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Les grandes écoles d’ingénieurs françaises font, depuis les années 1980, l’objet de critiques. On annonce la fin d’un modèle en déclin, condamné à disparaître ou à s’adapter aux exigences de la « compétition internationale ». La privatisation des entreprises publiques et le redéploiement de leurs activités à l’échelle mondiale appelleraient la formation de « managers » d’un type nouveau, adaptés aux exigences d’un capitalisme néolibéral en plein essor. Loin de se réduire à la seule circulation des élèves d’un pays à l’autre, l’internationalisation des grandes écoles d’ingénieurs engage ainsi une profonde redéfinition du rapport des classes dirigeantes françaises à l’État-nation et à l’univers de l’entreprise.
Ce livre s’appuie sur des entretiens et des observations ethnographiques sur cinq écoles : trois parisiennes (Polytechnique, Centrale Paris et Télécom Paris-Tech) et deux en province (l’ENSTA-Bretagne et Agro Sup Dijon). Il s’adresse aux chercheurs et aux étudiants en sciences sociales s’intéressant à la sociologie des élites et des inégalités sociales. Il vise également un public plus large qui s’interroge sur les grandes écoles et leur avenir.
Adrien Delespierre est sociologue à l’université de Tours et membre du laboratoire CITERES.
Dans une époque marquée par le retrait de l’État social, comment former les personnels qui l’incarnent le mieux : les assistantes sociales ? Cet ouvrage explore les transformations de l’État social en France et en Italie. À travers une enquête approfondie au sein des écoles qui forment les assistantes sociales, il met en lumière la reproduction des hiérarchies de genre et de classe dans les aspirations et la socialisation professionnelle propre à ce secteur. L’auteur dévoile la manière dont ces institutions façonnent ces jeunes femmes – qui constituent la majorité de ces publics. Tout en transmettant des valeurs humanistes et des compétences techniques, elles leur inculquent des normes de conformité à l’égard des politiques sociales en vigueur et souvent très variables, dont le sens se trouve parfois en contradiction avec ce qu’elles donnent à leur orientation. Une plongée dans la fabrique de l’État social moderne, où se confrontent vocation et professionnalisation.
Ruggero Iori est sociologue, maître des conférences en sciences de l’éducation et de la formation à Cergy Paris Université, membre du laboratoire EMA (Ecole, Mutation, Apprentissage) et affilié au Centre d’études de l’emploi et du travail (Ceet/CNAM).
À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ? l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.
Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse et les « ficelles du métier » de la communication. Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?
Illustrations de Rose Frances www.instagram.com/rose__fr/
Recensions
Sommaire
Introduction.....................................................................................................................7
Chapitre 1 : Sociohistoire d’une double traduction institutionnelle. Du 3MT® au MT180®................................................................................................................41
1. L’importation d’un dispositif spectaculaire anglo-saxon dans le champ académique francophone.............................................................................................43
2. La diffusion académique et médiatique rapide d’un dispositif spectaculaire « fun et sexy »...........................................................................................................76
Chapitre 2 : Le travail de construction d’une « excellence » doctorale d’un genre nouveau.................................................................................................................109
1. Les services Communication à l’avant-garde du MT180®............................110
2. Du recrutement en régime de rareté : le travail de sélection des candidats au MT180®........................................................................................................................132
Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une cohorte « excellente » ? Sociologie des profils candidats au MT180®....................................................................................................159
1. Qui sont les participants au MT180® ?................................................................160
2. Participer au MT180® : un attrait pour la visibilité ?.......................................174
3. Tirer profit du MT180® pour son cursus.............................................................193
Chapitre 4 : Apprendre à faire rêver........................................................................219
1. Consolider son savoir-vendre académique : des formations pour
apprendre à faire rêver les spectateurs..................................................................220
2. S’entraîner sans relâche en vue du show compétitif : comment l’(auto)évaluation permet d’ajuster son topo à un auditoire varié..............................242
Chapitre 5 : Rendre sa performance mémorable : la place de la promesse dans le MT180®...............................................................................................................277
1. Anticipation et promesse scientifiques : quelques précisions
théoriques........................................................................................................................279
2. Emprunter la voie de la promesse pour divertir et impressionner l’auditoire
................................................................................................................................................286
3. La validation de la promesse et l’élection du promettant...........................308
Conclusion : De l’« excellence » scientifique à la question de la souffrance éthique des doctorants................................................................................................339
Postface : Défection et prise de parole : quand le chercheur quitte le terrain
.............................................................................................................................................359
Annexes............................................................................................................................363
À quoi sert le concours « Ma thèse en 180 secondes » ? l’encontre des avis iconiques tranchés, cet ouvrage – fruit d’une enquête sociologique au long cours – rend compte de l’installation rapide, dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un dispositif compétitif encourageant les doctorants à présenter leurs travaux de manière ludique.
Ce faisant, « Ma thèse en 180 secondes » transforme le rapport de ces futurs professionnels de la recherche aux règles du métier scientifique, en favorisant à la fois l’incorporation de dispositions à la promesse (plutôt qu’à la rigueur) et les « ficelles du métier » de la communication (plutôt que celle de la vulgarisation scientifique). Ce « geste promettant » illustre alors les effets dans le travail et la formation scientifique de l’organisation néolibérale des sciences sur projet. Mais là où le show « fan et sexy » l’emporte, que reste-t-il de l’éthique du travail ?
Jean-Marc Corsi est maître de conférences en biologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Jean Frances est maître de conférences en sociologie à l’ENSTA-Bretagne (Brest)
Stéphane Le Lay est sociologue du travail, chercheur à l’institut de psychodynamique du travail (Paris.