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Les sociétés occidentales sont généralement perçues comme des « sociétés d’abondance ». Cette appellation sonne comme la conclusion d’un processus qui s’étale sur plusieurs siècles et qui a nécessité d’énormes moyens en hommes et en matériels. Accéder à cette profusion de biens apparaît comme une sorte de récompense du travail accompli. En effet, l’abondance relève d’abord du mythe, d’une quête, l’antidote contre la faim et la misère menaçantes. Minés par l’incertitude sur la façon dont ils vont pouvoir satisfaire leurs besoins (notamment alimentaires) les hommes (à toute époque) s’acharnent à trouver des voies pour avancer dans cette quête. Et cette « réussite » tient d’abord à la capacité d'innover, à mobiliser des moyens (extra)ordinaires pour atteindre l'objectif de l’abondance, au prix aussi d’une exploitation sans vergogne de la nature, ce bien commun. L’homme n’est-il pas allé trop loin jusqu’à devenir aveugle aux conséquences de son action ?
Les sociétés occidentales sont généralement perçues comme des « sociétés d’abondance ». Cette appellation sonne comme la conclusion d’un processus qui s’étale sur plusieurs siècles et qui a nécessité d’énormes moyens en hommes et en matériels. Accéder à cette profusion de biens apparaît comme une sorte de récompense du travail accompli. En effet, l’abondance relève d’abord du mythe, d’une quête, l’antidote contre la faim et la misère menaçantes. Minés par l’incertitude sur la façon dont ils vont pouvoir satisfaire leurs besoins (notamment alimentaires) les hommes (à toute époque) s’acharnent à trouver des voies pour avancer dans cette quête. Et cette « réussite » tient d’abord à la capacité d'innover, à mobiliser des moyens (extra)ordinaires pour atteindre l'objectif de l’abondance, au prix aussi d’une exploitation sans vergogne de la nature, ce bien commun. L’homme n’est-il pas allé trop loin jusqu’à devenir aveugle aux conséquences de son action ?
Cet essai participe d’une critique du consumérisme dont l’une des traductions est l’usage quasi systématique de l’automobile par le consommateur pour aller faire ses courses.
L’idée est d’inscrire cet usage et ce mode de consommation dans une histoire prenant ses racines dans la période de prospérité d’après-guerre. Le modèle de société change radicalement avec la généralisation de l’automobile et le développement de la grande distribution. Dans les années 1960, l’automobile s’impose comme le moyen de locomotion le plus courant et le plus pratique. L’installation des grandes et moyennes surfaces en périphérie des villes et des bourgs contraint le consommateur à s’approvisionner grâce à son automobile. Une belle alliance est née…
Le caractère inédit et moderne de cette « association » entre l'automobile et le supermarché a été entretenu jusqu’à nos jours, faisant du consommateur un naufragé consentant errant avec son automobile dans les allées monotones des zones d’activités commerciales. Il est difficile alors de s’extraire de cette condition tant cette injonction permanente à consommer est prégnante.
Claude Wagner est professeur de sciences économiques et sociales et docteur en sociologie. Il est également chercheur associé au laboratoire SAGE (Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe) à l’université de Strasbourg.