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Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Sommaire

Remerciements

Liste des contributeurs et contributrices

Introduction

Chapitre 1. Portraits de familles : approche de l’expérience du confinement

Chapitre 2. Heurs et malheurs des familles confinées

Chapitre 3.Le travail professionnel en temps de confinement

Chapitre 4. Des pratiques familiales mises à l’épreuve

Chapitre 5. Le genre du confinement

Conclusion

Annexe : Tableau de présentation des familles enquêtées

Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle, qui les a contraints à faire coexister en un même lieu diverses activités ordinairement réalisées dans des espaces et des temporalités distinctes ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête par entretiens répétés auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Cet ouvrage est le fruit d’une enquête collective menée au sein du réseau thématique n° 48 « Articulation des temps sociaux » de l’Association française de sociologie. Des doctorant·es, post-doctorant·es et chercheur·es titulaires se sont réunis au sein d’un -Collectif d’Analyse des Familles en Confinement  : Pascal Barbier, Myriam Chatot, Bernard -Fusulier, Julie Landour, Marianne Le Gagneur, -Alexandra Piesen, Sebastián Pizarro Erazo, Valerya Viera Giraldo.

12,00 €
12,00 €

Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Recensions

Dans Liens socio/Lectures

Sommaire

Remerciements

Liste des contributeurs et contributrices

Introduction

Chapitre 1. Portraits de familles : approche de l’expérience du confinement

Chapitre 2. Heurs et malheurs des familles confinées

Chapitre 3.Le travail professionnel en temps de confinement

Chapitre 4. Des pratiques familiales mises à l’épreuve

Chapitre 5. Le genre du confinement

Conclusion

Annexe : Tableau de présentation des familles enquêtées

Que s’est-il passé dans les familles pendant le confinement décrété en France de mars à mai 2020 ? Comment les individus ont-ils vécu cette situation alors exceptionnelle, qui les a contraints à faire coexister en un même lieu diverses activités ordinairement réalisées dans des espaces et des temporalités distinctes ? La situation a été abondamment décrite à l’aide de statistiques rappelant des conditions de vie radicalement différentes : taille du logement, nombre d’enfants au sein du domicile, lieu de vie, etc. Mais si l’on sait que les cadres de vie du confinement ont été différents, on sait moins comment il a été vécu et ce qu’il a impliqué pour les familles et leurs membres. Comment se sont réorganisés travail professionnel et prise en charge des enfants ? Cet ouvrage examine ces questions à travers une enquête par entretiens répétés auprès de dix-huit familles, suivies entre mi-mars et fin juin 2020 et appartenant à divers milieux sociaux et territoires. Il souligne combien les expériences du confinement revisitent les difficultés de conciliation travail/famille et éclairent plus largement les inégalités persistantes de classe et de genre.

Cet ouvrage est le fruit d’une enquête collective menée au sein du réseau thématique n° 48 « Articulation des temps sociaux » de l’Association française de sociologie. Des doctorant·es, post-doctorant·es et chercheur·es titulaires se sont réunis au sein d’un -Collectif d’Analyse des Familles en Confinement  : Pascal Barbier, Myriam Chatot, Bernard -Fusulier, Julie Landour, Marianne Le Gagneur, -Alexandra Piesen, Sebastián Pizarro Erazo, Valerya Viera Giraldo.

15,00 €
15,00 €

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? 

Dossier, coordonné par Laurent Bonelli et Annie Collovald

Ordre policier, ordre politique : quelle démocratie espérer ?

Annie Collovald

La loi ou l’ordre ? Considérations sur la question policière

Laurent Bonelli

Réflexions sur le problème raciste

Abdellali Hajjat

Violence policière, violence d’État

Catherine Colliot-Thélène       

Répression administrative et répression pénale : l’émergence d’un continuum répressif

Julie Alix

Empêcher, dépolitiser, punir : le triptyque de la répression politique

Vanessa Codaccioni

L’art du désordre toléré. La police des manifestations en Allemagne fédérale

Fabien Jobard

Ordre institutionnel, désordres des trajectoires

Laurence Proteau 

Des jeunes qui « ont la vocation » 

Propriétés sociales, dispositions et recrutement des candidats au concours de gardien de la paix de la Police nationale.

Frédéric Gautier          

Réformes de la police et décroissance policière : promesses  et limites de l’expérience espagnole

Sergio Garcia García 

Débora Ávila Cantos

Paroles

 « Bah, c’est normal, je vais devenir maman, donc il faut que  je change quoi »

Clémentine Petitjean

Idées

Domination et résistance. À propos de James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, 

Gérard Mauger

Varia

Perversion narcissique et violence morale en temps de confinement. Note de recherche.

Marc Joly

Chroniques du monde

Racisme et antisémitisme en Allemagne. La RDA au banc des accusés

Sonia Combe

Ordre policier, ordre politique

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La définition de la situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception dans un contexte de danger terroriste et sanitaire, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens avec pour bilan un nombre effroyable de blessés, mutilés et de décès, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? Les labels se multiplient pour qualifier des régimes hier rangés sans hésitation dans la rubrique « dictature » ou « autoritarisme » et pour brouiller des frontières auparavant évidentes : qu’est-ce qu’une démocratie sans libertés publiques ou sans un espace public où sont débattues les questions du « bien vivre ensemble » ? Sous des apparences de continuité (des institutions, des procédures de désignation des dirigeants…) et des invocations incessantes à la République, la démocratie ou « la Patrie des droits de l’homme », n’assiste-t-on pas à des formes de dénaturation des valeurs qui les fondent (humanisme, ouverture aux autres, tolérance, égalité…) et une corruption des idéaux qu’elles véhiculent ? L’observation de la manière dont les gouvernants politiques gèrent l’ordre public, des pratiques politiques et policières qui sont adoptées pour régler les désaccords ou les conflictualités et assurer la sécurité de tous est une entrée éclairante dans le mode de fonctionnement concret du système politique actuel.

10,00 €
10,00 €

Depuis le premier numéro, Savoir/Agir est une revue explicitement « scientifico-politique ». Elle est « socio-logiquement » engagée. Les chercheuses et chercheurs qui l’animent se définissent comme un intellectuel collectif autonome qui cherche à établir des liens durables entre les sciences sociales, la critique en actes des différentes formes de domination et les forces progressistes. 

Pour la première fois, la revue ouvre ses colonnes à des Varia. Cette « ouverture » prend acte du fait que l’objet de la sociologie – le monde social – est en fait, bon gré mal gré, « une science politique ». Comme disait Sartre à propos des écrivains, le sociologue est « dans le coup » quoi qu’il fasse… 

La revue publiera ainsi régulièrement des numéros Varia, en poursuivant la publication de dossiers thématiques et en élargissant le cercle de ses rubriques habituelles.

Tables des matières

Varia

5 L’injonction au projet professionnel. La violence ordinaire des politiques d’activation

Victor Poilliot

15 Les ouvriers, le vote et le FN. Misères de la politologie

Emmanuel Pierru

35 L’inégal accès aux arènes participatives en santé

Alexandre Fauquette

43 Vers une retraite plus juste ? Des inégalités de classe entre retraité·es

Paul Hobeika

51 Dignité par le travail et ethos de classe au sein de la diaspora africaine. Les conditions d’accès aux « fractions stables » des classes populaires

Thomas Beaubreuil

59 « Les compétences », pièce maîtresse d’une révolution pédagogique

Christian de Montlibert

67 Savoirs nomologiques versus connaissances critiques. En écho au « Manifeste pour la science sociale » de Bernard Lahire

Fabien Granjon

75 Des pouvoirs fiscaux fédéraux : un objectif majeur pour la gauche européenne

Christakis Georgiou

85 Pédagogie

Qu’est-ce que la sociologie ?

Gérard Mauger

91 Grand entretien avec Éric Vuillard

« L’imagination n’est plus suffisante »

Propos recueillis par Antony Burlaud

101 Asie

Genèse des European Studies en Corée du Sud. Une réflexion sociologique sur les usages des références européennes par les élites

Kil-Ho Lee

115 Culture

Un regard ethnographique sur le soulèvement des « Gilets aunes ». À propos de « Un peuple ». Un film documentaire d’Emmanuel Gras. 

Brice Le Gall

Depuis le premier numéro, Savoir/Agir est une revue explicitement « scientifico-politique ». Elle est « socio-logiquement » engagée. Les chercheuses et chercheurs qui l’animent se définissent comme un intellectuel collectif autonome qui cherche à établir des liens durables entre les sciences sociales, la critique en actes des différentes formes de domination et les forces progressistes. 

Pour la première fois, la revue ouvre ses colonnes à des Varia. Cette « ouverture » prend acte du fait que l’objet de la sociologie – le monde social – est en fait, bon gré mal gré, « une science politique ». Comme disait Sartre à propos des écrivains, le sociologue est « dans le coup » quoi qu’il fasse… 

L’appel à propositions publié sur les réseaux de recherche en sciences sociales est désormais permanent. Les caractéristiques des articles publiés restent les mêmes. D’une part, la conscience claire que l’engagement politique de la sociologie impose un double impératif de réflexivité et de scientificité. D’autre part, le souci d’être accessible à d’autres que les professionnels de la recherche implique un format réduit et des références sobres. Tous les renseignements utiles se trouvent sur notre site www.savoir-agir.org

La revue publiera ainsi régulièrement des numéros Varia, en poursuivant la publication de dossiers thématiques et en élargissant le cercle de ses rubriques habituelles.

7,00 €
7,00 €

Avec la crise du Covid-19, une grande partie des travailleurs indépendants ou faussement indépendants se sont retrouvés sans ressources avec l’arrêt de leur activité. Les diverses mesures prises par le gouvernement ont été assez peu efficaces pour les salariés en emplois précaires. Les intérimaires, par exemple, du fait de la nature même de leur contrat de travail, n’ont pu bénéficier du chômage partiel et ont vu s’effondrer le nombre de leurs missions.

La gestion de la crise sanitaire rend ainsi davantage visibles les différents rapports conflictuels à l’employeur. Elle confirme que la protection des travailleurs est inégale selon les différentes formes d’institutions dans lequel le travail s’inscrit. Elle réactive, en interrogeant le caractère essentiel de certains métiers, les tensions sur la définition de ce qui est travail et donc de ce qui produit de la valeur économique et à quelle hauteur. Elle invite à réfléchir à une maîtrise collective des questions de travail.

 

Table des matières
Dossier

Quel effacement de l’employeur ?, Jean-Luc Deshayes

L’institution de l’entreprise, Claude Didry

« Longwy vous accueille, JVC nous jette ». Employeur territorial et firmes multinationales dans le bassin de Longwy des années 1980-2000

Jean-Luc Deshayes     

La contestation sociale face à l’employeur, invisible derrière l’App. Le cas des plateformes de coursier·es., Anne Dufresne

Qui est l’employeur dans le dispositif de Réussite  éducative ? Olivier Leproux

Quelle place pour l’employeur dans le cadre d’un droit à l’emploi ? Réflexion sur l’effacement de l’employeur dans l’expérimentation  « Territoire zéro chômeur de longue durée », Mathieu Béraud Jean-Pascal Higelé

Employer des intérimaires en CDI : entre nouvelles obligations et possibilités d’accroître la subordination, Claire Vivès

Les groupements d’employeurs d’insertion et de qualification. Une intermédiation entre jugement d’employabilité et reconnaissance de qualifications territorialement définies, Maël Dif-Pradalier

L’évolution de la loi et de la jurisprudence sur les licenciements pour cause économique. Vers une dilution de la responsabilité des groupes internationaux, Pascal Depoorter

Paroles

Itinéraire d’un trader « Il y a aussi l’adrénaline : ce côté-là est hyper plaisant parce qu’on n’a jamais de routine », Léa Sys

Grand entretien avec Bernard Cassen

« Un homme-orchestre engagé dans le débat d’idées », Antony Burlaud

Idées

Moralisation de la Science et autonomie de la recherche, Yves Gingras

Citations et références. Pour une sociologie des habitus académiques, Louis Pinto 

Avec la crise du Covid-19, une grande partie des travailleurs indépendants ou faussement indépendants, mais dépendant du marché des biens et services pour valoriser leur travail, se sont retrouvés sans ressources avec l’arrêt de leur activité. Les droits salariaux assis sur le poste de travail ont pu, pour leur part, protéger les travailleurs. Mais ils ont aussi montré leurs limites. Durant le confinement, le maintien du lien à l’emploi grâce aux mesures de « chômage partiel » a permis de maintenir les salaires à hauteur de 84 % et les droits liés à l’emploi. Les chômeurs ayant acquis des droits ont vu ceux-ci prolongés, dans des conditions qui, du fait des réformes mises en œuvre depuis les années 1980, sont cependant de plus en plus excluantes. Les salariés à statut (dans la fonction publique et ce qui reste des anciennes entreprises publiques) ont bénéficié pour leur part du fait que leur qualification est liée à leur personne : leurs ressources ne dépendent pour l’essentiel ni de leur capacité à vendre le produit de leur travail, ni de la mesure de leur travail, ni encore de la tenue d’un poste.

En revanche, les diverses mesures prises par le gouvernement ont été assez peu efficaces pour les salariés en emplois précaires. Les intérimaires, par exemple, du fait de la nature même de leur contrat de travail, n’ont pu bénéficier du chômage partiel et ont vu s’effondrer le nombre de leurs missions.

La gestion de la crise sanitaire rend ainsi davantage visibles les différents rapports conflictuels à l’employeur. Elle confirme que la protection des travailleurs est inégale selon les différentes formes d’institutions dans lequel le travail s’inscrit. Elle réactive, en interrogeant le caractère essentiel de certains métiers, les tensions sur la définition de ce qui est travail et donc de ce qui produit de la valeur économique et à quelle hauteur. Elle invite à réfléchir à une maîtrise collective des questions de travail.

 

    

 

 

10,00 €
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Ce numéro poursuit l’inventaire critique des transformations des sciences et techniques. L’objectif est de rendre raison de phénomènes émergents et instables. Le dossier « Frictions » traite du narcissisme. De nouvelles pièces sont ensuite versées au dossier des classiques à (re)lire, notamment un texte de Johan Galtung sur le « colonialisme scientifique », qu’il analyse à travers le projet Camelot (1964-1965), et un entretien avec l’historienne Antonella Romano. Des essais critiques complètent ce numéro.

Avec les contributions de

Myriam Ahnich, Bruno Canard, Pierre-Henri Castel, Cléo Chassonnery-Zaïgouche, Béatrice Cherrier, Pauline Delage, Stéphane Dufoix, Volny Fages, Johan Galtung, Yves Gingras, Céline Granjou, Paul Guille-Escuret, Marc Joly, Mahdi Khelfaoui, Richard Kilminster, Isabelle Laboulais, Jérôme Lamy, Julien Larregue, Sylvain Lavau, Ronan Le Roux, Camille Noûs, Corentin Roquebert, Margaret W. Rossiter, Arnaud Saint-Martin, Hugo Souza de Cursi, Sébastien Urbanski.

Éditorial         

 

Le Coronavirus, la recherche, et le temps long

Bruno Canard

 

——————————

Confrontations          

 

Edward L. Bernays, la vérité et la démocratie : de la publicité aux relations publiques

Hugo Souza de Cursi

 

Monnet fait des histoires. Écrire pour agir sur le nouvel ordre des choses au tournant du 18e et du 19e siècle

Isabelle Laboulais

 

La sociobiologie est morte, vive la psychologie évolutionniste ! Le rôle de l’ambiguïté et du travail généalogique dans la transformation des spécialités scientifiques

Julien Larregue, Sylvain Lavau, Mahdi Khelfaoui

 

L’effet SIGAPS : la recherche médicale française sous l’emprise de l’évaluation comptable

Yves Gingras & Mahdi Khelfaoui

 

 

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Frictions

 

Le narcissisme sous le regard des sociologues.Introduction au dossier

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

Narcissisme ou informalisation ?

Richard Kilminster

 

Narcissisme et processus de civilisation. Pour une lecture sociologique

Pierre-Henri Castel

 

Le narcissisme pathologique ou les frontières symboliques de la psychiatrie en question

Myriam Ahnich

 

Perversion narcissique, genre et conjugalité

Pauline Delage

 

De la « mère au narcissisme pervers » au « conjoint pervers narcissique ».Sur le destin social des catégories « psy »

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

 

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Libres échanges

 

L’histoire des sciences et des savoirs : réflexions d’ici et d’ailleurs.

Entretien avec Antonella Romano

réalisé par Volny Fages & Jérôme Lamy

 

 

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Friches

 

« Everyone a changemaker! » Philanthropie, religion et spiritualité au secours de l’école publique

Sébastien Urbanski & Camille Noûs

 

 

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Classiques

 

Le savant hait le politique ? Johan Galtung et l’échec du Projet Camelot

Stéphane Dufoix

 

Le colonialisme scientifique

Johan Galtung

 

Margaret W. Rossiter et l’histoire des femmes scientifiques américaines

Béatrice Cherrier & Cléo Chassonnery-Zaïgouche

 

Les femmes scientifiques en Amérique

Margaret W. Rossiter

 

Plus vous regardez, plus vous trouvez : les archives des femmes scientifiques américaines contemporaines

Margaret W. Rossiter

 

 

——————————

Critiques

 

Cybernétique introuvable ou cybernétique à satiété ?

Réponse à Mathieu Triclot

Ronan Le Roux

 

Tribulations d’un sociologue parti à la pêche aux lieux

Paul Guille-Escuret

 

D’un inhumain à l’autre

Céline Granjou

 

Contre l’innovation et sa doxa obsolescente, la maintenance

Arnaud Saint-Martin

Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d’inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu’il s’agisse de l’essor de la psychologie évolutionniste ou de l’emprise de l’évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l’extérieur du champ scientifique. L’éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l’importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier « Frictions » est consacré au problème du « narcissisme ». Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories « psy », les « jugements de personnalité » et les rapports de genre. Un  entretien avec l’historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France.

19,00 €
19,00 €

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? 

Dossier, coordonné par Laurent Bonelli et Annie Collovald

Ordre policier, ordre politique : quelle démocratie espérer ?

Annie Collovald

La loi ou l’ordre ? Considérations sur la question policière

Laurent Bonelli

Réflexions sur le problème raciste

Abdellali Hajjat

Violence policière, violence d’État

Catherine Colliot-Thélène       

Répression administrative et répression pénale : l’émergence d’un continuum répressif

Julie Alix

Empêcher, dépolitiser, punir : le triptyque de la répression politique

Vanessa Codaccioni

L’art du désordre toléré. La police des manifestations en Allemagne fédérale

Fabien Jobard

Ordre institutionnel, désordres des trajectoires

Laurence Proteau 

Des jeunes qui « ont la vocation » 

Propriétés sociales, dispositions et recrutement des candidats au concours de gardien de la paix de la Police nationale.

Frédéric Gautier          

Réformes de la police et décroissance policière : promesses  et limites de l’expérience espagnole

Sergio Garcia García 

Débora Ávila Cantos

Paroles

 « Bah, c’est normal, je vais devenir maman, donc il faut que  je change quoi »

Clémentine Petitjean

Idées

Domination et résistance. À propos de James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, 

Gérard Mauger

Varia

Perversion narcissique et violence morale en temps de confinement. Note de recherche.

Marc Joly

Chroniques du monde

Racisme et antisémitisme en Allemagne. La RDA au banc des accusés

Sonia Combe

Ordre policier, ordre politique

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s’interroger sur la nature d’un monde ou d’un régime politique qui abime les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s’imposer aujourd’hui. La définition de la situation actuelle – faite de fortes tensions sociales, lois d’exception dans un contexte de danger terroriste et sanitaire, usage d’une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens avec pour bilan un nombre effroyable de blessés, mutilés et de décès, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants – mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d’une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d’une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? Les labels se multiplient pour qualifier des régimes hier rangés sans hésitation dans la rubrique « dictature » ou « autoritarisme » et pour brouiller des frontières auparavant évidentes : qu’est-ce qu’une démocratie sans libertés publiques ou sans un espace public où sont débattues les questions du « bien vivre ensemble » ? Sous des apparences de continuité (des institutions, des procédures de désignation des dirigeants…) et des invocations incessantes à la République, la démocratie ou « la Patrie des droits de l’homme », n’assiste-t-on pas à des formes de dénaturation des valeurs qui les fondent (humanisme, ouverture aux autres, tolérance, égalité…) et une corruption des idéaux qu’elles véhiculent ? L’observation de la manière dont les gouvernants politiques gèrent l’ordre public, des pratiques politiques et policières qui sont adoptées pour régler les désaccords ou les conflictualités et assurer la sécurité de tous est une entrée éclairante dans le mode de fonctionnement concret du système politique actuel.

7,00 €
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La Grande-Bretagne s’impose comme l’un des mo­dèles de la gouvernance pour l’enseignement supérieur fran­çais, autant du point de vue de la gestion des flux étudiants que des modes de production, de financement et de diffusion de la recherche.

Il s’agit dns ce numéro de la revue éclaircir les effets de la transformation des modes de gouver­nance sur le fonctionnement des universités et de la recherche. Comment « fait-on de la science » dans les universités britan­niques aujourd’hui, a fortiori dans un contexte néolibéral ? Que signifie « faire des sciences sociales » aujourd’hui en Grande-Bretagne ? Quelle est la place des universitaires qui portent la parole des sciences sociales dans l’espace public britannique ?

10,00 €
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Ce recueil rassemble dans une première partie les éditoriaux publiés par Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS) durant la crise du coronavirus pour montrer comment s’ élabore une orientation de rupture écologique face à l’ écologie du greenwashing et à la tentation d’ un éco-autoritarisme. Un mouvement politique ne se construit pas à l’ abri de l’ événement. Il ne peut se constituer qu’ en produisant une pensée et une pratique au sein du mouvement réel. 

Ce mouvement confédéraliste de l’ écologie de rupture souhaite rassembler toutes ses composantes (éco-socialisme, décroissance choisie, éco féminisme, écologie populaire, écologie décoloniale, écologie sociale communaliste).

La crise du coronavirus a été une répétition générale de l’  effondrement qui vient. Celui-ci sera le produit d’  une combinaison de crises, économique, sociale, sanitaire, écologique et climatique. Comment empêcher le capitalisme de catastrophe de nous emmener droit dans le mur ? Les forces d’  émancipation doivent prendre la mesure de leurs responsabilités qui ne se réduit plus à la défense d’ une classe sociale mais de l’ humanité tout entière. Face à ce capitalisme de la destruction, la construction d’ une écologie politique de rupture devient une nécessité urgente. 

Ce recueil rassemble dans une première partie les éditoriaux publiés par Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS) durant la crise du coronavirus pour montrer comment s’ élabore une orientation de rupture écologique face à l’ écologie du greenwashing et à la tentation d’ un éco-autoritarisme. Un mouvement politique ne se construit pas à l’ abri de l’ événement. Il ne peut se constituer qu’ en produisant une pensée et une pratique au sein du mouvement réel. 

Dans les parties suivantes, cette publication rassemble des contributions plus développées, diverses déclarations du mouvement PEPS, ainsi que les textes de fondation de PEPS (Pour une Ecologie Populaire et Sociale). 

Ce mouvement confédéraliste de l’ écologie de rupture souhaite rassembler toutes ses composantes (éco-socialisme, décroissance choisie, éco féminisme, écologie populaire, écologie décoloniale, écologie sociale communaliste). Les dernières élections municipales ont montré l’ affirmation de l’ environnementalisme et de l’ écologie libérale des classes moyennes à capital culturel aisé des centres ville. Mais la coupure avec les préoccupations des classes populaires et son adaptabilité au capitalisme repeint en vert suscitera une nouvelle vague de déceptions. L’ écologie de rupture n’ est pas soluble dans la compromission. Elle est d’ abord un projet, celui d’ une société de post-croissance qui sort du capitalisme productiviste et se fonde sur une nouvelle alliance, celle d’ un Front populaire écologique qui repose sur l’ autonomie sociale et l’ émancipation collective.

8,00 €
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Le rôle méconnu du PSU dans la mobilisation 

contre la répression de la manifestation 

du 17 octobre 1961 à Paris

Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d’Évian étaient engagés entre la France et le FLN algérien, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l’étau du « couvre-feu ethnique » qui était imposé aux « Français musulmans algériens », est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. 

Plusieurs centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, « la répression la plus meurtrière d’une foule désarmée dans toute l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale ». 

Pourtant, une chape de mensonges et de silence se répand très vite sur ce qui apparaîtra par la suite comme un crime d’État, inspiré par ceux qui entendaient entraver les négociations voulues par le général de Gaulle.

Table des matières


Avant-propos 7


Introduction. Pourquoi le 17 octobre 1961 ?

Première partie : Du mensonge colonial à l’insurrection algérienne, par Jean-François Merle 11

Deuxième partie : Contre la gangrène, la riposte initiée par le PSU, par Bernard Ravenel 29

Intervention de Claude Bourdet 45

Troisième partie : La lente émergence de la mémoire, par Gilles Manceron 68


Témoignages

Édouard DEPREUX 87

Marc HEURGON 92

Michel ROCARD 110

Jean-Louis ANDREANI 113

Bernard RAVENEL 116

Guy PHILIPPON 122

Noëlline CASTAGNEZ 125

Georges GONTCHAROFF 129

Françoise BRUNSTEIN-FRAGER 131

Dominique FRAGER 133

À travers la presse 135

« Pourquoi ils manifestent » 135

Trente mille musulmans ont manifesté
contre le couvre-feu onze mille cinq cents arrestations
- trois morts – plus de soixante blessé 141

Contre les dernières mesures policières du gouvernement : 25.000 algériens manifestent à paris 146

Une liste impressionnante 151

Le préfet de police a moins parlé des sévices que des conditions du maintien de l’ordre 153

Une manifestation P.S.U. place Clichy
et boulevard Poissonnière 161

Halte au fascisme et a la guerre 164

Communiqué du P.S.U. 167

Un document C. F. T. C. : « face au racisme » 168

Déclaration de l’union générale des étudiants musulmans algériens et des étudiants du parti socialiste unifié 171

Après les « ratonnades » parisiennes
dossier honteux, piètre ministre 174

Le pire : la prolongation de la guerre 177

Le billet de Jean Binot. Le poison 180

Chaque jour, de nouveaux témoignages 181


Postface 183

1er Novembre 1961 : « le PSU fait donner la rue » 183


Bibliographie/Filmographie/Photographies/Remerciements 189

Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d’Évian étaient engagés entre la France et le FLN algérien, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l’étau du « couvre-feu ethnique » qui était imposé aux « Français musulmans algériens », est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. 

Plusieurs centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, « la répression la plus meurtrière d’une foule désarmée dans toute l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale ». 

Pourtant, une chape de mensonges et de silence se répand très vite sur ce qui apparaîtra par la suite comme un crime d’État, inspiré par ceux qui entendaient entraver les négociations voulues par le général de Gaulle.

Après quelques manifestations de protestation organisées à l’université, le PSU, faute d’avoir pu rassembler la gauche politique et syndicale, organise seul, le 1er novembre, date anniversaire de l’insurrection algérienne, une manifestation place Clichy pour dénoncer la répression sanglante contre une manifestation pacifique et pour exiger la paix en Algérie. 

Il faudra de longues semaines pour que, le 18 novembre puis le 12 décembre, la gauche se rassemble enfin dans la rue derrière les mêmes mots d’ordre.

Après l’indépendance algérienne, un très long travail de mémoire se fera progressivement jour pour briser l’omerta et établir la vérité sur la répression du 17 octobre 1961. Mais paradoxalement, l’historiographie contemporaine passera sous silence le rôle singulier du PSU pour riposter à ce crime d’État et le dénoncer. 

C’est à réparer cet oubli que ce cahier, co-édité par l’Institut Tribune socialiste et l’Institut Édouard-Depreux, entend s’employer. 


Présentation de Gilles Manceron, Jean-François Merle, Bernard Ravenel

Témoignages d’Édouard Depreux, Marc Heurgon, Michel Rocard, Bernard Ravenel, Guy Philippon, Noëlline Castagnez, Georges Gontcharoff, Françoise Brunstein-Frager et Dominique Frager.

Photographies d’Elie Kagan.

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La psychiatrie publique occupe, depuis 2019, le haut des agendas politique et médiatique. Ce dossier croise les regards d’acteurs impliqués dans la critique publique de l’étranglement progressif de la psychiatrie publique (psychiatres et/ou psychanalystes, journalistes, écrivains, patients) et ceux de chercheurs en sciences sociales afin de dépasser la paresse intellectuelle de la « crisologie » qui n’envisage les phénomènes sociaux que dans le cadre temporel étroit de l’actualité. . Qu’est-ce qui est réellement inédit dans la situation actuelle et qu’est-ce qui relève de dynamiques de moyen terme ? Quel répertoire critique adopter pour s’opposer efficacement au réductionnisme de la biologie et des neurosciences ? C’est à ces questions que ce dossier se propose de répondre.

Politisation, dépolitisation et repolitisation de la crise sans fin de la psychiatrie publique La psychiatrie publique occupe, depuis 2019, le haut des agendas politique et médiatique. Les professionnels et des associations de patients dénoncent leur fatigue de la gestion quotidienne de la pénurie, le retour de pratiques – comme la contention – que l’on croyait remisées au musée des horreurs de la psychiatrie, le démantèlement de l’héritage progressiste de la politique de sectorisation des années 1960 - 1980, l’emprise croissante des neurosciences ou, très récemment, l’insuffisance de lits pour faire face aux conséquences psychiatriques du confinement lié à la pandémie de Covid-19. Ce dossier croise les regards d’acteurs impliqués dans la critique publique de l’étranglement progressif de la psychiatrie publique (psychiatres et/ou psychanalystes, journalistes, écrivains, patients) et ceux de chercheurs en sciences sociales afin de dépasser la paresse intellectuelle de la « crisologie » qui n’envisage les phénomènes sociaux que dans le cadre temporel étroit de l’actualité. Car si la crise est de plus en plus aiguë, elle n’en est pas moins structurelle, presque constitutive de la spécialité psychiatrique qui ne cesse d’interroger son identité depuis au moins les années 1950. Qu’est-ce qui est réellement inédit dans la situation actuelle et qu’est-ce qui relève de dynamiques de moyen terme ? Qu’est-ce qui ressortit aux transformations des rapports de force internes au champ médical des bouleversements plus larges des catégories dominantes de perception et d’action ? Quel répertoire critique adopter pour s’opposer efficacement au réductionnisme de la biologie et des neurosciences ? C’est à ces questions que ce dossier se propose de répondre.

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Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d’inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu’il s’agisse de l’essor de la psychologie évolutionniste ou de l’emprise de l’évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l’extérieur du champ scientifique. L’éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l’importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier « Frictions » est consacré au problème du « narcissisme ». Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories « psy », les « jugements de personnalité » et les rapports de genre. Un  entretien avec l’historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France.

Éditorial         

 

Le Coronavirus, la recherche, et le temps long

Bruno Canard

 

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Confrontations          

 

Edward L. Bernays, la vérité et la démocratie : de la publicité aux relations publiques

Hugo Souza de Cursi

 

Monnet fait des histoires. Écrire pour agir sur le nouvel ordre des choses au tournant du 18e et du 19e siècle

Isabelle Laboulais

 

La sociobiologie est morte, vive la psychologie évolutionniste ! Le rôle de l’ambiguïté et du travail généalogique dans la transformation des spécialités scientifiques

Julien Larregue, Sylvain Lavau, Mahdi Khelfaoui

 

L’effet SIGAPS : la recherche médicale française sous l’emprise de l’évaluation comptable

Yves Gingras & Mahdi Khelfaoui

 

 

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Frictions

 

Le narcissisme sous le regard des sociologues.Introduction au dossier

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

Narcissisme ou informalisation ?

Richard Kilminster

 

Narcissisme et processus de civilisation. Pour une lecture sociologique

Pierre-Henri Castel

 

Le narcissisme pathologique ou les frontières symboliques de la psychiatrie en question

Myriam Ahnich

 

Perversion narcissique, genre et conjugalité

Pauline Delage

 

De la « mère au narcissisme pervers » au « conjoint pervers narcissique ».Sur le destin social des catégories « psy »

Marc Joly & Corentin Roquebert

 

 

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Libres échanges

 

L’histoire des sciences et des savoirs : réflexions d’ici et d’ailleurs.

Entretien avec Antonella Romano

réalisé par Volny Fages & Jérôme Lamy

 

 

——————————

Friches

 

« Everyone a changemaker! » Philanthropie, religion et spiritualité au secours de l’école publique

Sébastien Urbanski & Camille Noûs

 

 

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Classiques

 

Le savant hait le politique ? Johan Galtung et l’échec du Projet Camelot

Stéphane Dufoix

 

Le colonialisme scientifique

Johan Galtung

 

Margaret W. Rossiter et l’histoire des femmes scientifiques américaines

Béatrice Cherrier & Cléo Chassonnery-Zaïgouche

 

Les femmes scientifiques en Amérique

Margaret W. Rossiter

 

Plus vous regardez, plus vous trouvez : les archives des femmes scientifiques américaines contemporaines

Margaret W. Rossiter

 

 

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Critiques

 

Cybernétique introuvable ou cybernétique à satiété ?

Réponse à Mathieu Triclot

Ronan Le Roux

 

Tribulations d’un sociologue parti à la pêche aux lieux

Paul Guille-Escuret

 

D’un inhumain à l’autre

Céline Granjou

 

Contre l’innovation et sa doxa obsolescente, la maintenance

Arnaud Saint-Martin

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