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Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Une recension dans la Revue Lectures

Table des matières

Présentation

C 'était en Algérie pendant les années de guerre... Ils ont connu Pierre Bourdieu, soldat et apprenti chercheur

Que signifie : débarquer à Alger ?

Un soldat apprenti chercheur

Enseignant et éveilleur de conscience par la recherche

Inventer un mode nouveau de travailler et de résister

Les libéraux étaient des gens qui estimaient que les guerres coloniales étaient hors de saison

Entretien avec André Nouschi

« On n’avait jamais vu “Le Monde” ; nous étions une petite frange de gauche entre les communistes et les socialistes »

Entretien avec Lucien Bianco

« Depuis, je n’ai jamais pensé que la sociologie doive servir à autre chose »

Entretien avec Alain Accardo

« Il se sentait bien avec nous… Cela signifiait qu’il était de notre bord »

Jean Sprecher

C’était un esprit curieux

Père Henri Sanson

C'était en 1957… Sous la lumière d’Alger que j’ai rencontré un des hommes les plus géniaux et les plus attachants

Bernard Mazaud

« Il était UN parmi les dix ». Autour de l’enquête sur les camps de regroupement dans Le Déracinement

Salah Bouhedja

Retour sur l'Algérie au temps des camps de regroupement. Souvenirs d’un étudiant enquêteur dans l’équipe Bourdieu-Sayad

Jacques Budin

L’autre Bourdieu

Entretien réalisé par Hafid Adnani et Tassadit Yacine

Chronologie des événements historiques (1954-1962)

Lettres à André Nouschi

Documents inédits

Les travaux de Bourdieu sur l’Algérie

Index

Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Ce livre vise à éclairer le lecteur, fût-ce partiellement, sur ce parcours exceptionnel, à partir de témoignages oraux, véritables archives vivantes, émanant de collègues et d’étudiants qui ont côtoyé le chercheur en herbe et partagé avec lui moult angoisses, espoirs et désespoirs dans un climat de tensions politiques dans une guerre de libération, qui avait alors gagné tant le monde rural que le monde urbain, comme l’a illustré la bataille d’Alger en 1957.

Directrice d’études à l’EHESS et chercheure au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), directrice de la revue AWAL, Tassadit Yacine a consacré de nombreux travaux à la compréhension des mécanismes de domination dans les sociétés anciennement colonisées d’Afrique du Nord.

14,22 €
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La nature de l’islam, la place des musulmans, deux thèmes qui taraudent – et souvent enflamment – les débats de la société française depuis plusieurs décennies. L’ambition de cet essai est de tenter de mettre en lumière l’ancienneté des regards français – car c’est évidemment au pluriel qu’il faut s’exprimer – sur cette religion et sur cette communauté. Quatorze auteur-e-s, spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes, ont cherché à historiciser cette question. Et l’on découvrira, ou l’on aura confirmation, dans ces pages, que bien des jugements et attitudes d’aujourd’hui ont des racines multiséculaires, parfois venues du grand choc que furent les Croisades. Au fil des siècles, intérêt, adhésion et hostilité se croiseront. L’étude couvre la totalité de la période coloniale et s’achève donc à la guerre d’Algérie. Au lecteur du début du XXIE siècle de tirer des enseignements sur l’état actuel du débat sur ces questions. 

Recensions

El Watan, 8 février

Le courrier de l'Atlas, février 2022

Sommaire

Comment les nommer ? Les hésitations du vocabulaire français face à l’I/islam et aux Musulmans

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Images de Mohammed /Mahomet au fil des siècles

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Mise au point historico-sémantique : le mot et les maux de l’islamophobie 

Roland Laffitte & Alain Ruscio

L’hostilité à l’I/islam et aux musulmans, phénomène multiséculaire

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Intérêt paradoxal pour l’I/islam, l’autre tradition française 

Roland Laffitte & Alain Ruscio

Poitiers 732, Roncevaux 778 : vraies batailles, fausses histoires

Alain Ruscio

Les sciences arabo-islamiques vues de France (XIXe-XXe siècles)

Simone Mazauric

L’Islam en France sous l’Ancien Régime et la Révolution :  attraction et répulsion

Faruk Bilici

Le prophète de l’Islam au prisme de la raison « calme et réfléchie » : la vie de Mahomet par Henri-François Turpin (1773-1779)

Sébastien Jahan

Le sort des mosquées en Algérie française, de la conquête au début du XXe siècle

Alain Ruscio

État et islam dans l’Algérie coloniale. Séparation contrariée, laïcité empêchée.

Hocine Zeghbib

Regards français sur le hajj, de l’expédition d’Égypte à la Grande Guerre

Luc Chantre

Les autorités coloniales, les écoles coraniques et la langue arabe en Algérie

Aïssa Kadri

Les conversions d’Européens à l’islam durant la période coloniale

Roland Laffitte, Naïma Iffkir-Laffitte, Ophélie Léonard, Laurence Montel, Jacques Poirier & Alain Ruscio

Les «Reniés» du Protectorat français au Maroc

Gérard Chalaye

Regards français sur le voile islamique, XIXe -XXe siècles

Alain Ruscio

Comment l’incompréhension coloniale facilita l’expansion de l’islam en Afrique de l’ouest francophone

Catherine Coquery-Vidrovitch

Les auteurs

La nature de l’islam, la place des musulmans, deux thèmes qui taraudent – et souvent enflamment – les débats de la société française depuis plusieurs décennies. L’ambition de cet essai est de tenter de mettre en lumière l’ancienneté des regards français – car c’est évidemment au pluriel qu’il faut s’exprimer – sur cette religion et sur cette communauté. Quatorze auteur-e-s, spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes, ont cherché à historiciser cette question. Et l’on découvrira, ou l’on aura confirmation, dans ces pages, que bien des jugements et attitudes d’aujourd’hui ont des racines multiséculaires, parfois venues du grand choc que furent les Croisades. Au fil des siècles, intérêt, adhésion et hostilité se croiseront. L’étude couvre la totalité de la période coloniale et s’achève donc à la guerre d’Algérie. Au lecteur du début du XXIE siècle de tirer des enseignements sur l’état actuel du débat sur ces questions. 

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Il y a plus de cinquante ans, au lendemain de la guerre d’Algérie, de jeunes Algériens se sont engagés, enthousiastes mais sans beaucoup d’expérience, dans le développement de leur pays. Ils avaient effectué des études supérieures dans les conditions difficiles de la guerre d’Indépendance, et souvent milité pour la libération de leur peuple.

Des Français de leur âge fraîchement diplômés de l’enseignement supérieur, et quelques autres, plus expérimentés, se sont joints à eux. Ils avaient des sentiments tiers-mondistes affirmés, ou avaient milité contre le colonialisme et pour la paix en Algérie.

La Société nationale de sidérurgie (SNS), où ces hommes se sont retrouvés, a été le lieu d’une aventure technique et humaine remarquable : l’édification en moins de vingt ans (de 1964 ‡ 1982), d’un secteur sidérurgique qui devait assurer le développement d’un pays déstructuré, affaibli par la guerre, et sans passé industriel : on y coulait de l’acier, fabriquait des tubes, étamait des tôles fines, couvrait le marché intérieur de produits sidérurgiques, et… formait des dizaines de milliers de cadres et de travailleurs qualifiés.

Table des matières

Préface : une aventure politique, économique et humaine

Avant propos

Chapitre 1 : une mise en perspective historique de la sidérurgie en Algérie

De la période coloniale à l’Indépendance

La politique industrielle de l’Algérie indépendante

Le développement de la sidérurgie et de la métallurgie par la SNS (1964 à 1982)

Chapitre 2 : l'aventure humaine de la SNS racontée par ceux qui y ont participé

Un collectif jeune et ouvert pour encadrer la SNS

Des équipes soudées par la passion du travail à réaliser

Une politique de formation ambitieuse

L’évolution des rapports avec le syndicat et du statut des personnels

Chapitre 3 : l'aventure industrielle de la SNS vue par des acteurs de l'entreprise

Le choix volontariste de l’industrie sidérurgique

Des solutions pour faire face aux défis technologiques et acquérir du savoir-faire

Une exploitation répondant à un rythme d’investissements élevé

L’extension du champ d’activité et la mise à niveau de l’organisation interne

Les contraintes d’un environnement difficile

Chapitre 4 : une aventure industrielle et humaine qui valait la peine d'être vécue

Les conditions de l’aventure

Le bilan de l’aventure

Des paroles d’acteurs

Épilogue : l'évolution de la sidérurgie en Algérie de 1983 à aujourd'hui (2020) 269

Les parcours des acteurs

L’environnement politique et économique

Les évolutions et héritages de la SNS

Les évolutions récentes : de nouveaux investisseurs privés étrangers

Annexes    

Annexe 1 : Sigles et acronymes   

Annexe 2 : Termes techniques relatifs aux procédés et productions de la sidérurgie

Annexe 3 : Chronologie résumée du développement d’El Hadjar

Annexe 4 : Implantations des unités GSE de la SNS et de dépôts commerciaux

Annexe 5 : Parcours à la SNS des cadres interviewés 

Annexe 6 : Ouvrages et documents consultés 310

Il y a plus de cinquante ans, au lendemain de la guerre d’Algérie, de jeunes Algériens se sont engagés, enthousiastes mais sans beaucoup d’expérience, dans le développement de leur pays. Ils avaient effectué des études supérieures dans les conditions difficiles de la guerre d’Indépendance, et souvent milité pour la libération de leur peuple.

Des Français de leur âge fraîchement diplômés de l’enseignement supérieur, et quelques autres, plus expérimentés, se sont joints à eux. Ils avaient des sentiments tiers-mondistes affirmés, ou avaient milité contre le colonialisme et pour la paix en Algérie.

La Société nationale de sidérurgie (SNS), où ces hommes se sont retrouvés, a été le lieu d’une aventure technique et humaine remarquable : l’édification en moins de vingt ans (de 1964 ‡ 1982), d’un secteur sidérurgique qui devait assurer le développement d’un pays déstructuré, affaibli par la guerre, et sans passé industriel : on y coulait de l’acier, fabriquait des tubes, étamait des tôles fines, couvrait le marché intérieur de produits sidérurgiques, et… formait des dizaines de milliers de cadres et de travailleurs qualifiés.

L’association « Mémoires SNS », qui signe cet ouvrage, a été constituée par quelques anciens cadres de la SNS qui ont ressenti l’envie de raviver cette expérience en réunissant et mettant en forme leurs témoignages et ceux d’une quarantaine de leurs anciens collègues. 

 

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Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (opération Torch), qui réussit grâce à la neutralisation des forces de Vichy par l’action de la Résistance française en Afrique du Nord, représente un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, avec la bataille de ­Guadalcanal dans le Pacifique et celle de Stalingrad. Près de quatre-vingts ans après, il paraît important de revenir sur cet événement qui reste peu étudié en France. Comme la France métropolitaine, l’Afrique du Nord est prise en tenaille entre collaboration et vichysme d’un côté, et Résistance de l’autre. Le contexte est essentiel pour les orientations que prendra plus tard le mouvement national algérien.

Le but de cet ouvrage est d’éclairer le déroulement du 8 novembre 1942, afin de mieux en comprendre les développements historiques et politiques ainsi que les représentations socio-culturelles et artistiques du moment.

Sous la direction de Nicole Cohen-Addad, Aïssa Kadri et Tramor Quemeneur

Table des matières

Remerciements

Présentation du colloque et de ses actes, Tramor Quemeneur

Avant-propos, Nicole Cohen-Addad

Introduction. Du débarquement aux prodromes de la décolonisation, Tramor Quemeneur

PREMIÈRE PARTIE. Le contexte maghrébin dans la Seconde Guerre mondiale

L’ Afrique du Nord dans la guerre 1939-1945, Christine Levisse-Touzé

Le décret Crémieux et son abrogation : Implications pour les participants au 8 Novembre 1942, Ethan Katz

Les chemins variés de la Résistance vers le 8 Novembre 1942 : Juifs et Musulmans, Ethan Katz

DEUXIÈME PARTIE. L’organisation de la Résistance

Analyse sociohistorique des acteurs du 8 novembre 1942, Nicole Cohen-Addad et Tramor Quemeneur

La police à Alger, 8 novembre 1942 : Les oubliés de la « victoire oubliée », Luc Rudolph

Les services polonais de renseignements en Afrique du Nord, Jean Medrala

Les acteurs du débarquement de 1942 en Afrique du Nord dans les archives orales du Service historique de la Défense, Romain Choron

TROISIÈME PARTIE. Les camps d’internement et de travaux forcés

Les camps d’internement en Afrique du Nord et au Sahara (1941-1944), Jacob Oliel

Panorama de l’internement des communistes en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale, Tramor Quemeneur

L’internement en Algérie (1939-1943) : témoignages de républicains espagnols, Bernard Sicot

Les « Pionniers Israélites », tout un programme,  Nicole Cohen-Addad

QUATRIÈME PARTIE. Le débarquement et ses répercussions

« Le plus dangereux des intangibles » : Le point de vue américain sur l’ Afrique du Nord française novembre 1942, Douglas Porch

Les Britanniques entre Washington, Vichy et de Gaulle, Robert Gildea

Le débarquement allié en Algérie Perspectives algériennes, les années 1940, Aïssa Kadri

La France combattante au cœur du maelström, Guillaume Piketty

Le débarquement allié du 8 novembre 1942 dans la presse clandestine de la Résistance française en métropole, Guy Krivopissko

CINQUIÈME PARTIE. La vie intellectuelle et le 8 Novembre 1942

La vie culturelle en Algérie dans les années 1940, Yahia Belaskri

La guerre, moment fort des éditions Charlot, Guy Basset

Albert Camus et ses camarades militants du PCA : d’un Front-populisme de combat au pacifisme et à la Résistance, Christian Phéline 241

Fontaine en 1942, François Vignale

Les artistes à Alger durant la Seconde Guerre mondiale, Jean-Pierre Bénisti

L’École d’ Alger, Françoise Assus Juttner

Marguerite Caminat en son temps ou la « découverte » de Baya, Anissa Bouayed, 

Conclusions

Écrivains et artistes dans la vie culturelle en Algérie autour de la Seconde Guerre mondiale, Anissa Bouayed

Lectures d’hier, chantiers de demain, Robert Gildea

Postface, Aïssa Kadri

Cahier-couleurs

Liste des contributeurs

Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (­opération Torch), qui réussit grâce à la neutralisation des forces de Vichy par l’action de la Résistance française en Afrique du Nord, représente un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, avec la bataille de ­Guadalcanal dans le Pacifique et celle de Stalingrad. Près de quatre-vingts ans après, il paraît important de revenir sur cet événement qui reste peu étudié en France. Le débarquement se déroule sur un territoire qui est alors français : l’Algérie est constituée de départements, le Maroc et la Tunisie sont des protectorats. Comme la France métropolitaine, l’Afrique du Nord est prise en tenaille entre collaboration et vichysme d’un côté, et Résistance de l’autre. Des singularités marquent les modes et les formes de résistance en Afrique du Nord, entre autres la diversité politique des acteurs du débarquement du 8 novembre 1942. Si la Résistance et la collaboration ont leurs formes propres sous les colonies, les mémoires sont aussi différentes. Le contexte est essentiel pour les orientations que prendra plus tard le mouvement national algérien.

Le but de ces contributions est d’éclairer le déroulement des événe- ments autour du débarquement allié du 8 novembre 1942, afin de mieux en comprendre les développements historiques et politiques ainsi que les représentations socio-culturelles et artistiques du moment.

C’est ainsi que des chercheurs français, anglais, américains et algériens se sont retrouvés aux Invalides à Paris autour de cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale.

Sous la direction de :

Nicole Cohen-Addad : réalisatrice d’archives orales, présidente de l’association Les Compagnons du 8 Novembre 1942 - Actes de Résistance - Mémoire et Recherche

Aïssa Kadri : professeur émérite des universités à l’université Paris 8, associé au CNAM - Centre National des Arts et Métiers

Tramor Quemeneur : docteur en histoire. Enseignant à l’université Paris 8 et à CY Cergy Paris Université, membre du Musée national de l’histoire de l’immigration.

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Un beau dimanche de l’été algérois...

Ce matin-là, quelque quinze mille participants se rassemblent au Stade municipal, à Belcourt, où le Congrès musulman algérien, formé deux mois plus tôt, rend compte de ses entretiens avec le gouvernement de Front populaire.

Messali Hadj, venu par surprise de Paris où il dirige  l’Étoile nord-africaine, dénonce la perspective de « rattachement à la France » prônée par le Congrès et reçoit un triomphe lorsqu’il proclame : « Cette terre n’est pas à vendre ! ».

Au même moment, dans la Basse Casbah, le muphti d’Alger est poignardé en pleine rue, crime dont l’administration s’empresse d’imputer l’initiative au cheikh El-Okbi, figure algéroise du réformisme musulman

Le meeting. Le discours. Le meurtre. Nourrie de nombre d’archives et témoignages inédits, cette enquête restitue au plus près le déroulement, d’un bout à l’autre de la ville, de cette matinée décisive.

Recension dans Algérie Cultre

Recension sur Histoire coloniale

Christian Phéline a publié récemment Un Guadeloupéen à Alger. Me Maurice L’Admiral (1864-1955) et Des avocats «indigènes» dans l’Alger coloniale (Riveneuve, 2014 et 2016) ainsi que Aurès 1935. Photographies de Thérèse Rivière et Germaine Tillion (Hazan, 2018), codirigé le recueil Défis démocratiques et Affirmation nationale. Algérie 1900-1962 (Chihab, 2016) et coécrit avec Agnès Spiquel Camus communiste. Alger 1935-1937 (Gallimard, 2017) et Alger sur les pas de Camus et ses amis (Arak, 2019).

 

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Cet ouvrage porte sur deux aspects et deux moments de la lutte des nationalistes algériens pour l’indépendance de leur pays. L’un, longtemps ignoré, se rapporte à la crise dite « berbériste » de 1949, au sein du Parti du Peuple Algérien (PPA), suscitée par la définition même de la nation algérienne. L’autre, connu mais sous- analysé, sinon mal compris, à la montée en puissance de   la Wilaya 3 et de son chef, Belkacem Krim, au sein du FLN  et de l’ALN, pendant la guerre d’indépendance. L’étude n’oublie pas pour autant la période intermédiaire (1950- 1954), carrément négligée jusqu’ici et qui en conditionne pourtant la préparation, avec ses conséquences à l’échelle de la nation tout entière. Avec une préface d’Omar Carlier et une postface de Mohammed Harbi ce livre ouvre de nouveaux débats. Il constitue une contribution originale à l’histoire politique de l’Algérie, notamment par l’attention portée aux questions régionales dans l’ensemble algérien.

Lire la recension dans Politis

Dans le Monde diplomatique

Dans Hommes et migrations

Dans la Revue culturelle de l’Association Coup de soleil

Dans la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée

Dans Orient XXI

Ali Guenoun est docteur en histoire de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur l'histoire de l'Algérie contemporaine. Il a notamment publié  Chronologie du mouvement berbère. Un combat et des hommes (Alger, Éditions Casbah, 1999).

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Le présent ouvrage entend éclairer les origines et les fondements du hirak echaâbi (mouvement populaire) algérien de février 2019. Ce mouvement n’est pas né ex nihilo. À partir de luttes, fragmentées et contraintes, a émergé, dans la diversité des revendications et des lieux, une pluralité de demandes qui se sont retrouvées dans le creuset qu’a constitué le mouvement du 22 février. 

Ce mouvement est apparu ainsi comme un catalyseur de tous ces apports et transformations au carrefour d’un basculement générationnel, entendu ici comme espace-temps défini par une globalisation en œuvre. Cependant, ce mouvement marque une transformation par rapport aux formes de contestations et mouvements sociaux et politiques, depuis l’indépendance. Pour cela, l’ouvrage opère un retour sur la décennie 2010 qui en a vu la gestation. Il s’appuie sur des recherches empiriques, nourries d’une connaissance au plus près du terrain algérien, qui donnent à voir les étapes et les éléments constitutifs qui ont permis son déploiement loin de toute immédiateté et précipitation analytique, voire politique. Il ouvre sur des points de vue qui permettent d’éclairer les enjeux et soubassements sociaux et politiques de ce moment de l’histoire algérienne.

Aissa Kadri : Enseignant-chercheur, associé UMR-LISE/CNAM/CNRS. Ses travaux portent sur une analyse comparée des systèmes d’enseignement, sur la question des intellectuels et intelligentsias, les mouvements sociaux et de droits au Maghreb et en immigration, et la sociologie des migrations.

 

Table des matières

 

Remerciements

Introduction

Première partie : Fondements et enjeux des contestations

Violence politique et démocratie : une union forcée et tragique, Sonia Dayan-Herzbrun, Laboratoire du Changement Social et Politique (LCSP), université Paris Diderot-Paris 7.

Dignité, citoyenneté et post-démocratie. Regards croisés autour de la même Mer, Giovanna Campani, université de Florence.

Nouvelles circulations et créativité des femmes maghrébines en « déplacement », Gérard Prévost, Institut Maghreb Europe, université Paris 8, Saint-Denis.

Justice transitionnelle et réconciliation en Tunisie : réflexions introductives, Nada Ben Amor, doctorante en psychologie, université de Tunis

Deuxième partie : perspective générationnelle, État et acteurs sociaux

Révoltes arabes : la fausse exception algérienne, Aissa Kadri, université de Paris 8, Saint-Denis.

État et société civile en Algérie à la veille des « printemps arabes », Hocine Zeghbib, Maître de conférences de droit public université Montpellier III CREAM – Montpellier I.

Les bases sociales de l’État en Algérie, Salim Chena, chercheur associé à LAM (Sciences Po Bordeaux/CNRS), éditeur de la Revue en ligne Dynamiques Internationales.

Les élites militaires algériennes face aux recompositions de la société algérienne (1999-2019), Emmanuel Alcaraz, docteur en histoire, chercheur associé à l’IRMC et à l’ISP de l’université de Nanterre

Les émeutes de janvier 2011 en Algérie et la réaction de pouvoir politique, Abdelghani Issaadi, docteur en sociologie Paris 8, Saint-Denis.

Les protestations populaires au Mzab : Les heurts intercommunautaires au miroir de la génération politique, Ratiba Hadj-Moussa, département de sociologie, York University, Toronto185

Troisième partie : des pratiques contestataires en mutation

Islam politique, néo-fondamentalisme et « printemps arabe » en Égypte et en Algérie. De la complexité du rapport entre État et religion, Meriem Khelifi, docteure en sociologie, université de Paris 8, Saint-Denis.

Les réformes politiques du printemps arabe : verrouillage et atomisation de l’espace public, Rachid Tlemçani, professeur, université d’Alger 3.

Les réseaux sociaux et l’opinion publique algérienne lors de l’élection présidentielle 2014, Samir Ghezlaoui , doctorant en communication à l’université Rennes 2.

Les usages de la téléphonie mobile en Algérie : de la révolution culturelle à la révolution politique, Hazi Hanane, doctorante, université de Paris 8, Saint-Denis.

« Bezzzef ! » : Archéologie culturelle d’un mouvement contestataire Nazim Layadi, université de Paris 8, Saint-Denis.

Des mouvements inscrits dans la longue durée, la résilience du pouvoir autoritaire. Quelle sortie du « despotisme plébéien » ?,Aissa Kadri et Salim Chena

En guise de postface : les luttes continuent, l’Algérie à la croisée des chemins, Aissa Kadri

Conclusion, Aissa Kadri et Salim Chena

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Les raisons qui rendent un terrain plus « sensible » ou difficile lorsqu’on le compare à d’autres sont autant d’ordre pratique que contextuel. Quelles sont les limites qui définissent un terrain dit difficile ?

Qu’est-ce qui conduit à distinguer entre les tracas et les imprévus potentiels des recherches de terrain en général et ce qui particularise les recherches sur des thèmes sensibles ou des terrains difficiles ? Comment les disciplines des sciences sociales et les théories répondent-elles aux terrains dit dangereux et/ou sensibles ?
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage tentent de  répondre à ces questions en s’appuyant sur des  terrains du Mahreb et sur des sujets liés au Moyen Orient. La difficulté et la sensibilité y sont appréhendées  tantôt comme  un impensé théorique ou empirique, tantôt comme une répression policière, tantôt comme un silence signifiant ou un interdit moral.
En présentant quelques cas de terrains difficiles ou sensibles, cet ouvrage offre aux chercheurs « quelques ficelles » ou entrées dans les sociétés maghrébines. Ils trouveront en filigrane des analyses fines sur des sujets qui importent et qui sont parmi les enjeux les plus vitaux de ces sociétés.

Ratiba Hadj-Moussa est professeure au département de sociologie à York University, Toronto ( Canada).

Table des matières

Fragilité de la recherche : Morale, tabous, police et politique. Recherches et contrôles politiques, par Ratiba Hadj-Moussa

Enquêter sur les migrants subsahariens en Algérie : De la juste distance sur un terrain dangereux, par Jeanne Bureau

À la frontière de deux espaces : Les paradoxes d’une chercheure-militante du mouvement BDS, par Rana Sukarieh

Les mères célibataires à Casablanca : Les apports d’une nouvelle approche, par Amal Bousbaa

L’homosexualité en Tunisie. Retour sur un terrain sensible, par Monia Lachheb

Les catégories d’analyse à l’épreuve des événements : « déminer » le terrain dans le contexte de la révolution tunisienne, par Mathilde Fautras

Dire la violence au Maroc. Silences, réconciliation et témoignages, par Zakaria Rhani

Le passage par l’ordinaire : objectiver un terrain en conflit. Le Mzab (Algérie), par Ratiba Hadj-Moussa

Index

17,06 €
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Claude et Jean, tous deux appelés de la guerre d’Algérie, ne s’étaient pas revus depuis leur démobilisation en 1958 ; ils avaient compris en Algérie qu’ils ne partageaient pas les mêmes valeurs.

Claude prit l’initiative d’aller le revoir encouragé par Vincent de Gaulejac, président de son jury de thèse ; il souhaitait comprendre pourquoi Jean avait basculé dans la violence en Algérie, et quelles en avaient été les conséquences sur sa vie. Bien qu’étonné de cette reprise de contact, Jean l’a accueilli à son domicile en juillet 2013. 

Cet ouvrage est le récit de ces retrouvailles, complété d’une analyse du rapport de Jean aux violences commises, afin de mieux saisir la complexité du basculement dans la violence.


Claude Juin est né en 1935, ancien sous-officier du contingent en Algérie en 1957 /58. Docteur en sociologie EHESS. Diplômé du CNAM en psychologie du travail et en ergonomie. A été DRH dans des entreprises et dans la fonction publique. Ex-professeur associé à l’université de Poitiers. Ex-maire de Bessines (communauté d’agglo de Niort). Actuellement militant actif pour le soutien aux immigrés et au peuple palestinien.

Muriel Montagut actuellement coordinatrice de Centre de soins et de ressources Frantz Fanon à Montpellier (qui vise à améliorer l’accès aux soins psychiques des personnes exilées), est psychologue clinicienne, docteure en sociologie clinique, chercheure associée au Laboratoire de Changement Social et Politique de l’université Paris Diderot.

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Dans cet ouvrage Tassadit Yacine s’attache à dévoiler les rapports de domination entre les genres dans des lieux situés socialement et historiquement (Algérie des années 1960 - 1990) et en France dans des groupes de la « haute » culture, au sein d’univers modernes et contemporains.

Malgré toutes les formes de domination qu’elles subissent, les femmes du Sud de la Méditerranée ont su se préserver grâce à la création « littéraire » orale et grâce à une transgression réglée qui leur permet d’exprimer les affects et ainsi d’opposer une résistance (fût-elle symbolique) à leurs dominants. En revanche, les femmes lettrées, au Nord de la Méditerranée, ayant acquis une place plus importante dans l’espace public grâce à des lois visant à l’égalité des droits entre les genres, peuvent subir toujours et encore de plein fouet la domination symbolique, parce que celle-ci est incorporée, invisible et euphémisée. Dans ce livre on peut trouver des analyses théoriques, des entretiens, des enquêtes dans lesquelles l’auteure redonne la parole aux femmes pour expliquer « avec leurs propres mots » les effets de la domination sur leurs corps et sur leurs existences.

Tassadit Yacine-Titouh est directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Paris ; elle est membre du Laboratoire d’anthropologie sociale de l’EHESS, du CNRS et du Collège de France. Spécialiste du monde berbère, on lui doit de nombreux ouvrages : L’Izli ou l’amour chanté en kabyle, préface de Pierre Bourdieu, Paris, Maison des sciences de l’homme, 1988 ; Chacal ou la ruse des dominés, aux origines du malaise des intellectuels algériens, Paris, La Découverte, 2001 ;  Si tu m’aimes guéris, Préface de Françoise Héritier, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2006. Elle a édité de nombreux ouvrages autour de l’œuvre de Jean Amrouche, Un Algérien s’adresse aux Français, Paris, L’Harmattan, 1994, Journal, 2008, de Pierre Bourdieu, Esquisses algériennes, Paris, Édition Le Seuil, 2008. Elle est également directrice de la revue AWAL, fondée par Mouloud Mammeri et soutenue par Pierre Bourdieu, et d’une collection d’ouvrages « Méditerranée-Sud », à la Maison des Sciences de l’Homme.

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La condition des femmes d’origine maghrébine est rarement (presque jamais) évoquée en dehors de l’hétérosexualité. Aborder la question des lesbiennes d’origine maghrébine nous permet de rendre dans toute sa diversité une catégorie souvent réduite à un schéma classique de soumission et domination masculine et hétérosexuelle.

La condition des femmes d’origine maghrébine est rarement (presque jamais) évoquée en dehors de l’hétérosexualité. Aborder la question des lesbiennes d’origine maghrébine nous permet de rendre dans toute sa diversité une catégorie souvent réduite à un schéma classique de soumission et domination masculine et hétérosexuelle. L'auteure veut dépasser les analyses fondées sur des confrontations binaires et proposer une réflexion basée sur la complexité des relations sociales de genre, notamment dans le contexte de l’immigration maghrébine. À travers les nombreux extraits d’entretiens, elle laisse une grande place aux propos de ces femmes, loin de tout fantasme.

Du processus de construction de parcours lesbiens avec les expériences du coming-out, de couple et de maternité, aux relations qu’entretiennent les lesbiennes d’origine maghrébine à leurs familles et à la religion, cet ouvrage constitue la première recherche approfondie sur l’homosexualité féminine dans l’immigration maghrébine.

Les « carrières lesbiennes » de ces enquêtées sont jalonnées d’obstacles qu’elles essaient de contourner au quotidien pour tenir l'équilibre entre vies privées de lesbiennes et attaches familiales. Au-delà des normes de « la modernité sexuelle » et des normes hétéro-familiales, les lesbiennes de l’immigration sont-elles en train de réinventer de nouvelles façons d’être des lesbiennes post-migrantes ?

Salima Amari est docteure en sociologie à l’université Paris 8. Elle est membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (CRESPPA-GTM) et chargée d’enseignement à l’université de Lausanne en Suisse.

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Dès les premiers jours de l’insurrection algérienne, en novembre 1954, des arrestations visent toute personne soupçonnée d’actes portant atteinte à la sûreté de l’État. Des hommes et des femmes remplissent rapidement les prisons. Des suspects s’entassent dans des camps. En quelques mois, ces détenus se comptent par milliers.

Conformément à ses statuts, le CICR envisage rapidement de contrôler leurs conditions de détention. Parallèlement, l’institution tente de vérifier celles des soldats français qui seraient aux mains du FLN. À partir du début de l’année 1961, ces contrôles s’élargissent au bénéfice des Européens pro-Algérie française arrêtés. 

Pour la première fois, un ouvrage se penche principalement sur l’application du droit humanitaire dans cette guerre qui ne dit pas son nom, ce qui permettait de passer outre à la Convention de Genève relative aux prisonniers de guerre.
Comment les délégués du CICR ont-ils procédé pour mener à bien leurs missions alors que le sort des prisonniers figure rapidement au cœur des stratégies du mouvement de libération nationale que les gouvernements français successifs tentent de contrecarrer ? Le CICR, à son corps défendant, a dû mener son action dans le cadre de cet affrontement.
En 10 missions, près de 500 visites de contrôle sont effectuées par ses délégués. Leurs observations consignées dans des rapports nous donnent une idée assez précise du quotidien vécu par les différentes catégories de prisonniers : surpopulation dans les prisons et les camps, des internés mangeant dans des boîtes de conserve, traces de tortures… mais également, des régimes de détention plus acceptables grâce à l’attitude humaine de certains responsables de camps.
Cet ouvrage développe également les diverses actions du CICR au bénéfice des populations réfugiées au Maroc ou en Tunisie et des personnes reléguées par l’armée française dans des camps de regroupement en Algérie.

Chercheure-docteure en histoire, a dirigé le numéro 666 de la revue Les Temps Modernes, consacré aux harkis sous le titre « Harkis - 1962-2012, les mythes et les faits », membre du Conseil scientifique du Mémorial du camp de Rivesaltes (66) et de la Maison d’Histoire et de Mémoire d’Ongles (04), Prix Seligmann contre le racisme.

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