Cette fois encore, tout pourrait avoir commencé en haute mer. L’histoire du capitalisme se fait et se défait par les conquêtes des mers et au-delà des mers familières. Comme la naissance du grand cycle industriel fut permise par des navires chargés de sucre et de coton lourds du travail des esclaves qui les ont amassés, alors commence, avec les géants des mers chargés de containers, quelque chose d’un nouveau cycle : moins sans doute qu’un bouleversement général des économies mondes, mais plus qu’une transformation managériale ou technique. La révolution logistique commence, selon les économistes et les historiens, avec l’invention d’une grosse boîte dans laquelle on peut stocker des marchandises. Le container -the box-, que l’on peut manipuler avec peu de main-d’œuvre, transporter du quai au bateau puis du bateau au camion sans rien décharger des marchandises qu’il contient, et régler ainsi la double contrainte des ruptures de charge et dela capacité de nuisance - telle qu’elle est vue par le grand capital - de la manutention portuaire et ses dockers. Une boîte qui rompt, selon la belle formule de S. Bologna « le pacte sacro-saint de la cale et du quai ».
Les auteur.ices
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Delphine Mercier Sociologue au LEST (CNRS) et associée à la MFO (Maison Française d’Oxford), elle est spécialisée sur les questions de migrations et de travail dans des contextes de mondialisation. Elle travaille sur les marchés transnationaux du travail, en particulier dans des zones d’exception : zones franches, zones libres. |
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Michel Peraldi Sociologue et anthropologue, directeur de recherche émérite à l’IRIS, CNRS/EHESS, (Paris), il travaille sur les mondes métropolitains et les économies informelles, les dynamiques migratoires et les mobilités transnationales. |
Les graphistes
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David Lagarde Géo-cartographe indépendant, il accompagne les équipes de recherche, les médias ou encore les collectivités territoriales, à interroger les dynamiques spatiales inhérentes à leurs travaux, tout en créant des formes visuelles et des pièces sonores, permettant de rendre compte des spécificités des territoires investis. |
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Mélanie Forné Illustratrice et designer web, elle utilise la communication visuelle pour accompagner notamment les chercheurs à transmettre leurs messages au travers d’illustrations et de créations graphiques diverses, imprimées ou numériques. |
Introduction 11
Entreposer 21
Révolution logistique 24
Monstres des mers 33
La fin des ports 42
Flash-back... 44
La loi des fluides 46
Du point de vue des travailleurs 51
Marchandises incomplètes 53
Marquons une pause historique et théorique 59
Le retour du marché 65
Les marins de l’asphalte 70
Du camion au transporteur 71
Cabas, containers et bizness 78
Classes moyennes mercantiles 85
Soutiers, les travailleurs temporaires 91
Épilogue 93
Pour le dire autrement 99
Pour aller plus loin 122
Cette fois encore, tout pourrait avoir commencé en haute mer. L’histoire du capitalisme se fait et se défait par les conquêtes des mers et au-delà des mers familières. Comme la naissance du grand cycle industriel fut permise par des navires chargés de sucre et de coton lourds du travail des esclaves qui les ont amassés, alors commence, avec les géants des mers chargés de containers, quelque chose d’un nouveau cycle : moins sans doute qu’un bouleversement général des économies mondes, mais plus qu’une transformation managériale ou technique. La révolution logistique commence, selon les économistes et les historiens, avec l’invention d’une grosse boîte dans laquelle on peut stocker des marchandises. Le container -the box-, que l’on peut manipuler avec peu de main-d’œuvre, transporter du quai au bateau puis du bateau au camion sans rien décharger des marchandises qu’il contient, et régler ainsi la double contrainte des ruptures de charge et dela capacité de nuisance - telle qu’elle est vue par le grand capital - de la manutention portuaire et ses dockers. Une boîte qui rompt, selon la belle formule de S. Bologna « le pacte sacro-saint de la cale et du quai ».
Les auteur.ices
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Delphine Mercier Sociologue au LEST (CNRS) et associée à la MFO (Maison Française d’Oxford), elle est spécialisée sur les questions de migrations et de travail dans des contextes de mondialisation. Elle travaille sur les marchés transnationaux du travail, en particulier dans des zones d’exception : zones franches, zones libres. |
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Michel Peraldi Sociologue et anthropologue, directeur de recherche émérite à l’IRIS, CNRS/EHESS, (Paris), il travaille sur les mondes métropolitains et les économies informelles, les dynamiques migratoires et les mobilités transnationales. |
Les graphistes
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David Lagarde Géo-cartographe indépendant, il accompagne les équipes de recherche, les médias ou encore les collectivités territoriales, à interroger les dynamiques spatiales inhérentes à leurs travaux, tout en créant des formes visuelles et des pièces sonores, permettant de rendre compte des spécificités des territoires investis. |
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Mélanie Forné Illustratrice et designer web, elle utilise la communication visuelle pour accompagner notamment les chercheurs à transmettre leurs messages au travers d’illustrations et de créations graphiques diverses, imprimées ou numériques. |
La filière du conteneur dévoile son visage invisible au moment où les chaînes d’approvisionnement se grippent. Au lendemain de l’urgence sanitaire, même les observateurs les plus distraits ont remarqué l’existence d’un monde fait de navires, d’infrastructures de transport, d’entrepôts et de marchandises qui circulent sans cesse. L’auteur traverse et raconte le monde opaque au-delà des points d’accès portuaires, observant le jeu des prestidigitateurs qui font bouger l’économie mondiale. Depuis des ports de plus en plus inaccessibles et dissociés des villes, il suit les traces du conteneur et d’un Commandant de navires sans nom.
Histoires de conflits perpétuels des dockers du port de Gênes, trafics d’armes, grèves, sous-bois cachant la vie et le destin du port méridional de Gioia Tauro, dévastation environnementale dans le port de Marseille-Fos, port inaccessible de Beyrouth avant l’explosion qui l’a rasé, projets d’expansion sans limites du port d’Anvers, terminal conteneur futuriste automatisé de Rotterdam... À travers les grandes étapes de l’univers maritime-portuaire se dessine un voyage au long duquel le travail et les marchandises semblent disparaître.
L'auteur
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Andrea Bottalico Sociologue à l’Université Federico II de Naples (Italie), il s’intéresse à logistique intermodale, les relations industrielles et les études sur la mondialisation. |
Les graphistes
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David Lagarde Géo-cartographe indépendant, il accompagne les équipes de recherche, les médias ou encore les collectivités territoriales, à interroger les dynamiques spatiales inhérentes à leurs travaux, tout en créant des formes visuelles et des pièces sonores, permettant de rendre compte des spécificités des territoires investis. |
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Mélanie Forné Illustratrice et designer web, elle utilise la communication visuelle pour accompagner notamment les chercheurs à transmettre leurs messages au travers d’illustrations et de créations graphiques diverses, imprimées ou numériques. |
Dans ce livre, Nico Tassi étudie les circuits et les chaînes d’approvisionnement globales qui se développent entre la Chine et la Bolivie, via le Chili. C’est à partir des économies populaires qu’il tente de comprendre le processus d’expansion en cours. Il observe ainsi que les entreprises de ces économies populaires participent à l’économie monde. C’est bien à partir des alliances entre acteurs économiques sino-boliviens fondées sur des pratiques de compadrazgo et de liens matrimoniaux, que se cristallise une infrastructure socio-économique capable d’accélérer l’incursion des économies populaires dans les espaces et les infrastructures de la mondialisation, des compagnies maritimes aux zones de libre-échange, de la logistique aux ports. Au-delà de la description des chaînes de marchandises populaires, l’auteur suggère une réadaptation des volumes, des formes de fonctionnement et des géographies de la mondialisation, en profilant ces entreprises populaires non comme des victimes ou des profiteurs, mais comme des fabricants du global.
L'auteur
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Nico Tassi Anthropologue à l’Université Mayor de San Andrés (La Paz, Bolivie), il s’intéresse aux questions de religion et culture matérielle, de politique et d’économie populaire. |
La préface
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Franck Poupeau Directeur de recherche en sociologie au CNRS et directeur du Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (CREDA, UMR 7227), il a travaillé sur les inégalités urbaines et les politiques environnementales en France et dans les Amériques (du Sud et du Nord). |
Les graphistes
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David Lagarde Géo-cartographe indépendant, il accompagne les équipes de recherche, les médias ou encore les collectivités territoriales, à interroger les dynamiques spatiales inhérentes à leurs travaux, tout en créant des formes visuelles et des pièces sonores, permettant de rendre compte des spécificités des territoires investis. |
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Mélanie Forné Illustratrice et designer web, elle utilise la communication visuelle pour accompagner notamment les chercheurs à transmettre leurs messages au travers d’illustrations et de créations graphiques diverses, imprimées ou numériques. |
En 2002, à la surprise générale, le jeune roi du Maroc qui vient d’hériter du trône, lance un grand chantier portuaire sur ce bord de Méditerranée, face à l’Espagne. Le détroit de Gibraltar est alors un lieu névralgique du commerce mondial, un point crucial de cette autoroute des mers qui depuis les ports chinois via le canal de Suez, achemine des millions de containers sur des centaines de milliers de navires. Ce n’est pas tous les quatre matins qu’en Méditerranée on crée un nouveau port. Si dense soit-il, après ce que les économistes nomment la révolution logistique, tout le trafic maritime depuis la sortie de Suez et jusqu’au goulet de Gibraltar repose encore sur un réseau de haltes portuaires, identique pour l’essentiel à celui du commerce phénicien mille ans avant notre ère. En quelques années, accueillant tous les monstres des mers, Tanger Med devient le premier port de la Méditerranée, synthèse exemplaire de la modernité portuaire.
Sociologue et anthropologue, directeur de recherche émérite à l’IRIS, CNRS/EHESS, (Paris), Michel Peraldi travaille sur les mondes métropolitains et les économies informelles, les dynamiques migratoires et les mobilités transnationales.
Camionnettes surchargées, agences de fortune, négociations à la douane... au fil des kilomètres avalés reliant Tanger, Paris ou Bruxelles, cet ouvrage plonge dans l’univers fascinant des moul car. Ces transporteurs indépendants, qui acheminent colis et bagages entre les deux rives, façonnent une économie inventive où le scotch et les carnets remplacent les infrastructures officielles. En racontant leurs trajectoires, l’enquête montre comment ces acteurs de l’ombre ont construit un véritable espace transnational euro-marocain. Elle révèle une « logistique du lien » fondée sur la confiance et les ruses du quotidien, qui reconfigure les frontières et redonne chair aux migrations. On y découvre enfin comment des objets ordinaires deviennent des véhicules d’attachement, de solidarité et de mobilité sociale.
L’insertion fragile de la Jordanie dans les chaînes de valeur mondiales du textile-habillement résulte d’un agencement géopolitique et économique mis en place à la fin des années 1990. Les zones industrielles qualifiées (QIZ), dans le sillage du traité de paix israélo-jordanien et des accords de libre-échange avec les États-Unis, ont façonné la Jordanie comme plateforme d’assemblage périphérique dépendante de capitaux étrangers, d’intrants importés et d’une main-d’œuvre principalement asiatique. La crise du blocus de la mer Rouge (2023-2024) révèle la vulnérabilité structurelle de ce mode d’intégration : tensions entre promesses de connectivité globale ; matérialité des infrastructures logistiques ; expériences du travail. Ce livre propose une lecture critique de la mondialisation, attentive à ses asymétries, ses régimes d’exception et ses points de rupture, depuis les infrastructures portuaires et logistiques jusqu’aux espaces du travail et aux dortoirs des travailleuses migrantes.
Katharina Grüeneisl
Géographe et ethnographe, ses recherches explorent les transformations du travail, les économies urbaines et les chaînes de valeur mondialisées du textile-habillement, notamment en Jordanie et en Tunisie.
Taher Labadi
Économiste politique, il étudie l’économie comme lieu de domination, de dépossession et de résistance en Palestine et au Proche-Orient. Ses travaux récents portent sur les mondes agricoles, le travail, les zones économiques spéciales et les formes de gouvernement des économies sous contrainte.
Mélanie Forné
Archéologue de formation, reconvertie dans l’illustration et le web. Elle accompagne les chercheurs pour transmettre leurs messages par l’image et la création graphique, imprimée comme numérique.