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La doxa intellectuelle constitue l'obstacle majeur à un point de vue critique. Elle n'est pas conservatrice par accident : elle tend, en effet, à concilier les apparences de l'autonomie intellectuelle avec les valeurs et les attentes de ceux qui occupent des positions de pouvoir dans des univers aussi peu autonomes que ceux de la grande presse, de l'édition, de la politique et de l'entreprise. Quelles que soient les nuances affichées entre des versions de droite et de gauche, l'adversaire principal de la plupart des discours demeure la "vieille" gauche "étatiste" réputée soumise aux dogmes marxistes, autoritaires et centralistes de l'égalitarisme et au culte de l'État dit "providence" (plutôt que " social "). Quelle est la géographie des principales régions où elle est produite et reproduite ? Quel en est le contenu politique ? Quels sont les thèmes et les schèmes de pensée qui lui confèrent les allures de la légitimité intellectuelle ? Telles sont les principales questions envisagées dans cette étude qui tient autant de la sociologie des intellectuels que de la sociologie politique.
Table des matières
Introduction
Les fondements sociaux de la configuration doxique actuelle
L’ami de la doxa. Un premier portrait
Avertissement
I. Comment s’orienter dans la doxa ?
Une matrice : l’idéologie dominante
La région de droite
La région centrale
La région de gauche
Une unité plurielle
2. Les leçons de l’histoire
Un présent dans l’urgence
Un cahier de charges
Raconter le passé
Le fin mot de l’histoire
Néo-gauche contre archéo-gauche
3. De la doxa à la pensée
La philosophie sociale des deux humanités
Un individu épatant
La (contre-)réforme intellectuelle et morale
Une philosophie très politique
Pensées du retour et pensées de la mutation
La doxa : l’état sublime et sublimé
Conclusion
La doxa intellectuelle, ensemble de mots, d'expressions, de slogans, de questions et de débats dont les évidences partagées délimitent ce qui est donné à penser aux contemporains, et notamment au public " instruit ", constitue l'obstacle majeur à un point de vue critique. Elle n'est pas conservatrice par accident : elle tend, en effet, à concilier les apparences de l'autonomie intellectuelle avec les valeurs et les attentes de ceux qui occupent des positions de pouvoir dans des univers aussi peu autonomes que ceux de la grande presse, de l'édition, de la politique et de l'entreprise. Quelles que soient les nuances affichées entre des versions de droite et de gauche, l'adversaire principal de la plupart des discours demeure la "vieille" gauche "étatiste" réputée soumise aux dogmes marxistes, autoritaires et centralistes de l'égalitarisme et au culte de l'État dit "providence" (plutôt que " social "). Sur ce fond relativement invariant, les différents producteurs de doxa, philosophes, sociologues, historiens, politologues, se distinguent par le travail de mise en forme intellectuelle qu'ils doivent accomplir pour se conformer aux exigences de leur univers d'appartenance. Qu'en est-il de la genèse de la doxa intellectuelle ? Quelle est la géographie des principales régions où elle est produite et reproduite ? Quel en est le contenu politique ? Quels sont les thèmes et les schèmes de pensée qui lui confèrent les allures de la légitimité intellectuelle ? Telles sont les principales questions envisagées dans cette étude qui tient autant de la sociologie des intellectuels que de la sociologie politique.
La doxa intellectuelle constitue l'obstacle majeur à un point de vue critique. Elle n'est pas conservatrice par accident : elle tend, en effet, à concilier les apparences de l'autonomie intellectuelle avec les valeurs et les attentes de ceux qui occupent des positions de pouvoir dans des univers aussi peu autonomes que ceux de la grande presse, de l'édition, de la politique et de l'entreprise. Quelles que soient les nuances affichées entre des versions de droite et de gauche, l'adversaire principal de la plupart des discours demeure la "vieille" gauche "étatiste" réputée soumise aux dogmes marxistes, autoritaires et centralistes de l'égalitarisme et au culte de l'État dit "providence" (plutôt que " social "). Quelle est la géographie des principales régions où elle est produite et reproduite ? Quel en est le contenu politique ? Quels sont les thèmes et les schèmes de pensée qui lui confèrent les allures de la légitimité intellectuelle ? Telles sont les principales questions envisagées dans cette étude qui tient autant de la sociologie des intellectuels que de la sociologie politique.
Table des matières
Introduction
Les fondements sociaux de la configuration doxique actuelle
L’ami de la doxa. Un premier portrait
Avertissement
I. Comment s’orienter dans la doxa ?
Une matrice : l’idéologie dominante
La région de droite
La région centrale
La région de gauche
Une unité plurielle
2. Les leçons de l’histoire
Un présent dans l’urgence
Un cahier de charges
Raconter le passé
Le fin mot de l’histoire
Néo-gauche contre archéo-gauche
3. De la doxa à la pensée
La philosophie sociale des deux humanités
Un individu épatant
La (contre-)réforme intellectuelle et morale
Une philosophie très politique
Pensées du retour et pensées de la mutation
La doxa : l’état sublime et sublimé
Conclusion
La doxa intellectuelle, ensemble de mots, d'expressions, de slogans, de questions et de débats dont les évidences partagées délimitent ce qui est donné à penser aux contemporains, et notamment au public " instruit ", constitue l'obstacle majeur à un point de vue critique. Elle n'est pas conservatrice par accident : elle tend, en effet, à concilier les apparences de l'autonomie intellectuelle avec les valeurs et les attentes de ceux qui occupent des positions de pouvoir dans des univers aussi peu autonomes que ceux de la grande presse, de l'édition, de la politique et de l'entreprise. Quelles que soient les nuances affichées entre des versions de droite et de gauche, l'adversaire principal de la plupart des discours demeure la "vieille" gauche "étatiste" réputée soumise aux dogmes marxistes, autoritaires et centralistes de l'égalitarisme et au culte de l'État dit "providence" (plutôt que " social "). Sur ce fond relativement invariant, les différents producteurs de doxa, philosophes, sociologues, historiens, politologues, se distinguent par le travail de mise en forme intellectuelle qu'ils doivent accomplir pour se conformer aux exigences de leur univers d'appartenance. Qu'en est-il de la genèse de la doxa intellectuelle ? Quelle est la géographie des principales régions où elle est produite et reproduite ? Quel en est le contenu politique ? Quels sont les thèmes et les schèmes de pensée qui lui confèrent les allures de la légitimité intellectuelle ? Telles sont les principales questions envisagées dans cette étude qui tient autant de la sociologie des intellectuels que de la sociologie politique.
La « construction d’objet » occupe une place centrale mais un peu mystérieuse : en substance, la science doit rompre avec le sens commun, voir les choses autrement et poser ainsi des questions inédites.
Les auteurs de cet ouvrage explicitent leur construction d’objet en s’appuyant sur leurs recherches (action publique, politique, sport, délinquance, protection de l’enfance, religion, art). Ils montrent que le travail scientifique ne se réduit pas à l’accumulation d’informations et exposent en quoi et avec quoi ces recherches ont impliqué une « rupture ».
Loin de l’image d’une discipline partagée en une multitude de spécialités séparées par un droit d’entrée élevé, la sociologie y apparaît « générale » : elle s’engage ou se risque totalement dans chacun de ses objets.
Sommaire
Introduction : Pourquoi revenir sur la « construction d’objet » un demi-siècle après Le Métier de sociologue ?, Louis Pinto
I. PARCOURS DE RECHERCHE
D’enquête en enquête, se construire comme sociologue, Charles Suaud
« Les Français sont nuls en anglais ».Déconstruction d’une discipline scolaire et construction d’objet,
Marie-Pierre Pouly
Retour sur une déconstruction d’objet :le « déficit de la Sécurité sociale », Julien Duval
La pratique de l’orgue entre deux « objets » : musique et religion, Yvon Lamy
La consommation : déconstruction et reconstruction, Louis Pinto
II- (DÉ)CONSTRUCTIONS D’OBJETS
Construire l’action publique comme objet sociologique, Vincent Dubois
Construire des analogies raisonnées. Réflexions à partir de travaux sur l’excellence individuelle, Manuel Schotté
Genèse de la protection de l’enfance: « construction (d’objet) finie, construction infinie », Patrice Pinell
La délinquance : nouvel essai de construction d’objet, Gérard Mauger
La « socio-biocratie », chronique d’une construction en cours, Bernard Pudal
Bourdieu, la nature de l’activité intellectuelle et ce que la sociologie peut apporter à la philosophie, Benoit Gaultier
Conclusion, Gérard Mauger
Dans la démarche qu’exposaient les auteurs du Métier de sociologue (Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon et Jean-Claude Passeron) la « construction d’objet » occupait une place centrale mais un peu mystérieuse : en substance, la science doit rompre avec le sens commun, voir les choses autrement et poser ainsi des questions inédites.
Signe peut-être de sa réussite, cette notion n’a pas échappé à une certaine routinisation. Il est d’autant plus utile de revenir aujourd’hui sur sa signification et ses enjeux.
L’intention de ce recueil n’est pas de collecter et compiler des commentaires savants. Plusieurs chercheur•e•s se sont efforcés d’expliciter leur construction d’objet en s’appuyant sur leurs propres recherches (action publique, politique, sport, délinquance, protection de l’enfance, religion, art). Ils montrent que le travail scientifique ne se réduit pas à l’accumulation d’informations sur un domaine et exposent en quoi et avec quoi ces recherches ont impliqué une « rupture ».
Loin de l’image académique et bureaucratique d’une discipline partagée en une multitude de spécialités séparées par un droit d’entrée élevé, la sociologie y apparaît « générale » : elle s’engage ou se risque totalement dans chacun de ses objets. Telle est la raison d’être de cet ouvrage.
Louis Pinto est directeur de recherche émérite au CNRS et membre du Centre de sociologie européenne (CSE-CESSP). Il anime avec Gérard Mauger les Rencontres « Lire les sciences sociales ».
Cet ouvrage contient les contributions de Vincent Dubois, Julien Duval, Benoît Gaultier, Yvon Lamy, Gérard Mauger, Patrice Pinell, Louis Pinto, Marie-Pierre Pouly, Bernard Pudal, Manuel Schotté et Charles Suaud.