Le 24 janvier 1924 s’éteignait Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine. Pratiquement inconnu sept ans auparavant, il fut en 1917 le grand artisan du basculement de la Russie vers un système sociopolitique inédit, qui marqua toute l’histoire du XXe siècle.
Il fut un « magicien » pour ses partisans, un monstre pour les plus acharnés de ses détracteurs, une énigme pour le plus grand nombre. Un géant de la révolution ? Le précurseur du « totalitarisme » ? L’initiateur de Staline ou son contraire ?
Un siècle plus tard, les polémiques battent toujours leur plein. Ce livre essaie de faire le point sur un homme clé de toute notre histoire contemporaine. Mais son parti pris est de considérer que réfléchir sur Lénine, c’est prendre la mesure de 75 ans de soviétisme et, sans doute, de 77 ans d’un « court XXe siècle » (1914-1991).
Ce livre sera disponible à la fin janvier 2024 (version papier) et mmédiatement pour la version numérique (PDF)

Historien du communisme, Roger Martelli a longtemps exploré les effets du « moment Lénine » sur l’histoire mondiale.
Il offre ici un nouveau regard global.
Avant-propos : le mystère Lénine
Quand il s’éteint à Moscou, le 21 janvier 1924, Lénine est depuis six ans à la tête d’un État inédit, le premier à se réclamer de la pensée communiste de Karl Marx.
Sept ans plus tôt, au début de l’ année 1917, il semble pourtant en être bien loin. Alors âgé de quarante-sept ans, il a passé deux décennies de sa vie en prison, en relégation ou en exil. Quand il apprend le déclenchement de la révolution russe, il n’ a plus mis les pieds dans son pays depuis dix ans. Il est à Zürich, loin de l’ action, réduit pendant quelques semaines à glaner des informations dans les dépêches publiées par la presse étrangère. Paradoxalement, il va tirer une originalité et une force impressionnantes de cette distance qui aurait pu en faire un spectateur décalé et vite dépassé.
Quand il arrive sur le devant de la scène européenne, il n’est pas le plus connu des héritiers revendiqués de Marx. La petite cohorte des bolcheviks russes est bien modeste, à côté des gros bataillons du socialisme international, en Allemagne, en France ou au Royaume-Uni. En outre, il appartient à la minorité de gauche du mouvement, où les voix de Karl Kautsky, de Rosa Luxemburg ou d’ Anton Pannekoek résonnent bien plus que la sienne. Chez lui comme au sein de la grande fraternité socialiste, il est voué à être minoritaire. Il ne lui reste de majoritaire que le nom de son parti, et encore…
Il a toutefois l’ avantage d’ avoir connu l’expérience d’une révolution, celle qui a secoué la Russie entre 1905 et 1906. De cet apprentissage pratique et des lectures innombrables qui jalonnent les longues années de l’exil, il a tiré des idées bien arrêtées et souvent décalées sur ce que doit être un parti révolutionnaire, sur la manière de révolutionner la Russie, sur les conséquences de la Grande Guerre (il pense dès 1914 qu’elle est « une chance pour la révolution »), ou sur le capitalisme dans sa phase « impérialiste », dont il sonde avec passion les forces et les failles. Il n’ a aucun doute sur l’ avènement d’une révolution prolétarienne, qu’il envisage à l’échelle mondiale et qu’il estime très possible dans ce « maillon faible » qu’est la Russie autocratique et massivement rurale. Il est toutefois convaincu que la résistance prévisible des classes dominantes débouchera sur des affrontements armés, une guerre civile comme on l’ a connue en France au moment de la Commune de Paris.
Entre mars et novembre 1917, c’est ce proscrit quasiment inconnu, capable de dérouter jusque dans son propre camp, qui bataille pour que ses camarades aillent jusqu’ au bout d’une révolution socialiste, sans en passer par le préalable d’un pouvoir « bourgeois », en se plaçant sous le drapeau de la démocratie des « conseils » (soviets en russe), que bien peu connaissent en dehors de la Russie. Son option l’emporte à l’ automne, huit mois après le déclenchement de la première révolution. L’intuition pratique et le volontarisme militant semblent l’emporter sur les modèles théoriques façonnés dans le dernier tiers du XIXe siècle.
C’est « la Révolution contre le Capital », s’exclame le jeune Antonio Gramsci en novembre, dans Avanti !, le journal des socialistes italiens. Vladimir Illich Oulianov n’était qu’un acteur marginal de la Seconde Internationale, mais c’est lui qui parvient le premier à ce Graal de la révolution sociale que n’ avaient pu atteindre les organisations phares du socialisme européen. Ce « provincial » du socialisme devient ainsi une référence, du jour au lendemain.
Quand il meurt, ne tenant aucun compte des refus de sa veuve, Nadejda Kroupskaïa, ses camarades décident d’exposer son corps embaumé dans un mausolée adossé au Kremlin, sur la « belle place », la place Rouge. Dès 1924, on se met à parler de « léninisme », une formule utilisée par les rivaux de Léon Trotski, Joseph Staline en tête, qui veulent affirmer ainsi leur légitimité face au fondateur de l’ Armée rouge. Dans les années 1930, Lénine est mis au même rang que Marx quand apparaît officiellement le terme de « marxisme-léninisme » et même, un peu plus tard encore et pour un temps seulement, celui de « marxisme-léninisme-stalinisme ». La pensée de Marx, contestée puis acceptée et acclimatée par le socialisme européen, devient, grâce à l’obstination de Lénine, la base idéologique d’édification d’un État et le socle d’un nouveau mouvement qui se veut le « parti mondial de la révolution » (Wolikow). Pour les nouveaux communistes, les figures des deux leaders, l’ Allemand et le Russe, sont définitivement confondues.
Icône vouée à l’ adulation populaire par ses partisans, Lénine est aussi dès le début la bête noire de ses adversaires, anciens ou nouveaux, à gauche comme à droite. En 1917, il est tenu chez les alliés de la Russie pour « une création boche », un agent que la perfide Allemagne utilise pour affaiblir l’effort militaire russe. « Le complot de Lénine a éclaté au jour fixé d’ avance par l’ Allemagne », écrit le quotidien français Le Matin, dans son édition du 10 novembre 1917. Pour d’ autres, l’homme du coup de poignard dans le dos n’est en fait rien d’ autre, comme son comparse Trotski, qu’un de ces « malades » qu’évoque le journal L’ Avenir (6 janvier 1918), ou même un de ces « criminels-nés » qu’ affectionne alors la douteuse criminologie occidentale.
La mort de Lénine n’éteint pas la férocité de ses contempteurs. Mais elle la déplace, au fur et à mesure que le jeune régime soviétique, resté isolé après l’échec de la vague révolutionnaire espérée au départ, s’installe dans un système de contrainte maximale, sous la férule de Joseph Staline. La dispute tourne désormais autour du rapport que l’on peut établir entre la gestion stalinienne et celle que Lénine avait à peine amorcée.
Pour Trotski et ses émules, écrasés en Russie dès la seconde moitié des années 1920, la rupture est absolue entre les deux : la ligne qui sépare Lénine et Staline est exactement la même que celle qui sépare la révolution de la contre-révolution. Dans les années 1930, l’opposition de gauche à Staline est à ce point sidérée de l’évolution soviétique qu’elle pousse très loin la comparaison entre le despotisme stalinien et la dictature nazie. En 1936, Trotski observe dans le stalinisme et le fascisme des « phénomènes symétriques » qui « présentent une ressemblance terrible dans beaucoup de leurs traits ». Avant lui, Victor Serge, un ancien anarchiste rallié au bolchevisme et farouche antistalinien, avait affirmé que l’URSS était « un État totalitaire, castocratique absolu, grisé de puissance, pour lequel l’homme ne compte pas ». Après lui, Otto Ruhle, autrefois proche de Pannekoek, ira jusqu’ à mettre la Russie « au premier rang des États totalitaires » (Traverso). À la fin de 1939, après la signature du Pacte germano-soviétique, la thématique du totalitarisme prend son envol, à droite comme à gauche. Or, si les trotskistes écartent vigoureusement l’imputation de « totalitaire » appliquée au moment Lénine, ce n’est pas le cas de la critique anticommuniste, pour laquelle Staline n’est rien d’ autre que le fils spirituel et le continuateur de l’œuvre entreprise par Lénine.
L’ appréciation portée sur le fondateur de l’URSS évolue ainsi selon la manière dont on distribue les formes de despotisme qui ont jalonné l’histoire du XXe siècle. Les années de guerre froide, en tout cas, se prêtent très vite à la généralisation du concept de totalitarisme apparu avant-guerre et elles lui impriment sa forme rude et souvent simpliste. « Il n’y a aucune différence entre les États totalitaires », énonce le président américain Harry Truman, le 13 mai 1947, quand se confirme la rupture de l’ alliance antifasciste de 1941-1945. Les demi-mesures n’ont plus cours, quand il faut choisir son camp…
Raymond Aron et Hannah Arendt donnent ses lettres de noblesse au totalitarisme, dont ils proposent une utilisation relativement prudente et intellectuellement subtile. Beaucoup d’ autres n’ont pas ces précautions et s’ attachent à dresser des nomenclatures et des définitions permettant d’identifier à coup sûr le phénomène totalitaire (Friedrich, Brzezinski). La conclusion est sans surprise : le fascisme et le nazisme ayant disparu, le totalitarisme ne subsiste plus qu’en en URSS et ses germes sont déjà en place avant 1924. La définition étant entérinée, il ne reste plus qu’ à y faire entrer la réalité. Cela se fait du côté des historiens, dans les années cinquante et soixante du siècle, avec des talents inégaux (Fainsod, Schapiro, Ulam).
Pendant un temps, dans les années 1970-1980, au plus fort de la « détente » entre les États-Unis et l’Union soviétique, cette approche est tempérée par l’essor des approches historiennes dites « révisionnistes », plus sensibles aux contradictions et aux variantes qui s’observent au sein du modèle soviétique déployé après 1945 (Carr, Lewin, Tucker, Ferro, Fitzpatrick…). Mais la crise, puis la chute du soviétisme et surtout l’ouverture des archives russes relancent très vite et en grand la lecture « totalitariste » de l’univers communiste. Elle est favorisée par l’engourdissement brejnévien de la société soviétique et stimulée en Occident par le choc que provoque la publication de L’ Archipel du goulag.
À partir de la fin de la décennie 1980, les travaux menés sur l’ ampleur de la répression amorcée en 1918 installent un peu plus l’idée qu’il n’y a pas de frontière hermétique entre la période initiale « léninienne » et les engrenages meurtriers des années 1930. Dès lors, la conviction relève de l’évidence : la démesure stalinienne n’est pas un « dérapage » de la révolution, mais son essence même. Vouloir changer le monde revient à mettre inéluctablement un doigt dans l’engrenage totalitaire, comme la renonciation à l’ordre naturel ou divin des sociétés du passé avait mené tout droit à la Grande Terreur de 1793-1794.
Sans doute François Furet essaie-t-il, dans son Passé d’une illusion, de nuancer la généralisation, en suggérant deux couples au lieu d’un seul : Lénine-Mussolini d’un côté, Staline-Hitler de l’ autre côté, le second étant l’incarnation parfaite d’un totalitarisme sans limite. Mais les nuances de quelques pages ne contredisent pas une tentation générale à recouvrir soixante-dix ans d’histoire d’un même concept unifiant. À la limite, on retient plus volontiers, à l’instar de Stéphane Courtois, la thèse de l’historien allemand Ernst Nolte qui fait du bolchevisme la matrice même du phénomène totalitaire du XXe siècle. Pour lui, le nazisme n’est rien d’ autre qu’un « bolchevisme renversé », une réponse exacerbée aux violences qui déferlent en Russie après 1917. Et pourquoi d’ ailleurs s’ arrêter en chemin ? C’est le marxisme lui-même qui est une « idéologie exterminatrice » dont le bolchevisme n’est que « l’ application pratique ». Tout est dit : il n’y a pas de rupture entre Lénine et Staline, pas plus qu’entre Lénine et Marx.
Il ne restait plus au champ politique qu’ à porter le coup de grâce. En janvier 2006, sur rapport du député suédois Göran Lindblad, la résolution 1481 de l’ Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe établit ainsi la « nécessité d’une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires ». Le point trois de cette résolution affirme que ces crimes « ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat ». Le rapport a été largement influencé par le Livre noir du communisme, piloté et publié par Courtois en 1997. « Régime », « communiste » et « totalitaire » sont confondus dans une essence unique et intemporelle, renvoyée à l’empire du Mal. L’instance européenne la plus large donne à une interprétation – le paradigme totalitaire – la vertu d’une vérité officielle, que l’on ne peut accepter qu’en bloc. « La Révolution française est un bloc », s’exclamait à la Chambre des députés, le 29 décembre 1891, Clemenceau – alors radical – qui refusait de trier entre les bons et les mauvais révolutionnaires. Le fait totalitaire est un bloc, affirme à son tour l’ Assemblée qui regroupe des parlementaires de 46 pays européens.
Les chapitres qui suivent ne sont ni une biographie de Lénine, ni une synthèse d’histoire soviétique, ni une simple inversion du paradigme totalitaire. Ils ne sont pas la énième exégèse des discours, après toutes celles qui, à charge ou en défense, ont jalonné le face-à-face rugueux des héritiers assumés de la tradition bolchevique et la galaxie des antibolchéviques ou des anticommunistes. Ils sont une réflexion historienne globalisante sur sept décennies où s’entremêlent des évolutions sociales originales, des trajectoires individuelles, des systèmes de pouvoir, des idéologies et des cultures politiques, ainsi que des stratégies planétaires de puissance.
Le tout s’inscrit dans une histoire, que l’on dit volontiers « mondiale » aujourd’hui, qui n’ a rien d’ aléatoire, qui est travaillée par de lourdes déterminations systémiques, mais qui ne relève pour autant d’ aucune fatalité. Une histoire faite de possibles, d’hésitations et de choix qui défont des équilibres provisoires et qui en produisent d’ autres, tout aussi structurants que contradictoires et instables. Au bout du compte, ce que l’on veut saisir ici est une trajectoire dans son entier, inscrite dans un temps limité et qui, malgré sa brièveté relative, a marqué l’histoire humaine de tout un siècle. Au-delà d’un individu, « Lénine » est donc ici une clé d’entrée au cœur de ce que l’on suggérera d’ appeler « le communisme du XXe siècle ». Mais la clé n’est pas toute la porte et a fortiori pas tout l’ appartement.
Sans être spécialiste de l’histoire soviétique, je me suis passionné pour cette trajectoire, parce que j’ ai fait de l’histoire du communisme français l’objet central de mes recherches. Au fil des années, des articles et des livres, je me suis senti tenu de consolider mon regard sur ce qui fut le grand référent des communistes au XXe siècle. Il faut certes se méfier des transpositions hasardeuses, mais j’ ai l’impression que le va-et-vient d’une expérience à une autre – du « parti mondial » jusqu’ aux PC nationaux – élargit le point de vue et peut donc être utile à la perception d’ensemble, dès l’instant bien sûr où l’on reste solidement convaincu que comparaison n’est pas raison…
Les idées contenues dans ce livre ont été façonnées sur une trentaine d’ années et ont été mises en cohérence une première fois en 2017, dans un livre au titre interrogateur (Que reste-t-il de l’Octobre russe ?), publié chez le même éditeur. Je dois dire que, à ma grande surprise, ce livre a été reçu de façon plutôt sympathique par un public engagé, mais sans susciter aucun débat. Il énonçait pourtant, sur la séquence Lénine-Staline, sur le phénomène totalitaire, sur la notion de « contre-révolution stalinienne », sur la notion de « bifurcation », des points de vue qui n’ allaient pas d’eux-mêmes. À tout le moins, les suggestions avancées n’ allaient pas toujours dans le sens des analyses produites dans la mouvance large de ce que l’on appellera comme on veut, gauche communiste, gauche révolutionnaire, gauche radicale, gauche alternative ou extrême gauche .
J’ ai donc repris ici la plus grande partie de ces analyses, en les corrigeant à la marge et en les délestant d’une ultime partie qui portait plutôt sur le monde contemporain. Elles sont encadrées par un avant-propos et une conclusion inédits. La question que je pose aujourd’hui n’est en effet pas de savoir ce qui reste de l’Octobre russe, mais plutôt de savoir comment embrasser de façon globale la séquence du soviétisme, de son point de départ (une révolution communiste victorieuse) à son point d’ arrivée (le drapeau rouge ne flotte plus sur le Kremlin).
Quant au titre de cet essai, il coule de source : puisque Lénine est à l’origine du grand récit soviétique, doit-il être tenu pour responsable de tout ce qui s’est fait en son nom après lui ?
Sommaire
Avant-propos : le mystère Lénine
Prologue : la césure russe
La révolution de Lénine
La révolution enlisée
Lénine, Staline, même combat ?
Conclusion : de quoi Lénine est-il le nom ?
Bibliographie en français
Le 24 janvier 1924 s’éteignait Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine. Pratiquement inconnu sept ans auparavant, il fut en 1917 le grand artisan du basculement de la Russie vers un système sociopolitique inédit, qui marqua toute l’histoire du XXe siècle.
Il fut un « magicien » pour ses partisans, un monstre pour les plus acharnés de ses détracteurs, une énigme pour le plus grand nombre. Un géant de la révolution ? Le précurseur du « totalitarisme » ? L’initiateur de Staline ou son contraire ?
Un siècle plus tard, les polémiques battent toujours leur plein. Ce livre essaie de faire le point sur un homme clé de toute notre histoire contemporaine. Mais son parti pris est de considérer que réfléchir sur Lénine, c’est prendre la mesure de 75 ans de soviétisme et, sans doute, de 77 ans d’un « court XXe siècle » (1914-1991).
Ce livre sera disponible à la fin janvier 2024 (version papier) et mmédiatement pour la version numérique (PDF)
Historien du communisme, Roger Martelli a longtemps exploré les effets du « moment Lénine » sur l’histoire mondiale.
Il offre ici un nouveau regard global.
Ce livre est le volume II de la série d'ouvrages écrits par Abdulah Ôcalan dans la prison où le pouvoir autoritaire turc l'a mis à l'isolement. Voici le début de son texte :
Pour me défendre contre le système capitaliste, il faut que je commence par me libérer de ses formatages mentaux. Si nous voulons nous libérer du capitalisme, nous devons cesser de le vénérer comme le Veau d’Or car, ne vous y trompez pas, tout comme un musulman doit s’exclamer Bismillah! (« Au nom de Dieu ! ») avant d’entreprendre quoi que ce soit, le capitalisme nous impose ses propres règles sacrées.
Table des matières
Préface 9
Introduction 21
Première partie
Les facteurs de la naissance du capitalisme 35
I. Rationalisme 39
II. Économisme 64
III. Relation du capitalisme avec le pouvoir politique et le droit 84
IV. L’espace du capitalisme 98
V. Civilisations socio-historiques et capitalisme 111
Deuxième partie
Le capitalisme, ennemi de l’économie 131
I. Le capitalisme n’est pas économie mais pouvoir 139
II. Pourquoi le capitalisme est anti-économie 145
III. Le capitalisme dans son rapport avec la société, la civilisation et l’histoire 151
IV. La situation en Europe à la naissance du capitalisme 190
Troisième partie
Le Léviathan moderne : l’État-nation. La descente de Dieu sur terre 195
I. Le phénomène de la nation et son développement 201
II. Définir l’État 205
III. L’idéologie de la civilisation capitaliste et sa transformation en religion 216
IV. À la mémoire des victimes du génocide juif 226
V. Le pouvoir dans la modernité capitaliste 240
VI. Modernité capitaliste et État-nation 249
Quatrième partie
Le temps de la modernité capitaliste 275
I. Le capitalisme marchand monopoliste 279
II. Révolution industrielle et ère de l’industrialisme 287
III. L’ère de la finance – L’empire de l’ argent 304
Conclusion 325
Ce livre est le volume II de la série d'ouvrages écrits par Abdulah Ôcalan dans la prison où le pouvoir autoritaire turc l'a mis à l'isolement. Voici le début de son texte :
Pour me défendre contre le système capitaliste, il faut que je commence par me libérer de ses formatages mentaux. Si nous voulons nous libérer du capitalisme, nous devons cesser de le vénérer comme le Veau d’Or car, ne vous y trompez pas, tout comme un musulman doit s’exclamer Bismillah! (« Au nom de Dieu ! ») avant d’entreprendre quoi que ce soit, le capitalisme nous impose ses propres règles sacrées.
La première règle sacrée imposée par le capitalisme est la « méthode scientifique ». Cette méthode n’est pas la « morale de liberté » - indispensable à l’existence de la société humaine - passée au filtre de la vie sociale. Au contraire, il s’agit d’une culture matérielle et mentale qui produit la servitude la plus avancée ; qui, précisément parce qu’elle nie la vie sociale, mène la société vers la dégénérescence et la décomposition.
Mon argument fondamental pour tenter de me libérer de cette culture et de cette mentalité ne peut être rien d’autre que moi-même. Descartes - dont la philosophie a, peut-être sans qu’il le veuille, fourni la base du capitalisme - doutait de tout, sauf de lui-même. Aurait-il dû douter de lui-même aussi ? Et, plus important, comment s’était-il retrouvé dans cette situation ? Il y a dans l’histoire des états de doute similaires à la situation qu’il a vécue, tels que la construction de Dieu par les prêtres sumériens, les doutes théistiques profonds du prophète Abraham, l’entreprise du prophète Mahomet, le scepticisme ionien. Lors de ces étapes historiques, tant la nouvelle mentalité dans laquelle on entre, que les mentalités précédentes qui doivent être rejetées, ont la particularité de façonner radicalement la société. Tout au moins, elles fournissent le paradigme nécessaire à ce refaçonnement.
La raison essentielle de ce doute est l’échec de l’ancien état d'esprit profondément enraciné (ou « structuralité idéologique ») à répondre à l’émergence du nouveau style de vie. Les matrices mentales requises pour la nouvelle vie sont difficiles à créer, elles exigent un profond progrès de la personnalité. Quel que soit le phénomène de doute - entreprise prophétique, phase philosophique ou découverte scientifique - au fond, il cherche toujours à répondre au même besoin : comment mettre en place les matrices mentales indispensables à la nouvelle vie sociale ? Ce terrible scepticisme est caractéristique de cette étape intermédiaire. Les vies splendides de Descartes, de Spinoza et d’Érasme portent les traces de cette phase historique, en un lieu devenu le berceau de l’ascension durable du capitalisme au 16e siècle, c’est-à-dire ce que l’on appelle de nos jours les Pays-Bas.
De la mobilisation des gilets jaunes à la pandémie, de la réforme des retraites aux polémiques sur le séparatisme, de l’incendie de Notre-Dame à la mort de Johnny Halliday, de l’assaut du Capitole à la crise ukrainienne, Denis Sieffert a décrypté semaine après semaine les événements, tous chargés de sens, qui ont marqué la présidence Macron. Au fil de l’actualité, il interroge la personnalité et la fonction historique de ce président né à la politique sur la dépouille du parti socialiste, et qui rêve de pousser jusqu’au bout la logique libérale. À l’écart de l’écume médiatique, l’auteur propose une grille de lecture engagée, délibérément sociale, pour mieux comprendre les ressorts d’une époque inquiétante, avec ses inégalités abyssales, ses violences, une extrême droite conquérante, des tensions internationales et, par dessus tout, une terrible perte de confiance dans la parole publique. Il n’épargne pas non plus la gauche dont la crise est devenue l’arme principale de Macron et de ses semblables.
Table des matières
Introduction
La crise grecque ou la gauche interdite
Cette présidentielle qui dévore tout
Une jacquerie par les urnes
États-Unis : une campagne obscène
Monde d’hier et de demain
La gauche et la victoire de Trump
Rastignac à l’Élysée
En marche… arrière
Johnny, quand même…
Gaza, un désastre moral
Macron, ou l’ art du double langage
Leçons italiennes
Uniformité contre égalité
Variations abusives sur le thème de la paix
Un sondage inquiétant
Un moment d’ivresse
Mélenchon et nous
La stratégie du pourrissement
Une société malade
Le temps de toutes les confusions
Quand l’Histoire brûle
Indépendants et engagés
Ces ventes d’ armes scandaleuses
Un besoin d’espoir
La conscience et la loi
Inventaire à la Prévert
Deux affaires révélatrices
Le pari russe de Macron
Mémoire et oubli
L’ autre face de la radicalisation
Violences sociales et déni de réalité
Un message positif
Cinéma à l’Elysée
Une crise globale
Le système et ses zélateurs
Faux rebelle, vrai démagogue
Politique à l’envers et verticalité du pouvoir
De Minneapolis à Bondy
Quand Macron décrète la fin de l’Histoire
Un mauvais débat au mauvais moment
Trump et le délire complotiste
Le crime et le rituel
Silence dans les rangs
Les leçons de Donald Trump
De la crise de la police à la crise politique
Légion de déshonneur
Trump et ses fachos
L’effet Navalny
Apartheid vaccinal
Ce que dit le débat sur l’islamo-gauchisme
Le mauvais procès fait à l’Unef
Un système opaque
Devoir de vigilance
Cette guerre coloniale qu’il faut nommer
Traiter les vraies causes du conflit
Les ambiguïtés de Mélenchon
La tragédie de Mila
Petites et grandes causes de l’ abstention
Les déboires judiciaires de la macronie
Ce que révèle l’ affaire des sous-marins
De quoi « Nanard » a été le nom
17 octobre 1961 : un acte de guerre
Le nucléaire, énergie du passé
Le périlleux voyage de Macron à Moscou
De la mobilisation des gilets jaunes à la pandémie, de la réforme des retraites aux polémiques sur le séparatisme, de l’incendie de Notre-Dame à la mort de Johnny Halliday, de l’assaut du Capitole à la crise ukrainienne, Denis Sieffert a décrypté semaine après semaine les événements, tous chargés de sens, qui ont marqué la présidence Macron. Au fil de l’actualité, il interroge la personnalité et la fonction historique de ce président né à la politique sur la dépouille du parti socialiste, et qui rêve de pousser jusqu’au bout la logique libérale. À l’écart de l’écume médiatique, l’auteur propose une grille de lecture engagée, délibérément sociale, pour mieux comprendre les ressorts d’une époque inquiétante, avec ses inégalités abyssales, ses violences, une extrême droite conquérante, des tensions internationales et, par dessus tout, une terrible perte de confiance dans la parole publique. Il n’épargne pas non plus la gauche dont la crise est devenue l’arme principale de Macron et de ses semblables.
L’ascension d’Éric Zemmour sur la scène politico-médiatique repose sur le mythe d’un homme érudit et du côté du « peuple ». Il serait « cultivé », contre les « élites », « républicain », et pourrait restaurer la « grandeur perdue » de la France. Cet essai prend le parti de réduire à néant toutes ces affirmations, et bien d’autres, par une analyse intégrale de l’œuvre du polémiste.
L’exercice est inédit. La vérité d’un « intellectuel » ne se trouve pas dans ce qui se dit de lui, il faut donc passer au crible ses essais et ses romans pour cerner sa pensée et ne pas tomber dans le piège de la « petite phrase ».
Est-il cultivé ? Charly Salkazanov dévoile l’imposture ! Inventeur du « populisme lettré », Éric Zemmour tourne comme un poisson dans un bocal en usant toujours des mêmes citations d’un ouvrage à un autre, quand il ne recycle tout simplement pas ses bonnes pages.
Cet homme pourrait être notre prochain Président…
Recensions
Introduction
Chapitre 1. Le tombeau d’un héraut
Chapitre 2. Sa vision de la société : des théories sur le genre « mâle » inspirées
Chapitre 3. Sa vision de l’étranger : « diviser pour régner »
Chapitre 4. Sa méthode pour conquérir le pouvoir
Chapitre 5. Une vision du monde déconnectée du réel : le rejet pour programme
Conclusion
L’ascension d’Éric Zemmour sur la scène politico-médiatique repose sur le mythe d’un homme érudit et du côté du « peuple ». Il serait « cultivé », contre les « élites », « républicain », et pourrait restaurer la « grandeur perdue » de la France. Cet essai prend le parti de réduire à néant toutes ces affirmations, et bien d’autres, par une analyse intégrale de l’œuvre du polémiste.
L’exercice est inédit. La vérité d’un « intellectuel » ne se trouve pas dans ce qui se dit de lui, il faut donc passer au crible ses essais et ses romans pour cerner sa pensée et ne pas tomber dans le piège de la « petite phrase ». Zemmour méprise le « peuple », prône une justice de classes, exclut du « peuple » une grande partie de la population (« bobos », salariés « cosmopolites », enfants d’immigrés, musulmans), a tenu des propos antisémites pires que ceux concernant le maréchal Pétain, qui sont passés inaperçus.
Est-il cultivé ? Charly Salkazanov dévoile l’imposture ! Inventeur du « populisme lettré », Éric Zemmour tourne comme un poisson dans un bocal en usant toujours des mêmes citations d’un ouvrage à un autre, quand il ne recycle tout simplement pas ses bonnes pages.
Cet homme pourrait être notre prochain Président…
Alfred Spira est médecin et professeur d’épidémiologie.
Nicolas Leblanc est médecin de santé publique et élu local en charge du projet de territoire de santé de Fontenay-sous-Bois.
Le « syndrome de la vie de merde » est mortel. Autrement dit, les inégalités tuent. Issues de nos modes d’organisation éducative, sociale et politique, elles ont en effet des conséquences multiples, notamment sur la santé. Au milieu du 19e siècle, un médecin français, Louis René Villermé, fit une découverte qui allait révolutionner les représentations : la durée de vie, ce que l’on nomme aujourd’hui l’espérance de vie à la naissance, est bien moins déterminée par des forces occultes (les vents, les humeurs, les astres…) ou la volonté divine que par l’« aisance », le niveau des revenus et d’éducation, la profession et l’habitat. Les plus pauvres meurent plus jeunes ! La différence d’espérance de vie à la naissance en France est aujourd’hui de treize ans entre les plus pauvres et les plus fortunés. Derrière ces différences tout au long de l’échelle des revenus se cache une réalité sociale qui doit être comprise pour être corrigée. C’est la vocation de cet ouvrage d’expliquer ce que sont les inégalités sociales de santé et de montrer ce qui les détermine afin de tracer quelques perspectives pour y remédier.
Alfred Spira, médecin professeur d’épidémiologie, contribue à la prise en considération de la santé dans la dynamique sociale, face aux grands enjeux contemporains tels que les modifications de l’environnement, les migrations, l’accès aux droits humains.
Nicolas Leblanc, médecin de santé publique au sein du premier groupe mutualiste de protection sociale en France, est élu local en charge du projet de territoire de santé de Fontenay-sous-Bois et intervient en tant qu’expert dans de nombreux cercles de réflexion.
Le Sahel est une catégorie qui semble aller de soi. Évoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète histoire des hommes ». L’hypothèse de ce livre est que les problèmes d'aujourd’hui du Sahel sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de l’Afrique de l’ouest.
Sommaire
Avant-propos
Introduction
Chapitre 1. Le Sahel, une catégorie coloniale française
Chapitre 2. Le formatage de l’intellectuel sahélien francophone
Chapitre 3. L’ethnicisation du conflit sahélien
Chapitre 4. Rhétoriques du pouvoir au Mali
Chapitre 5. L’excision et l’homosexualité comme enjeux politiques au Mali
Conclusion. Le Sahel fantôme
Annexes
Le Sahel est une catégorie, comme toutes les catégories qui s’appliquent à l’Afrique, ethniques et géographiques entre autres, qui semble aller de soi. Evoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections qui se produisent dans toute cette zone depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète histoire des hommes ». L’hypothèse de ce livre est donc que les problèmes de ce qui forme aujourd’hui le Sahel (en particulier la défaite de l’armée française) sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de cette région géographique d’Afrique de l’ouest.
Points forts : invention coloniale du Sahel, critique des « intellectuels de cour » sahéliens, critique la littérature sahélienne comme porteuse d’une attitude pro-soufie, pro-animiste islamophobe, fémo et homonationaliste.
Bio-bibliographie
Anthropologue, Directeur d’études émérite à l’EHESS, ancien rédacteur en chef des « Cahiers d’études africaines », spécialiste du Mali et de l’étude de l’ethnicité, de l’identité et du métissage.
Principaux ouvrages
Au cœur de l’ethnie : ethnies, tribalisme et État en Afrique, avec Elikia M’Bokolo, La Découverte, 1985, rééd. La Découverte poche, 1999.
Logiques métisses : anthropologie de l’identité en Afrique et ailleurs,
Vers un multiculturalisme français : l’empire de la coutume, Aubier, 1996, « Champs », 2001
Branchements. Anthropologie de l’universalité des cultures,Flammarion, 2001, « Champs », 2005.
L’Occident décroché. Essais sur les postcolonialismes, Paris, Stock, 2008Fayard/Pluriel, 2010.
Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains, Paris, Stock, 2010.
Avec Souleymane Bachir Diagne, En quête d’Afrique (s). Universalisme et pensée décolonialeParis, Albin Michel, 2018.
Le présent ouvrage entend éclairer les origines et les fondements du hirak echaâbi (mouvement populaire) algérien de février 2019. Ce mouvement n’est pas né ex nihilo. À partir de luttes, fragmentées et contraintes, a émergé, dans la diversité des revendications et des lieux, une pluralité de demandes qui se sont retrouvées dans le creuset qu’a constitué le mouvement du 22 février.
Ce mouvement est apparu ainsi comme un catalyseur de tous ces apports et transformations au carrefour d’un basculement générationnel, entendu ici comme espace-temps défini par une globalisation en œuvre. Cependant, ce mouvement marque une transformation par rapport aux formes de contestations et mouvements sociaux et politiques, depuis l’indépendance. Pour cela, l’ouvrage opère un retour sur la décennie 2010 qui en a vu la gestation. Il s’appuie sur des recherches empiriques, nourries d’une connaissance au plus près du terrain algérien, qui donnent à voir les étapes et les éléments constitutifs qui ont permis son déploiement loin de toute immédiateté et précipitation analytique, voire politique. Il ouvre sur des points de vue qui permettent d’éclairer les enjeux et soubassements sociaux et politiques de ce moment de l’histoire algérienne.
Aissa Kadri : Enseignant-chercheur, associé UMR-LISE/CNAM/CNRS. Ses travaux portent sur une analyse comparée des systèmes d’enseignement, sur la question des intellectuels et intelligentsias, les mouvements sociaux et de droits au Maghreb et en immigration, et la sociologie des migrations.
Table des matières
Remerciements
Introduction
Première partie : Fondements et enjeux des contestations
Violence politique et démocratie : une union forcée et tragique, Sonia Dayan-Herzbrun, Laboratoire du Changement Social et Politique (LCSP), université Paris Diderot-Paris 7.
Dignité, citoyenneté et post-démocratie. Regards croisés autour de la même Mer, Giovanna Campani, université de Florence.
Nouvelles circulations et créativité des femmes maghrébines en « déplacement », Gérard Prévost, Institut Maghreb Europe, université Paris 8, Saint-Denis.
Justice transitionnelle et réconciliation en Tunisie : réflexions introductives, Nada Ben Amor, doctorante en psychologie, université de Tunis
Deuxième partie : perspective générationnelle, État et acteurs sociaux
Révoltes arabes : la fausse exception algérienne, Aissa Kadri, université de Paris 8, Saint-Denis.
État et société civile en Algérie à la veille des « printemps arabes », Hocine Zeghbib, Maître de conférences de droit public université Montpellier III CREAM – Montpellier I.
Les bases sociales de l’État en Algérie, Salim Chena, chercheur associé à LAM (Sciences Po Bordeaux/CNRS), éditeur de la Revue en ligne Dynamiques Internationales.
Les élites militaires algériennes face aux recompositions de la société algérienne (1999-2019), Emmanuel Alcaraz, docteur en histoire, chercheur associé à l’IRMC et à l’ISP de l’université de Nanterre
Les émeutes de janvier 2011 en Algérie et la réaction de pouvoir politique, Abdelghani Issaadi, docteur en sociologie Paris 8, Saint-Denis.
Les protestations populaires au Mzab : Les heurts intercommunautaires au miroir de la génération politique, Ratiba Hadj-Moussa, département de sociologie, York University, Toronto185
Troisième partie : des pratiques contestataires en mutation
Islam politique, néo-fondamentalisme et « printemps arabe » en Égypte et en Algérie. De la complexité du rapport entre État et religion, Meriem Khelifi, docteure en sociologie, université de Paris 8, Saint-Denis.
Les réformes politiques du printemps arabe : verrouillage et atomisation de l’espace public, Rachid Tlemçani, professeur, université d’Alger 3.
Les réseaux sociaux et l’opinion publique algérienne lors de l’élection présidentielle 2014, Samir Ghezlaoui , doctorant en communication à l’université Rennes 2.
Les usages de la téléphonie mobile en Algérie : de la révolution culturelle à la révolution politique, Hazi Hanane, doctorante, université de Paris 8, Saint-Denis.
« Bezzzef ! » : Archéologie culturelle d’un mouvement contestataire Nazim Layadi, université de Paris 8, Saint-Denis.
Des mouvements inscrits dans la longue durée, la résilience du pouvoir autoritaire. Quelle sortie du « despotisme plébéien » ?,Aissa Kadri et Salim Chena
En guise de postface : les luttes continuent, l’Algérie à la croisée des chemins, Aissa Kadri
Conclusion, Aissa Kadri et Salim Chena
Comment faire basculer la France dans le socialisme ? S’ agit-il de passer par la voie des urnes ou celle des luttes ? Faire le choix des réformes ou de la révolution ? Quel chemin emprunter pour arriver à ce fameux « débouché politique » qui se cherche sans cesse ? Quelle organisation, quel parti, quelles alliances sont nécessaires pour cela ?
Ces questions ne sont pas neuves pour toutes celles et tous ceux qui ont l’émancipation et l’égalité au cœur, qu’anime la volonté de rompre avec un capitalisme mortifère, de changer le monde et la vie. Elles se sont posées crûment en 1974, année de présidentielle et de recomposition de la gauche partisane, taraudant les organisations politiques et syndicales comme leurs militant·es. Elles conservent encore aujourd’hui leur pertinence et méritent d’être remises sur le métier, encore et encore.
En 1974, Charles Piaget, syndicaliste CFDT de Lip et militant PSU de Besançon, est une voix qui compte. Il propose dans les textes de ce recueil des pistes pour tenter d’y répondre.
La guerre en Ukraine n’est pas seulement le produit des « délires paranoïaques » d’un homme, fût-il président d’une puissance qui compte, y compris sur le plan militaire. La pensée unique et les caricatures idéologiques qui n’ont cessé d’accompagner ce retour de la guerre en Europe font silence sur les trente années d’une page d’histoire déterminante, qui a contribué à réunir toutes les conditions d’une escalade et d’un conflit de haute intensité dont le peuple ukrainien paie le prix le plus élevé. Comprendre toutes les causes de cette guerre, comprendre l’erreur stratégique majeure de Poutine, le rôle décisif des États-Unis, de l’OTAN et plus généralement des puissances occidentales est indispensable au regard des effets de transformations globales de la situation internationale et du monde de demain dont ce conflit est porteur.
Recension
Table des matières
Introduction. De la revanche et de la puissance
Premier temps. Comment en est-on arrivé là ?
Deuxième temps. La dimension de l’enjeu
Troisième temps. Nucléaire : le risque et la rhétorique
Quatrième temps. Ce que la guerre nous dit de l’ordre international
Cinquième temps. Une guerre de l’Occident contre la Russie ?
Sixième temps. L’exigence d’un nouvel ordre
Conclusion. Sortir de la puissance, sortir de l’impuissance
Annexes : documents officiels, version intégrale en français
1- Projets de traité et d’ accord présentés par la Russie sur la question des garanties de sécurité en Europe
Avec les États-Unis
Avec l’OTAN
2- Réponses écrites des États-Unis et de l’OTAN aux projets de traité et d’ accord de la Russie
3- Lettre de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à 37 homologues de l’OSCE
4- Intervention de Vladimir Poutine justifiant la guerre en Ukraine (21 février 2022) 200
Bibliographie
La guerre en Ukraine n’est pas seulement le produit des « délires paranoïaques » d’un homme, fût-il président d’une puissance qui compte, y compris sur le plan militaire. La pensée unique et les caricatures idéologiques qui n’ont cessé d’accompagner ce retour de la guerre en Europe font silence sur les trente années d’une page d’histoire déterminante, qui a contribué à réunir toutes les conditions d’une escalade et d’un conflit de haute intensité dont le peuple ukrainien paie le prix le plus élevé. Comprendre toutes les causes de cette guerre, comprendre l’erreur stratégique majeure de Poutine, le rôle décisif des États-Unis, de l’OTAN et plus généralement des puissances occidentales est indispensable au regard des effets de transformations globales de la situation internationale et du monde de demain dont ce conflit est porteur.
À l’heure où l’économie mondiale est traversée par une succession de crises d’ampleur et d’intensité sans précédent, les produits de proximité suscitent un intérêt grandissant. Pour faire face aux risques induits par la mondialisation des échanges et la spécialisation géographique du travail, la relocalisation des activités de production est aujourd’hui plébiscitée. Dans l’agroalimentaire, la pandémie a donné un nouveau souffle aux « circuits courts » qui cherchent à réduire la distance marchande entre agriculteurs et consommateurs. Ce livre restitue le processus d’institutionnalisation de ces marchés ainsi que les multiples investissements dont ils font l’objet.
L’enquête pointe un phénomène paradoxal : l’intervention d’un certain nombre d’intermédiaires comme condition de félicité de marchés qui valorisent un rapprochement entre les agriculteurs et les consommateurs. Elle montre à quel point le succès des « circuits courts » s’explique par l’intervention de militants, chercheurs, et agents du ministère de l’Agriculture qui, souvent malgré eux, participent dans le même temps à leur réappropriation par les acteurs centraux du secteur agricole.
Sommaire
Introduction. Saisir l’incertitude et ses effets
Chapitre 1. De la contestation du Gatt aux Amap. La métamorphose de la cause de l’Alliance entre agriculteurs et consommateurs
Chapitre 2. Le succès des « circuits courts ». Co-production et circulation d’une catégorie d’organisation marchande
Chapitre 3. L’institutionnalisation du flou. Des circuits courts aux circuits de proximité
Chapitre 4. La proximité réinvestie par les intermédiaires
Chapitre 5. La structure de l’offre en « circuits courts »
Chapitre 6. La dynamique conservatrice de l’espace des producteurs
Liste des matériaux
À l’heure où l’économie mondiale est traversée par une succession de crises d’ampleur et d’intensité sans précédent, les produits de proximité suscitent un intérêt grandissant. Pour faire face aux risques induits par la mondialisation des échanges et la spécialisation géographique du travail, la relocalisation des activités de production est aujourd’hui plébiscitée. Dans l’agroalimentaire, la pandémie a donné un nouveau souffle aux « circuits courts » qui cherchent à réduire la distance marchande entre agriculteurs et consommateurs. Ce livre restitue le processus d’institutionnalisation de ces marchés ainsi que les multiples investissements dont ils font l’objet.
L’enquête sur laquelle se base cet ouvrage pointe dans un subtil jeu d’échelles un phénomène paradoxal : l’intervention d’un certain nombre d’intermédiaires comme condition de félicité de marchés qui valorisent un rapprochement entre les agriculteurs et les consommateurs. Elle montre à quel point le succès des « circuits courts » s’explique par l’intervention de militants, chercheurs, et agents du ministère de l’Agriculture qui, souvent malgré eux, participent dans le même temps à leur réappropriation par les acteurs centraux du secteur agricole.
Jean-Baptiste Paranthoën est post-doctorant à l’Université de Reims Champagne-Ardennes. Membre du Centre d’Études et de Recherches sur les Emplois et les Professionnalisations et associé au Centre d’Économie et de Sociologie Appliquées à l’Agriculture et aux Espaces Ruraux, ses travaux portent sur les modèles de développement économique alternatifs.
Emmanuel Macron affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites. Peu lui importe si la justification qu’il en donne aujourd’hui contredit la précédent. Il voulait alors une réforme (prétendument) au nom de l’équité, avec un régime par points. Il veut aujourd’hui ce qu’il refusait fermement, à savoir une réforme paramétrique : reculer l’âge de départ pour faire des économies.
Dans la première partie de cet ouvrage, on réfute la présentation d’un financement des retraites menacé, en montrant l’injustice et le coût humain d’un recul de l’âge de départ ou d’un allongement de la durée de cotisation. Refuser ce projet ne signifie pas pour autant se satisfaire de la dégradation continue des retraites sous l’effet des réformes passées : décrochage du niveau de vie des retraité·es, inégalités entre catégories sociales, et entre femmes et hommes : c’est l’objet de la deuxième partie. Enfin, la dernière partie aborde les pistes possibles pour améliorer le système, et souligne l’importance de réfléchir sur les retraites en lien avec l’emploi, les conditions de travail et plus globalement le projet de société.
Publié en partenariat avec la fondation Copernic
9 Introduction
11 1. Réfutation du discours du gouvernement
Que dit vraiment le rapport du COR : le système de retraites n’est pas en danger
14 Les caisses de retraites doivent financer les retraites
16 La retraite à 64 ou 65 ans serait une régression pour de nombreuses personnes et une injustice
17 Le recul de l’âge de départ signifie une prolongation de la période de précarité
18 Dégradation de la qualité de vie
19 Inégalités d’espérance de vie et de revenus
19 L’allongement de la durée de cotisation pénalise les carrières courtes
22 Des gains d’espérance de vie revus à la baisse ; une espérance de vie en retraite également en baisse
23 Travailler plus : focalisation sur l’emploi des séniors
25 Travailler plus : oubli de l’emploi des femmes
28 La comparaison avec les autres pays ne peut pas se faire seulement sur l’âge de départ
29 Un minimum de pension à 85 % du SMIC ? une promesse ancienne jamais tenue
31 2. Refuser la « réforme » actuellement prévue ne signifie pas que le système de retraites est aujourd’hui satisfaisant.
Une situation moins mauvaise qu’ailleurs mais très insuffisante
32 La décision politique de plafonner les dépenses de retraite est responsable de cette dégradation
32 Dégradation des taux de remplacement, des pensions et des niveaux de vie
36 Les inégalités entre les femmes et les hommes, importantes, ne se réduisent que trop lentement
40 Des dispositifs de solidarité indispensables, mais qui distribuent beaucoup plus aux plus aisés
43 3. Améliorer le système et garantir l’avenir de retraites suffisantes
44 Partager plus équitablement la richesse produite
45 Réduire le temps de travail plutôt que l’augmenter
46 Poser la question du sens du travail
47 Lever les obstacles à l’emploi des femmes
48 Augmenter les salaires et le taux de cotisation, supprimer les allégements de cotisations
49 Revenir à des durées de carrière réalisables et à un calcul satisfaisant de la pension
50 Augmenter le minimum de pension
50 Supprimer la décote
51 Refonder les majorations pour enfants pour les rendre forfaitaires et unifiées
53 En conclusion, améliorer les ressources du système de retraite, c’est possible
55 Annexe 1. Retraites : répartition et capitalisation
56 Régime par annuités, par points ou en comptes notionnels
58 La logique de contributivité s’oppose à la logique de solidarité
58 Écarts de pension entre les femmes et les hommes
59 Comptes notionnels, pure contributivité
61 Annexe 2. Taux plein, décote, âge dit du taux plein
63 Annexe 3. Christiane Marty, « Les femmes, premières pénalisées de la nouvelle réforme des retraites », Travail, Genre et société, n°44, novembre 2020
Emmanuel Macron affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites. Peu lui importe si la justification qu’il en donne aujourd’hui contredit celle de son précédent mandat. Il voulait alors une réforme (prétendument) au nom de l’équité, avec un régime par points. Il veut aujourd’hui ce qu’il refusait fermement, à savoir une réforme paramétrique : reculer l’âge de départ pour faire des économies.
Dans la première partie de cet ouvrage, on réfute la présentation d’un financement des retraites menacé, en montrant l’injustice et le coût humain d’un recul de l’âge de départ ou d’un allongement de la durée de cotisation. Refuser ce projet ne signifie pas pour autant se satisfaire de la dégradation continue des retraites sous l’effet des réformes passées : décrochage du niveau de vie des retraité·es, fortes inégalités entre catégories sociales, et entre femmes et hommes : c’est l’objet de la deuxième partie. Enfin, la dernière partie aborde les pistes possibles pour améliorer le système, et souligne l’importance de réfléchir à la question des retraites en lien avec l’emploi, les conditions de travail et plus globalement le projet de société.
Christiane Marty est ingénieure, membre du Conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic. Elle a notamment co-écrit
Retraites, l’alternative cachée, Syllepse, 2013.
Les banques centrales font régulièrement la une de l’actualité économique. Leurs décisions sont scrutées à la loupe par les marchés financiers et peuvent avoir des conséquences considérables sur la vie quotidienne des populations. Mais au service de qui fonctionnent-elles et quelle est la nature des politiques qu’elles promeuvent ? Ce livre montre toute l’ambiguïté d’organismes censés être au service de l’intérêt commun mais qui, en fait, mettent en œuvre des orientations qui, in fine, ne font que soutenir la finance. Quelle serait alors une politique monétaire au service d’une bifurcation écologique et sociale ? Ce livre en explore les voies et les moyens.
Ce livre sera disponible vers le 20 février 2023. Il peut être commandé dès maintenant
Pourquoi tant de votes RN dans les classes populaires ? La question est d’autant plus cruciale que la progression électorale d’un RN qui accélère sa « normalisation » et consolide sa « respectabilité », peut sembler inexorable. Si l’abstentionnisme reste majoritaire dans les classes populaires, le vote RN s’ancre néanmoins dans les anciens bastions ouvriers du Nord et de l’Est désindustrialisés et dans le « Midi rouge », et il étend désormais son emprise à l’ensemble du territoire. Le constat est d’autant plus paradoxal que l’ampleur de ces votes RN dans les classes populaires va à l’encontre de leurs intérêts matériels les plus évidents. Seule l’enquête permet alors de cerner « ce que voter RN veut dire » dans les classes populaires, de comprendre « les raisons » socialement diversifiées de ces votes et d’en élucider « les causes ». Les enquêtes rassemblées dans ce livre montrent que celles et ceux qui votent RN ne constituent pas un « électorat » mais, selon l’expression de Daniel Gaxie, « un conglomérat ». Elles invitent ainsi à s’interroger sur les conséquences politiques à en tirer avant qu’il ne soit trop tard…

Pourquoi tant de votes RN dans les classes populaires ? La question est d’autant plus cruciale que la progression électorale d’un RN qui accélère sa « normalisation » et consolide sa « respectabilité », peut sembler inexorable. Si l’abstentionnisme reste majoritaire dans les classes populaires, le vote RN s’ancre néanmoins dans les anciens bastions ouvriers du Nord et de l’Est désindustrialisés et dans le « Midi rouge », et il étend désormais son emprise à l’ensemble du territoire. Le constat est d’autant plus paradoxal que l’ampleur de ces votes RN dans les classes populaires va à l’encontre de leurs intérêts matériels les plus évidents. Seule l’enquête permet alors de cerner « ce que voter RN veut dire » dans les classes populaires, de comprendre « les raisons » socialement diversifiées de ces votes et d’en élucider « les causes ». Les enquêtes rassemblées dans ce livre montrent que celles et ceux qui votent RN ne constituent pas un « électorat » mais, selon l’expression de Daniel Gaxie, « un conglomérat ». Elles invitent ainsi à s’interroger sur les conséquences politiques à en tirer avant qu’il ne soit trop tard…
Gérard Mauger

Willy Pelletier
Ce fut le chantier de tous les paradoxes. Perdu sur une petite presqu’île de l’extrémité occidentale de l’immense continent eurasiatique, il fut au centre de polémiques, de controverses mais aussi d’actions et de quelques décisions sur la filière nucléaire en France et dans le monde. À Flamanville, maître d’ouvrage et grands groupes donneurs d’ordres imposèrent le retour à des règles sociales du passé pour construire le prototype de réacteur du futur. Censé être la tête de série des EPR en France, les retards, malfaçons et scandales accumulés semblèrent, l’espace de quelques années, condamner toute une filière industrielle majeure pour l’avenir de l’industrie de notre pays.
Mais ce n’était que l’apparence des choses. Il y avait une logique de fonctionnement d’un système organisé. Ce chantier manifestait, à l’ère du capitalisme financiarisé et globalisé, la contradiction entre les immenses potentialités humaines, scientifiques et technologiques de notre époque et les conditions économiques et sociales de construction d’un objet technique particulièrement sophistiqué.
Ce fut le chantier de tous les paradoxes. Perdu sur une petite presqu’île de l’extrémité occidentale de l’immense continent eurasiatique, il fut au centre de polémiques, de controverses mais aussi d’actions et de quelques décisions sur la filière nucléaire en France et dans le monde. À Flamanville, maître d’ouvrage et grands groupes donneurs d’ordres imposèrent le retour à des règles sociales du passé pour construire le prototype de réacteur du futur. Censé être la tête de série des EPR en France, les retards, malfaçons et scandales accumulés semblèrent, l’espace de quelques années, condamner toute une filière industrielle majeure pour l’avenir de l’industrie de notre pays.
Mais ce n’était que l’apparence des choses. Il y avait une logique de fonctionnement d’un système organisé. Ce chantier manifestait, à l’ère du capitalisme financiarisé et globalisé, la contradiction entre les immenses potentialités humaines, scientifiques et technologiques de notre époque et les conditions économiques et sociales de construction d’un objet technique particulièrement sophistiqué.
Comment sauver le vivant, nous compris ? En s’y reconnectant, clame une mouvance d’auteurs généreusement relayés par les médias. Or ces appels à repenser les liens entre humains et non-humains puisent dans un fond ancien, reconnaissable à sa stigmatisation de la science et de la production, désignés coupables de la catastrophe écologique en cours.
Il suffirait alors de s’en détourner pour remédier aux maux de notre Modernité. Par l’examen de trois cas, les auteurs montrent les impasses, voire les dérives de tels discours et la nécessité d’en prendre le contre-pied.
La question du bien produire devient cardinale. Notre survie suppose d’enquêter sur les conditions permettant non seulement de préserver la biosphère, mais aussi de développer nos capacités afin de mener des vies véritablement humaines. Quels désirs et activités durables peut-on infiniment cultiver à l’intérieur des limites planétaires ?

Alexandra Bidet, ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée de sciences économiques et sociales, est chargée de recherche en sociologie au CNRS. Elle s’intéresse aux façons dont nos activités quotidiennes, notamment de travail, nous amènent à explorer ce qui vaut, compte et mérite d’être fait. Elle est notamment l’auteur de L’engagement dans le travail. Qu’est-ce que le vrai boulot ? (PUF, 2011).

Vincent Rigoulet est professeur des écoles et doctorant en sciences de l’éducation. Ancien journaliste, il a vécu plusieurs années en Afrique. Philosophe de formation et agronome par passion, il réfléchit et mène des expérimentations sur les manières de développer une culture du vivant à l’école primaire, et faire ainsi de l’éducation un levier stratégique dans la lutte contre la catastrophe écologique.
Dans un monde à la recherche d’alternatives aux impasses et prédations libérales, l’Économie sociale et solidaire (ESS), à travers ses formes coopératives, mutualistes et associatives, est riche de deux siècles d’innovations sociales et d’engagements citoyens.
Il s’agit dans cet ouvrage de montrer comment ces diverses formes ont façonné notre monde et portent aujourd’hui les initiatives transformatrices des nouveaux mouvements sociaux. Démocratie dans l’entreprise, défense des droits, émancipation des femmes, batailles pour le logement, pour l’environnement, maîtrise des nouvelles technologies… tous ces combats s’appuient sur des initiatives d’Économie sociale et solidaire.
Du philosophe et économiste du XIXe siècle Henri de Saint-Simon aux combattantes kurdes du Rojava en Syrie, des premières associations aux nouvelles interventions coopératives, l’ESS n’est pas une proposition subsidiaire, une économie de la réparation, mais, se fondant sur l’éducation populaire, un ensemble de dynamiques démocratiques d’émancipation.
Jean-Philippe Milesy est militant de l’Économie sociale et solidaire depuis plus de 40 ans. Il a été notamment secrétaire général du Collège coopératif (Paris), conseiller à la Délégation interministérielle à l’Économie sociale, co-fondateur du mensuel Le Monde Initiatives. Auteur de ESS et mouvement syndical (éd. Alternatives économiques ») et d’un Petit précis d’histoire sociale de l’Économie sociale, collaborateur de nombreuses publications sur les sujets de l’ESS, il est aujourd’hui secrétaire général de l’Institut Polanyi (France).
Monsieur K survit dans une ville méditerranéenne. Une cité trempée dans le formol. Il est jeune. Il n’est pas spécialement heureux. Il n’est pas malheureux non plus. De toute façon, il n’a pas d’ambition particulière. Il est absent à lui-même. Il observe et attend puisque la vie est déconseillée sous ces latitudes.
Dans un taxi, il a une sorte de révélation. Il doit émigrer. Il va alors entreprendre un périple en quinze stations comme autant de chapitres, chacun portant le titre d’un roman ou d’une nouvelle du maître Franz Kafka.
Il découvrira la solidarité autant que la violence, l’amour et la vanité aussi, l’indifférence beaucoup, mais surtout un vaste champ où chacun doit fournir un effort surhumain pour se déplacer d’une seule case car il faut bien le dire, toutes les cases sont déjà occupées et personne ne vous attend jamais nulle part.
Cette épopée de la migration chez les jeunes des pays du Sud est une véritable comédie humaine où le temps ne s’écoule pas comme ailleurs. Monsieur K va accomplir son parcours mais aussi le raconter. Il manie avec brio une analyse cynique pour ne pas sombrer dans la folie du désespoir

Mohamed Sadoun a été enseignant et directeur d’école. Il est aujourd’hui haut-fonctionnaire. En 2017, il a publié Débâcle (éditions Casbah Alger), prix du roman Mohamed Dib 2018. Il est également l’auteur de Algérie la Nation entravée, un essai analysant le hirak algérien, publié aux éditions de l’Aube en 2019.
Le leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan, a été arrêté en 1999 par l’État turc. Condamné à mort, après une parodie de justice, sa peine a été commuée à la réclusion à perpétuité après l’ abolition de la peine capitale.
Du fond de sa prison, il s’emploie à poursuivre une réflexion théorique et pratique qui se situe dans la lignée des grandes pensées émancipatrices
Ces plaidoyers traduisent une érudition profonde, une pleine conscience des enjeux contemporains et une volonté absolue de frayer de nouveaux chemins vers la liberté des peuples et plus particulièrement celle du peuple kurde.
Dans son appréhension de l’ étude globale des sociétés humaines, A. Öcalan centre sa réflexion dans ce troisième tome sur la véritable guerre livrée au vivant par l’impact des activités humaines dans le cadre du système capitaliste d’ accumulation, d’ appropriation privée et de dynamiques socio-écologiques qui y sont associées.
En juin 2023, un navire transportant près de 750 migrants coule au large du Péloponnèse faisant plusieurs centaines de morts. Quelques jours plus tôt, le Conseil des ministres de l’Union européenne parvenait à un accord sur les principaux volets d’un nouveau Pacte sur la migration et l’asile, s’inspirant des dispositifs testés dans les îles de la mer Égée, considérées ici comme de véritables laboratoires de l’Union.
L’ouvrage adopte une approche critique visant à dépasser la rhétorique officielle des autorités européennes qui masque la vocation réelle d’une politique sécuritaire de contrôle et d’exclusion des étrangers. Il met ainsi en lumière le changement de paradigme qui a conduit à une institutionnalisation de l’enfermement des migrants aux frontières de l’Union.
À partir d’exemples tirés de l’actualité juridique, une série d’encadrés pointent les convergences entre la politique migratoire européenne et celle de la France.
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Giulia Gelot est juriste et militante engagée pour la défense des droits humains.
En juin 2023, un navire transportant près de 750 migrants coule au large du Péloponnèse faisant plusieurs centaines de morts. Quelques jours plus tôt, le Conseil des ministres de l’Union européenne parvenait à un accord sur les principaux volets d’un nouveau Pacte sur la migration et l’asile, s’inspirant des dispositifs testés dans les îles de la mer Égée, considérées ici comme de véritables laboratoires de l’Union.
L’ouvrage adopte une approche critique visant à dépasser la rhétorique officielle des autorités européennes qui masque la vocation réelle d’une politique sécuritaire de contrôle et d’exclusion des étrangers. Il met ainsi en lumière le changement de paradigme qui a conduit à une institutionnalisation de l’enfermement des migrants aux frontières de l’Union.
À partir d’exemples tirés de l’actualité juridique, une série d’encadrés pointent les convergences entre la politique migratoire européenne et celle de la France.
Table des matières
Préface
Introduction
chapitre 1
La rhétorique de la crise migratoire au service d’une politique sécuritaire
Encadré 1 - L’enfermement des mineurs étrangers
en France
chapitre 2
La construction de la figure du migrant comme
indésirable
Encadré 2 - Le droit particulier des étrangers à Mayotte et l’opération « Wuambushu » de 2023
Encadré 3 – Le continuum de l’enfermement des
étrangers en France
chapitre 3
La « gestion » des arrivées en Europe : de dispositifs ad hoc à des modes de gouvernance pérennes
Encadré 4 – La « zone d’ attente » : le tri à la française
chapitre 4
Les îles grecques de la mer Égée comme laboratoire de la politique migratoire européenne
Encadré 5 – Le délit de solidarité face au principe de fraternité en droit français
chapitre 5
Le nouveau Pacte européen sur la migration et l’ asile : « Tout changer pour que rien ne change »
Encadré 6 - Le projet de loi immigration de 2023 : « Être gentil avec les gentils et méchant avec les méchants »
chapitre 6
L’externalisation des contrôles migratoires :
l’enfermement des migrants au-delà des frontières de l’Europe
Conclusion
Glossaire
Bibliographie
Table des abréviations
En juin 2023, un navire transportant près de 750 migrants coule au large du Péloponnèse faisant plusieurs centaines de morts. Quelques jours plus tôt, le Conseil des ministres de l’Union européenne parvenait à un accord sur les principaux volets d’un nouveau Pacte sur la migration et l’asile, s’inspirant des dispositifs testés dans les îles de la mer Égée, considérées ici comme de véritables laboratoires de l’Union.
L’ouvrage adopte une approche critique visant à dépasser la rhétorique officielle des autorités européennes qui masque la vocation réelle d’une politique sécuritaire de contrôle et d’exclusion des étrangers. Il met ainsi en lumière le changement de paradigme qui a conduit à une institutionnalisation de l’enfermement des migrants aux frontières de l’Union.
À partir d’exemples tirés de l’actualité juridique, une série d’encadrés pointent les convergences entre la politique migratoire européenne et celle de la France.
Depuis un an, les conséquences de la guerre en Ukraine ont rebattu partiellement les cartes pour les consommateurs comme pour les paysans français. Elles ont aggravé la situation. L'auteur plaide notamment pour la mise en place de politiques contractualisées avec des prix garantis dans le respect du cahier des charges signé entre les producteurs de matières premières agricoles et les transformateurs. Ces contrats existent dans certaines filières. Des paysans ont su promouvoir l’ agro-écologie sur leur exploitation, qu’ils produisent du lait, de la viande, des céréales, des légumes et des fruits, sans oublier le vin, l’une de nos rares filières à être encore excédentaire.
Au moment où le gouvernement prépare une nouvelle loi d’orientation et d’ avenir agricoles, sous la houlette d’un ministre de l’Agriculture devenu aussi ministre de la Souveraineté alimentaire, le livre analyse le contexte économique dans lequel ces débats vont se tenir.

Paysan d’origine, Gérard Le Puill est devenu journaliste en 1983, suite à la fermeture de l’usine de pneus où il fut ouvrier pendant 18 ans. Membre du PCF depuis 1964, il rappelle dans chacun de ses ouvrages que l’accès à son troisième métier, dans la presse écrite, eût été impossible sans une pratique rédactionnelle de militant ouvrier acquise à l’usine.
L’extrême droite nourrit une obsession souvent méconnue pour la question scolaire. C’est là, selon Éric Zemmour, que « la bataille culturelle et politique se joue avant tout ».
Retour à l’ordre, roman national, élitisme, haine de l’égalité, rééducation de la jeunesse, mise au pas des personnels... Au fil des polémiques sur le « grand endoctrinement » et des campagnes de délation des enseignant·es « déviant·es », la droite de la droite impose sa rhétorique et déroule son programme pour l’école : Autorité, Inégalité, Identité.
En remontant le fil de l’histoire, en allant voir du côté de l’étranger (Brésil, États-Unis, Hongrie, Turquie) ou en étudiant les villes laboratoires de l’extrême droite française, se lisent les dynamiques et les enjeux de cette contre-révolution scolaire conservatrice qui accompagne et inspire également l’agenda éducatif d’un néolibéralisme de plus en plus autoritaire.
Au-delà de la simple posture dénonciatrice, l’ambition de cet ouvrage est de doter d’outils historiques, pédagogiques et politiques celles et ceux qui n’entendent pas abandonner la critique du système éducatif aux seuls discours réactionnaires, ni surtout laisser l’extrême droite faire école.
Grégory Chambat est militant syndical et pédagogique. Il enseigne auprès d’élèves primo-arrivants dans un collège de Mantes-la-Ville (Yvelines), commune dirigée pendant 5 ans par le FN (de 2014 à 2020). Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont L’École des réac-publicains (Libertalia, 2016), Pédagogie et révolution (Libertalia, 2015) et L’École des barricades (Libertalia, 2016).
Cet ouvrage regroupe différents textes qui diversifient les points d’entrée sur le thème de l’écologie :
réchauffement et dérèglement climatiques, destruction de la biodiversité, extractivisme ;
besoins et biens communs, rapports nature/culture ;
marchandisation généralisée des échanges, économie, finance ;
décroissance, démondialisation, libre échange, néocolonialisme, migrations ;
rapports de domination, démocratie, auto-organisation, souveraineté populaire, écoféminisme.
Derrière les textes, une constante : l’analyse du capitalisme (sous toutes ses formes), du productivisme et de l’extractivisme comme moteurs essentiels de l’ère géologique dans laquelle nous sommes aujourd’hui : l’anthropocène ; que beaucoup préfèrent d’ailleurs qualifier de capitalocène.
Mais, un autre constat se dessine aussi : la nécessaire bifurcation écologique, obligatoire pour garder une Terre habitable pour tou·tes, elle va générer de facto des basculements d’ordre anthropologique, qui vont impacter toutes nos manières de faire Monde. Pour le meilleur comme pour le pire.
Livre disponible début décembre. Peut être commandé dès maintenant
La version numérique est disponible
Pascal Gassiot (coord.)
Claude Calame
Martine Billard
Jean-Marie Harribey
Pierre Khalfa
Avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et la dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine, le constat d’une nouvelle guerre froide est devenu un lieu commun. En fait, affirme Gilbert Achcar, cette nouvelle guerre froide est en cours depuis la fin du siècle dernier.
En s’efforçant de consolider sa position hégémonique après la fin de l’URSS, Washington s’est aliéné la Russie et la Chine, poussant les deux pays à se rapprocher. L’ascension de Vladimir Poutine et la réinvention impérialiste de la Russie, ainsi que l’ascension de Xi Jinping et la dérive répressive du pouvoir chinois, se sont conjuguées avec l’exacerbation des tensions autour de l’Ukraine et de Taiwan.
Un autre monde, plus pacifique, était-il possible ? Dans cet ouvrage essentiel traduit de l’anglais, l’auteur, spécialiste reconnu des relations internationales, soutient que ce n’est qu’en comprenant comment nous en sommes arrivés là que nous pouvons commencer à imaginer les contours d’un autre monde.

Achcar est professeur en relations internationales et études du développement à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Originaire du Liban, il a été enseignant à l’université de Paris-8 et chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin avant de s’établir à Londres en 2007. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels en édition française : Le Choc des barbaries (2002, 2004, 2017), La Poudrière du Moyen-Orient avec Noam Chomsky (2007), Les Arabes et la Shoah (2009) et Le Peuple veut (2013).
Les contributions proposées dans ce numéro des Débats de l’ITS s’inscrivent dans la continuité de nos questionnements autour de la crise de la démocratie représentative occidentale. La situation politique française est inédite depuis les élections présidentielle et législatives de 2022.
C’est quoi la gauche aujourd’hui ? Quel est son avenir ?
Comment les débats citoyens dans tous les domaines peuvent-ils créer des dynamiques alternatives qui tiennent dans la durée, sans escamoter les contradictions qui existent ?
Ce numéro des Débats de l’ITS ne traite pas des conséquences du sanglant conflit actuel au Proche-Orient sur les gauches en France. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
Daniel Richter
Jean-Pierre Hardy
Georges Gontcharoff
Gilles Seitz
Monique Dental et Sandra Frey
Gustave Massiah
Bertrand Badie
Emmanuel Terray
Jean Mendelson
Laurence Rossignol
Qu’elles soient maritimes ou terrestres, les frontières sont principalement destinées à trier les personnes selon leur (in)désirabilité. Constat accablant et sans appel, de part et d’autre de la Manche ou de la Méditerranée, comme dans les montagnes alpines et pyrénéennes, ces frontières tuent, blessent, enferment et refoulent les moins désirables des candidat·es à la migration.
La condition migrante propre aux recalé·es de cette sélection est le produit de pratiques d’agents de police, de fonctionnaires préfectoraux, et autres « faiseur·es de frontières », parfois impliqué·es inconsciemment voire malgré elles et eux dans le gouvernement des exilé·es. La frontière se manifeste à travers les multiples espaces de contrôle des mobilités, les techniques et technologies qui s’y déploient, et les gestes et discours des personnes qui les mobilisent.
Cet ouvrage décortique le fonctionnement néolibéral de la frontière contemporaine au plus près des expériences de celles et ceux qui la fabriquent, la rendent opératoire, la questionnent, et la contestent.
Il s’adresse à toute personne, universitaire et non, qui veut en comprendre les rouages et les effets.
Ce livre réunit pour la première fois les discours les plus marquants prononcés dans l’enceinte de l’ONU. Fruit d’un minutieux travail de recherche dans les archives numériques de l’organisation internationale, il constitue la première anthologie historique des prises de paroles les plus significatives, prononcées par des hommes et des femmes remarquables, issus du monde entier, dans cette enceinte internationale créée en 1945. L’ONU a pour qualité de permettre à des leaders politiques, économiques, culturels et environnementaux de se rencontrer, à son siège à New York, ou lors de ses congrès ou forums dans le monde entier, afin de dialoguer, dans l’esprit du multilatéralisme et de la négociation collective.
Ces près de 50 discours retracent toute l’histoire des relations internationales depuis 1945, et illustrent la diversité des acteurs et des grandes personnalités qui ont marqué l’histoire du XXe et du XXIe siècle. Leurs paroles, souvent éloquentes, reflètent de manière humaine, incarnée, les grands enjeux et les grandes luttes politiques internationales de l’histoire mondiale et globale.
Chloé Maurel, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, est agrégée et docteure en histoire contemporaine. Sa thèse, réalisée et soutenue à l’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, portait sur l’histoire de l’Unesco. Après Histoire de l’Unesco (L’Harmattan, 2010), et Histoire des idées des Nations unies. L’ONU en 20 notions (L’Harmattan, 2015), elle a publié aux éditions du Croquant Une brève histoire de l’ONU au fil de ses dirigeants (2017), et Les Grands discours à l’Unesco (2021). Ses recherches portent sur l’histoire de l’ONU et de ses agences, de la gouvernance mondiale et des relations internationales contemporaines, de l’histoire mondiale et globale, et des peuples du Sud.
Dans l’histoire du conflit israélo-palestinien, c’est la première fois qu’une confrontation armée entre Israël et le Hamas à Gaza prend une telle dimension de violence meurtrière et destructrice.
Ce choc majeur aura des suites inédites. Il change la donne internationale. La question de l’après se pose avec une grande complexité. Les objectifs des uns et des autres, les conséquences prévisibles, les antagonismes ancrés dans l’histoire ne permettent pas d’entrevoir la nature d’une issue à construire.
Cet ouvrage cherche à répondre à ces interrogations, à analyser les causes et les responsabilités, à expliciter des enjeux déterminants. Il formule des options politiques souhaitables pour que la gravité de ce moment de guerre puisse au moins contribuer à une démarche éthique et politique positive, et à penser une solution de justice et de paix durable.
Jacques Fath est spécialiste des relations internationales et chercheur indépendant.
Il y a quelques dizaines d’années, comme le rappelle l’un des articles de ce numéro des Débats de l’ITS, des organismes internationaux classaient le système français de santé au premier rang mondial.
Nous n’en sommes plus là. Et pire, une crise très profonde, parfois décourageante, traverse toute la chaîne du soin, de la prévention aux Ehpad, en passant par la médecine de proximité et les hôpitaux publics. Cette publication se propose d’en analyser une bonne partie des causes avec bien sûr des propositions pour sortir de cette situation.
Nous avons bien conscience de ne pas avoir traité de tous les sujets relatifs à la santé. Nous aurions voulu, par exemple, approfondir la place des industries pharmaceutiques et leur rôle dans les pays du Nord et du Sud. Nous le ferons en une autre occasion.
Les migrations africaines sont le plus souvent perçues au travers d’un prisme européen, et construites comme un inéluctable mouvement de population du Sud vers le Nord – quand elles ne sont pas simplement présentées comme une « invasion ». Les contributions réunies dans cet ouvrage entendent battre en brèche ce qui n’est, au mieux, qu’une simplification, une marque d’ignorance ou, au pire, un discours politique situé dans le sillage de la méfiance, voire de la haine.
Ce travail collectif n’entend pas faire l’impasse sur les tensions entre marginalisation et intégration des Africain·es au cours de leurs mobilités au sein de leur continent, parfois aussi parsemées de violences multidimensionnelles exercées ou subies. Néanmoins, cette construction de l’Afrique par les Africain·es lient des espaces différenciés via le travail, la technologie, l’habitat, les luttes, l’éducation, les solidarités pour créer tant des lieux que des réseaux qui maillent du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest un continent d’une complexité régulièrement négligée, si ce n’est escamotée.