « post-vérité », de menaçantes convergences, François Rastier
La post vérité : une maladie intellectuelle guérissable, Jean-Jacques Rosat
De la post-vérité à la foutaise, Pascal Engel
La fraude dans les sciences : des pratiques nouvelles banalisées, Jacques Testart
Les sciences au risque de la post-vérité. Sciences pour la croissance et sciences non faites, Catherine Bourgain
L’étude des controverses sociales à thème scientifique. Quelle formation pour les jeunes universitaires ?, Michel Goldberg
L’opinion française et le conspirationnisme : retour sur une enquête critiquée, Rudy Reichstadt et Valérie Igounet
Conclusion. Reconstruire les vérités objectives, Maryvonne Holzem

11,37 €
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Charles Wright Mills (1916-1962) compte parmi les grands sociologues américains du xxe siècle. Si ses livres les plus lus sont, en France, assez régulièrement réédités, il reste de nombreux pans de son œuvre à découvrir.

C’est le cas, notamment, des nombreux articles qu’il publia durant les années 1940, dans le domaine de la sociologie de la connaissance et de la théorie sociologique. Mills y livre des esquisses d’analyse de l’action et du langage, il n’hésite pas à entrer en contradiction avec ses collègues, dans des recensions tranchantes.

Ces Critiques sociologiques comprennent six textes écrits durant cette période. On y retrouvera le style inimitable du sociologue critique et radical, qui s’est imposé quelques années plus tard dans la discipline aux États-Unis, mais aussi dans le débat public. Ses arguments, polémiques et volontiers ironiques, rectifient l’image, hélas souvent colportée, d’une tête brûlée. Ils rendent lisibles les vies multiples de l’auteur : homme engagé sur tous les fronts intellectuels et politiques, critique sévère mais tellement percutant de la société américaine de l’époque, et aussi penseur d’une grande profondeur.

Mills, longtemps professeur à l’université Columbia, à New York, n’a pas cessé de chercher des réponses aux grands problèmes des sciences humaines et sociales. Parce que ces problèmes occupent toujours l’imagination sociologique, ces écrits ne sont pas près de perdre leur actualité.

14,22 €
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Adoptée en août 2016 après trois recours à l’article 49.3 de la Constitution, la réforme du Code du travail portée par Myriam El Khomri a suscité un conflit social majeur et de profondes divisions politiques.

Répondait-elle à un problème public ? Comment son contenu a-t-il été décidé et légitimé ? Quelles sont les trajectoires des acteurs ayant produit le « projet de loi Travail » ? Pourquoi celui-ci est-il devenu l’enjeu d’une vive controverse ?

Pour répondre à ces questions, ce livre combine deux méthodes d’enquête. D’une part, une analyse des discours publics des membres du gouvernement et d’une série d’articles et de rapports d’experts. D’autre part, la réalisation d’entretiens avec des acteurs clés et des témoins du processus de production du projet de loi, parmi lesquels plusieurs anciens membres du cabinet de Myriam El Khomri.

Les questions abordées concernent plusieurs sciences sociales. Mais ce livre intéressera aussi le citoyen surpris par l’imposition autoritaire d’une réforme du Code du travail qui ne figurait pas au programme du candidat Hollande. L’ouvrage éclaire également la réforme menée en 2017 par Emmanuel Macron, et le projet de société porté par ce dernier.

Philippe Légé est maître de conférences en économie à l’université de Picardie et membre du Centre de Recherche sur l’Industrie, les Institutions et les Systèmes Économiques d’Amiens (CRIISEA).

14,22 €
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Dans l’espace politique français, l’Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics.

Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l’austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale.
Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique.
Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n’est pas tout simplement effacé.
La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l’intérieur. D’autres, à l’inverse, défendent la sortie de l’Union européenne, tout au moins de l’euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux.
Ce livre, dont l’orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l’Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d’elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés – le cas échéant les impossibilités – et les perspectives qu’elle ouvre.
À l’heure du Brexit, d’une crise politique européenne qui n’en finit pas, et à l’approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.

9,48 €
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Le terrorisme, depuis le début des années 2000, a pris la dimension d’une menace majeure. Pourtant, le débat sur cet enjeu de sécurité publique et internationale semble rarement à la mesure des questions posées sur les origines de cette violence politique et sociale, et par conséquent sur la nature des réponses qu’il faut lui apporter.

La notion même de terrorisme reste sans définition qui fasse consensus. Que recouvre ce mot ? Qu’est-ce que cette chose que l’on nomme mais que l’on ne parvient pas à définir, alors que certains refusent même d’en chercher les causes ? Pourquoi fait-on du terrorisme, avec autant d’insistance, une violence politique très spécifique ?
Ce livre est une réflexion critique sur la définition du terrorisme, et en particulier sur la façon dont il fait l’objet d’une instrumentalisation idéologique permanente. Il est vrai que cette violence criminelle est d’abord un terrible révélateur de la crise de société, de la crise des politiques de domination, et d’un ordre mondial de précarités, de déliquescences, de tensions géopolitiques et de guerres.

11,37 €
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Ce livre part d’une question : pourquoi les gauches ne parviennent-elles pas à faire émerger un projet crédible en dépit de l’urgence des besoins ? Il repose sur une conviction : un des (nombreux) obstacles réside dans le fait que l’on reste trop souvent sur le terrain de l’adversaire en ne combattant pas explicitement la forme même de pensée sur laquelle s’appuie l’idéologie dominante et qui la conforte.

À l’heure actuelle émerge, à partir des avancées scientifiques, une nouvelle forme de pensée, profondément dialectique : la pensée du complexe, qui  peut fournir une aide considérable à l’action politique émancipatrice et nourrir un renouvellement du rationalisme. Il s’agit d’une forme de pensée globale, dynamique, qui recherche notamment les interactions qui causent des transformations, l’émergence, la multiplicité des causes et des possibles, les rétroactions, et qui prend en compte l’incertitude… Elle est complémentaire de la méthode dialectique qu’elle est susceptible d’enrichir comme d’en être enrichie, pour penser la complexité de la société actuelle.

9,48 €
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Issu pour une large part d’une recherche collective portant sur la construction et les usages des indicateurs sociaux, ce livre se fixe un triple objectif.

Il entend d’abord rendre compte des logiques contemporaines de production des chiffres donnant à voir une certaine représentation de la question sociale. Il explore ensuite les dimensions que ces chiffres occultent. Enfin, il se veut force de proposition pour rendre ces dimensions visibles et que les plus démunis, matériellement et symboliquement, puissent avoir voix au chapitre de la quantification. Il interroge ainsi les conditions de l’émergence d’une critique de l’ordre des choses.

À l’arrière-plan des débats portant sur la « bonne » ou la « juste » mesure de la pauvreté, des inégalités sociales, des problèmes publics et des publics « à problème » se pose la question fondamentale de la définition de ces notions. Celle-ci est inséparable des luttes qui opposent différents groupes sociaux pour imposer  leur point de vue comme vision partagée et largement admise. Les chiffres qui circulent autour de la question sociale traduisent ainsi des rapports de force entre groupes professionnels, responsables politiques, militants associatifs, groupes de pression, etc. Paradoxe apparent, les populations concernées se retrouvent souvent exclues des opérations menant à leur représentation parce que ne possédant pas les ressources nécessaires pour faire valoir ce qui leur pose problème et ce qui importe pour elles. Dépossédées du diagnostic, elles le sont tout autant de la définition du traitement de leurs « maux ».
Rémy Caveng est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS (Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique), à la SFR Condorcet et chercheur associé au Cessp-CSE (université Panthéon-Sorbonne).
Claude Thiaudière est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS.

17,06 €
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Le rap – en particulier le rap indépendant – est généralement perçu et se présente volontiers lui-même comme la chronique musicale de la vie des « jeunes de cité », dénonçant le racisme et les injustices sociales qu’ils subissent tout en exprimant leur désir de reconnaissance et d’ascension sociale.

Basée sur une enquête de terrain réalisée à la fin des années 2000 auprès de rappeurs indépendants dans la région parisienne et lyonnaise, centrée sur l’étude des trajectoires sociales et du travail artistique, cette recherche présente les rappeurs sous les traits d’auto- ou de petits entrepreneurs, évoluant en marge des industries culturelles. Ce genre de carrière peut se comprendre comme une stratégie d’ascension culturelle, voire économique, le plus souvent vouée à l’échec, mais offrant des compensations symboliques à travers l’accès à la vie et à l’identité d’artiste, à des jeunes des classes populaires ou moyennes confrontés à leur déclassement. Plus diversifié socialement qu’on ne le croit généralement, le monde du rap indépendant est aussi divisé entre des pôles économique, professionnel et d’engagement, en fonction de la plus ou  moins grande distance des artistes par rapport aux industries culturelles. Ce genre musical se présente ainsi comme un univers révélateur des phénomènes de mobilité et de reproduction sociales. Il permet ainsi de mettre en évidence l’articulation des dimensions économiques et culturelles dans la production musicale.

Fabien Brugière, ancien élève de l’École normale supérieure de Paris, est maître de conférence à l’université de Strasbourg (SAGE) et chercheur associé au laboratoire CRESPPA-GTM.

17,06 €
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Ces repères pour résister à l’idéologie dominante transgressent les interdits récemment réactivés par divers rappels à l’ordre politiques et académiques.

Ils s’ingénient, en effet, à découvrir des « excuses sociologiques » aux « inexcusables » : qu’il s’agisse de s’interroger sur la sociogenèse des trajectoires djihadistes ou de tenter de rendre compte du vote FN d’une fraction des classes populaires. Ils s’efforcent de mettre en évidence divers procédés de légitimation d’inégalités « obscènes » : comme la célébration des « talents ». Ils mettent en évidence la division du travail discursif sur l’Union Européenne entre philosophes « à façon » et économistes « à gages ». Ils s’emploient à clarifier l’usage de catégories routinières (comme l’opposition « droite/gauche » ou la notion galvaudée de « populisme »), à dissiper le brouillage d’un champ politique devenu illisible et à rappeler les leçons de l’expérience grecque à ceux qui rêvent d’une « autre Europe ». Bien qu’ils s’imposent un double devoir de « réflexivité » et de « scientificité », ces repères qui mettent les ressources de la sociologie au service de ce genre de transgressions, s’exposent sans doute ainsi à réveiller toutes les formes d’anti-intellectualisme que suscite « l’engagement sociologique ». Pourtant, comme disait Durkheim, « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS - EHESS - Paris 1)

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Le syndicalisme ouvrier en France appartient-il au passé ? Incapable d’enrayer le déclin que connaît l’industrie depuis quarante ans, il est également confronté à une crise sur le sens de son action militante.

Recension dans Travail et Emploi, la revue de la DARES, n° 161-2020

Pourtant, loin des échecs des grandes mobilisations nationales, des syndicalistes mènent des luttes sur leurs lieux de travail, dont on ne mesure pas toujours ni l’inventivité ni les effets. Hélio-Corbeil, imprimerie située à Corbeil-Essonnes, en est une illustration : en février 2012, emmenés par la CGT, les salariés parviennent à reprendre leur entreprise sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). 80 emplois sont sauvés et l’activité est alors relancée. À partir d’une enquête au long cours, mêlant immersion et travail d’archives, cet ouvrage revient sur l’origine de cette lutte et la mise en place de la coopérative. Il propose une vision différente du syndicalisme, où la gestion constitue une arme de résistance salariale, hier comme aujourd’hui, et s’interroge sur ses conditions d’appropriation. Face à la financiarisation de l’économie, le salut du monde ouvrier passera-t-il par la conquête du pouvoir dans l’entreprise ?

Maxime Quijoux est sociologue, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire Printemps (Professions, Institutions, Temporalités) à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre associé du LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique) au CNAM. Il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (Éditions de l’IHEAL, 2011) et a dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et le travail (Presses Universitaires de Rennes, 2015).

Quelques recensions
 
 
 
 
 
 
le monde
 

 

 

 

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<p>Les années 1860 marquent une rupture avec l’approche fataliste de la...
<p>Le Portugal a des liens importants et anciens avec la France, mais il...
En cours de réimpression. Il devrait être à nouveau disponible et vous sera envoyé sous une quinzaine de jours.
<p>Les informations pléthoriques et dérégulées découragent toute...
<p>Charles Wright Mills (1916-1962) compte parmi les grands sociologues...
<p>Adoptée en août 2016 après trois recours à l’article 49.3 de la...
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