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Pour une Écologie de rupture(s)

7,11 €

Cet ouvrage regroupe différents textes qui diversifient les points d’entrée sur le thème de l’écologie :

réchauffement et dérèglement climatiques, destruction de la biodiversité, extractivisme ;

besoins et biens communs, rapports nature/culture ;

marchandisation généralisée des échanges, économie, finance ; 

décroissance, démondialisation, libre échange, néocolonialisme, migrations ;

rapports de domination, démocratie, auto-organisation, souveraineté populaire, écoféminisme.

Derrière les textes, une constante : l’analyse du capitalisme (sous toutes ses formes), du productivisme et de l’extractivisme comme moteurs essentiels de l’ère géologique dans laquelle nous sommes aujourd’hui : l’anthropocène ; que beaucoup préfèrent d’ailleurs qualifier de capitalocène. 

Mais, un autre constat se dessine aussi : la nécessaire bifurcation écologique, obligatoire pour garder une Terre habitable pour tou·tes, elle va générer de facto des basculements d’ordre anthropologique, qui vont impacter toutes nos manières de faire Monde. Pour le meilleur comme pour le pire.

Livre disponible début décembre. Peut être commandé dès maintenant

La version numérique est disponible 

Quantité

flickr flickr

Pascal Gassiot (coord.)

Claude Calame

Martine Billard

Jean-Marie Harribey

Pierre Khalfa

Livre
9782365124140

Fiche technique

Collection
Les Partis pris de la Fondation Copernic

Références spécifiques

Préambule

La commission dite « Écologie de rupture », qui a servi de cadre à l’élaboration des textes présentés dans le présent (petit) ouvrage, a été mise en place par la fondation Copernic en 2020. Et c’est au printemps 2022 qu’un texte intitulé « Écologie : rompre avec le capitalisme, rebâtir de fond en comble », issu d’une note de « cadrage » rédigée par Jean-Marie Harribey et amendée par les membres de la commission, a été finalisé.

Ce texte, référent pour Copernic car validé par le CA de la fondation, précise « le cadre dans lequel la Fondation Copernic s’inscrit pour participer à la construction collective d’une alternative théorique et politique à la perpétuation d’un monde où l’humain, le social, la nature et le vivant sont conjointement brutalisés, voire détruits ».

Rupture pour une refondation

Le texte de Pascal Gassiot (« Il est urgent de ne plus attendre »), introduit l’ouvrage. Il dresse un tableau un peu sombre de la situation actuelle.  L’auteur met en avant « le triptyque réchauffement climatique / érosion de la biodiversité / raréfaction des ressources [qui] va générer des limites physiques telles que celles-ci vont “nous“ obliger à revoir les conditions mêmes d’habiter et de vivre le monde ». 

Il s’interroge sur « ce qu’il est advenu de nos espoirs de libertés individuelle et collective » et sur « ce court XXe siècle » qui « s’est clos par la chute du mur de Berlin. Et il ajoute que : « d’où nous parlons, plus de trente ans après, nous ne nous en sommes jamais vraiment remis. ».

Pascal Gassiot écrit ensuite : « La conjugaison de ces deux mouvements “telluriques“ (l’entrée dans une nouvelle ère géologique et le naufrage peu glorieux du socialisme “réellement existant“) nous amène à remettre en cause beaucoup de nos certitudes ». Et considère que la question écologique, au sens large du terme, se situe en surplomb, quel que soit le système économique...  Puis il conclut qu’il est impératif de réduire nos échelles (de transport, de commerce et d’échanges) et « de nous recommunaliser pour entrer vraiment en démocratie (un système basé sur des circuits courts de production, de distribution et de prises de décisions) ».

Rupture avec le capitalisme

Vient ensuite le texte de référence évoqué plus haut. Une fois posés certains préalables comme, par exemple, la nécessaire prise en compte simultanée des rapports de « classe », de « genre » et de « race », Jean-Marie Harribey procède en trois temps : il constate la responsabilité jugée écrasante de la logique d’accumulation du capitalisme, il pointe l’impasse de la croissance verte et de la marchandisation de la nature et, assez logiquement, il met en avant la nécessité de penser une écologie en rupture avec le capitalisme.

Nombre de concepts (le concept de nature, la « valeur » de l’eau ou bien la décroissance) et de « focus » (sur la mesure des émissions de GES, la neutralité carbone, les biens communs ou bien encore la question des transports) sont mis en exergue pour brosser un tableau assez large de ce que traite et recouvre la question de l’écologie de rupture. Puis six orientations autorisant la rupture sont déclinées : 

1 - La réflexion autour des besoins essentiels qui doivent être satisfaits ; 

2 - La question de l’énergie ; 

3 - La socialisation « contre » la marchandisation ; 

4 - La planification comme méthode et comme outil politique ; 

5 - La monnaie, et budget et la fiscalité ; 

6 - La démocratie.

Le fait que cette déclinaison se termine sur la question de la démocratie n’est pas un hasard car elle articule les questions sociale et écologique en posant l’enjeu des alliances et celles qui ont trait à l’exercice du pouvoir, à la transformation des institutions avec la démocratie comme outil. 

Issus de ce premier travail, différents textes destinés à prolonger la réflexion ont été élaborés et discutés dans le cadre des travaux de la commission écologie. De ces échanges, deux axes se sont dégagés : la décroissance et la planification. Ceci dans le prolongement de ce texte référent qui abordait déjà ces deux thèmes. 

Rupture avec le modèle
consumériste et marchand 

Le texte de Martine Billard, « Décroissance subie ou décroissance choisie ? », a été débattu et amendé dans le cadre de la commission. Présentée comme un projet de rupture radicale avec le modèle social consumériste et marchand, la décroissance, telle que présentée par l’auteure, ne peut être pensée et comprise que si elle est reliée aux constats sur les limites des ressources disponibles (« (...) pas d’autre solution qu’une décroissance des ponctions sur la nature à l’échelle de la planète »). L’auteure aborde ensuite la planification de la bifurcation écologique avec « la sobriété au poste de commande » . 

La définition collective des besoins à couvrir, l’articulation entre le central et le global, la modification en profondeur des politiques fiscales sont nécessaires pour en finir «(...) avec l’appropriation d’une part toujours plus importante des richesses des pays par une infime minorité et d’explorer les voies de la socialisation et de la réappropriation citoyenne ». Sobriété, partage, décroissance, planification, démocratie sont les mots-clés de ce texte.

Rupture pour construire un nouvel imaginaire

Pierre Khalfa fait ensuite écho au texte de Martine Billard. Sous le titre « Décroissance, les dilemmes de la bifurcation écologique et sociale », il s’intéresse d’abord au terme de décroissance qu’il qualifie de « mot-obus » en lui reconnaissant une « efficacité idéologique certaine car il a aidé à développer la critique de l’illusion d’une croissance infinie porteuse de bonheur pour l’humanité ». Puis l’auteur, après avoir rappelé que « Le PIB mesure la production marchande et non marchande exprimée de façon monétaire », écrit que « se focaliser comme le font les décroissants sur cet indicateur est un non-sens » car « le but du capitalisme n’est pas la croissance du PIB mais celle du taux de profit ». Pierre Khalfa décentre le débat vers les questions de productivité (et non de productivisme) et de rapports sociaux ; mais aussi vers la nécessité de créer un nouvel imaginaire en rupture avec l’imaginaire consumériste généré par le capitalisme. Et Pierre Khalfa d’ajouter : « La notion de décroissance ne semble pas être celle autour de laquelle un tel projet [de rupture] peut se structurer ». Cependant, il prend acte que, dans les derniers écrits de certains porteurs du concept de décroissance, le lien entre décroissance et mesure du PIB est en train de se distendre en autorisant ainsi l’émergence de perspectives communes. 

Rupture profondément politique

Eu égard aux effets d’annonce d’Emmanuel Macron en ce début d’automne 2023, Jean-Marie Harribey aborde ensuite le sujet de la planification écologique dans un texte, « La planification écologique : une stratégie ou un simulacre ? », qui vient enrichir celui validé par la fondation et publié plus haut dans ce livre. En s’appuyant sur le secteur des transports, sur celui de l’agriculture ou bien sur la question de l’eau, il pointe les incohérences de la planification écologique telle que présentée par Macron. Et de constater que « l’écologie à la française » de Macron « [...] témoigne de son incompréhension de la nécessité – ou de son refus – de relier la crise énergétique, la crise climatique, la perte de biodiversité et les multiples atteintes aux équilibres écosystémiques, c’est-à-dire de la globalité d’une crise systémique ». Puis, il met en avant une régulation démocratique, voire autogestionnaire, qui pourrait constituer une alternative. Et il conclut en écrivant que les questions soulevées par une possible planification de la transition écologique  « appellent des réponses dont la difficulté est moins technique que politique ». 

Rupture avec le patriarcat
 et toutes les formes de domination

Le texte de Claude Calame, « De l’écoféminisme à l’écosocialisme : entre Gaia et écopoiésis », aborde un sujet plus « ciblé » : celui de l’écoféminisme. Il développe une critique de la vision essentialiste, voire fondamentaliste, de l’écoféminisme portée, entre autres, par l’auteure étasunienne Charlène Spretnak. En revenant à la mythologie grecque et au mythe de Gaïa, Claude Calame pointe la confusion, ou plus exactement, la superposition entre la figure de la Terre et celle de la Mère portée par cette approche qu’il qualifie de théologique. Il met en avant un écoféminisme « moins théologien et plus politique » basé sur la « dénonciation conjointe de la domination patriarcale des hommes sur les femmes et des tentatives de domination de la nature par les humains » en précisant que « tous les formes de domination sont liées entraînant sexisme, racisme, colonialisme, impérialisme, etc. ». Il conclut en écrivant que : « Les objectifs écoféministes d’élimination de tous les rapports de domination ne peuvent se réaliser que par l’inclusion de l’égalité des relations entre les femmes et les hommes dans l’interaction équilibrée et créatrice des unes et des autres avec leur environnement, avec leur milieu, avec la biosphère ». 

Rupture d’ordre anthropologique

Les nuances constatées dans certains constats et analyses de ces différentes contributions, comme sur la décroissance par exemple, sont, somme toute, relatives. Et c’est une certaine cohérence qui se fait jour à la lecture de ces différents textes

Le fil conducteur est celui d’une vision commune des enjeux « évidents » mais aussi souvent sous-jacents de la mise en œuvre d’une écologie de rupture : ruptures avec le capitalisme, le néolibéralisme et le (néo)colonialisme. Le tout dans le primat d’un avenir conditionné par la finitude des ressources et l’impérieuse nécessité qui nous est faite de bifurquer pour garder un monde vivable, pour l’humanité comme pour toutes les espèces qui (co)habitent sur notre planète. 

Il est donc question, ici, d’une rupture d’ordre anthropologique. 

Mais, au-delà, la prise en compte de toutes les formes de domination, dans une vision qualifiée aujourd’hui d’intersectionnelle, est une des clés d’élaboration d’un projet écosocialiste en rupture avec le productivisme, l’extractivisme et basé sur l’identification des besoins, individuels et collectifs, sur l’entraide et la coopération contre la concurrence. 

Les enjeux sont tels, les ruptures si importantes et le chemin à parcourir tellement complexe que l’exigence démocratique est, plus que jamais, centrale dans tout projet politique émancipateur. Et la question du bloc social à fédérer et des alliances à construire pour porter ce projet pleinement politique est aujourd’hui incontournable. 

Table des matières

Préambule 5

Il est urgent de ne plus attendre, Pascal Gassiot 13

Le tableau est sombre 13

Nous sommes entrés dans une période de bascule 16

L’écologie, c’est à la mode... 18

Être lucides, débattre, agir 20

Écologie : rompre avec le capitalisme, rebâtir de fond en comble, Jean-Marie Harribey 25

Introduction 25

La logique capitaliste est responsable de la crise écologique 29

L’impasse de la croissance verte et de la marchandisation de la nature 40

Une écologie en rupture avec la logique capitaliste 52

Conclusion 72

La planification écologique : une stratégie ou un simulacre ?, Jean-Marie Harribey 73

Union européenne : une stratégie stoppée avant même d’avoir véritablement commencé ? 75

France : une planification écologique en trompe-l’œil 80

Une planification mal pensée 90

Décroissance subie ou décroissance choisie, Martine Billard 97

Le capitalisme vert, une impasse 97

Moins de SUV, plus de services publics 100

Coopération et relocalisationSortir du libre échange 102

Prendre en compte les limites planétaires 105

Décroissance, les dilemmes de la bifurcation écologique et sociale, Pierre Khalfa 107

La décroissance, « un mot-obus » utile 107

Décroissance de quoi ? 109

Des contraintes incontournables 110

Pour conclure provisoirement 114

De l’écoféminisme à l’écosocialisme : entre Gaia et écopoiésis, Claude CALAME 117

La « nature » comme ensemble de ressources 119

Gaia en Terre-Mère ? 124

Terre en variations extra-européennes 129

Pour un écoféminisme égalitaire et écosocialiste 134

Vous pouvez aussi vous procurer la version numérique

Cet ouvrage regroupe différents textes qui diversifient les points d’entrée sur le thème de l’écologie :

réchauffement et dérèglement climatiques, destruction de la biodiversité, extractivisme ;

besoins et biens communs, rapports nature/culture ;

marchandisation généralisée des échanges, économie, finance ; 

décroissance, démondialisation, libre échange, néocolonialisme, migrations ;

rapports de domination, démocratie, auto-organisation, souveraineté populaire, écoféminisme.

Derrière les textes, une constante : l’analyse du capitalisme (sous toutes ses formes), du productivisme et de l’extractivisme comme moteurs essentiels de l’ère géologique dans laquelle nous sommes aujourd’hui : l’anthropocène ; que beaucoup préfèrent d’ailleurs qualifier de capitalocène. 

Mais, un autre constat se dessine aussi : la nécessaire bifurcation écologique, obligatoire pour garder une Terre habitable pour tou·tes, elle va générer de facto des basculements d’ordre anthropologique, qui vont impacter toutes nos manières de faire Monde. Pour le meilleur comme pour le pire.

Livre disponible début décembre. Peut être commandé dès maintenant

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Pascal Gassiot (coord.)

Claude Calame

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