Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.
Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.

Maud Gelly est sociologue (CRESPPA-CSU) et médecin (AP-HP). Ses recherches sociologiques portent sur les inégalités sociales de santé, le champ médical, les politiques publiques dans le champ de la santé. Elle pratique l’IVG dans un hôpital de Seine-Saint-Denis.
Avec le développement de l’internet, l’action de l’État est prise dans une toile d’échanges numériques toujours plus dense. Cette toile apparaît comme un monde libertaire, décentré, changeant et sans frontière, en contradiction par conséquent avec les logiques même de l’action publique, dont l’objectif est de disposer d'outils de contrôle, d’organisation et de coercition. L’État peut-il rendre gouvernable cet univers ? Comment a-t-il pris pied dans la toile ? L’ouvrage propose ainsi de démêler les liens entre l’État et la toile. Le récit qui en découle constitue la première histoire du traitement public de l’internet en France. Original par son ancrage national et son ampleur historique, il adopte un point de vue inédit non pas sur l’État mais depuis l’État. Il dévoile ainsi les rouages d’une révolution numérique dans l’État, conçue comme l’importation des logiques du monde de l’internet dans le secteur public, ainsi que leur traduction constante, voire leur subversion, dans les administrations.
La traduction anglaise du livre vient de paraître : https://link.springer.com/book/10.1007/978-3-031-69099-0
Anne Bellon est docteure en science politique et maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Technologique de Compiègne. Enseignante et chercheuse, elle travaille et publie sur la régulation des grandes plateformes, les politiques de l’internet, la démocratie en ligne, les mobilisations numériques et la transformation de l’État. Elle œuvre également au développement de nouvelles méthodes numériques pour les sciences sociales.
Comprendre une politique publique, son orientation, son style, ses instruments, implique de reconstituer la structure des relations sociales qui la fondent. Parmi les différents outils permettant de réaliser un tel pro- gramme, la sociologie des champs de Pierre Bourdieu apparaît particulièrement féconde. Ce livre illustre la portée d’une telle analyse, rarement mobilisée en matière d’action publique, en la mettant en œuvre sur des objets très différents (politiques économiques, usages politiques de l’histoire, salubrité alimentaire, gestion de l’eau, politiques de l’Union européenne, etc.). Il rassemble des contributions de chercheurs du monde entier (Argentine, Brésil, Canada, États-Unis, France, Suisse) travaillant sur ces pays et d’autres encore (Chili, Pérou, Pologne, Roumanie). Cette recherche collective renouvelle ce faisant l’analyse des politiques qui affectent la vie des populations et régulent les sociétés contemporaines.
Table des matières
Introduction
Vincent Dubois
A. les politiques sectorielles comme champs
1. Construire le champ du pouvoir scolaire :
socio-histoire et analyse structurale de deux moments critiques
Pierre Clément
2. L’espace de la politique économique au Brésil :
analyse des correspondances multiples et analyse de réseaux
Elisa Klüger
3. Le champ des politiques hydriques dans l’Ouest étasunien :
éléments d’interprétation des instruments d’ action
Joan Cortinas, Brian O’Neill & Franck Poupeau
4. La politique de sécurité comme produit du rapport de forces au sein du champ. Le cas de la Suisse au milieu des années 2010
Stephan Davidshofer, Amal Tawfik, Jonas Hagmann
5. De la théorie de l’État à la sociologie des champs de l’ action
publique en Amérique latine : la production des politiques
économiques au Pérou
Arthur Morenas
B. le champ bureaucratique et la production de l’ action
publique
6. Champ bureaucratique et sociologie de l’ action publique. De la structure de l’ administration à la production de l’ action publique
Victor Demenge et Melaine Robert
7. Le rôle de l’ autonomisation du champ bureaucratique dans le développement de l’ action publique : le cas de la politique canadienne de salubrité alimentaire entre 1874 et 1969
Caroline Dufour
8. L’ action publique comme produit de la structure professionnelle du champ bureaucratique
Victor Demenge
C. expertise et think tanks : des champs interstitiels
9. Des savoirs à la croisée des champs. Réflexions à partir du cas de l’expertise sur la radicalisation en France
Lili Soussoko
10. Sur la force des champs faibles : réflexion sur les think tanks et les champs interstitiels de l’ action publique
Thomas Medvetz
D. l’ action publique et les relations entre champs
11. L’emprise du champ journalistique sur l’ action publique nationale. Ou comment expliquer sociologiquement une décision gouvernementale « médiatique »
Jérémie Nollet
12. Les relations entre champ scientifique et champ bureaucratique en contextes « autoritaires » et « démocratiques » : la politique de l’histoire en Pologne
Valentin Behr
13. Les relations entre champs bureaucratique et entrepreneurial. Éclairages sur la contribution de l’ action publique à la délimitation des activités économiques légitimes
Antoine Roger
E. décision, mise en œuvre, circulation internationale : des processus revisités à la lumière de la sociologie des champs
14. La décision saisie par la sociologie des champs. L’exemple des grands travaux culturels présidentiels
Thomas Hélie
15. Analyser la mise en œuvre de l’ action publique européenne avec la sociologie des champs. Quelques remarques sur la politique de cohésion de l’Union Européenne
Vincent Lebrou
16. La circulation internationale et les champs de l’ action publique dans les pays périphériques : le cas latino-américain
Paul Hathazy
vi. les configurations internationales et leurs effets sur l’ action publique
17. Ce que le champ de l’Eurocratie nous dit des politiques européennes
Didier Georgakakis
18. Ce que le champ international fait aux politiques étrangères
Florent Pouponneau
conclusion
Vincent Dubois
index
auteurs
Comprendre une politique publique, son orientation, son style, ses instruments, implique de reconstituer la structure des relations sociales qui sont à son principe. Parmi les différents outils mobilisables pour réaliser un tel programme, la sociologie des champs de Pierre Bourdieu apparaît particulièrement féconde. Ce livre illustre la portée d’une telle analyse, rarement mobilisée en matière d’action publique, en la mettant en œuvre sur des objets très différents (politiques économiques, usages politiques de l’histoire, salubrité alimentaire, gestion de l’eau, politiques de l’Union européenne, etc.). Il rassemble des contributions de chercheurs du monde entier (Australie, Brésil, Canada, États-Unis, France, Suisse) travaillant sur ces pays et d’autres encore (Argentine, Pérou, Pologne). Sur cette base, cette réflexion collective propose une autre manière de voir et d’analyser les politiques qui affectent la vie des populations et régulent les sociétés contemporaines.
L’Ouest étasunien vit une sécheresse sans précédent. Si la pénurie d’eau ne deviendra irrémédiable, selon les hydrologues, que vers 2050, il n’en reste pas moins que les principaux facteurs de vulnérabilité sont déjà présents : une croissance économique basée sur un secteur agro-industriel qui consomme de grandes quantités d’eau, un développement urbain avec des besoins énergétiques croissants et des effets déjà perceptibles du changement climatique. Face à cette situation, les autorités compétentes tâchent de promouvoir la mise en place d’une gestion plus « durable » de la ressource hydrique. Il n’est pas tant question de revoir le modèle économique et urbain à la source d’une consommation excédant les ressources que de trouver des arrangements permettant de poursuivre l’expansion économique et urbaine. L’enquête présentée dans ce livre décrypte, en s’appuyant sur la théorie des champs de Pierre Bourdieu, les ressorts sociologiques de la mise en œuvre de cette non-solution à la crise hydrique associant autorités publiques, opérateurs d’eau et ONG.
Cet ouvrage sera disponible à la mi-février 2023. Il peut être commandé dès maintenant. Le PDF est disponible dès maintenant
remerciements
préface : Les ruses de la raison écologique
introduction : une sociologie des politiques hydriques
Le modèle exploratoire du champ
Les protagonistes de l’eau du bassin du Colorado : une perspective relationnelle
L’intégration des enquêtes dans l’analyse du champ
chapitre 1 : de l’eau pour une nouvelle Amérique : splendeur et déclin des ingénieurs (1870-1960)
Ingénieurs fédéraux et réformateurs locaux
L’échec de l’Amérique des petits propriétaires
Face à la Grande Dépression, les mégaprojets hydriques de l’État fédéral
Le partage du Colorado : luttes et compromis entre États
Environnementalistes et fonctionnaires du budget face aux mégaprojets hydriques
chapitre 2 : une impossible gestion de l’environnement : l’emprise des promoteurs immobiliers (1960-2010)
L’enjeu de l’eau à Tucson, Arizona
L’eau et le business des terres agricoles : l’essor des petites municipalités périphériques
Promoteurs immobiliers, consultants et lobbyistes en faveur du périurbain
Attractivité urbaine et politiques de conservation
chapitre 3 : un consensus paradoxal en Arizona
La spécificité du Pima County et la diffusion des politiques de water conservation en Arizona
Architecture institutionnelle et production du consensus
Un réseau polycentré en contact permanent
Des orientations différentes
Un conservationnisme local, participatif et compatible avec la croissance économique
Savoirs et trajectoires professionnelles dans la coalition
programmatique instrumentale
chapitre 4 : un conservationnisme sous contraintes en Californie
Les protagonistes de l’eau en Californie
Une architecture institutionnelle freinant la régulation
Nouvelles et vieilles méthodes au service des opérateurs
Une mobilisation des savoirs et des populations
chapitre 5 : les instruments d’action publique comme effets de champ
Les limites du champ : des institutions aux instruments
d’action
Les prises de position sur la gestion de la sécheresse
La polarisation du champ des politiques hydriques
Des positions aux prises de position : le choix des instruments comme effet de champ
conclusion : l’écologisation paradoxale des politiques de l’eau
annexes
Liste des documents et illustrations
Liste des sigles
Index des noms
Index des notions
Présentation des auteurs
L’Ouest étasunien vit une sécheresse sans précédent. Si la pénurie d’eau ne deviendra peut-être irrémédiable, selon les prévisions des hydrologues, que vers 2050, il n’en reste pas moins que les principaux facteurs de vulnérabilité sont déjà présents : une croissance économique basée sur un secteur agro-industriel qui consomme de grandes quantités d’eau, un développement urbain avec des besoins énergétiques croissants et des effets déjà perceptibles du changement climatique. Face à cette situation, les autorités compétentes tâchent de promouvoir la mise en place d’une gestion plus « durable » de la ressource hydrique. Il n’est pas tant question de revoir le modèle économique et urbain à la source d’une consommation excédant les ressources disponibles que de trouver des arrangements contractuels et techniques permettant de poursuivre l’expansion économique et urbaine. L’enquête présentée dans ce livre décrypte, en s’appuyant sur la théorie des champs de Pierre Bourdieu, les ressorts sociologiques de la mise en œuvre de cette non-solution à la crise hydrique associant autorités publiques, opérateurs d’eau et ONG.
Depuis une dizaine d’années, l’accès au RSA (revenu de solidarité active) est présenté comme plus simple, plus efficace et plus rapide, les outils numériques devant permettre de faciliter la réalisation des démarches administratives. Or, pour nombre de personnes, la réalité est tout autre. Entre la fermeture des guichets, les difficultés d’obtenir un rendez-vous, et l’usage de l’administration en ligne, l’obtention du RSA devient plus complexe pour celles et ceux qui sont placé·es en bas de la hiérarchie sociale.
Nourrie par une ethnographie au long cours menée en milieu rural, l’enquête présentée dans cet ouvrage explore les parcours des demandeurs et demandeuses de RSA, révélant les barrières qu’ils et elles doivent franchir afin d’espérer obtenir leurs droits. En questionnant à la fois les réformes de numérisation et ce que vivent les classes populaires résidant à distance des centres urbains, apparaissent alors les ressorts d’un État social qui, à distance, façonne les inégalités d’accès aux droits.

Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.

Maud Gelly est sociologue (CRESPPA-CSU) et médecin (AP-HP). Ses recherches sociologiques portent sur les inégalités sociales de santé, le champ médical, les politiques publiques dans le champ de la santé. Elle pratique l’IVG dans un hôpital de Seine-Saint-Denis.
À rebours du sens commun et de certains travaux universitaires, qui voient l’histoire et les historiens comme des victimes de l’instrumentalisation politique du passé, ce livre étudie les modalités de la participation active des historiens à ces usages. Incontournables dans les débats politiques et médiatiques, présents dans les conseils scientifiques d’une variété d’institutions publiques, parfois mêmes élus ou conseillers du prince, ils apportent un concours indispensable à la politisation des discours sur le passé. Cette participation est étudiée à partir des politiques historiques portant sur les passés dits totalitaires (nazi et communiste) en Pologne, qui sont appréhendées à deux niveaux. Celui des pouvoirs publics, qui tentent d’exercer un contrôle sur la recherche historique, auquel les historiens doivent s’adapter en élaborant des stratégies variées. Et celui des historiens eux-mêmes.
Cette enquête socio-historique, qui combine sociologie de l’action publique et sociologie des intellectuels, apporte des éclairages originaux sur les conditions de l’autonomie des sciences humaines et sociales, ainsi que sur les formes de l’engagement des savants.
Valentin Behr est chargé de recherche en science politique au CNRS. Il est rattaché au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP – UMR 8209). Ses travaux portent sur les politiques historiques et de mémoire, la sociologie des intellectuels et l’histoire des idées.
Consacré à la politique de visa, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur le tri des étrangers : pourquoi 90% des visas demandés en Chine sont acceptés, alors qu’en Algérie, un dossier sur deux est refusé ? Pour comprendre comment une nationalité se retrouve privilégiée et l’autre privée de mobilité, ce livre s’appuie sur une enquête inédite auprès des consulats français de Beijing et Alger, guichets expatriés où bureaucratie et diplomatie s’emmêlent. Elle révèle que le visa remplit une fonction de filtre aux frontières, dont l’intensité varie selon l’objectif recherché – l’attractivité touristique en Chine, et le contrôle migratoire en Algérie. Au quotidien et sur le terrain, les agents classent les dossiers entre désirables et indésirables, et les demandeurs se conforment, résistent ou subvertissent ces obstacles administratifs. À travers le visa, ce sont la production, la légitimation et la contestation d’inégalités globales à se déplacer que ce livre cherche à questionner.
Même en l’absence d’un Rassemblement National à 40% des voix, la France a produit un président de la République et des hauts fonctionnaires qui parlent ouvertement en Conseil des ministres ou en réunion d’un « problème maghrébin », d’un « problème noir » et envisagent d’expulser de force un demi-million d’étrangers au nom de supposées différences culturelles. Cela ne se passe pas dans un mauvais roman dystopique ou une bande-dessinée imaginant la prise de pouvoir de Marine Le Pen. Cela se passe dans la France de la fin des Trente Glorieuses, à un moment où un président soi-disant libéral - Valéry Giscard d’Estaing - est élu, et où un mouvement social fort s’apprête à porter le bloc de gauche au pouvoir. La profusion de discours racistes ne dépend donc pas uniquement de la dynamique électorale des partis ou de l’audience croissante de l’extrême-droite depuis les années 1980. Quelque chose de plus profond se joue dans le champ du pouvoir et de l’État depuis plus de 50 ans.
Les réformes qui, depuis les années 1980, ont privatisé et mis en concurrence les services publics sont le plus souvent présentées comme des adaptations nécessaires imposées par des forces exogènes : mondialisation économique, européanisation libérale, numérisation des télécommunications.
À rebours de ce sens commun, ce livre replace les acteurs de ces réformes au cœur de l’analyse. Il montre à partir du cas de ’administration des Télécommunications (devenue France Télécom puis Orange), comment ce sont les luttes pour le contrôle des Télécoms entre hauts fonctionnaires, syndicats, ministres et partis politiques qui ont produit leur progressive entrepreneurialisation. C’est ainsi que l’on peut comprendre l’apparent paradoxe d’une sortie de l’État dont les acteurs publics sont eux-mêmes à l’origine.
La politique étrangère de la France est régulièrement critiquée, notamment lorsqu’elle touche aux relations avec les anciennes colonies ou à la lutte contre le terrorisme. Penser des alternatives crédibles implique de mieux comprendre les systèmes de contraintes qui pèsent sur cette politique et les acteurs qui l’élaborent. À travers le cas de la guerre de la France au Mali menée entre 2013 et 2022, ce livre propose à cette fin de saisir ce que la position de « puissance moyenne » et d’« ancienne grande puissance » implique pour les différents producteurs de la politique étrangère française. Il montre ainsi, grâce à uneimportante enquête empirique, ce que le champ international fait aux politiques étrangères.
Florent Pouponneau est professeur de science politique à l’Université Toulouse Capitole (École de Droit). Il travaille depuis quinze ans sur la politique étrangère et de défense de la France à partir des outils et des méthodes de la sociologie politique.
En France, la publicité est régulée par les publicitaires eux-mêmes. Cette « autorégulation » ne serait-elle pas la source des publicités discriminantes, des messages promouvant des pratiques dangereuses pour la santé ou des produits polluants ? Comment expliquer l’apparent laisser-faire de l’État, contradictoire avec les objectifs de non-discrimination, de santé publique et de protection de l’environnement assignés à l’action publique ?
Cet ouvrage propose de répondre à ces questions en analysant le rôle central des pouvoirs publics dans la construction de cette régulation privée. Des sommets de l’État jusqu’aux agences de publicité, il montre les liens tissés entre acteurs publics et privés, tout en observant la régulation au plus près. L’enquête explique finalement comment cette régulation nouée dans les échanges entre publicitaires et fonctionnaires conduit à délaisser une série de problèmes publics. Elle offre ainsi un regard nouveau sur les transformations de l’État en dévoilant la fabrique d’une action entre public et privé, qui a pour effet de favoriser la reconfiguration de l’intérêt général au plus proche des intérêts des acteurs économiques.
Depuis les années 1980, un capitalisme financier favorable aux détenteurs d’épargne, investisseurs et spéculateurs a connu un essor inédit dans les pays occidentaux. Comment ces marchés financiers, régulés au début du XXème siècle, ont-ils de nouveau été libéralisés ? Comment l’expansion de la bourse s’est-elle opérée concrètement ? Cet ouvrage est consacré aux racines de ces transformations dans la France des années 1980. Il étudie les réformes monétaires et financières menées le gouvernement socialiste de Laurent Fabius et le ministre de l’économie Pierre Bérégovoy entre 1984 et 1986. Fondé sur de nombreuses sources et archives d’administration, il éclaire cette période historique à l’aune des outils et concepts de la sociologie économique. Il montre le rôle des dirigeants politiques et hauts fonctionnaires dans cette nouvelle orientation de l’action publique, qui a ouvert la voie à la financiarisation de l’économie française et à sa normalisation dans le cadre de la mondialisation n
Fabien Eloire est professeur des universités en sociologie à l'Université de Lille, spécialisé en sociologie économique. Il a publié avec Jean Finez, Sociologie des prix aux éditions La Découverte.