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Le prix de la santé

18,96 €

La santé, entend-on souvent, n'a pas de prix, mais elle aurait un coût.

Ce livre analyse la diffusion planétaire d'une manière de le calculer inventée à l'OCDE, au début des années 1970. Essentiellement budgétaire, cette vision des systèmes de santé est devenue hégémonique, justifiant réforme après réforme dans les pays occidentaux. Les chiffres seuls ne suffisent pas. Des administrations puissantes -- les États-Unis de Reagan, le Japon ou l'Australie -- ont donc soutenu les mises en chiffres de l'OCDE contre toute alternative, défendant ainsi des politiques de santé austéritaires tout en favorisant leurs industries pharmaceutiques nationales.

Nourrie d'entretiens, d'archives et d'observation de réunions internationales, la critique scientifique révèle les mécanismes sociaux qui ont donné aux chiffres de l'OCDE leur valeur d'évidence, et aux comparaisons internationales les atours de la vérité. Elle éclaire finalement la conversion à l'économie d'un secteur vital de l'action publique

Quantité

flickr flickr
Livre
9782365124485

Fiche technique

Nombre de pages
330
Auteur
Constantin Brissaud
Collection
Dynamique socio-économique
Date de parution
janvier 2026

Références spécifiques

Table des matières

Introduction. « La santé est un domaine sur
lequel on n’a aucune donnée ! » 11

Des lieux neutres à la neutralisation 13

Les organisations économiques internationales
sont-elles « influentes » ? 17

Première partie. La genèse d’une révolution
symbolique : la santé en comptes 27

Chapitre 1. L’économie de l’économie de la santé
à l’OCDE 29

Les « Comptes de santé » : un instrument original de planification macro-économique 31

De la santé publique aux dépenses de santé 32

La rationalisation de la santé par les comptes en France
et aux États-Unis 36

L’économie de la santé comme science de gouvernement 38

À l’OCDE, la santé entre « l’économique » et « le social » 39

La santé comme point de fixation de l’explication
de la « crise de l’État-Providence » 42

Le « travail-frontière » de Jean-Pierre Poullier 46

Enrôler des soutiens universitaires 50

Enrôler les bureaucraties nationales 51

Un charisme de la marginalité 53

Réticences états-uniennes et isolement institutionnel
de la division Santé 56

Le comité MSA face aux alternances politiques
états-uniennes et allemande 56

Un ordre du jour bousculé 62

Conclusion : la fabrication internationale
d’une révolution symbolique 63

Chapitre 2. Diffuser les comptes,
attirer les experts : les propriétés de la neutralité 67

Les caractéristiques de la neutralité 69

L’analyse des correspondances multiples 72

Économistes, Permanents des organisations internationales
et Subordonnés 74

Deux économistes typiques : Brian Abel-Smith et Alan Enthoven 80

Prophètes et prêtres 84

La légitimation par la crise 85

L’ancienneté comme capital 87

L’essor du secteur privé 91

Relations objectives et relations effectives 97

Positions et prises de position 100

Conclusion de la partie : la « santé globale » et l’essor
des trajectoires passant par le secteur privé 102

Une révolution symbolique née d’une spécialité dominée
dans une organisation internationale dominante 103

Deuxième partie. Des chiffres aux recommandations :
la diffusion internationale des travaux de l’OCDE 107

Chapitre 3. L’équipement statistique
du sens commun réformateur 111

Une statistique « keynésienne » prise dans la « statistique
à l’ère néolibérale » 113

Qu’est-ce qu’une dépense « de santé » ? Le système de
Comptes de santé (2000) et sa révision (2011) 116

L’introuvable évaluation du caractère redistributif
des dépenses de santé 119

Des problèmes de définitions aux investissements de forme 124

Des « guess estimates » pour faire réagir les pays 127

L’internationalisation des investissements de forme :
le Manuel de Comptes de santé de 2000 129

International Health Accounts Team et la refonte
du Manuel (2011) 131

Harmonisation entre les organisations internationales
et diffusion de la pratique de réalisation des comptes 133

Conclusion : la statistique de santé à l’ère néolibérale ? 137

Chapitre 4. Des luttes bureaucratiques aux recommandations : la formation d’un marché
des soins de santé 141 

Produire des travaux « analytiques » en santé 144

Le chiffre est-il méchant ? La santé en (micro-)économies 146

PUMA : le marché, l’État et les « mécanismes de type marché » 149

À la recherche du « meilleur modèle » 152

« Avant, ils nous envoyaient même pas de draft » :
la domination du département des affaires économiques
sur le département des affaires sociales 155

Conclusion de la partie : la loi du quasi-marché 157

Troisième partie. L’OCDE dans le champ international
de la réforme des systèmes de santé 163

Chapitre 5. La réforme : d’un sens commun à
un espace de concurrence 169

La conquête de l’autonomie : l’émergence et
la légitimation d’un savoir spécifique. 170

Concurrence et répétition : l’émergence
de la Banque Mondiale 172

La crise de leadership de l’OMS et l’essor des
fonds exceptionnels au début des années 1990 179

Le « moment 2000 » et la conversion de l’OMS 187

« Le rapport traumatisant de l’OMS qui classait les systèmes de santé
dans le monde » ou les infortunes de l’iconoclasme 187

Faire voir ou dissimuler : la construction de l’indicateur agrégé 190

Conclusion : la contribution des isomorphismes
à la formation des champs 193

Chapitre 6. Rigueur statistique et excellence morale.
Les réunions sur les comptes de santé (2016-2018) 199

L’accord sur les points de désaccord 203

L’invitation 207

La nouvelle nomenclature et sa négociation 209

Défendre la nouvelle nomenclature 212

Enrôler les États 219

Reformuler les enjeux : la nouvelle nomenclature comme
arme dans les débats entre ministères sociaux et budgétaires 220

Conclusion : « L’OMS a des standards beaucoup moins élevés pour la qualité des données à publier que l’OCDE – qui publiera avec une footnote –, et surtout qu’Eurostat, qui ne publiera pas » 223

Chapitre 7. Le prix des nouveaux médicaments
comme shibboleth 231

La neutralisation de l’expertise : l’« innovation » comme
point de convergence bureaucratique (1990-2010) 238

Des mobilisations de l’industrie antérieures aux
premiers rapports de l’OCDE 240

Le « lobbying agressif » et convergent des États-Unis et des
industries pharmaceutiques du BIAC 252

Département des affaires sociales contre département
des affaires économiques 253

Homologies structurales et neutralisation
de la critique (2014-2019) 256

Lobbying en réunion 262

Une structuration en deux groupes antagonistes 264

Conclusion de la partie : la neutralisation d’une expertise
sous contrainte structurale 268

Conclusion. Une approche structurale et
agonistique de l’international 275

Jeux d’échelles 276

Pôle économique contre pôle social : la structure duale
du champ international de la réforme 282

Les organisations dans le modèle du champ international
de la réforme des systèmes de santé 284

La neutralisation des alternatives 289

Sur la pandémie de COVID-19 290

Repolitiser la santé 292

Appendices 297 

Organisations 297

Concepts 297

Liste des matériaux 298

Liste des entretiens et résumé des trajectoires 299

Séquences d’observation ethnographique 300

Bibliographie 301 

Index 323

Vous pouvez aussi vous procurer la version numérique

La santé, entend-on souvent, n'a pas de prix, mais elle aurait un coût.

Ce livre analyse la diffusion planétaire d'une manière de le calculer inventée à l'OCDE, au début des années 1970. Essentiellement budgétaire, cette vision des systèmes de santé est devenue hégémonique, justifiant réforme après réforme dans les pays occidentaux. Les chiffres seuls ne suffisent pas. Des administrations puissantes -- les États-Unis de Reagan, le Japon ou l'Australie -- ont donc soutenu les mises en chiffres de l'OCDE contre toute alternative, défendant ainsi des politiques de santé austéritaires tout en favorisant leurs industries pharmaceutiques nationales.

Nourrie d'entretiens, d'archives et d'observation de réunions internationales, la critique scientifique révèle les mécanismes sociaux qui ont donné aux chiffres de l'OCDE leur valeur d'évidence, et aux comparaisons internationales les atours de la vérité. Elle éclaire finalement la conversion à l'économie d'un secteur vital de l'action publique

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