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Vivre en lisière

4,74 €

Ce texte a été composé à la suite d’une période de vie à la campagne, en France. Rythmé par des marches, il expose la distance prise avec un monde et une pratique académique de la philosophie. Mais au-delà de cette discipline, c’est une méditation sur l’espace des femmes qui s’ouvre, transposable à bien d’autres domaines professionnels. La violence ordinaire y prend différents visages, au point d’amener à réfléchir à une perte fondamentale : de sa dimension symbolique à sa traversée physique, l’espace semble perdu. Mais marcher dans cet espace perdu des femmes amène à rejoindre d’autres êtres échappés, êtres en fuite, et, au-delà des femmes, à penser une créativité depuis cette marge, cette vie en lisière plus ou moins obligée. Il s’agit de vouloir développer un travail indépendant, qui se sait partiellement ignoré, mais continue d’œuvrer, en lisière de la visibilité régnante et de ses effets de pouvoir.

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Elsa Ballanfat est docteure en philosophie, professeure en CPGE aux lycées Louis-le-Grand et Fénelon. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), elle est aussi certifiée en

Vinyasa Yoga et autrice de plusieurs ouvrages. Son livre L’Espace vide. Phénoménologie et

chorégraphie (Zetabooks, 2021), a reçu le prix international du Ballard Prize in

Phenomenology, en 2022, aux États-Unis.

Livre
9782365125321

Fiche technique

Nombre de pages
88
Auteur
Ballanfat Elsa
Collection
Carton Rouge
Date de parution
mai 2026

Références spécifiques

Dans Libération du 20 août 2026, article de Frédérique Roussel :

C’est un petit livre qui n’a l’air de pas grand-chose. Et le mot «lisière» dans son titre évoque une mince ligne, un trait dans un paysage ou dans une société, une vie en coulisses plutôt que sur la scène. Vivre en lisière fait songer au terme «invisibilité», à usage récurrent ces derniers temps. Son autrice, Elsa Ballanfat a un brillant parcours, Normale Sup, agrégation et doctorat en philosophie, prof en prépa à Paris, plusieurs essais parus, et pourtant on y lit au début une désillusion de la pratique académique, une critique de l’ambiance tendue des colloques, des rapports de pouvoir, de l’ego prévalant sur la pensée, d’un protectionnisme exagéré de la discipline. Sans parler de la «voracité» des hommes. «Qu’attendait-on pour intituler un colloque “Virilité de la métaphysique” écrit celle qui a vécu des agressions dans son adolescence et qui croyait trouver dans la philosophie «un remède aux maux évoqués».

La lisière parle aussi de l’orée d’un bois. Ce texte a été rédigé après une période assez longue à la campagne. Il ne glorifie pas le retour à la nature – elle était bien souvent dénuée de charme –, mais parle de ce qui se passe quand on marche. Marcher instaure de la distance, de la décantation, une forme de liberté. «Oublier et penser, oublier vraiment, puis, parfois, voir renaître les pensées.» Mais quand c’est une femme qui marche seule dans l’espace, elle reste souvent sur ses gardes, même dans la campagne la plus profonde. Elsa Ballanfat s’est sentie parfois aux aguets («L’espace pour les femmes, était donc intimement vécu comme celui de la peur»). N’est-ce pas pour cette raison que «nous avions peu pensé l’espace en philosophie, parce que la philosophie avait été l’affaire d’hommes pour qui l’espace constituait une fausse évidence. Il leur semblait tellement facile de marcher qu’ils en avaient oublié que l’espace constituait un privilège pour ceux qui le foulaient sans craintes.»

Vivre à la lisière progresse ainsi, comme sautant d’une flaque après l’autre, pour déboucher sur une clairière, un champ : le concept de vie et de travail en lisière. «Loin des cases, des étiquettes dont nos mondes professionnels sont avides, il s’agit de prendre conscience d’une vie en lisière, d’une écriture en lisière du médiatique, en lisière de la grande voix qui détient la vérité.» Une invitation : se servir de la marge comme un espace en soi.

Elsa Ballanfat, Vivre en lisière, Editions du Croquant, «Carton rouge», 88 pp., 5 €.

Vous pouvez aussi vous procurer la version numérique

Ce texte a été composé à la suite d’une période de vie à la campagne, en France. Rythmé par des marches, il expose la distance prise avec un monde et une pratique académique de la philosophie. Mais au-delà de cette discipline, c’est une méditation sur l’espace des femmes qui s’ouvre, transposable à bien d’autres domaines professionnels. La violence ordinaire y prend différents visages, au point d’amener à réfléchir à une perte fondamentale : de sa dimension symbolique à sa traversée physique, l’espace semble perdu. Mais marcher dans cet espace perdu des femmes amène à rejoindre d’autres êtres échappés, êtres en fuite, et, au-delà des femmes, à penser une créativité depuis cette marge, cette vie en lisière plus ou moins obligée. Il s’agit de vouloir développer un travail indépendant, qui se sait partiellement ignoré, mais continue d’œuvrer, en lisière de la visibilité régnante et de ses effets de pouvoir.

Elsa Ballanfat est docteure en philosophie, professeure en CPGE aux lycées Louis-le-Grand et Fénelon. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), elle est aussi certifiée en

Vinyasa Yoga et autrice de plusieurs ouvrages. Son livre L’Espace vide. Phénoménologie et

chorégraphie (Zetabooks, 2021), a reçu le prix international du Ballard Prize in

Phenomenology, en 2022, aux États-Unis.

2,84 €
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