Le monde de la culture est inquiet, et pas seulement en France. À juste titre : désintérêt des politiques, baisse des crédits, perte d’influence. L’idée même du service public de la culture semble oubliée, tandis que la fameuse exception culturelle semble un souvenir enfoui dans un passé lointain. Pourtant, le public est toujours là, avide de spectacles qui le rapprochent des artistes parce qu’ils expriment ses interrogations, ses angoisses, sa joie de vivre et ses rires, la création témoigne de la vitalité de ces acteurs de la scène culturelle. Le malaise est là, dans ce monde chamboulé par la technologie autant que par les bouleversements politiques, comment la culture peut-elle témoigner de la société ? Question toujours centrale, à l’heure de la montée des totalitarismes, de la remise en cause de la démocratie, des crises de toutes sortes qui assaillent notre monde.
Culture, alerte rouge ! Oui, parlons-en.
Après avoir été conseiller pour la culture et la communication du Premier Ministre Pierre Mauroy, Jérôme Clément a été nommé, directeur généeal du CNC. Chargé de la création d’ARTE, il en a été président jusqu’en 2011. Enseignant à Paris I, à l’ENA et à Sciences Po, il a écrit de nombreux articles à caractère économique et culturel et des ouvrages chez Grasset, le Seuil, Stock, L’Archipel et Gallimard. Il a produit des émissions sur France Culture et des films et documentaires pour le cinéma ou la télévision. Il préside actuellement le domaine de Chaumont-sur-Loire, le festival de cinéma Premiers plans à Angers et la fondation La Ruche-Seydoux.
Au cœur de ses divers engagements et activités, un fil conducteur : son combat pour la place de la culture dans la société
Le monde de la culture est inquiet, et pas seulement en France. À juste titre : désintérêt des politiques, baisse des crédits, perte d’influence. L’idée même du service public de la culture semble oubliée, tandis que la fameuse exception culturelle semble un souvenir enfoui dans un passé lointain. Pourtant, le public est toujours là, avide de spectacles qui le rapprochent des artistes parce qu’ils expriment ses interrogations, ses angoisses, sa joie de vivre et ses rires, la création témoigne de la vitalité de ces acteurs de la scène culturelle. Le malaise est là, dans ce monde chamboulé par la technologie autant que par les bouleversements politiques, comment la culture peut-elle témoigner de la société ? Question toujours centrale, à l’heure de la montée des totalitarismes, de la remise en cause de la démocratie, des crises de toutes sortes qui assaillent notre monde.
Culture, alerte rouge ! Oui, parlons-en.
Après avoir été conseiller pour la culture et la communication du Premier Ministre Pierre Mauroy, Jérôme Clément a été nommé, directeur généeal du CNC. Chargé de la création d’ARTE, il en a été président jusqu’en 2011. Enseignant à Paris I, à l’ENA et à Sciences Po, il a écrit de nombreux articles à caractère économique et culturel et des ouvrages chez Grasset, le Seuil, Stock, L’Archipel et Gallimard. Il a produit des émissions sur France Culture et des films et documentaires pour le cinéma ou la télévision. Il préside actuellement le domaine de Chaumont-sur-Loire, le festival de cinéma Premiers plans à Angers et la fondation La Ruche-Seydoux.
Au cœur de ses divers engagements et activités, un fil conducteur : son combat pour la place de la culture dans la société
Nous en sommes là : avec une extrême droite aux portes du pouvoir et qui a failli l’emporter. Qui gagnera si on n’engage pas tous les moyens pour l’empêcher. Cette extrême droite est féroce : elle n’a rien abandonné de son racisme ni de sa violence. Ce livre examine son programme et ses stratégies, la machine médiatique qui lui sert de marchepied et le pouvoir en place qui ne cesse de la favoriser en imitant son projet. Mais l’analyse ne suffit pas : battre l’extrême droite exige de comprendre ce qu’elle est, avec ses mensonges, ses faux-semblants et ses mesures de régression sociale, mais aussi de proposer une alternative véritable, qui aide à se fédérer. D’urgence : remettre la honte au racisme, miser sur la solidarité et considérer nos vies à égale dignité.
Historienne, Ludivine Bantigny a publié notamment La France à l’heure du monde (Seuil), 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil), Révolution (Anamosa), La Commune au présent (La Découverte), Une histoire globale des révolutions avec Quentin Deluermoz, Boris Gobille, Laurent Jeanpierre et Eugénia Palieraki (La Découverte), L’ensauvagement du capital (Seuil) et Que faire ? Stratégies d’hier et d’aujourd’hui pour une vraie démocratie (10/18).
Sans égard à leur origine, ni à leur culture, sans tenir compte de situations de précarité matérielle et psychique extrêmes, sans prendre en compte les traumatismes subis dans des parcours migratoires plus qu’aléatoires, les pays de l’Union européenne sont coupables, vis-à-vis de celles et ceux qu’ils rejettent dans la catégorie du migrant, d’un véritable déni d’humanité. Et ce déni d’humanité se décline en différentes formes de crimes contre l’humanité. À nous de réagir, autant pour le soutien humain que par l’action politique.
Depuis des années, j’alerte sur les discours haineux. Certes, ce sont ceux d’une minorité. La bêtise a été banalisée là où il aurait fallu de la réflexion. On a fait de l’étranger un bouc émissaire. La haine est plus facile à exprimer que la fraternité, la solidarité ou l’amour.
Mon métier m’oblige à la neutralité bienveillante. Avec l’expérience, je réalise cependant que, parfois, il est difficile de garder une distance émotionnelle. Je pense même que ce serait faire preuve de manque d’empathie et de courage en tant que citoyenne que de rester passive. Beaucoup d’écrits académiques ont été rédigés sur toutes les formes de discriminations, leurs mécanismes, leur histoire. Ils ont nourri ma réflexion pour ce manifeste qui se veut être un texte qui parle au cœur des gens, à cette pépite d’humanité que nous avons tous en commun pour trouver des solutions et répondre à des situations humiliantes et déshumanisantes. Pour en sortir Debout, tête haute !
Fatma Bouvet de la Maisonneuve est médecin psychiatre et écrivaine, spécialisée dans les troubles mentaux des femmes et les conséquences psychiques du racisme. Elle a été élue municipale et membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Parmi ses ouvrages : Les femmes face à l’alcool, Résister et s’en sortir, Paris, Odile Jacob, 2010 ; Le Choix des femmes, Odile Jacob, 2011 ; Enfants et parents en souffrance. Dyslexie, anxiété scolaire, maladies somatiques, Odile Jacob, 2014 ; Une Arabe en France. Une vie au delà des préjugés, Odile Jacob, 2017. L’île aux mères, Pont 9, 2021 ; L’odeur d’un homme, Pont 9, 2023.
Depuis #Metoo, une expression a émergé dans le débat public : culture du viol. Souvent mal comprise, elle ne signifie pas que nous vivons dans une société pro-viol. Elle désigne l’ensemble des représentations stéréotypées qui, tout en dénonçant le viol, invisibilisent, normalisent et érotisent des formes de violences dans les rapports sexuels et les relations hommes/femmes. Or, les productions culturelles jouent un rôle non négligeable dans la diffusion de ces représentations. Cet essai interroge donc le rôle des œuvres – toutes les œuvres, les grands classiques comme la pop culture – et explore les diverses stratégies esthétiques, explicites et implicites, qui façonnent nos imaginaires, nos regards et nos désirs. Pour sortir du déni, avec la conviction que de nouveaux modèles de relations sexuelles et affectives sont possibles.
Bérénice Hamidi, professeure des universités, est spécialiste des représentations culturelles. Ce livre est le fruit de 5 ans de recherches sur les violences sexistes et sexuelles. Dernier ouvrage paru : avec Maxime Cervulle (dir.), Les Damné.es de la scène. Penser les controverses théâtrales sur le racisme, Presses Universitaires de Vincennes, 2024.
À l’heure de la déportation globale de personnes migrantes et réfugiées vers des « pays tiers », le Fascisme de la Frontière, invisible à sa naissance devient aujourd’hui manifeste. Les exilés passeront toujours. Mais au prix d’inhumaines violations infligées par les politiques migratoires. Les refouler à tout prix, même de leur mort et disparition, est devenu le leitmotiv politique de l’Occident qui risque de précipiter l’Europe dans une nouvelle phase historique de xénophobie. Comment nommer ce crime contemporain contre les personnes migrantes ? C’est la question que se pose l’autrice qui, ces dernières années, a arpenté les frontières européennes documentant les abus et les disparitions de « migrants ». Est-ce un peuple en mouvement ? Ce livre est un cri et un carton rouge contre la violence contemporaine de l’Europe-déni.
Flore Murard-Yovanovitch est journaliste spécialiste des migrations. Elle travaille pour une ONG de secours dans la Méditerranée. En Italie, elle a publié la Trilogie «Piccolo mosaico del disumano» avec Derive (2014), La negazione del soggetto migrante (2015) et l’Abisso (2017) (Stampa alternativa).
Cet ouvrage est composé d’œuvres plastiques- peintures et collages, souvent de photos collectées dans l’actualité et retravaillées- et d’autant de poèmes. Images et mots s’interpellent, se complètent, pour mieux témoigner des crimes en cours à Gaza et dans toute la Palestine et du désespoir d’une population dont le monde entier voit l’extermination sans réagir : villes et champs sont détruits, les habitants, dont un nombre croissant d’enfants, sont massacrés, affamés, la culture d’ un peuple, parmi les plus lettrés, est niée.
Ce livre est un appel à ne plus jamais détourner le regard face à la barbarie, à l’arrogance des armes et de l’argent, un appel à soutenir encore et toujours malgré l’anéantissement qui s’approche, ceux que tout accablent alors qu’ils ne cherchent qu’à vivre.
Françoise Spiess est spécialiste en études théâtrales, écrivaine et plasticienne. Son travail plastique croise toujours les préoccupations de notre temps : écologie, féminisme, guerres…. Pour dénoncer l’injustice, la violence et le chaos engendrés par la guerre en Ukraine à laquelle elle a consacré plusieurs expositions, puis par celle menée par Israël contre la Palestine, elle a accompagné ses œuvres de poèmes , comme autant de cris de révolte devant le silence face aux massacres
Ce texte a été composé à la suite d’une période de vie à la campagne, en France. Rythmé par des marches, il expose la distance prise avec un monde et une pratique académique de la philosophie. Mais au-delà de cette discipline, c’est une méditation sur l’espace des femmes qui s’ouvre, transposable à bien d’autres domaines professionnels. La violence ordinaire y prend différents visages, au point d’amener à réfléchir à une perte fondamentale : de sa dimension symbolique à sa traversée physique, l’espace semble perdu. Mais marcher dans cet espace perdu des femmes amène à rejoindre d’autres êtres échappés, êtres en fuite, et, au-delà des femmes, à penser une créativité depuis cette marge, cette vie en lisière plus ou moins obligée. Il s’agit de vouloir développer un travail indépendant, qui se sait partiellement ignoré, mais continue d’œuvrer, en lisière de la visibilité régnante et de ses effets de pouvoir.
Elsa Ballanfat est docteure en philosophie, professeure en CPGE aux lycées Louis-le-Grand et Fénelon. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), elle est aussi certifiée en
Vinyasa Yoga et autrice de plusieurs ouvrages. Son livre L’Espace vide. Phénoménologie et
chorégraphie (Zetabooks, 2021), a reçu le prix international du Ballard Prize in
Phenomenology, en 2022, aux États-Unis.
La guerre est morte, non comme réalité empirique, mais comme forme politique capable de produire de la sécurité. Les conflits contemporains en manifestent l’épuisement : incapacité à atteindre des objectifs durables, extension des violences aux populations civiles, fragmentation durable des sociétés, reproduction des menaces dans des cycles de guerres sans fin.
Cet ouvrage propose d’en tirer les conséquences théoriques et stratégiques. En mobilisant une analyse critique des transformations de la conflictualité – vulnérabilités systémiques, déséquilibres informationnels, hybridation des menaces – il met en évidence l’inadéquation croissante de l’outil militaire. La guerre apparaît dès lors comme une réponse archaïque à des formes de violence qu’elle ne peut ni contenir ni résoudre.
À partir d’expériences historiques et contemporaines de résistance civile, ce livre esquisse les principes d’un paradigme alternatif : une sécurité fondée sur les stratégies non-violentes et la puissance des sociétés. Un essai incisif et rigoureux pour penser l’après-guerre, au sens fort.
Alain Refalo est rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes et militant-chercheur au Centre de ressources sur la non-violence. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la non-violence. Il alimente régulièrement le Blog Chemins de non-violence (https://alainrefalo.blog).
Cet ouvrage démonte l’un des grands mythes du journalisme contemporain : celui de la neutralité, de l’objectivité journalistique. Dans une société traversée par des rapports de classe, l’objectivité revendiquée par les grands médias n’est pas un simple idéal professionnel, elle fonctionne comme une idéologie active. En naturalisant le capitalisme et en disqualifiant les projets de rupture, les journalistes qui se prétendent « sans parti » constituent de fait un « extrême centre médiatique ». Sous des airs de modération, celui-ci impose l’ordre existant comme seul horizon possible et prépare, ce faisant, le terrain à l’extrême droite qu’il prétend pourtant combattre. À rebours d’un journalisme faussement neutre, cet essai plaide pour un journalisme critique, rigoureux sur les faits et assumant clairement son camp.
Pierre Cazemajor est journaliste. Il est titulaire d’un master d’histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un master de journalisme de l’IJBA.