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Nouveaux livres

Salariat est une revue  pluridisciplinaire  de  sciences sociales consacrée à l’étude du salariat entendu comme rapport social, comme classe sociale et comme ensemble institutionnel.

Introduction

Pourquoi la revue Salariat ? Nicolas Castel, Mathieu Grégoire, Jean-Pascal Higelé, Maud Simonet

Notes et analyses

Crise sanitaire et salariat, Jean-Pascal Higelé

La qualification comme droit politique, Bernard Friot

Une approche féministe du salaire, Maud Simonet

Les dessous de la loi européenne pour les travailleurs de plateforme, Anne Dufresne

Lectures et débats

Le travail désintégré. À propos de Robledo, Karel Yon

L’activation des chômeurs en Allemagne (Bettina Grimmer) traduction et commentaires d’Hadrien Clouet

L’emploi, une cause patronale Mathieu Grégoire Sur la « garantie d’emploi », Jean-Pascal Higelé

Arrêt sur image

Service civique et employabilité des jeunes, Florence Ihaddadene

Aux masques citoyennes !, Fanny Gallot, Giulia Mensitieri, Eve Meuret-Campfort et Maud Simonet

Brut

L’alliance internationale des livreurs à vélo, 

14,22 €
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1980, en Kabylie, des manifestations étudiantes éclatent et revendiquent la reconnaissance de la culture berbère niée par le régime. Les populations kabyles rejoignent le mouvement.

C’est la naissance du Printemps berbère, fêté le 20 avril et commémoré, depuis, dans toute l’Afrique du Nord. Dix ans plus tard, 1991, des scénarios de films dialogués en kabyle sont enfin autorisés. Les tournages commencent dans l’euphorie et la mobilisation populaires.

Le présent livre raconte la naissance des premiers films kabyles : leurs thèmes, leurs esthétiques, leurs décors, les utopies des réalisateurs et, aussi, la formidable adhésion populaire qui les a accompagnés.

Ces films dévoilent une culture où les rôles des femmes acquièrent des perspectives inédites, la terre et le territoire des compréhensions nouvelles tandis que la langue découvre les dialogues de films. Ils sont un fragment de mémoire, ancrée dans l’histoire telles les racines d’un arbre mythique, qui remonte vers le monde du visible à travers le cinéma.

Latéfa Lafer est maîtresse de conférences en anthropologie à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (Algérie)

Table des matières

Introduction

Chapitre I : Un contexte historique improbable

L’affirmation identitaire dans le cinéma algérien

Chapitre II : Le fait cinématographique

Cinéma amazigh, cinéma algérien : une équation indéterminée

Cinéma amazigh : résistances conceptuelles

Chapitre I : La Colline oubliée

Une société hors-temps entraînée dans la guerre des puissances

Division des espaces et du temps

Chapitre II : La Montagne de Baya

Tragédie de la terre confisquée et résurgence des mythes fondateurs

Représentation mythologique et souffle épique

Résurgence des mythes

Retour au réel historique

Chapitre III : Machaho

L’archaïsme : ogre occulte dans la trame du conte

Machaho, par-delà les lieux et le temps

L’archaïsme campe un personnage occulte

Chapitre I : Du style au discours

Trois démarches distinctes

Chapitre II

De nouvelles articulations dans le cinéma algérien

La langue, la terre et les femmes

Les femmes entre stéréotypes et réalité

Bibliographie

Annexes

1980, en Kabylie, des manifestations étudiantes éclatent et revendiquent la reconnaissance de la culture berbère niée par le régime. Les populations kabyles rejoignent le mouvement.

C’est la naissance du Printemps berbère, fêté le 20 avril et commémoré, depuis, dans toute l’Afrique du Nord. Dix ans plus tard, 1991, des scénarios de films dialogués en kabyle sont enfin autorisés. Les tournages commencent dans l’euphorie et la mobilisation populaires.

Le présent livre raconte la naissance des premiers films kabyles : leurs thèmes, leurs esthétiques, leurs décors, les utopies des réalisateurs et, aussi, la formidable adhésion populaire qui les a accompagnés. Trois fictions : La Colline oubliée, élan militant et représentation sociologique de la Kabylie par Abderrahmane Bouguermouh ; La Montagne de Baya, déploiement des rites cosmogoniques ancestraux par Azzedine Meddour ; Machaho, vision anthropologique de l’archaïsme de la vendetta par Belkacem Hadjadj, émergent tour à tour sur le terrain de l’identité entre 1994 et 1997. Ces films dévoilent une culture où les rôles des femmes acquièrent des perspectives inédites, la terre et le territoire des compréhensions nouvelles tandis que la langue découvre les dialogues de films. Ils sont un fragment de mémoire, ancrée dans l’histoire telles les racines d’un arbre mythique, qui remonte vers le monde du visible à travers le cinéma.

Latéfa Lafer est maîtresse de conférences en anthropologie à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (Algérie). Après des études en géologie marine, elle a travaillé quelques années à la Cinémathèque algérienne et s’est passionnée pour le cinéma. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2015 à l’université Paris 8, porte sur le cinéma algérien et berbère.

18,96 €
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Ce livre, « Un regard sociologique », rassemble des analyses de différentes dimensions de l’oeuvre de Pierre Bourdieu menées par des collaboratrices et des collaborateurs proches du  professeur au Collège de France. Il vise à rendre compte des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles que Pierre Bourdieu a développés. Ce regard souligne l’importance d’une cumulativité critique  qui sous-tend l’ensemble de ses travaux alors que d’autres  présentent  le modèle d’analyse de  l’État que Bourdieu a construit, modèle qui  explique, en partie, les raisons qui ont pu conduire à son engagement politique.

Liste des auteurs : Lucien Braun, Jacques Budin, Patrick Champagne, Gaspard Fontbonne, Rose-Marie Lagrave, Remi Lenoir, Gérard Mauger, Christian de Montlibert, Louis Pinto, Andrea Rapini, Loïc Wacquant. Illustration de Joëlle Labiche et Yves Carreau.

Si la collection « Champ social » des éditions du Croquant réédite le n°47-48 de février -mars 2015 consacré à Pierre Bourdieu de la revue Regards sociologiques, c’est à la fois parce que ce numéro est devenu introuvable, mais surtout parce qu’il rassemble un dossier d’une grande diversité et d’une exceptionnelle densité.

La revue Regards sociologiques avait consacré un numéro à Pierre Bourdieu pour honorer une dette symbolique à un chercheur dans lequel elle se reconnaissait et qui l’avait soutenue dès ses débuts, mais surtout parce qu’elle voyait, comme beaucoup d’autres, dans le travail de Bourdieu une contribution majeure au développement de la sociologie.

Les contributions rassemblées dans cet ouvrage, agrémentées de l’œuvre d’artistes qui se sont intéressés à Bourdieu, multiplient les perspectives sur son œuvre : étude des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles, développement des concepts-clés, construction d’un modèle cohérent de l’État, retour sur tel aspect de la domination masculine, explicitation de ce qu’implique un engagement politique réflexif, restitution de la vivacité de ses cours et de la cérémonie de remise de la médaille d’or du CNRS, exploration des rapports de Bourdieu avec l’œuvre de Mauss, de Wittgenstein et de Marx, etc. 

Un premier ensemble d’articles montre dans quelles conditions Bourdieu réalise ses premiers travaux en Algérie où il est confronté aux effets du colonialisme, du racisme et de la guerre. La contribution d’Andrea Rapini retrace les déplacements de Bourdieu et de Sayad au cours de leur enquête sur Le Déracinement. Elle est complétée par un entretien de Tassadit Yacine avec Jacques Budin (un étudiant enquêteur de l’équipe de Bourdieu et de Sayad). Christian de Montlibert met en évidence un triple combat dans les travaux « algériens » de Bourdieu : contre la méconnaissance des cultures qui coexistent alors en Algérie, contre le mépris raciste et contre des conceptions politiques dont il pensait qu’elles risquaient d’obérer l’avenir. 

Dans le contexte des années 1980, Remi Lenoir s’interroge ensuite sur « le dit et l’écrit » dans l’œuvre de Bourdieu : quel statut accorder aux transcriptions de ses cours et séminaires ? Comment restituer par écrit la vivacité verbale qui caractérisait Bourdieu enseignant ? À propos du discours qu’il prononce à l’occasion de la cérémonie de la remise de la médaille d’or du CNRS, Loïc Wacquant souligne l’accent qu’il met sur les tensions entre science, autorité et pouvoir, la puissance symbolique de l’État et les raisons qui conduisent le sociologue à s’engager dans le débat civique. 

Rémi Lenoir développe les différents niveaux impliqués dans le concept de capital social et montre l’importance qu’a eue pour Bourdieu l’œuvre de Mauss. À propos du concept d’habitus Gaspard Fontbonne met en évidence les effets épistémologiques de la lecture de Wittgenstein. Quant à la domination masculine, Rose-Marie Lagrave éclaire les contradictions, paradoxes et malentendus engendrés par ce livre : il faut tenir compte, selon elle, du contexte scientifique et du rapport de Bourdieu aux recherches féministes. 

Un autre ensemble de travaux présente son modèle d’analyse de l’État et s’interroge sur l’engagement politique de Bourdieu. Patrick Champagne analyse le cheminement de Bourdieu pour penser la construction de l’État au fil d’un double processus de concentration des différentes espèces de capital dans un petit nombre de mains. En grande partie par le système scolaire, l’État unifie, homogénéise, standardise les manières de faire et de penser. À propos d’une intervention de Bourdieu sur la crise de l’État, Rémi Lenoir souligne l’importance qu’il attribuait aux transformations des représentations des agents dominants. Lucien Braun, alors directeur des Presses Universitaires de Strasbourg, questionne Bourdieu sur l’avenir de l’autonomie universitaire dans un contexte où l’édition universitaire est de plus en plus dépendante de groupes financiers.

Cet ouvrage se clôture par des analyses de la dimension critique de la sociologie de Pierre Bourdieu qui n’a pas cessé d’insister sur la nécessité d’une démarche réflexive. Après avoir rappelé les prises de position « messianiques » de Marx sur l’avènement d’une société sans classes, Gérard Mauger souligne l’importance accordée par Bourdieu au « travail de représentation » dans toutes mobilisations collectives, à commencer par celle du « peuple », objet de prédilection pour des intellectuels. Après avoir rappelé les confusions autour de l’appellation « sociologie critique », Louis Pinto montre qu’elle n’est ni un accessoire, ni un abus de pouvoir, mais une sorte de nécessité qui conduit à s’interroger premièrement sur les pouvoirs, les limites et les prétentions de la connaissance, deuxièmement sur les capacités à dire le vrai des connaissances « indigènes » , troisièmement sur les effets de dévoilement de l’ordre social.

Enfin ce livre est ponctué par le travail de deux artistes, Joëlle Labiche et Yves Carreau, qui offrent leurs interprétations des «  regards  » de Pierre Bourdieu  : de ceux de prédécesseurs, de contemporains et de membres de ses équipes de travail.

15,17 €
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Le Sahel est une catégorie qui semble aller de soi. Évoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète histoire des hommes ». L’hypothèse de ce livre est que les problèmes d'aujourd’hui du Sahel sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de l’Afrique de l’ouest.

Sommaire

Avant-propos

Introduction

Chapitre 1. Le Sahel, une catégorie coloniale française

Chapitre 2. Le formatage de l’intellectuel sahélien francophone

Chapitre 3. L’ethnicisation du conflit sahélien

Chapitre 4. Rhétoriques du pouvoir au Mali

Chapitre 5. L’excision et l’homosexualité comme enjeux politiques au Mali

Conclusion. Le Sahel fantôme

Annexes

Le Sahel est une catégorie, comme toutes les catégories qui s’appliquent à l’Afrique, ethniques et géographiques entre autres, qui semble aller de soi. Evoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections qui se produisent dans toute cette zone depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète histoire des hommes ». L’hypothèse de ce livre est donc que les problèmes de ce qui forme aujourd’hui le Sahel (en particulier la défaite de l’armée française) sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de cette région géographique d’Afrique de l’ouest.

Points forts : invention coloniale du Sahel, critique des « intellectuels de cour » sahéliens, critique la littérature sahélienne comme porteuse d’une attitude pro-soufie, pro-animiste islamophobe, fémo et homonationaliste.

Bio-bibliographie

Anthropologue, Directeur d’études émérite à l’EHESS, ancien rédacteur en chef des « Cahiers d’études africaines », spécialiste du Mali et de l’étude de l’ethnicité, de l’identité et du métissage.

Principaux ouvrages

Au cœur de l’ethnie : ethnies, tribalisme et État en Afrique, avec Elikia M’Bokolo, La Découverte, 1985, rééd. La Découverte poche, 1999.

Logiques métisses : anthropologie de l’identité en Afrique et ailleurs,

Vers un multiculturalisme français : l’empire de la coutume, Aubier, 1996, « Champs », 2001

Branchements. Anthropologie de l’universalité des cultures,Flammarion, 2001, « Champs », 2005.

L’Occident décroché. Essais sur les postcolonialismes, Paris, Stock, 2008Fayard/Pluriel, 2010.

Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains, Paris, Stock, 2010.

Avec Souleymane Bachir Diagne, En quête d’Afrique (s). Universalisme et pensée décolonialeParis, Albin Michel, 2018.

14,22 €
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Comme le président Macron avait annoncé sa détermination à généraliser les comptes à points, Nicolas Castel et Bernard Friot ont proposé, d’octobre 2018 à juillet 2019 un séminaire complet sur la question organisé par Réseau Salariat à la Bourse du Travail de Paris. Cet ouvrage rend compte de l’ensemble des séances (exposés et échanges) en les actualisant. C’est une contribution à la préparation des futures mobilisations qui, n’en doutons pas, seront nécessaires pour contrer les retraites à points en généralisant la pension comme salaire continué.

Disponible à partir du 09 juin 2022.

Comme le président Macron avait annoncé sa détermination à généraliser les comptes à points, Nicolas Castel et Bernard Friot ont proposé, d’octobre 2018 à juillet 2019 un séminaire complet sur la question organisé par Réseau Salariat à la Bourse du Travail de Paris. Cet ouvrage rend compte de l’ensemble des séances (exposés et échanges) en les actualisant. C’est une contribution à la préparation des futures mobilisations qui, n’en doutons pas, seront nécessaires pour contrer les retraites à points en généralisant la pension comme salaire continué.

L’association d’éducation populaire Réseau Salariat promeut l’extension du salaire à la qualification personnelle.
La pension des fonctionnaires et les retraites du régime général de la Sécurité sociale ou de certains régimes
d’entreprise dits « spéciaux » (EDF, RATP...) sont, en tant que salaire continué, des prémices du salaire attaché à la personne, et non pas au poste de travail. Une telle révolution communiste dans l’institution du travail, la bourgeoisie n’en veut pas et lui oppose depuis 1947 la retraite à points des cadres, étendue à tous les salariés du privé
dans l’Agirc-Arrco. Depuis la fin des années 1980, les réformateurs détricotent le salaire continué assis sur les meilleurs salaires de la carrière pour le transformer en revenu différé, calculé sur la base de points de retraite accumulés sur toute la carrière professionnelle. C’est faute de se battre pour l’extension à tous du meilleur salaire continué dans la pension de retraite que les syndicats
sont battus depuis trente ans.

14,22 €
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Ce livre, « Un regard sociologique », rassemble des analyses de différentes dimensions de l’oeuvre de Pierre Bourdieu menées par des collaboratrices et des collaborateurs proches du  professeur au Collège de France. Il vise à rendre compte des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles que Pierre Bourdieu a développés. Ce regard souligne l’importance d’une cumulativité critique  qui sous-tend l’ensemble de ses travaux alors que d’autres  présentent  le modèle d’analyse de  l’État que Bourdieu a construit, modèle qui  explique, en partie, les raisons qui ont pu conduire à son engagement politique.

Liste des auteurs : Lucien Braun, Jacques Budin, Patrick Champagne, Gaspard Fontbonne, Rose-Marie Lagrave, Remi Lenoir, Gérard Mauger, Christian de Montlibert, Louis Pinto, Andrea Rapini, Loïc Wacquant. Illustration de Joëlle Labiche et Yves Carreau.

Si la collection « Champ social » des éditions du Croquant réédite le n°47-48 de février -mars 2015 consacré à Pierre Bourdieu de la revue Regards sociologiques, c’est à la fois parce que ce numéro est devenu introuvable, mais surtout parce qu’il rassemble un dossier d’une grande diversité et d’une exceptionnelle densité.

La revue Regards sociologiques avait consacré un numéro à Pierre Bourdieu pour honorer une dette symbolique à un chercheur dans lequel elle se reconnaissait et qui l’avait soutenue dès ses débuts, mais surtout parce qu’elle voyait, comme beaucoup d’autres, dans le travail de Bourdieu une contribution majeure au développement de la sociologie.

Les contributions rassemblées dans cet ouvrage, agrémentées de l’œuvre d’artistes qui se sont intéressés à Bourdieu, multiplient les perspectives sur son œuvre : étude des conditions de production des enquêtes, des concepts et des modèles, développement des concepts-clés, construction d’un modèle cohérent de l’État, retour sur tel aspect de la domination masculine, explicitation de ce qu’implique un engagement politique réflexif, restitution de la vivacité de ses cours et de la cérémonie de remise de la médaille d’or du CNRS, exploration des rapports de Bourdieu avec l’œuvre de Mauss, de Wittgenstein et de Marx, etc. 

Un premier ensemble d’articles montre dans quelles conditions Bourdieu réalise ses premiers travaux en Algérie où il est confronté aux effets du colonialisme, du racisme et de la guerre. La contribution d’Andrea Rapini retrace les déplacements de Bourdieu et de Sayad au cours de leur enquête sur Le Déracinement. Elle est complétée par un entretien de Tassadit Yacine avec Jacques Budin (un étudiant enquêteur de l’équipe de Bourdieu et de Sayad). Christian de Montlibert met en évidence un triple combat dans les travaux « algériens » de Bourdieu : contre la méconnaissance des cultures qui coexistent alors en Algérie, contre le mépris raciste et contre des conceptions politiques dont il pensait qu’elles risquaient d’obérer l’avenir. 

Dans le contexte des années 1980, Remi Lenoir s’interroge ensuite sur « le dit et l’écrit » dans l’œuvre de Bourdieu : quel statut accorder aux transcriptions de ses cours et séminaires ? Comment restituer par écrit la vivacité verbale qui caractérisait Bourdieu enseignant ? À propos du discours qu’il prononce à l’occasion de la cérémonie de la remise de la médaille d’or du CNRS, Loïc Wacquant souligne l’accent qu’il met sur les tensions entre science, autorité et pouvoir, la puissance symbolique de l’État et les raisons qui conduisent le sociologue à s’engager dans le débat civique. 

Rémi Lenoir développe les différents niveaux impliqués dans le concept de capital social et montre l’importance qu’a eue pour Bourdieu l’œuvre de Mauss. À propos du concept d’habitus Gaspard Fontbonne met en évidence les effets épistémologiques de la lecture de Wittgenstein. Quant à la domination masculine, Rose-Marie Lagrave éclaire les contradictions, paradoxes et malentendus engendrés par ce livre : il faut tenir compte, selon elle, du contexte scientifique et du rapport de Bourdieu aux recherches féministes. 

Un autre ensemble de travaux présente son modèle d’analyse de l’État et s’interroge sur l’engagement politique de Bourdieu. Patrick Champagne analyse le cheminement de Bourdieu pour penser la construction de l’État au fil d’un double processus de concentration des différentes espèces de capital dans un petit nombre de mains. En grande partie par le système scolaire, l’État unifie, homogénéise, standardise les manières de faire et de penser. À propos d’une intervention de Bourdieu sur la crise de l’État, Rémi Lenoir souligne l’importance qu’il attribuait aux transformations des représentations des agents dominants. Lucien Braun, alors directeur des Presses Universitaires de Strasbourg, questionne Bourdieu sur l’avenir de l’autonomie universitaire dans un contexte où l’édition universitaire est de plus en plus dépendante de groupes financiers.

Cet ouvrage se clôture par des analyses de la dimension critique de la sociologie de Pierre Bourdieu qui n’a pas cessé d’insister sur la nécessité d’une démarche réflexive. Après avoir rappelé les prises de position « messianiques » de Marx sur l’avènement d’une société sans classes, Gérard Mauger souligne l’importance accordée par Bourdieu au « travail de représentation » dans toutes mobilisations collectives, à commencer par celle du « peuple », objet de prédilection pour des intellectuels. Après avoir rappelé les confusions autour de l’appellation « sociologie critique », Louis Pinto montre qu’elle n’est ni un accessoire, ni un abus de pouvoir, mais une sorte de nécessité qui conduit à s’interroger premièrement sur les pouvoirs, les limites et les prétentions de la connaissance, deuxièmement sur les capacités à dire le vrai des connaissances « indigènes » , troisièmement sur les effets de dévoilement de l’ordre social.

Enfin ce livre est ponctué par le travail de deux artistes, Joëlle Labiche et Yves Carreau, qui offrent leurs interprétations des «  regards  » de Pierre Bourdieu  : de ceux de prédécesseurs, de contemporains et de membres de ses équipes de travail.

18,96 €
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Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Table des matières

Présentation

C 'était en Algérie pendant les années de guerre... Ils ont connu Pierre Bourdieu, soldat et apprenti chercheur

Que signifie : débarquer à Alger ?

Un soldat apprenti chercheur

Enseignant et éveilleur de conscience par la recherche

Inventer un mode nouveau de travailler et de résister

Les libéraux étaient des gens qui estimaient que les guerres coloniales étaient hors de saison

Entretien avec André Nouschi

« On n’avait jamais vu “Le Monde” ; nous étions une petite frange de gauche entre les communistes et les socialistes »

Entretien avec Lucien Bianco

« Depuis, je n’ai jamais pensé que la sociologie doive servir à autre chose »

Entretien avec Alain Accardo

« Il se sentait bien avec nous… Cela signifiait qu’il était de notre bord »

Jean Sprecher

C’était un esprit curieux

Père Henri Sanson

C'était en 1957… Sous la lumière d’Alger que j’ai rencontré un des hommes les plus géniaux et les plus attachants

Bernard Mazaud

« Il était UN parmi les dix ». Autour de l’enquête sur les camps de regroupement dans Le Déracinement

Salah Bouhedja

Retour sur l'Algérie au temps des camps de regroupement. Souvenirs d’un étudiant enquêteur dans l’équipe Bourdieu-Sayad

Jacques Budin

L’autre Bourdieu

Entretien réalisé par Hafid Adnani et Tassadit Yacine

Chronologie des événements historiques (1954-1962)

Lettres à André Nouschi

Documents inédits

Les travaux de Bourdieu sur l’Algérie

Index

Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Ce livre vise à éclairer le lecteur, fût-ce partiellement, sur ce parcours exceptionnel, à partir de témoignages oraux, véritables archives vivantes, émanant de collègues et d’étudiants qui ont côtoyé le chercheur en herbe et partagé avec lui moult angoisses, espoirs et désespoirs dans un climat de tensions politiques dans une guerre de libération, qui avait alors gagné tant le monde rural que le monde urbain, comme l’a illustré la bataille d’Alger en 1957.

Directrice d’études à l’EHESS et chercheure au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), directrice de la revue AWAL, Tassadit Yacine a consacré de nombreux travaux à la compréhension des mécanismes de domination dans les sociétés anciennement colonisées d’Afrique du Nord.

14,22 €
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La seconde moitié des années 1970 a marqué le retour en force des protestants évangéliques sur le terrain de la politique partisane. Cette forte mobilisation s’est accompagnée de la mise en place par des leaders religieux conservateurs d’un vaste réseau de lobbies politico-religieux, appelé « Droite chrétienne » (Christian Right). Ayant acquis, au fil des décennies, un poids et une influence considérables, la Droite chrétienne s’impose aujourd’hui comme une force électorale incontournable. À ce titre, elle mérite d’être prise au sérieux, tant sur le plan politique que sur le plan intellectuel.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, la Droite chrétienne s’est distinguée par le soutien apporté à Donald Trump, le candidat républicain, de mémoire récente, le moins religieux. 

Pour comprendre la Droite chrétienne dans sa globalité – ses origines historiques, ses fondements théologiques, le profil de ses adeptes, le contenu de son programme, son mode opératoire, la complexité de ses relations avec les présidents qui se sont succédé depuis quarante ans –, une analyse détaillée et objective s’impose. C’est l’objectif de ce livre.

Table des matières

Introduction 7

chapitre 1. Présentation 15

Éléments de définition 15

Vision du monde : un mélange d’exceptionnalisme et de prémillénarisme 23

Rapports complexes avec la modernité 34

chapitre 2. Genèse et développement 43

Des origines historiques lointaines 43

Les années 1970 : un revirement radical 51

Un mouvement en constante mutation 90

chapitre 3. Fondements théologiques 107

L’identité évangélique 108

L’essor de l’évangélisme : forces et limites 116

Les grandes familles évangéliques 121

Le fondamentalisme 121

Le néo-évangélisme 130

Le pentecôtisme et le charismatisme 133

Qui sont les évangéliques nord-américains ? 135

Profil socio-économique 138

Croyances et comportement religieux 142

Comportement politique 144

chapitre 4. Programme et stratégies socio-politiques 147

Un programme ou un ensemble de convictions ? 148

Un registre avant tout religieux 148

Rôle crucial de l’ennemi et fixation sur l’humanisme laïque 151

Les grands axes du programme 157

Défense des valeurs morales et sociales traditionnelles 157

Préservation de la famille traditionnelle 158

Condamnation de l’avortement 167

Combat contre l’homosexualité 173

Affaiblissement de l’État et pari sur l’économie de marché 186

Non au contrôle des armes à feu ! 196

Refus radical du changement climatique 200

Ni nouvel ordre international ni mondialisation 203

Une Amérique forte face à l’« empire du Mal » 211

L’islam, le nouvel ennemi à abattre 214

Un soutien sans faille à Israël 223

Des choix stratégiques très diversifiés 234

Des stratégies classiques éprouvées 235

L’alliance avec les think tanks de droite 238

Courrier personnalisé et campagnes de dénigrement 240

Le Morality Rating Record : un outil efficace 242

Prêches et télé-prédication au service de la politique 242

L’enseignement : un moyen de propagande et de recrutement incontournable 244

Le cyberespace religieux 248

chapitre 5. Les relations entre la droite chrétienne et
l’exécutif : 2001-2021
251

George W. Bush : un allié exceptionnel 251

La religiosité de G. W. Bush 253

L’influence de la foi sur la politique intérieure : le conservatisme compassionnel 262

La politique étrangère : la guerre en Irak 270

George W. Bush et la Droite chrétienne 274

L’alliance de la Droite chrétienne et des néoconservateurs 293

Barack Obama, voilà l’ennemi 302

L’univers idéologique et religieux d’Obama 303

Barack Obama et la Droite chrétienne 309

Donald Trump et la Droite chrétienne : une alliance inhabituelle 317

Soutien inattendu à Donald Trump pourtant aux antipodes de l’idéal évangélique 320

Pourquoi Trump séduit-il les électeurs évangéliques ? 324

Les années Trump : bilan 333

chapitre 6. Quel bilan ? 337

Des réactions passionnées et controversées 337

Un bilan inégal malgré un activisme forcené 350

L’enseignement 351

L’avortement 355

L’homosexualité 358

La politique intérieure 361

Politique étrangère 367

Conclusion 375

Bibliographie 383

La seconde moitié des années 1970 a marqué le retour en force des protestants évangéliques sur le terrain de la politique partisane. Cette forte mobilisation s’est accompagnée de la mise en place par des leaders religieux conservateurs d’un vaste réseau de lobbies politico-religieux, appelé « Droite chrétienne » (Christian Right). Ayant acquis, au fil des décennies, un poids et une influence considérables, la Droite chrétienne s’impose aujourd’hui comme une force électorale incontournable. À ce titre, elle mérite d’être prise au sérieux, tant sur le plan politique que sur le plan intellectuel.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, la Droite chrétienne s’est distinguée par le soutien apporté à Donald Trump, le candidat républicain, de mémoire récente, le moins religieux. 

Pour comprendre la Droite chrétienne dans sa globalité – ses origines historiques, ses fondements théologiques, le profil de ses adeptes, le contenu de son programme, son mode opératoire, la complexité de ses relations avec les présidents qui se sont succédé depuis quarante ans –, une analyse détaillée et objective s’impose. C’est l’objectif de ce livre.

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La « politique des chemins courts ». C’est par ces mots que le Président de l’Association des journalistes parlementaires désigne en 1978 la nature des échanges entre les journalistes et le personnel politique dans la capitale fédérale. Cette métaphore donne sens à la naturalisation de la lente construction institutionnelle reconnue par les différents acteurs de l’espace politique fédéral (journalistes, responsables politiques, porte-parole, hauts-fonctionnaires).

L’institutionnalisation de ce monopole n’est pas la résultante de seuls jeux d’interactions, indépendamment de tout contexte socio-politique, mais bien un effet de la structure du champ de la politique fédérale, de son histoire incorporée et instituée ainsi que de ses évolutions depuis la sortie de la Première Guerre Mondiale. L’enjeu de consolidation du régime (quel qu’il soit, démocratique ou autoritaire) est au cœur de la structuration de cet « espace public », pour le défendre face aux menaces réelles ou fantasmées (mais réelles dans leurs effets sur l’organisation d’une administration du porte-parolat), pour convaincre les citoyens et les journalistes de son bienfondé. 

Table des matières

Introduction

De la particularité allemande en comparaison internationale

Journalistes et politiques : des associés-rivaux

Quelques éléments de définition

Observer la coproduction des biens symboliques à destination des médias

Comprendre en actes la structuration des espaces publics nationaux

L’espace public et sa contention : l’invention de l’Öffentlichkeitsarbeit

La curialisation des agents dans une capitale fédérale

Pour une sociologie historique des relations presse-politique

Sociogénèse et institutionnalisation d’un espace autonome d’interactions

La production des biens symboliques gouvernementaux : un champ interstitiel au sein de l’État fédéral

Construire une enquête de temps long

Retracer une histoire bureaucratique

Histoire croisée d’archives

Une sociologie de la pratique

Chapitre 1. Organiser les échanges par la Öffentlichkeitsarbeit : une longue tradition de contre-feux politiques

Sauver le régime, installer le régime

Soutenir la forme républicaine de l’État par la propagande : Weimar, 1919-1933

Propagande et Öffentlichkeitsarbeit au service d’une « société dirigée » : la RFA depuis 1949

Une histoire administrative du porte-parolat : institutionnaliser et centraliser

Faire tenir une parole malgré les tensions : la République de Weimar

Le ministère de la propagande défié par la polyarchie du régime national-socialiste

La division ministérielle du porte-parolat en RFA après 1949

Chapitre 2. Au service de la démocratie ? 125

L’espace public incarné des Pressekonferenz 125

L’imbrication des lieux de la publicité : les conférences de presse sous Weimar 127

Définir les règles du jeu : le rôle des conférences de presse 127

L’affirmation des associations professionnelles 133

La Bundespressekonferenz e.V : la construction d’une institution de journalistes 137

Construire un collectif et légitimer la centralité politique de l’institution 138

Préserver l’entre-soi face à la monstration télévisuelle 149

Codifier l’entre-soi et disciplinariser les porte-parole 150

La liberté de la presse s’arrête-t-elle aux relations interallemandes ? 159

Le mur de Berlin : la fenêtre (sale) d’opportunité pour trancher le cas des journalistes de l’Est 159

La Ostpolitik des journalistes 164

Chapitre 3. Sociabilités et pacification des échanges dans l’espace parlementaire 171

Serre, île, bateau ou vaisseau spatial ? Le monde à part de la politique fédérale 173

Berlin, la Medienstadt 174

Une capitale fédérale engoncée : Bonn 177

Le retour de la Medienstadt ? Berlin après 1999 182

La configuration (restreinte) des échanges et sa modalisation 184

Berlin (1918-1933) : Construire un univers d’interdépendances pour mieux apprivoiser la conflictualité 185

Bonn : le charme apaisé d’une ville de province 192

Les mondanités : parfaire la façade pour préserver les coulisses 207

La République réconciliée : le « glam-chic » d’une tradition maintenue à Bonn 217

Maintenir le public à distance du bal de la presse 221

Chapitre 4. La recomposition de l’espace politique après 1999 231

Berlin, années folles (1999-2002) : la conjoncture fluide des premières années 236

La tentation économique de Berlin 237

Starisation et scandalisation de la vie politique 239

Rétablir les règles, (r)établir les frontières du groupe : les statuts de la BPK 243

Une séquence sous tension (2002-2004) : jouer la concurrence et rétablir le modus operandi de Bonn 247

Au commencement, de « banales » demandes de réécriture d’interviews 248

Ne rien laisser passer aux politiques 251

Désectorisation et règlement du conflit 255

Redéfinir les contours réglementaires des interviews 258

La course aux armements communicationnels et le réarrangement du monde de la politique parlementaire 260

Garder les frontières, garder ses distances 263

Le (relatif) désengagement numérique des journalistes de la BPK 271

Exister politiquement, exister journalistiquement : contourner l’atonie des gouvernements de Grande Coalition 280

Occuper l’espace médiatique dans un État fédéral 280

Grande coalition et stratégies parlementaires 282

Les outils parlementaires comme instruments du contrôle médiatique 287

Chapitre 5. L’espace hodologique du pouvoir 297

L’espace restreint du journalisme parlementaire 301

Évolution du nombre de journalistes parlementaires 302

Les transformations structurelles du journalisme parlementaire 307

La précarisation (relative) du journalisme politique 311

Faire nombre : la réunion des rédactions parlementaires 313

Lutter contre l’isolement des rédacteurs 313

L’organisation collective de la couverture du quotidien 315

Faire face aux journalistes : les services du Bundespresseamt et des ministères 319

Les injonctions politiques à paraître 320

Les moyens de la coordination : le personnel du Bundespresseamt 323

L’espace concentrique du pouvoir symbolique 327

Les plans d’un navire provisoire qui a duré : Bonn 1949-1999 327

Une capitale nouvelle aux contours topographiques historiquement prescrits : Berlin, 1999-… 338

Chapitre 6. L’espace homologique du pouvoir 347

De quelques propriétés des journalistes de la BPK 351

Des journalistes aux propriétés sociales hautes 351

La lente féminisation du journalisme parlementaire 353

De quelques homologies sociales 354

La lente féminisation du politique 354

Sur-diplômé•e•s mais moins de docteur•e•s 357

Les sciences de gouvernement au cœur du champ ? 360

Un secteur du champ bureaucratique 364

Un siècle de professionnalisation du porte-parolat 365

L’espace interstitiel entre publicistes et auxiliaires du politique après 1949 367

Parfaire son entrée dans le champ bureaucratique : une analyse séquentielle des carrières des porte-parole 373

Conclusion 383

Annexe méthodologique : terrains d’enquête et sources 391

Liste des entretiens 391

Journalistes : 391

Porte-parole ministériels : 392

Politiques : 392

Fonctionnaires, chargé-e-s de presse ou de communication : 393

Sources 393

Sources prosopographiques et topographiques : 394

Archives de la Bundespressekonferenz : 395

Bundesarchiv (BArch) : 396

Mémoires et autobiographies : 398

Remerciements 400

La « politique des chemins courts ». C’est par ces mots que le Président de l’Association des journalistes parlementaires (la Bundespressekonferenz) désigne en 1978 la nature des échanges entre les journalistes et le personnel politique dans la Capitale fédérale. Il s’offusque du projet de déplacer le corps de presse à quelques encâblures du quartier gouvernemental. Cette métaphore donne sens à la naturalisation de la lente construction institutionnelle reconnue par les différents acteurs de l’espace politique fédéral (journalistes, responsables politiques, porte-parole, hauts-fonctionnaires). Le tour de force symbolique de la Bundespressekonferenz en 1949 est d’avoir su construire un monopole corporatiste de gestion des relations presse-politique en regard d’un appareil d’Etat du porte-parolat gouvernemental. L’institutionnalisation de ce monopole n’est pas la résultante de seuls jeux d’interactions, indépendamment de tout contexte socio-politique, mais bien un effet de la structure du champ de la politique fédérale, de son histoire incorporée et instituée ainsi que de ses évolutions depuis la sortie de la Première Guerre Mondiale. L’enjeu de consolidation du régime (quel qu’il soit, démocratique ou autoritaire) est au cœur de la structuration de cet « espace public », pour le défendre face aux menaces réelles ou fantasmées (mais réelles dans leurs effets sur l’organisation d’une administration du porte-parolat), pour convaincre les citoyens et les journalistes de son bienfondé. La constitution d’une forme particulière de curialisation des acteurs de la démocratie parlementaire allemande n’est donc pas l’effet d’une culture démocratique allemande, mais bien le fruit d’un lent mécanisme de consolidation des échanges. La proposition suivie dans cet ouvrage est de la mise en visibilité médiatique du politique, à la croisée entre sociologie compréhensive du travail journalistique et sociologie politique du pouvoir fédéral allemand, que nous observons dans le temps long de leur institutionnalisation depuis 1918.

Auteur :

Nicolas Hubé est professeur des universités en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Lorraine et membre du CREM (Centre de Recherche sur les Médiations) où il co-dirige l'équipe Praximedia (Journalisme, espace public, représentations). Ses travaux portent actuellement sur les politiques de communication de l'Union européenne, la sociologie comparée du journalisme en Europe ainsi que le phénomène populiste en Europe.

Points forts de l’ouvrage :

  • Un travail original sur la politique fédérale et/ou le parlementarisme (ouest-)allemand
  • Comprendre le travail des journalistes et des communicants comme des associés-rivaux
  • Inscrire la propagande et la communication politique dans leur continuité historique, sans présupposé de différences de nature
  • Comprendre le rôle de la République de Weimar dans la structuration du champ du pouvoir allemand sous le nazisme et sous la RFA d’après 1949
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Devant la poussée de l'extrême droite, nous remettons en vente ce livre d'Annie Collovald, publié en 2004. Il permet d'utiles comparaisons avec nos livres plus récents sur le même sujet

Le populisme a conquis, dans le milieu des années 1980, une place prédominante dans les commentaires politiques pour désigner des phénomènes qui, à l’instar du FN, étaient jusqu’alors pensés comme relevant de l’extrême droite. 

Cette interprétation actuellement dominante dans différents secteurs du commentaire politique (histoire, analyse électorale, sondages, journalisme) voit dans le FN le premier parti ouvrier de France. Des analyses empiriques désignent les groupes populaires comme les principaux soutiens du parti de Jean-Marie Le Pen.

Classes populaires, hier classes dangereuses, aujourd’hui classes autoritaires par ressentiment, aveuglement, inclinaison atavique, mauvaise éducation ou anomie sociale et politique ?

Des analyses mal fondées, doublées de déformations interprétatives, imposent la figure fantasmatique d’un peuple menaçant pour la stabilité de la démocratie, et dénient une fois de plus ce qu’est la réalité sociale et morale des comportements politiques des groupes populaires. 

Introduction 7

Quand l’évidence ne fait pas preuve 8

Le « populisme du FN » : une mythologie politique à revisiter 15

Pour une déconstruction des certitudes 19

I. Genèse et réalisation d’un « incroyable politique »

La construction d’une évidence apparemment scientifique 25

Les historiens du contemporain : le fascisme français n’existe pas 26

Faire taire des critiques multiples 29

Le « national-populisme » : les ressources d’une nouvelle classification 32

La circulation des savoirs infondés 38

L’expertise en menaces démocratiques 41

Le « populisme » : juste un mot et non un mot juste 46

Une rhétorique réactionnaire méconnue 55

Certitudes démocratiques et mépris social 57

Une réaction à double détente 60

Le déplacement des détestations croisées 66

Le « populisme » : un lieu commun repoussoir 71

Le réconfort du surplomb moral 74

La cause perdue du peuple 77

Le « populisme » : une notion à écran total 80

« L’appel au peuple » : une pratique d’abord de gauche 90

« L’appel au peuple » : une émancipation populaire 93

Rendre la démocratie réelle 97

Les intérêts d’une fiction démocratique 104

La révolution idéologique du « populisme » 106

II. L’incroyable politique et ses preuves

Vote FN : vote populaire. Les aveuglements d’une idée reçue 119

Ce que disent les résultats des sondages et ce qu’on peut en dire 120

Des incultes programmés 128

Vote FN, vote d’incompétents ? 134

Le vote : d’abord un problème social 138

L’énigme disparue du FN : un électorat infidèle 146

Un raisonnement circulaire 149

Les élites sociales et politiques disparues 158

Un « peuple sans classe » 163

Le populaire sous surveillance 163

Un naturel anti-démocratique 168

Le « mauvais peuple » ou le populaire en négatif 172

La démoralisation politique des groupes populaires 179

Un populaire indifférencié 179

Des jugements à bascule 181

Un populaire sans éthique 184

Le retour de thèses contestées 190

Idéologie, propagande, communication : des explications illusoires 191

La frustration : un prêt-à-porter théorique 196

Une philanthropie conservatrice 200

Le FN, un nationalisme et un mouvement social ?

Des abus d’identité 203

« Populisme » et FN : une identité d’adoption 204

Un nationalisme contrefait 213

La précarité : un destin social 220

Le « social » défiguré 225

Conclusion : Contre les évangélistes de l’incertain 229

Notes 237

Le populisme a conquis, dans le milieu des années 1980, une place prédominante dans les commentaires politiques pour désigner des phénomènes qui, à l’instar du FN, étaient jusqu’alors pensés comme relevant de l’extrême droite. 

Cette interprétation actuellement dominante dans différents secteurs du commentaire politique (histoire, analyse électorale, sondages, journalisme) voit dans le FN le premier parti ouvrier de France. Des analyses empiriques désignent les groupes populaires comme les principaux soutiens du parti de Jean-Marie Le Pen.

Classes populaires, hier classes dangereuses, aujourd’hui classes autoritaires par ressentiment, aveuglement, inclinaison atavique, mauvaise éducation ou anomie sociale et politique ?

Des analyses mal fondées, doublées de déformations interprétatives, imposent la figure fantasmatique d’un peuple menaçant pour la stabilité de la démocratie, et dénient une fois de plus ce qu’est la réalité sociale et morale des comportements politiques des groupes populaires. On manque du même coup une véritable analyse des raisons du succès du FN, de la particularité de son déloyalisme politique et de la nature du danger qu’il incarne pour la démocratie. On évite aussi de se poser une question importante pour comprendre comment peut tenir une telle interprétation, si imprégnée de racisme social et si éloignée de toute réalité : à qui et à quoi sert l’autoritarisme prêté au peuple ?

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Les déclenchements de manifestations, grèves, émeutes et autres protestations collectives ne sont pas le résultat d’une goutte d’eau de trop ou d’une étincelle. Ils reposent sur des situations dans lesquelles des individus se préoccupent essentiellement de ne pas se trouver seuls à agir. Le passage à l’acte se joue dans des moments où l’on tente d’anticiper le comportement d’autres gens, en tâtonnant et en se fiant à des clichés ou à des traditions de mobilisations.

S’appuyant sur des études de cas variées, cet ouvrage permet de comprendre finement les ressorts des déclenchements d’actions collectives. Il apporte de nouvelles pistes pour les anticiper ou les réaliser, que vous soyez un chercheur, une militante, ou un citoyen curieux.

Table des matières

Sommaire 4

Préface 7

introduction : les logiques des déclenchements 11

Les mythes d’entrée en action. Mythologie du déclenchement des actions contestataires 15

Métaphores, mythes de sens commun et leur succès dans la recherche 15

Causes, prétextes et seuils de tolérance 17

Le pire, l’insupportable, l’exutoire ou l’explosion 22

L’irrationalité, ou quand on ne trouve pas d’explication… 24

Les productions de la recherche en sciences sociales 25

Structure des opportunités politiques et renoncement explicatif 26

La révolte comme (re)découverte de l’injustice ? La redéfinition de situation et ses limites 29

Des caractéristiques du groupe au mode d’action, choix stratégique ou évidence imposée ? 30

La part de surprise 31

Les moments et leurs actions. Entre interactionnisme et constructivisme, sociologie des situations de déclenchements 34

Interactionnisme n’est pas amnésie : situations, histoires et individus pluriels 34

La condition déterminante en situation : être certain que l’action aura lieu 40

Le cadre de l’expérience. La théorie des facteurs de probabilité : domaine d’application et modes d’enquête 42

Ce que l’on entendra par « déclenchement » : le seuil d’une action visible 42

Principaux ressorts et limites de la théorie : recherche d’alignement, perception des coûts et ressources 44

Incertitude, calculs et préoccupations liées à l’alignement 45


Des ressources de mobilisation omniprésentes, ou quelques ressorts du « suffisant » 46

Sens de la normalité, du ridicule et autres craintes, ressorts et limites du « nécessaire » 50

Conditions d’un test : l’étude d’actions contestataires incertaines 55

Tableau 2 : « Mobilisations improbables » ou actions incertaines ? Quelques exemples 56

Les multiples cas étudiés : blocages lycéens, émeutes de banlieues, riders… 57

De l’action vers l’histoire : une présentation d’aval en amont 64

Illustration 1 : Temporalités du déclenchement de l’action et plan de l’ouvrage (croquis) 67

chapitre 1 : Du quotidien à la mobilisation. Une affaire de rôles 69

Des causes pas très communes ? Motivations diverses et coopération 69

Les motifs hétérogènes de l’action 71

Motivations ludiques et illégitimes : un stigmate des mouvements « de jeunes » à relativiser 73

Sécher les cours, dénoncer la réforme, s’amuser entre amis, insulter le gouvernement… 74

Obtenir des financements pour un skatepark, faire chier la mairie, faire une expérience… 78

Se venger de la police, aller voir, s’amuser… 84

Une coopération en conscience : causes, revendications et mots d’ordres comme ressources de coordination 86

En scène ! Des rôles du quotidien aux rôles de mobilisés : gestion de façade, continuités et ruptures 97

Enquête n°1. Les blocages lycéens de 2010 103

Les déter's et les blasés

Quelques déter’, quelques blasés 103

Effets du genre et de l’investissement scolaire sur le style d’engagement et sur le déclenchement de l’action 106

Tableau 3 : Caractéristiques et styles d’engagement des lycéens dans la mobilisation 109

La relation entre leaders locaux et militants altruistes dans le déclenchement de l’action : une figure de la continuité dans la gestion de façades 111

Conclusion: des préoccupations très ordinaires 114

chapitre 2 : Aux seuils de l’action. Les étapes menant à la protestation visible 117

La place des seuils dans le déclenchement de l’action contestataire. Engagements visibles et identification d’une action collective 117

Seuils de participation individuelle et mobilisation en cascade 118

Les effets immédiats des seuils de non-retour : marques d’engagement, typification de l’action et logiques de situations successives 124

Comment s’engager avant le déclenchement. Les seuils déclencheurs et les conditions concrètes de leur franchissement 131

Chercher ce qui se passe à l’avant des seuils déclencheurs 131

Éléments de définition des déclenchements d’actions protestataires 131

Les types de seuils déterminant le déclenchement, les interactions, préoccupations et calculs qui les précèdent 136

Isoler les seuils déterminant le déclenchement 139

Enquête n° 2. La grève des étudiants en odontologie de
Colombes 139

Les engagements préalables 141

Les engagements au dernier moment 147

Conclusion du chapitre 2 : franchir les seuils 154

chapitre 3 : S’assurer que les autres y vont. Les préoccupations déterminant le franchissement du seuil 155

Soumission à l’anticipation. Un point de vue expérimental 156

Incertitude, suivisme et déclenchement de contestations : les apports de la psychologie sociale 156

Définir collectivement une situation dans l’incertitude : la psychologie de la gestalt 158

De l’incertitude à la révolte : les expériences de Milgram et Gamson 162

Une expérience grandeur nature 165

Enquête n°3. La tentative de mobilisation des riders de Bercy 166

On y va ou pas ? L’émergence d’intérêts pour et de croyances partagées sur l’action à venir 173

La possibilité d’une mobilisation 173

L’idée d’une mobilisation des riders de Bercy, entre rires et incrédulité 174

Illustration 2 : Une partie du spot de Bercy avant démolition 175

Illustration 3 : Plan du spot de Bercy et de la zone extérieure visée par le projet de rénovation 178

Illustration 4 : Affiche publiée le 27 juillet sur la page Facebook, puis collée en différents lieux 184

Lycées Zola et Saint Vincent de Paul : une possibilité prise au sérieux 189

Étudiants en odontologie : émergence d’une possibilité de grève et paradoxes d’une « mobilisation improbable » 191

Bavures et émeutes de l’Est lyonnais : une possibilité construite sur plusieurs années 198

Incertitude, tâtonnements et (focalisation sur) l’accélération des indices, signes et consignes contradictoires 199

Émeutes lyonnaises : des informations très hétérogènes dans la balance 200

Étudiants en odontologie : incertitude et focalisation sur l’engagement des étudiants de quatrième année 200

Lycées Zola et Saint Vincent de Paul : renoncement et putsch 204

Les riders de Bercy : incertitude et tâtonnements à l’approche de l’action 209

Illustration 5 : Sticker du Collectif de défense de Bercy, octobre 2012. 213

Illustration 6 : Captures d’écran de la vidéo du Collectif de défense de Bercy, octobre 2012. 215

Illustration 7 : Photo du collage « simulé » de stickers, novembre 2012 222

Être sûr qu’il y aura action pour s’engager. Objectivation et test d’une condition déterminante 230

Test sur les conditions d’engagement des acteurs 233

Tableau 4 (page suivante): Conditions d’engagements ou non engagements des acteurs dans les collages organisés pour l’expérience de Bercy 241

Test sur les conditions de réussite des déclenchements 244

Tableau 5 : Conditions de réalisation ou non des tentatives d’actions protestataires 247

Poids des facteurs de probabilité, des conditions particulières et du doute dans les déclenchements 248

Conclusion du chapitre 3 : évaluer ressources et facteurs à l’aune des certitudes qu’ils créent 251

Tableau 6 : (Schéma) Ressources diverses, facteurs de probabilité et déclenchement de l’action 255

chapitre 4 : Les facteurs de probabilité de l’action. Discours sur l’action, information tacite et (in)certitude 261

Les facteurs mixtes de probabilité. Appels explicites, discours sur l’action et conditions de la confiance 262

Les conditions générales de réussite des appels à l’action : l’exposition des seuils de participation 262

Appels d’acteurs « en vue », d’organisations ou d’AG : effets de masse, ressources collectives et leurs limites 263

Motifs, définitions de situations, émotions : entre éléments de décor, points de coordination et « bases d’échanges » 268

Rumeurs et hidden transcripts : le problème de la forme et du « sérieux » de l’appel à l’action 272

Appels à l’action par le bas, évaluations et explicitations des seuils de participation mutuels 274

Les effets de théories indigènes sur le déclenchement 275

Les facteurs tacites de probabilité. Groupes, situations et déclencheurs objectivés 277

Réification et préjugés sur les groupes de participants potentiels 277

Les groupes, les « on » et les « autres »… traditions de lutte, clichés et attentes 277

Construction et variation des préjugés sur des groupes de participants potentiels 279

Les déclencheurs types (et situations déclencheuses types) 283

Enquête n°4. Expérience dans une classe de terminale 283

Des situations et signes institutionnalisés 286

Conclusion du chapitre 4 : la force décisive des facteurs tacites 289

chapitre 5 : La bavure et l’émeute. Genèse d’un déclencheur type dans le Rhône (1979-2000) 293

La construction d’un déclencheur type. Eléments d’introduction 294

Perspectives sociologiques sur le déclenchement de l’émeute : pour une approche stratégique et constructiviste 294

L’histoire d’un déclencheur de l’émeute, éléments de définition 296

Indices et conditions de l’institutionnalisation du signe déclencheur 298

Enquête n°5. Les « bavures » et « émeutes » dans l'Est lyonnais 300

L’invention du « climat d’émeutes ». 1979-1986 304

Police, violences collectives et mobilisations antiracistes (1979-83) 304

Représailles ciblées dans le quartier, « climat d’émeutes » dans les journaux (1983-86) 308

Les conditions de l’émeute : un proto-signe aux effets variables. 1985-1990 311

Bavure, basse saison et haute saison 312

Tableau 7 : Conditions et éventuelles suites émeutières des décès de jeunes mettant en cause des policiers dans la proche banlieue Est lyonnaise (1980-1990) 316

(Recon)naissance d’une institution, octobre 1990 à Vaulx-en-Velin 317

La bavure comme signe déclencheur solidifié. Années 1990 320

Mémoire, reconnaissance et saisie systématique d’un signe 320

Tableau 8 : Conditions et éventuelles suites émeutières des décès de jeunes mettant en cause des policiers dans la proche banlieue Est lyonnaise (1991-2000) (légende p. 287) 322

Objectivation du signe et conditions assouplies de sa saisie 323

Conclusion du chapitre 5 : à déclencheur type, réaction type ? 328

chapitre 6 : Des réactions collectives types. Groupes, situations ou déclencheurs types et actions protestataires associées 331

Enquête n°6. Constitution et analyse d’une base de données sur des actions protestataires (1997-2000) 335

Des traditions qui s’imposent. La force contraignante des modes d’action traditionnels sur les déclenchements 337

Premier tour d’horizon 338

Graphique 1 : Analyse des correspondances multiples (ACM) sur les actions protestataires issues de la recherche dans Le Progrès, 1997-2000 340

Tableau 9 : Salariés, grève et autres modes d’action : des traditions bien établies 342

Groupes de circonstances, situations, déclencheurs et réactions types. La primauté des données situationnelles dans la détermination du type d’action déclenché ? 345

Les situations et déclencheurs types, goulots d’étranglement des répertoires tactiques 345

Tableau 10 : Part des cas mentionnant un recours à la grève en fonction de situations et motifs liés au travail salarié 346

La situation comme déterminant principal du mode d’action et le cas des mobilisations locales 354

Graphique 3 : Part des cas mentionnant un recours à la pétition en fonction de situations, motifs et participants concernés dans les mobilisations locales, en % (et valeurs absolues) 355

Graphique 4 : Part des cas mentionnant un recours à la manifestation en fonction de situations, motifs et participants concernés dans les mobilisations locales, en % (et valeurs absolues) 355

Conclusion du chapitre 6 : les réactions collectives types, poids d’une contrainte située et situationnelle 358

conclusion : Pistes pour comprendre, anticiper et fabriquer des déclenchements d’actions protestataires 365

Avertissements pour saisir les déclenchements d’actions protestataires. Et parfois les anticiper 371

Fabriquer des déclenchements d’actions protestataires. Quelques ficelles 374

Enquête épilogue. La rétention des notes de 2016 374

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Qu’est-ce qui dans nos vies nous amène à entretenir une participation active à notre propre asservissement ?

Le talent de l’auteur est d’être à hauteur de scènes familières. A contre courant des analyses sur les résistances individuelles et collectives pour l’émancipation, Simon Lemoine propose de mettre à découvert les étayages qui participent à la fabrique du dévouement, des bancs de l’école, au travail salarié usé par les pratiques du new management enrôlant le salarié à sa propre surveillance ou à une disponibilité toujours accrue. Ainsi que le dévouement soit exploité ou simplement suscité, la perte de la libre disposition de son usage demeure bien l’expérience quotidienne d’une dépossession.

Avant-propos Le dévouement au travail


L’illusion de l’individualité


L’ordre des sujets

I. Exposition ordonnée

Thèse et enjeu

Sujeter, sujetage, sujeteur

L’ordre du sujetage

II. Le sujet dans la pratique. Explorations.

Première enquête

Premières recherches

Reprise

Nouveau modèle

Complément

Deuxième enquête

III : L’ordre du sujetage

Troisième enquête

Sujeter, sujetage, sujeteur

L’ordre du sujetage (esquisse)

Le jeu des pratiques

Quatrième enquête

Émancipation

L’émancipation dans le jeu des pratiques

L’émancipation médiatisée

Conclusion

Simon Lemoine est philosophe, enseignant et chercheur au laboratoire Métaphysique allemande et philosophie pratique de l'université de Poitiers.

Qu’est-ce qui dans nos vies nous amène à entretenir une participation active à notre propre asservissement ?

Le talent de l’auteur est d’être à hauteur de scènes familières. A contre courant des analyses sur les résistances individuelles et collectives pour l’émancipation, Simon Lemoine propose de mettre à découvert les étayages qui participent à la fabrique du dévouement, des bancs de l’école, au travail salarié usé par les pratiques du new management enrôlant le salarié à sa propre surveillance ou à une disponibilité toujours accrue. Ainsi que le dévouement soit exploité ou simplement suscité, la perte de la libre disposition de son usage demeure bien l’expérience quotidienne d’une dépossession.

Avec rigueur, il expose le travail théorique préalable que la construction de son objet a exigé de lui. S’appuyant sur les philosophes et sociologues qui ont remis en cause la centralité du « sujet », il infléchit la critique qu’ils ont développée en opposant, à « l’attitude spontanée qui consiste à voir en chacun un sujet essentiel, une capacité naturelle universelle minimale à agir en sujet en toute occasion souverainement, avec un libre arbitre, avec de l’autonomie, avec responsabilité, l’idée qu’être sujet, agir en sujet, est une affaire éminemment pratique, acquise, qui relève de différents exercices et de différentes habiletés spécifiques ». ». Ainsi « être sujet », ou « agir en sujet » est une affaire éminemment pratique, acquise, qui relève de différents exercices et de différentes habiletés spécifiques. Ces pratiques sont régulées, contrôlées, encadrées, elles sont gouvernées par un « ordre des sujets » qu’il définit dans ces termes :

« Un environnement (matériel, social et discursif) agencé d’une manière telle qu’il peut non seulement faire faire, faire dire et faire être, mais qu’il peut de surcroît coloniser nos subjectivités, non pas simplement en mobilisant des sujets qui préexisteraient au dispositif qui les investit, mais en allant jusqu’à les produire au moins en bonne part ».

Mais l’auteur s’attache aussi à détecter les « marges de manœuvre », souvent limitées mais non moins réelles, que nous pouvons mobiliser individuellement ou collectivement au profit d’une émancipation conçue comme une conquête d’« autonomie dans une hétéronomie ». Comment tordre le cou à l’idéal inatteignable du Sujet infaillible ? Et surtout comment réinvestir à d’autres fins une part des forces que nous sommes généralement incités à consommer intégralement au travail ?

Points forts de l’ouvrage :

  • La diversité des matériaux mobilisés, des situations évoquées, permettra à des lecteurs et lectrices issus de secteurs du monde du travail très variés (travailleurs sociaux, personnels hospitaliers et professionnels du care, employés des secteurs de la distribution ou des services et salariés du privé en général, ou encore collaborateurs d’ONG aux statuts divers…) d’y reconnaître des éléments de leur expérience quotidienne.
  • Une critique des catégories qui commandent nos réflexes de pensée et de perception les mieux ancrés (individu, sujet, libre arbitre, autonomie, responsabilité…).
  • L’auteur ne quitte jamais le terrain de l’expérience quotidienne et permet ainsi au lecteur de s’approprier tant les questions qu’il pose (déconcertantes au premier abord) que les réponses qu’il y apporte, à contre-courant de l’évidence.

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