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Depuis les années 2000, la Russie de Poutine constitue un assemblage à première vue improbable entre des politiques néolibérales qu’on aurait pu penser sans morale, et une politique néo-conservatrice, promouvant des « valeurs traditionnelles » en matière de genre et de sexualité. Pour que le pays reste une « grande puissance », chacun son rôle : les hommes doivent (se tenir prêts à) combattre, les femmes doivent enfanter. Quelles réalités sociologiques se cachent derrière ces politiques aux conséquences tragiques, mais à l’efficacité très inégale ? L’autrice a mené une longue enquête de terrain (mobilisant des entretiens, des statistiques et des archives), qui nous plonge au cœur de la société russe et de ses contradictions, sans l’exotiser. Le néolibéralisme dé-démocratisant et néo-conservateur de l’ère Poutine, qui renforce ou fabrique à la fois de l’individualisation et du familialisme, fait en réalité écho aux politiques des Trump, Bolsonaro, Meloni, , et Orban du monde entier.
Mona Claro est sociologue, spécialisée en études de genre, et enseigne à l’Université de Liège (Belgique). Elle mène des recherches sur la Russie depuis sa thèse de doctorat, réalisée entre Paris (Ecole et des Hautes Etudes en Sciences Sociales / Institut national d’études démographiques) et Moscou (Centre d’études franco-russe, CNRS).